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20 ans après l'an 2000: le sport
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20 ans après l'an 2000: le sport
Vingt ans après l’an 2000, La Tribune choisit de se pencher chaque mois sur un enjeu de société qui a marqué le début du siècle pour prendre la mesure de ce qui change et de ce qui ne change pas. En août : le sport.
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Guylaine Dumont: goûte enfin à la sérénité

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Guylaine Dumont: goûte enfin à la sérénité

Guylaine Dumont revenait de loin quand elle a obtenu une surprenante cinquième place en compagnie de la Sherbrookoise Annie Martin en volleyball de plage aux Jeux olympiques d’Athènes, en 2004. Déjà que cette participation était l’aboutissement d’une longue et douloureuse course à obstacles.

Fille d’un homme violent physiquement et émotionnellement, elle a connu son lot de drames dès l’adolescence avec la disparition de sa sœur aînée, dont le cadavre ne sera retrouvé que neuf ans plus tard. Durant la même période, elle croise une première fois l’entraîneur qui reviendra la hanter au sein de l’équipe nationale de volleyball en salle quelques années plus tard. 

« Il me reprochait mon caractère fort, qu’il voulait casser », confiait-elle à La Presse en 2018, longtemps après les événements. Elle abandonne donc une première fois son rêve olympique en 1991 pour jouer dans une équipe professionnelle en Italie. Elle revient avec l’équipe nationale en 1995 en prévision des Jeux d’Atlanta en 1996, mais se heurte au même entraîneur despotique. Ses dénonciations auprès de la Fédération n’y changeront rien. Elle est repartie en Italie. Mais le cœur n’y était plus. Elle quitte la compétition en 1998.

Jusqu’à l’appel d’Annie Martin, qui lui propose de partager son carré de sable en 2002.

Femme sereine

Mais il ne faut pas compter sur Guylaine Dumont pour régler des comptes et cracher son amertume. À 52 ans, c’est une femme sereine que nous avons jointe chez elle cette semaine à Saint-Antoine-de-Tilly, près de Québec. Devenue conseillère en relation d’aide dans le milieu sportif, l’ex-olympienne offre sa vaste expérience sportive et ses connaissances acquises durant sa pause auprès de la thérapeute Colette Portelance. 

Sport’Aide à l’écoute 24/24

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Sport’Aide à l’écoute 24/24

Les jeunes sportifs confrontés à un problème avec des coéquipiers, des parents ou un entraîneur peuvent maintenant se confier à des professionnels à l’écoute en tout temps.

La ligne téléphonique Sport’Aide n’a que quatre ans, mais compte déjà plus de 600 interventions à son actif. « C’est une organisation complètement indépendante des gouvernements et des fédérations sportives, fait valoir son directeur et cofondateur Sylvain Croteau. Et c’est fondamental que nous soyons détachés comme ça des institutions parce que la première question qu’on se fait souvent poser par les jeunes qui nous appellent, c’est ‘‘allez-vous le dire à mes parents, mon coach? ’’ Ça les rassure d’apprendre qu’on est un service rigoureusement confidentiel. »

L’organisme Sport’Aide est né de la rencontre, en 2010, entre Sylvain Croteau, un amateur de sports impliqué à de nombreux endroits qui s’apprêtait à écrire un livre sur la dépression chez les sportifs, l’ex-athlète olympique Guylaine Dumont, formée en relation d’aide, et Sylvie Parent, professeure à l’Université Laval spécialisée en violence et abus sexuels dans un contexte sportif. 

« On savait qu’il existait une ressource comme celle-là au Royaume-Uni, mais rien encore qui ressemble à ça ici », relate Sylvain Croteau, qui a contacté Guylaine Dumont après avoir entendu parler de ses difficultés avec des entraîneurs dans les médias. « On savait aussi que la professeure Sylvie Parent travaillait sur ce dossier. Ce qu’on ignorait, par contre, c’est qu’elle venait d’être mandatée par le gouvernement du Québec pour créer un organisme semblable ici. »

sportbienetre.ca

La première tâche à laquelle s’est attelée l’équipe d’une dizaine de personnes basée à Québec a été de créer la plateforme sportbienetre.ca, qui donne des outils autant aux jeunes sportifs qu’aux entraîneurs, aux officiels, aux parents, aux administrateurs d’organisations sportives. « Il y a déjà plein de renseignements sur ce site. Comme la façon correcte de toucher une jeune gymnaste pour l’aider à faire une figure, par exemple », illustre Sylvain Croteau.

