Il y a également ce refrain qui sonne faux à mes oreilles et qui m’agace. Ça va comme suit : les exceptionnels de 16 ans ont leur place dans la LHJMQ, qu’ils n’ont plus rien à apprendre dans le midget AAA. Dépendamment à qui vous posez la question, la définition d’un exceptionnel peut avoir bien des variantes.

À 16 ans, on doit s’outiller dans le midget AAA

COMMENTAIRE / Il n’y aura jamais consensus dans le monde du hockey amateur autour de la présence des joueurs de 16 ans dans la LHJMQ. Mon opinion sur le sujet est connue : à 16 ans, un adolescent devrait évoluer avec des jeunes de son âge, pas des adultes de 18, 19 et 20 ans.

Il y a également ce refrain qui sonne faux à mes oreilles et qui m’agace. Ça va comme suit : les exceptionnels de 16 ans ont leur place dans la LHJMQ, qu’ils n’ont plus rien à apprendre dans le midget AAA. Dépendamment à qui vous posez la question, la définition d’un exceptionnel peut avoir bien des variantes.

Retournons dans un passé encore tout récent. Joshua Roy et Justin Robidas, respectivement des Chevaliers de Lévis et des Cantonniers de Magog la saison dernière, connaissent des débuts corrects, mais modestes dans le circuit Courteau à 16 ans. Ils représentaient les deux meilleurs espoirs du dernier encan de la LHJMQ.

Vous pourriez me répliquer que les deux Zachary, Bolduc avec Rimouski et L’Heureux avec Moncton, se débrouillent drôlement bien et répondent aux attentes. Mais combien sont en mesure de le faire?

La plupart du temps, les joueurs de 16 ans dans la LHJMQ sont placés dans la mauvaise chaise ou sont carrément mis de côté. Apprendre à la dure, c’est bon pour eux me diront certains. C’est de la bouillie pour les chats! Croire que ça leur rend service relève de la pensée magique. Dominer, exercer du leadership, faire la différence sur la glace, jouer un rôle de premier plan, voilà l’apprentissage normal d’un joueur de 16 ans dans le midget AAA. Et puis, ça fait combien d’années que les experts proclament à qui veut bien l’entendre que le prorata pratique versus les parties devrait être du trois pour un, même du quatre pour un. Exactement ce qui se passe dans le midget AAA. En plus, quand tu termines ton stage midget AAA à 16 ans, tu as la chance de compléter tes études secondaires assis sur un banc d’école, pas dans un autocar.

Des exemples proches

Que voulez-vous de plus? Des exemples concrets me répondrez-vous. D’accord. On y va et pas besoin de fouiller bien loin. Isaac Belliveau, Jacob Dion et Alexandre Doucet sont demeurés à Magog à 16 ans et ont été des piliers chez les Cantonniers dans leur route vers les grands honneurs. Ce qu’ils ont accompli dans l’uniforme des Cantonniers, particulièrement durant les séries de fin de saison et à la Coupe Telus, valait 72 parties du junior majeur.

Regardez maintenant ce qu’ils accomplissent à leurs premiers pas dans le circuit Courteau après avoir fait le plein de maturité et d’expérience avec les Cantonniers plutôt que graduer prématurément dans le junior majeur. Ils sont sensationnels, spectaculaires.

Marshall Lessard a quitté les Cantonniers aux Fêtes la saison dernière pour se joindre aux Foreurs de Val d’Or et cela l’a-t-il mieux préparé pour entreprendre sa première saison complète cette année? J’en doute. Je pourrais en dire autant de Max-Antoine Melançon qui avait lui aussi fait ses adieux aux Cantonniers en plein milieu de la saison en 2017-2018 pour se joindre aux Cataractes de Shawinigan. 

Tristan Roy a été cédé tout récemment aux Cantonniers par le Titan d’Acadie-Bathurst. Il vient de quintupler son temps de glace et le jeune homme retournera dans le junior majeur à 17 ans beaucoup mieux outillé.

Jouer dans la tête d’un adolescent, le faire douter sur ses capacités et son talent le fragilise énormément. Pas besoin d’étude scientifique pour affirmer que le gros bon sens, c’est de jouer midget AAA à 16 ans. Et à bien y penser, foutez-moi la paix avec les exceptionnels. Un talent hors de l’ordinaire, ça s’appelle Bobby Orr, Mario Lemieux, Wayne Gretzky, Guy Lafleur, Sidney Crosby et Connor McDavid. Il s’en trouve un ou deux par génération. 

Ne pas tomber dans le piège

Fin décembre début janvier, certains joueurs du midget AAA au travers la ligue seront invités à graduer dans le junior majeur. On leur fera miroiter que c’est la chose à faire pour leur développement. Rien ne me semble moins sûr et la plupart du temps c’est faux.

La bonne nouvelle, c’est qu’une personne bien placée dans la LHJMQ me confiait que le vent commence à tourner et que les 16 ans sont appelés à demeurer de plus en plus dans le midget AAA ou toute autre ligue scolaire parallèle. 

Le débat tire peut-être à sa fin. Good!