Jason Hogan a surpris un peu tout le monde en quittant Sherbrooke pour Montréal à la fin juillet.

Affrontement Montréal-Sherbrooke : la saga Hogan prend de l’ampleur

Le départ précipité de Jason Hogan, en août dernier, continue de faire jaser. À l’aube du match entre les Carabins de l’Université de Montréal et le Vert & Or de l’Université de Sherbrooke, samedi, la saga a pris de l’ampleur.

Dans un texte publié dans le Journal de Québec vendredi, l’entraîneur-chef Mathieu Lecompte précisait au journaliste Richard Boutin que Jason Hogan aurait demandé des informations à propos de l’unité défensive du Vert & Or avant son départ.

« Je ne veux pas accorder d’attention à quelqu’un qui n’en mérite pas (...). On n’endosse pas son geste. Il a manqué de professionnalisme et de respect envers les étudiants-athlètes. Deux jours avant son départ, il a demandé à coach Boucher [le coordonnateur défensif du Vert & Or] de lui montrer ses rapports. Je pourrais donner notre livre de jeux à Danny Maciocia avant le match, mais il l’a déjà », a-t-il dit au Journal.

Contacté par La Tribune vendredi, Lecompte en a rajouté.

« Il avait déjà accès à tout. Ici, on ne se fait pas de cachettes entre les unités. Il a demandé des informations supplémentaires à Guillaume deux jours avant de partir. Quand on sait maintenant que son départ se préparait depuis un bout de temps, qu’il travaillait ça par en dessous... »

Après un passage chez les Alouettes, Jason Hogan a été embauché à titre de coordonnateur offensif chez le Vert & Or, en janvier dernier.

Il a surpris un peu tout le monde en quittant Sherbrooke pour Montréal à la fin juillet.

Certaines informations ont coulé depuis, précisant que Hogan avait une clause échappatoire dans son contrat, fixant au 15 août la date limite pour se retirer du contrat.

« Qu’on arrête de jouer à la cachette avec cette clause. Ça fait 15 ans qu’on fait du football universitaire ici, les contrats n’ont jamais changé et pourtant, il y a une seule personne qui a préféré quitter. Une seule. Il faut arrêter de donner dans la romance ; ce dossier a été géré comme c’est souvent le cas chez les professionnels. Mais on n’est pas chez les pros. Une certaine université devrait se regarder dans le miroir. »

Mathieu Lecompte va plus loin en précisant que lors du recrutement des joueurs, le printemps dernier, le scénario du départ de Hogan était déjà plus qu’une rumeur.

« Quand tu recrutes des gars de Grasset, et qu’ils te précisent que (Marco) Iadeluca leur a dit que de toute façon, Jason Hogan ne sera plus à Sherbrooke à l’automne, je me questionne sérieusement. Un moment donné, assume-toi »

Marco Iadeluca a été coordonnateur offensif avec les Carabins de 2011 jusqu’en juillet dernier, avant d’accepter un emploi en gestion du sport au Collège André-Grasset.

Gabriel Cousineau a été nommé coordonnateur offensif, et Jason Hogan agit à titre d’entraîneur des quarts-arrière.

« Il n’est même pas coordonnateur ; mon gérant d’équipement a plus d’impact sur le match que lui. Il faut arrêter de lui donner de l’attention. J’en ai terminé avec ce dossier », a conclu Lecompte.

« Inadmissible » selon Maciocia

« Ce n’est pas dans ma nature de commenter ce genre d’histoires, mais là, c’est rendu complètement ridicule. Je vais vous faire une clinique de football 101, et c’est gratuit, d’habitude, les gens paient pour entendre ça. Jason n’a rien volé du tout. Rien. Dans une équipe de football, dès janvier, tu mets sur pied des concepts selon les forces de ton équipe, tu parles de ton identité. Au camp d’entraînement, tu veux établir la base de ton unité. Il ne faut pas oublier qu’on a seulement une semaine de camp avant notre match hors- concours », a-t-il lancé.

« Et ce plan de match, on l’adapte à l’adversaire qu’on affronte. Si le Vert & Or veut mon cahier de jeux du mois d’août, je vais lui donner avant le match samedi. Ce n’est rien. Si c’était aussi simple, le football, j’aurais la meilleure job, et la plus facile, en ville! Je n’aurais pas besoin d’aller travailler tous les jours! »

« Ces affirmations sont complètement ridicules. Voyons, ça me gêne d’avoir à répondre à tout ça. La vérité, c’est qu’ils sont blessés de la situation (le départ de Jason Hogan, NDLR), et ils ont le droit de l’être. Ça m’est déjà arrivé, chez les pros ; le gars signe un contrat avec toi, avec un bonus de signature, et la première chose que tu apprends, c’est qu’il quitte pour aller ailleurs! »

« Ensuite, voulez-vous bien me dire qui a conçu ces contrats? Avec une clause de retrait fixée au 15 août, alors que le camp commence le 10 août. Le problème, il est là. J’appelle ça un contrat à sens unique, tout à l’avantage du coach, qui a tout à gagner et rien à perdre », a-t-il précisé.

« Mais de là à dire qu’on a volé quelque chose, d’avoir le courage de dire qu’on a volé. Mais on a volé quoi au juste, si c’est bien le cas? Rien, du vent. Comme si j’avais le même plan de match pour affronter McGill, Concordia ou Laval. Est-ce que je vais jouer le même plan de match contre Hugo Richard (quart-arrière de Québec) que contre Xavier Owens ou un autre quart? Bien sûr que non. Ça me fâche un peu. »

« Je n’arrive pas à comprendre ; on n’a pas besoin de ce genre d’histoires dans notre circuit. Est-ce que j’accuse Paulo (Paul-Eddy Saint-Vilien a quitté les Carabins en mars dernier et a été embauché par les Ravens de Carleton, NDLR) d’être parti avec notre cahier de jeux en Ontario? Bien sûr que non. Sûrement qu’il va s’en inspirer, et y apporter sa touche personnelle. C’est normal, c’est comme ça. Ce n’est pas un secret. »

« Je n’ai rien contre Mathieu Lecompte, il veut s’établir dans le milieu, il veut changer la culture à Sherbrooke. Mais ça, c’est non. »