« Les gens peuvent aussi clavarder s’ils veulent des renseignements supplémentaires ou dénoncer une situation », reprend-il. Si on apprend des agissements de nature criminelle, la personne est aussitôt invitée à la dénoncer à des autorités compétentes, telles que la police ou la DPJ. « C’est une obligation citoyenne de le faire. Mais nous nous assurons que la personne qui nous contacte puisse prendre le contrôle sur sa capacité d’agir. »

Cruauté entre jeunes

Même s’ils font davantage les manchettes des journaux, les cas d’abus de la part des entraîneurs ne sont qu’une infime minorité des situations problématiques rapportées à Sport’Aide ou sportbienetre.ca. « En fait, dans 70 pour cent des cas, il s’agit de problèmes qui impliquent un jeune avec un ou plusieurs de ses coéquipiers ou des adversaires. Ça peut être des initiations ou des photos nues prises dans le vestiaire. Et le jeune a besoin de savoir ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas », mentionne le directeur général. 

Sport’Aide devait accueillir en avril à Québec le deuxième colloque Safe Sport International, où on attendait autour de 500 personnes de 38 pays, dont des représentants des Nations-Unies, du Comité international olympique, de la National Collegiate Athletic Association et du Conseil d’Europe. « Nous avions la confirmation que la juge qui a condamné Larry Nassar serait là de même qu’une de ses victimes, souligne Sylvain Croteau en espérant que ce grand rendez-vous pourra être reporté à l’an prochain, si les risques liés à la pandémie s’estompent. Il y a un mouvement mondial pour une meilleure protection des athlètes et notre modèle fait l’envie de plusieurs pays. Il faut savoir que la violence dans les sports ne concernait que les hooligans en Europe et les bagarres au hockey ici il y a 20 ans. C’est tout nouveau ce que nous faisons. Mais il y a encore énormément de travail à faire. »


Pour rejoindre Sport’Aide 

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Les monuments s’écroulent

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Les monuments s’écroulent

Il n’y a pas que les statues de marbre, de granit ou de cuivre qui ont la vie dure ces temps-ci, des monuments du sport sont tombés brutalement de leur piédestal au cours des 20 dernières années à la suite de condamnations pour des crimes de nature sexuelle.

On n’a qu’à penser au légendaire entraîneur-chef de l’équipe de football de l’Université Penn State Joe Paterno, emporté en 2011 par un scandale sexuel impliquant son coordonnateur défensif Jerry Sandusky, accusé de multiples agressions sur des jeunes joueurs de 1994 à 2009. Plus récemment, en 2017, la condamnation du médecin Larry Nassar a plongé la Fédération américaine de gymnastique et l’Université d’État du Michigan dans une crise profonde à la suite d’accusations d’abus sexuel sur 265 gymnastes, dont plusieurs olympiennes, de 1992 à 2014. 

Au Québec, l’entraîneur de ski alpin Bertrand Charest était considéré comme une véritable sommité dans son domaine jusqu’à ce qu’il soit accusé de multiples agressions sur des athlètes, mineures dans plusieurs cas, et d’abus psychologiques répétés. Il a été reconnu coupable de 37 chefs en 2017 et condamné à 12 ans de prison. La Cour d’appel a plus tard écarté 21 de ces 37 chefs et réduit la peine de 21 mois. Il y a deux ans, le réputé entraîneur de gymnastique Michel Arsenault faisait face à son tour à de nombreuses accusations de nature sexuelle impliquant à nouveau des jeunes filles. 

