François Dussureault aurait bien aimé recevoir l’appel qui lui aurait permis d’être d’office lors des matchs de la LNH.

Abrupte fin pour le rêve d’un juge de ligne

Bien des petits Québécois rêvent un jour de jouer dans la LNH. François Dussureault, lui, voulait y arbitrer. Après avoir fait ses classes, allant même jusqu’à surveiller la ligne bleue lors de la finale de la Ligue américaine de hockey, l’homme rayé était plein de confiance. Cependant, la LNH a mis fin abruptement à son rêve, puisqu’elle a décidé de confier l’arbitrage aux anciens joueurs des rangs mineurs.

Résultat : après quatre ans d’absence, le juge de lignes a dû revenir dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec, un peu déçu. « Je n’ai pas reçu de téléphone après la finale que j’ai arbitrée dans la LAH. Je suis revenu au Québec, j’ai recommencé dans la LHJMQ et je fais encore quelques matchs à Laval. La Ligue nationale a changé un peu sa vision des choses. Avant, tu passais d’une ligue à l’autre comme les joueurs et à un moment donné, quand tu étais rendu au top, tu recevais un téléphone. Là, ce sont d’anciens joueurs qui n’ont jamais vraiment atteint la Ligue nationale qui sont convertis en arbitres et en juges de ligne », explique le Sherbrookois.

« L’an passé, ils ont engagé un gars qui n’avait jamais arbitré avant et qui est allé dans la Ligue nationale et américaine, mentionne-t-il. Ils ont engagé des gars qui arbitrent seulement depuis un ou deux ans. C’est sûr que c’est décevant, mais rien n’avait jamais été garanti. Mon père m’a toujours dit de travailler fort, de faire mes classes, que ça allait payer un jour. Mais rien n’est garanti. C’est comme les athlètes, quand ils se rendent aux Olympiques, ils ne sont pas sûrs de remporter une médaille. »

Même si la LNH revient sur sa décision, il serait peut-être trop tard pour Dussureault. « Peut-être que dans cinq ans ils vont remarquer que ça ne fonctionne pas comme ils pensent et vont retourner avec des arbitres d’expérience. C’est juste qu’à ce moment-là, je vais être rendu trop vieux, mais ce sont des choses qui arrivent », assure celui qui est d’office lors de deux matchs par mois dans la Ligue américaine et six dans la LHJMQ.

Du plaisir

Même s’il n’a pas atteint son objectif, François Dussureault a autant de plaisir à arbitrer, même au niveau junior. « C’est d’être avec les gars. Ça fait environ 10 ans que je fais ça et je grandis avec des gars. Je reviens, je vois des personnes que je n’avais pas vues depuis quatre ans et c’est le fun. Le calibre est moins stressant, je sais ce que je fais », dit-il.

Le retour dans le junior a cependant été difficile. « Après la finale dans la LAH, le premier match que j’ai fait, c’était le tournoi des recrues. C’est des gars du Midget AAA, donc tu embarques sur la glace et pour le mental, tu perds une coche. Mais tranquillement pas vite, tu revois les gars, la saison avance et les séries arrivent », rappelle-t-il, le sourire aux lèvres.

Le prochain objectif de Dussureault est d’officier à la Coupe Memorial. « C’est la seule chose que je n’ai pas faite. J’étais parti au Championnat du monde senior l’année que j’aurais peut-être pu y aller. Après, je suis parti aux États-Unis. C’est l’une des dernières choses que je n’ai pas faites, ce tournoi et les Olympiques. Je n’irai jamais aux Olympiques, car j’ai déjà fait ma carrière internationale. Hockey Canada ne me payait plus de licence. Maintenant, je suis revenu, mais c’est le tour à d’autres et c’est bien correct », mentionne-t-il.

Nouveaux défis

Tout négatif a un côté positif et la situation de François Dussureault n’est pas différente. « L’arbitrage reste une passion, donc je continue, mais j’ai un autre emploi. J’ai commencé à travailler chez Sherweb. J’ai aussi rencontré ma femme aux États-Unis, on s’est mariés, donc il y a plein de projets dans les airs. C’est le début d’une autre histoire. Je ne perds pas l’expérience de vie que j’ai eue. Je connais des gens partout autour de la planète et aux États-Unis », résume le juge de lignes.