Jocelyn Thibault

24 ans après l'échange Roy/Thibault : « Un gros choc pour moi »

Quand on voit Patrick Roy et Jocelyn Thibault dans le même amphithéâtre, impossible de ne pas repenser à l’une des plus grosses transactions de l’histoire du Canadien.

Il y a 24 ans, l’actuel directeur général du Phœnix pliait bagage en direction de Montréal puisque quatre jours après avoir exprimé son mécontentement au président Ronald Corey, Patrick Roy était échangé à l’Avalanche du Colorado. Cette journée du 6 décembre a changé la vie de l’ancien portier des Faucons de Sherbrooke. Celle de Roy aussi. Encore aujourd’hui, Thibault ne sait pas si c’était pour le mieux ou pour le pire : « C’était du moins un gros choc pour moi. »

Les deux anciens gardiens se retrouveront samedi soir au Palais des sports. Un endroit qu’ils connaissent bien tous les deux, puisque Roy a déjà évolué pour le Canadien de Sherbrooke. 

Lors du match entre le Phœnix et les Remparts de Québec, Roy se retrouvera derrière le banc avec également le chapeau de directeur général alors que Thibault analysera le jeu du deuxième étage.

« Je ne pense pas avoir discuté une seule fois de cette transaction avec Patrick. Mais j’adore parler hockey avec lui. Il est un passionné. Il pourrait faire autre chose que du hockey junior s’il le souhaitait, mais il aime ce qu’il fait. On s’entend super bien pour être franc. »

Jocelyn Thibault admet avoir beaucoup de respect pour Roy. 

« Quand j’ai su que j’étais échangé contre lui, ça faisait drôle. J’ai grandi en regardant Patrick garder les buts du Canadien. Tous les gardiens québécois s’inspiraient de son style et plusieurs atteignaient la LNH. J’étais encore jeune, de nombreux amateurs voyaient Patrick sur son déclin. Certains trouvaient la transaction tout de même intéressante sur le coup à cause des circonstances. Mais on s’est vite rendu compte que Patrick était loin d’être fini quand il a soulevé une autre coupe Stanley ! »

Le capitaine du Canadien Mike Keane accompagnait Roy dans la transaction alors que le CH recevait également en retour les attaquants Andrei Kovalenko et Martin Rucinsky. Tout cela à la suite d’un cuisant échec de 11-1 du Canadien subi face aux Red Wings de Detroit. Au neuvième but, l’entraîneur Mario Tremblay a retiré Patrick Roy, qui lance ensuite au président de l’équipe Ronald Corey la célèbre phrase : « C’est mon dernier match à Montréal. »

« J’arrivais à Montréal dans une drôle de situation. Surtout qu’à la fin des années 90, le Canadien s’en allait dans une mauvaise direction. J’ai connu du succès à Montréal. Du moins, je suis fier de mon passage en général. Par la suite, j’ai dû composer avec les blessures. La pression était énorme chez le Canadien. C’était spécial de jouer à Montréal. J’ai aimé mon expérience, mais je me demande encore aujourd’hui ce que serait devenue ma carrière si j’étais resté au Colorado. »

En effet, la question se pose. Comme la suivante : si Mario Tremblay n’avait pas attendu le neuvième but pour réagir, que serait-il survenu ? Et ça, on ne le saura jamais.