Sheldon Kennedy: brise le silence

Le hockey n’échappe pas au phénomène. L’ex-joueur des Red Wings de Detroit Sheldon Kennedy avait sonné l’alerte dès la fin des années 1990 contre son ancien instructeur Graham James, des Broncos de Swift Current de la Ligue junior de l’Ouest. On a appris par la suite que l’ex-vedette des Flames de Calgary Theoren Fleury avait également subi des abus de même nature, tout comme de nombreux joueurs qui ont joué sous la gouverne du prédateur. En 2013, James a été condamné à cinq ans de prison pour ses gestes.  

Selon une enquête menée l’an dernier par la chaîne CBC, 340 entraîneurs œuvrant auprès de jeunes ont fait l’objet d’accusations de nature sexuelle au Canada entre 1998 et 2018. Du nombre, 222 ont été condamnés pour des crimes touchant plus de 600 jeunes sportifs. Au moment de dévoiler les résultats de sa recherche, CBC révélait que 34 cas étaient toujours en suspens. Les délits portent sur des abus sexuels, de l’exploitation sexuelle et la fabrication ou la possession de pornographie juvénile.

Sans surprise, une écrasante majorité des condamnations concernait des hommes, soit 213 sur 222. Quant aux victimes, il s’agit de garçons et de filles dans des proportions semblables. Les entraîneurs de hockey sont en cause dans 86 accusations et 59 d’entre elles ont mené à des condamnations. Les entraîneurs de soccer viennent en deuxième position dans ce triste palmarès avec 40 accusations et 27 condamnations. CBC a pris soin de préciser que tous les sports sont touchés par ce phénomène. 

Devant ces chiffres inquiétants, AthlètesCAN a commandé une étude à l’Université de Toronto l’an dernier afin d’avoir un portrait plus juste et actuel de la situation. La dernière enquête du genre remonte à plus de 20 ans, admet l’association des athlètes des équipes nationales canadiennes. Serge Denis

Commotions cérébrales: prévention et apprentissages

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Commotions cérébrales: prévention et apprentissages

Les carrières de nombreux sportifs ont pris fin à cause de commotions cérébrales. De la planche à neige au football, en passant par le hockey et le cheerleading, aucun sport n’a été épargné en matière de traumatismes crâniens légers.

Neuropsychologue pratiquant à la clinique Neurotransmission de Saint-Élie, Julie Bolduc-Teasdale a abordé le sujet des commotions cérébrales dans sa thèse de doctorat, au début des années 2000. « À l’époque, on faisait rapidement le tour de la littérature scientifique, convient-elle. Dans les dernières années, on a vraiment observé un boom au niveau des publications et des recherches. C’est un sujet qui a évolué rapidement. On s’est mis à apprendre de plus en plus de choses et je pense que ç’a fait en sorte qu’il y a eu une prise de conscience autant chez les athlètes que chez les parents, chez les entraîneurs et dans les ligues. »

D’ailleurs, lorsqu’elle a commencé la pratique de son métier en 2011, une grosse partie de son travail était de faire réaliser l’ampleur des commotions aux gens qui en étaient atteints. « Je devais convaincre et argumenter pour dire qu’il faut faire attention », se rappelle-t-elle.

« Maintenant en 2020, je n’ai presque plus besoin de faire ça, assure la neuropsychologue. Les gens arrivent dans mon bureau et sont déjà convaincus qu’il faut faire attention. Ils sont plus inquiets. Une partie de mon travail est de rassurer et d’assurer que l’enfant retourne au sport, qu’on le réactive correctement. Le travail n’est pas le même, à cause de la prise de conscience des gens. »

Selon elle, depuis environ 2015, la tendance est plus du côté de la sécurité. « Les écoles se sont dotées de protocoles. Les travaux du ministère de l’Éducation ont eu une grande influence. Quand c’est devenu officiel, on a vu un changement de mentalité », dit-elle, ne qualifiant pas la situation de « gagnée ». 

