Adrien Bourdon est diplômé de l’Université de Sherbrooke. Il a été embauché l’automne dernier par le Rouge et Noir d’Ottawa (LCF) afin d’oeuvrer au sein du département des opérations football.

Adrien Bourdon fait ses premiers pas dans la LCF

Le Vert & Or de l’Université de Sherbrooke est bien représenté, en ce début de semaine, au mini-camp du Rouge et Noir d’Ottawa (LCF), qui se déroule dans la capitale nationale. Les centres arrière Jean-Christophe Beaulieu et Anthony Gosselin, de même que le demi défensif Keith Sanscartier y déploient tous les efforts en vue du camp officiel de l’équipe, début juin. La présence d’Adrien Bourdon, elle, passe un peu plus inaperçue.

Diplômé de l’Université de Sherbrooke en finance et management au baccalauréat, et détenteur d’une maîtrise en intelligence d’affaires, Bourdon arpente les lignes de côté pour son premier mini-camp à titre d’employé du Rouge et Noir.

C’est le directeur général de l’équipe Marcel Desjardins qui l’a approché l’automne dernier. Quelques jours après l’entrevue, on lui a offert de se joindre au département des opérations football de l’équipe.

Son travail, effectué loin des réflecteurs du terrain, est néanmoins capital: l’analyse des données et la collecte d’information pour une évaluation optimale des joueurs.

Sa maîtrise en intelligence d’affaires, dirigée par Olivier Caya et Daniel Chamberland-Tremblay, était divisée en deux volets. Une scolarité qui l’a mené à collaborer étroitement avec le programme de football de l’Université de Sherbrooke, alors dirigé par David Lessard.

«Le titre de mon mémoire était L’implantation de pratiques et d’outils d’intelligence d’affaires, deux exemples dans le football universitaire. Je visais à développer une technique d’analyse macro afin d’améliorer le processus de recrutement de la formation. Plusieurs données statistiques ont été utilisées afin d’analyser les tendances historiques des équipes et cibler les forces en présence. L’analyse de la situation géographique de Sherbrooke, et son impact sur le recrutement versus ses concurrents, afin d’émettre une liste prioritaire, était un autre objectif. Le but était d’émettre une liste prioritaire afin de cibler le recrutement vers certains cégeps, et non des individus», a-t-il expliqué.

«Le deuxième volet était d’étudier les situations de troisième essai au football universitaire canadien, afin de monter un modèle de prise de décision pour supporter l’entraîneur-chef, basé sur les données historiques, en situation de matchs.»

Adrien Bourdon aura travaillé un total de deux saison avec le Vert & Or, avant que l’organisation choisisse de ne pas renouveler le contrat de l’entraîneur-chef David Lessard, en décembre 2016.

On le sait, le recrutement des meilleurs joueurs collégiaux du Québec est l’épine dorsale du succès des programmes de football universitaire.

«Après mon projet de recherche, je me concentrais sur le recrutement, afin d’amasser des sources d’information et de communiquer avec les joueurs sur une base régulière. La business du recrutement, c’est beaucoup ça, entretenir des contacts et être capable de répondre aux besoins d’informations, des deux côtés. Le but est de dresser le portrait le plus exact possible des candidats afin que le programme prenne la meilleure décision possible.»

Après un passage chez Accenture à Montréal, considéré comme la plus grande entreprise de conseil et de technologies au monde, Adrien Bourdon n’a pu résister à l’appel du football.

Sous un angle nouveau

«L’automne est arrivé, et le football est recommencé. Grâce aux infos amassées lors de mon projet de maîtrise, j’ai mis de l’avant certaines grilles d’analyse des matchs de football universitaire. Je publiais tout ça sur les médias sociaux. Je trouvais intéressant de partager un autre angle de vue sur le foot universitaire et collégial. C’était novateur et j’ai eu de super interactions avec les gens. À la fin de la saison 2017, j’ai reçu l’appel de Marcel Desjardins», s’est-il rappelé.

«Tu t’attends jamais à ce genre d’appel, c’est excitant! J’ai fait mes devoirs, je me suis renseigné sur l’organisation. Je n’aurais pas quitté Accenture pour une équipe qui n’aurait pas eu une structure établie et sérieuse. L’organisation a été très transparente lors de l’entrevue, et je ne regrette pas ma décision.»

Sans entrer dans les détails techniques de son travail, Adrien Bourdon confirme qu’il effectue sensiblement les mêmes tâches qu’avec le Vert & Or; la collecte de données et d’informations

«Avec les recruteurs, notre boulot est de ramasser de l’info. Le football est un sport où l’info à ramasser est d’une ampleur incroyable, c’est un terreau fertile. On gère des humains. Il y a plein d’intangibles, d’infos non négligeables. Peu importe le talent du joueur, si ça ne fitte pas dans notre équipe, ça ne marche pas. Du point de vue organisationnel, cibler le bon individu pour le bon poste est primordial. Sinon tu dois le remplacer, et ça implique des coûts; la formation d’un employé est estimée à 1,5 fois son salaire. C’est la même chose au football», a-t-il analysé.

Sur les lignes de côté du Rouge et Noir, Adrien Bourdon sourit facilement à ces anciens joueurs du Vert & Or qu’il a côtoyés à Sherbrooke.

«Pour ces anciens étudiants-athlètes, c’est vraiment cool ce qu’ils vivent. Je souhaite qu’ils profitent de leur chance de se faire valoir.»

«Je suis chanceux que David Lessard ait cru en moi. David est très curieux et il ne se satisfait jamais de la situation dans laquelle il se trouve. Il veut toujours s’améliorer. Je lui dois beaucoup. C’est lui qui a initié et accepté mon projet de recherche. Qui y a cru. Il adore travailler avec les jeunes et il m’a donné cette passion d’humaniser ce processus d’apprentissage des jeunes au niveau universitaire.»

«Je réalise que je suis vraiment chanceux. J’imagine qu’il n’y a pas beaucoup de job comme la mienne. Je ne viens pas du milieu, je ne suis pas un ancien joueur. Ça prouve que si tu travailles fort, que ton éthique de travail est irréprochable, tout est possible.»