Gérard Bélanger commencera sa 50e année de bénévolat dans le milieu du hockey au mois d’août.

49 ans de hockey

SHERBROOKE — Pour passer près de 50 ans dans le même milieu, il faut être passionné. Visiblement, Gérard Bélanger, qui est de retour au bénévolat après avoir occupé le titre de président de Hockey Estrie, l’est.

« J’ai commencé au mois d’août ma 49e année de bénévolat, mentionne l’homme de 70 ans, le sourire aux lèvres. J’aide lors des tournois à Sherbrooke. Sylvie Rousseau de Hockey Sherbrooke m’a appelé, ayant peur de m’insulter, pour me demander de faire du bénévolat : faire la sécurité, vendre de la bière, faire du pop-corn. C’est ce que je voulais faire ! Les grandes décisions aujourd’hui, je laisse ça à d’autres. »

En effet, Gérard Bélanger a dû en prendre des décisions durant ses 14 années à la présidence de Hockey Estrie et pendant ses 4 ans à la vice-présidence de Hockey Québec, sans oublier ses 25 ans à la présidence des ligues AA, BB et CC junior. 

« En retournant sur le terrain, je vois des problématiques, mais je tente le plus possible de ne pas m’impliquer à ce niveau », avoue-t-il. 

Tout a commencé il y a presque un demi-siècle à Windsor, lorsqu’il s’est fait approcher par une dame de la région pour faire du bénévolat. « Je dirais que j’ai fait à peu près tout dans le hockey! J’ai été entraîneur, trésorier, arbitre, j’ai gratté la glace, etc. », se rappelle celui qui a laissé son titre de président d’Hockey Estrie il y a un an et demi, ce qui n’a pas été facile.   

« Ça a été un coup, indique-t-il. Ma décision était prise, pour toute sorte de raisons. La famille et les petits-enfants sont dans les Laurentides et j’arrive à un âge où il faut penser à voyager un peu ; faire autre chose. Il a fallu que je me parle beaucoup et que je me retire, pas de téléphone, pas de courriels. Maintenant, tout ce que j’ai sur mon e-mail, c’est des publicités! », décrit l’homme de hockey qui a piloté une organisation comprenant plus de 600 équipes, 9000 joueurs, 2500 entraîneurs et 550 arbitres.

Héritage

Pour Gérard Bélanger, l’héritage qu’il laisse au hockey régional ne se compte pas en nombre de joueurs qui ont évolué dans les circuits professionnels. 

« Certains diraient que leurs succès sont ceux qui se sont rendus dans la LNH. Moi, ça ne m’a jamais dérangé. Quand tu es président de région ou d’association, les gens ne savent pas exactement ce que tu peux faire. L’entraîneur qui gagne ou qui perd est dans les médias, mais le président bâtit. Quand je suis arrivé, il y avait un employé et quand je suis parti, il y en avait trois. J’ai rééquilibré le budget et on avait de l’argent pour des projets », mentionne celui qui a aussi contribué à l’informatisation des feuilles de matchs, une fierté pour lui.

Un autre cheval de combat pour Gérard Bélanger était le hockey féminin. 

« J’ai travaillé avec [le regretté] Robert Michaud et il m’a fait adorer le hockey féminin. D’ailleurs, je travaille aujourd’hui au Tournoi provincial féminin de Sherbrooke. Je trouve qu’on le délaisse trop. Ce n’est pas facile d’avoir des entraîneurs, de comprendre que les filles peuvent jouer au hockey, même en 2019. Je rencontre des gens qui disent “ça prend du temps, les filles doivent être en train de se peigner”. Je ne suis pas capable d’entendre ça. J’ai mis du budget et j’ai tenté de faire évoluer ça le plus possible. Là, on me dit que la popularité diminue », déplore l’homme qui travaille également dans le domaine de l’éducation depuis... 49 ans.

Comme au hockey, M. Bélanger affirme que le travail d’équipe est important dans le domaine du bénévolat. « C’est très intéressant d’avoir des gens autour de soi qui comprennent le système, qui savent où on s’en va et qui acceptent de faire des erreurs. Moi-même, j’en fais! », termine M. Bélanger, qui a dans la mire l’objectif des 50 ans d’implication dans le milieu du hockey.