« Au début de ma pratique, il n’était pas rare de voir des commotionnés multiples, raconte Mme Bolduc-Teasdale. On faisait des retraits de jeu et on attendait que ça guérisse. C’était difficile. Maintenant, ça n’arrive presque plus. Les enfants additionnent moins de commotions cérébrales », mentionne-t-elle, ajoutant que les sports de contact ont modifié leur réglementation.

Prévention

Le président de l’Association des neurologues, François Evoy, pense qu’il vaut mieux prévenir que guérir. « Il y a des traitements disponibles, mais c’est davantage au niveau de la prévention qu’on peut faire quelque chose. On est souvent là en tant qu’experts pour documenter les dommages. Quand les gens ont des problèmes à réintégrer le travail ou les activités sportives, on est demandés en expertise plus pour décrire et pour une espèce de plan de traitements. Mais les traitements demeurent assez embryonnaires », analyse le spécialiste.

Est-ce que les sportifs sont aussi pressés de retourner au jeu aujourd’hui qu’en 2000? « Ce n’est vraiment pas la même chose, répond-il du tac au tac. Les gens qu’on voyait en 2000 ne croyaient pas à ça, ils voulaient absolument retourner au jeu. Il fallait leur faire peur, leur montrer les scénarios catastrophes pour les sensibiliser. Il y avait quelques cas dans la littérature du syndrome du second coup. Ça faisait peur à tout le monde. »

« La question de la législation et des règlements, c’est la voie qu’il faut suivre, poursuit-il. C’est ce qui va avoir le plus d’impact sur la prévention à plus long terme. On appuie les travaux. Évidemment, on a l’impression que c’est ce qui peut changer la norme à plus long terme. » 

Rappelons qu’en janvier 2014, « en raison d’une forte médiatisation des cas de commotions cérébrales dans le sport amateur et professionnel, et en tenant compte de la préoccupation grandissante des intervenants et des parents à l’égard de ce problème », le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) a créé un groupe de travail qui a produit le Rapport sur les commotions cérébrales qui surviennent dans le cadre de la pratique d’activités récréatives et sportives.

Ne pas risquer son avenir ni son cerveau

À la veille des Jeux olympiques de 2010, Christelle Doyon a dû renoncer à sa carrière de planchiste à cause des commotions cérébrales qu’elle a subies. 

Du sport sans couleur de peau

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Du sport sans couleur de peau

Il y a eu le capitaine de l’impact Patrice Bernier et le défenseur étoile du Canadien P.K. Subban. Il y a eu Collin Kaepernick, qui a posé un genou au sol. Dans le sport, bien des œillères sont tombées et bien des choses ont évolué depuis vingt ans en matière de multiculturalisme, selon plusieurs.

Président de Soccer Estrie et ancien joueur de haut niveau, Richard Pierre-Gilles a été aux premières loges de la montée du multiculturalisme dans le sport québécois. Celui qui a été entraîneur avec le Mistral, l’U18 AAA et le Vert et Or a « vu beaucoup d’ouverture », confie le natif de Port-au-Prince.  

« De 2000 en montant, les jeunes ont vécu ce que j’appelle une jeunesse consciente, considère celui qui est également enseignant au Salésien. Ils voyagent plus. Ils ont accès au monde. Ils sont culturellement exposés à tant de choses et si rapidement, c’est ce qui fait qu’il y a moins de réticence et d’ignorance par rapport à l’autre. Il y a un désir de connaître l’autre. C’est une évolution favorable. » 

« Ce que j’ai connu comme entraîneur, ce sont des équipes un peu plus colorées; un peu plus métissées », analyse-t-il.

Selon lui, la démocratisation d’Internet a quelque chose à voir dans l’ouverture face au monde. « Ça fait seulement 10-12 ans que les gens sont sur les réseaux sociaux, échangent et apprennent à se connaître. Il y a eu un essor extraordinaire, surtout dans les dix dernières années », exprime-t-il, ajoutant que l’arrivée de l’Impact en MLS, avec son capitaine québécois d’origine haïtienne, Patrice Bernier, a également ouvert des horizons. 

