L'athlétisme, le baseball, le canot long, le golf et l'équitation ont été parmi les premiers sports pratiqués aux Jeux du Québec régionaux. 
L'athlétisme, le baseball, le canot long, le golf et l'équitation ont été parmi les premiers sports pratiqués aux Jeux du Québec régionaux. 

50 ANS DES JEUX DU QUÉBEC : à Sherbrooke, « ce n’était pas fort »... et pourtant!

SHERBROOKE — Pour Bertrand Beaulieu, le sport à Sherbrooke « ce n’était pas fort » lorsqu’il est arrivé en 1969. De toute évidence, ce n’est pas ce qui l’a empêché d’organiser les premiers Jeux du Québec régionaux de l’Estrie en 1970. Auparavant inconnu de la région, le natif de Rivière-du-Loup ne cache pas le scepticisme des personnes vis-à-vis son projet de réunir plusieurs athlètes de la région pour un événement sportif d’envergure.

« Mais moi, j’ai une tête de cochon et je vais vous montrer que c’est possible », répondait Bertrand Beaulieu à ces personnes.

Finalement, vers la fin juillet et le début du mois d’août 1970, ce sont 1 800 athlètes qui se sont réunis pour vivre l’expérience des Jeux du Québec. 

Alors que les Jeux du Québec célèbrent leur cinquantième anniversaire, La Tribune s’est intéressée à la structure des différentes disciplines sportives de l’époque dans laquelle Bertrand Beaulieu a permis d’organiser les Jeux du Québec de 1970. 

« Vu que j’avais été aux Jeux olympiques en 1964, au Japon, je savais un peu comment ça se passait », explique Bertrand Beaulieu à propos de son voyage autour du monde.

En plus de réunir les athlètes de dix-neuf disciplines sportives, Bertrand Beaulieu s’est aussi donné la mission de mousser l’ampleur des Jeux du Québec. D’une certaine manière, cette expérience olympique est devenue sa principale source d’inspiration pour l’organisation de cet événement sportif.

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L’athlétisme

Si le défi était grand, avec quoi lui et son comité organisateur se sont-ils débrouillés?

« Les infrastructures dans la région dans le domaine de l’athlétisme sont maintenant extraordinaires, affirme Bertrand Beaulieu. Mais avant, il n’y avait pas de piste d’athlétisme nulle part. Pour les Jeux du Québec, ils ont utilisé le parc du Champs-de-Mars pour la tenue des compétitions. »

D’ailleurs, les bénévoles utilisaient de la chaux, chaque fois, pour créer quatre couloirs sur le gravier.

« S’il tombait quelques gouttes d’eau, la chaux se diluait, et les couloirs étaient à recommencer », ajoute Bertrand Beaulieu sur la patience de ces bénévoles.

À l’époque, l’athlétisme n’avait aucun club civil, c’est donc grâce au volet scolaire que Bertrand Beaulieu et son équipe ont pu « bâtir » des compétitions. 

Bertrand Beaulieu, organisateur des premiers Jeux du Québec régionaux de l’Estrie en 1970.

La balle lente et le baseball

Dans les premières années des Jeux du Québec, il n’y avait pas de limite d’âge. Des athlètes de quarante ou cinquante ans pouvaient prendre part aux compétitions. Vu qu’il n’existait pas de structure pour les jeunes de la région du côté de la balle molle, c’était alors plus facile d’impliquer les ligues de garage.

« Nous avions donc ramassé quelques villages qui ont finalement accepté de participer à une compétition régionale », précise Bertrand Beaulieu.

Contrairement à la balle molle, une structure mineure existait déjà au baseball, donc ils ont insisté auprès des municipalités afin de créer des clubs. 

À Sherbrooke, Asbestos et Windsor, il existait des clubs de crosse. Des compétitions ont alors été organisées entre eux dans le cadre de cet événement.

Le canot long

À l’époque, le canot long parcours figurait au programme des Jeux du Québec. Depuis, l’épreuve a été remplacée par le canot-kayak.

« Nous étions plus chanceux pour le cyclisme puisqu’il y avait des clubs à Lac-Mégantic, à Coaticook, à Sherbrooke, à Asbestos et à Valcourt », explique Bertrand Beaulieu en ce qui concerne un sport qui a eu beaucoup de succès lors de ces premiers jeux. 

L’équitation

Pour l’épreuve d’équitation, les athlètes pouvaient choisir entre la selle anglaise ou western. Comme le cyclisme, plusieurs clubs d’équitations existaient déjà en Estrie. 

« L’équitation était au programme des Jeux du Québec régionaux, mais pour ceux de Rivière-du-Loup (1971) c’était trop compliqué », raconte Bertrand Beaulieu concernant les difficultés de cette épreuve pour des jeux à l’extérieur, dont le transport des chevaux.

Le golf

Selon Bertrand Beaulieu, la région de l’Estrie comporte plusieurs clubs de golf, donc l’organisation des compétitions était beaucoup plus facile. Malgré qu’il n’y ait pas de limite d’âge, le golf était exclusif aux jeunes.

Le plongeau et le ski nautique

Pour le plongeon, Bertrand Beaulieu explique que les athlètes ne « plongeaient » pas vraiment. Ils se « garrochaient dans la piscine », ricane ce dernier.

À Sherbrooke, le ski nautique était assez bien encadré, souligne Bertrand Beaulieu. D’ailleurs, l’ancien maire de Sherbrooke, Jean Perrault, était l’entraîneur de l’époque.

« J’aimerais que nous rendions hommage à toutes les personnes qui ont cru à la première rencontre des Jeux du Québec », conclut Bertrand Beaulieu.

Plusieurs défis ont teinté le parcours de Bertrand Beaulieu et son comité organisateur, et ils les ont surmontés haut la main. Cinquante ans plus tard, l’expérience des Jeux du Québec est encore d’actualité pour les athlètes québécois.