« Dans les années 2000, quand un P.K. Subban arrive et devient un ambassadeur... Ce n’est pas le premier, mais un joueur de son envergure, articulé, talentueux et impliqué dans la communauté, ça reflète les valeurs que j’ai eues comme personne et que j’ai inculquées à mes enfants », précise M. Pierre-Gilles. 

Lutte antidopage: il y aura toujours des tricheurs

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Lutte antidopage: il y aura toujours des tricheurs

Le dopage a marqué la fin des années 1900 et continue de faire énormément jaser en 2020. Après les nombreux cas de dopage au Tour de France, le scandale en Russie a ramené le sujet sur la place publique. Bien qu’il soit de plus en plus difficile de se doper sans se faire prendre, il y aura toujours des tricheurs.

Après Lance Armstrong et Geneviève Jeanson, les Russes volent maintenant la vedette du sombre spectacle qu’est le dopage.

« C’est maintenant plus difficile de se doper sans se faire prendre et plus coûteux aussi, indique David Pavot, titulaire de la Chaire de recherche sur l’antidopage dans le sport soutenue par l’Université de Sherbrooke. Les produits de base sont maintenant plus facilement détectables. Un athlète aurait de la difficulté à se doper seul. Ça prend des gens autour de lui pour ne pas qu’il se fasse prendre. L’exemple de la Russie est bon. C’est tout un pays qui a implanté un système pour couvrir et doper de nombreux athlètes. »

Le scandale de la Russie a entraîné l’enquête antidopage la plus complexe et la plus vaste de l’histoire du sport.

« C’est sans doute le plus grand défi auquel l’Agence mondiale antidopage a été confrontée au cours de ses 20 années d’existence, a confié à La Tribune Maggie Durand au nom de l’AMA. Par contre, après bientôt six ans, la conclusion de cette affaire semble proche aujourd’hui. »

Le nombre de tests effectués a grimpé depuis les 20 dernières années. Prenez simplement les chiffres de 2008 à 2018 de l’AMA : environ 275 000 tests au total à près de 350 000 aujourd’hui. Il y a 1,42 % de ces tests qui s’avéraient positifs en 2018. 

« L’AMA compte un nombre impressionnant d’accomplissements avec des moyens très limités depuis les 20 dernières années », soutient la porte-parole de l’AMA.

Depuis 1999, l’Agence a élaboré le Code mondial antidopage. Une convention internationale de l’UNESCO a été ratifiée par 98 % des pays dans le monde entier. Des Organisations nationales antidopage existent même dans pratiquement tous les pays du monde.

Malgré tout, le sport ne sera jamais totalement propre. 

« Un sport totalement propre ne reflète tout simplement pas la réalité. C’est comme vouloir éradiquer la criminalité : il y aura toujours ceux qui refuseront de jouer selon les règles. Ce que nous pouvons faire, c’est continuer d’éduquer les sportifs et leur personnel de soutien pour nous assurer qu’ils choisissent de concourir proprement parce qu’ils savent que c’est la bonne chose à faire. »

Les filles se mesurent aux gars

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Les filles se mesurent aux gars

L’émancipation de la femme s’est étendue jusqu’au monde du sport. Mais encore aujourd’hui, les femmes demeurent trop minoritaires et trop peu visibles dans le sport, selon la médaillée d’or aux Jeux olympiques Sarah Vaillancourt et la MVP de la Classique Pif, Sabrina Gaudreau.

Les deux Sherbrookoises s’accordent pour dire que la situation de la femme s’est bien améliorée avec le temps, mais qu’il y a encore du travail à faire. 

À la fin des années 1990, Sarah Vaillancourt ne vivait que pour le hockey. Non, elle ne jouait pas avec des filles, mais bien dans le deux lettres avec les garçons de son âge. 

« Je me faisais retrancher du AA parce que j’étais une fille. Les entraîneurs l’avouaient ouvertement. Mais d’autres n’ont jamais hésité à me faire confiance. J’ai même été nommée capitaine dans le BB. J’ai croisé des entraîneurs très justes et ouverts d’esprit. On doit reconnaître le travail de ces personnes. Ils ont osé. De mon côté, je ne me suis jamais posé de question. Jouer au hockey dans le plus haut niveau, c’est ce que je voulais faire et le fait d’évoluer avec des garçons a amené beaucoup de positif dans ma vie, au plan personnel ou sportif. »

Par la suite, des ligues de hockey féminin ont vu leur jour.

« C’était parfois intimidant et gênant d’être la seule fille sur la glace ou dans le vestiaire. C’était ce que c’était. On ne peut pas revenir en arrière. Moi, ça me convenait à l’époque. Il y a des avantages à jouer entre filles et des avantages à se mêler aux garçons. Aujourd’hui, la structure du hockey féminin est bien meilleure. Jusqu’à un certain âge, il n’y a pas de différence, mais à l’âge adulte, on ne peut pas rivaliser contre les hommes à cause de notre morphologie. »

Quand le sport entre dans le 3e millénaire

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Quand le sport entre dans le 3e millénaire

Le sport évolue de façon fulgurante. D’une année à l’autre, de nouvelles disciplines apparaissent, les technologies s’améliorent et les mentalités changent. Tout devient plus rapide, plus puissant, plus précis. On croyait presque atteindre l’apogée à l’approche de l’an 2000, qui paraissait si loin. Mais en 20 ans, encore bien des choses ont changé, comme les paradigmes. Ce qui ne rend toujours pas le sport parfait.

Le dopage, le racisme, la place des femmes, l’intimidation et les commotions cérébrales ne sont que des exemples de dossiers chauds constituant le revers de la médaille.

Heureusement, plus les années avancent, plus la lutte antidopage s’accentue. Les années 2000 riment avec Lance Armstrong et, au Québec, Geneviève Jeanson. D’autres continueront à passer entre les mailles du filet même si les méthodes de dépistage n’ont jamais été aussi avancées. Le cas de la Russie fut marquant.

Jackie Robinson a peut-être pavé la voie aux athlètes noirs en 1947 et d’autres ont repris le flambeau pour offrir aux Noirs la place qui leur revient dans le sport. Mais même aujourd’hui, certains doivent encore poser des gestes et effectuer des sorties publiques, comme Colin Kaepernick, ce joueur de football qui milite pour les droits civils.

Pendant ce temps, la femme a poursuivi son émancipation en réalisant des exploits qui semblaient impossibles autrefois.

Une vague de dénonciations a ensuite déferlé sur la planète sportive. L’identité des entraîneurs et des joueurs aux comportements répressifs est dévoilée au grand jour.

Les sports deviennent également plus extrêmes, plus spectaculaires, et les athlètes s’améliorent. Mais des blessures surviennent et le sujet des commotions cérébrales s’est retrouvé plus souvent qu’à son tour dans les discussions sportives. En revanche, tout comme l’athlète, les équipements de protection continuent de se perfectionner.

Les sports extrêmes sont également de plus en plus populaires. D’ailleurs, la planche à roulettes et le surf feront leur entrée aux Jeux olympiques, tout comme l’escalade. Suivra ensuite le breakdance. 

Et que dire du Esport, qui a pris d’assaut le monde sportif?

Le paysage estrien change

Les dernières années ont été marquées par la naissance de nouvelles équipes en région. 

Le club de football du Vert & Or de l’Université de Sherbrooke attire les foules et devient le rival numéro un des Gaiters de Bishop’s. Les Castors de Sherbrooke cèdent leur place au hockey senior et au Saint-François de Sherbrooke jusqu’à ce que le Phœnix fasse du Palais des sports version améliorée son domicile, ramenant ainsi le junior majeur à Sherbrooke en 2012. 

De nouvelles infrastructures ont été érigées. Le stade extérieur de l’Université de Sherbrooke a pris forme en 2002. Se sont ajoutés ensuite le Centre multisport Roland-Dussault, le Complexe Thibault GM, le stade RBC, les surfaces synthétiques et le nouveau centre sportif de l’Université Bishop’s, qui accueille l’aréna Jane & Eric Molson.