Les entraîneurs du Vert & Or ont fait suer la trentaine de participants à la Journée dans la peau d’un joueur du Vert & Or.

« Tu peux nous crier après si tu veux »

On venait de réussir à mettre nos casques, nos épaulettes, nos culottes hyper serrées et nos souliers à crampons. C’était long un peu parce qu’il fallait aussi mettre notre crème solaire, replacer nos lunettes qui fittaient à peine dans notre casque et essayer de ne pas avoir de haut-le-cœur en mettant notre mouthpiece. Mais on était là, une trentaine de Sherbrookois qui pour la plupart venait de sauter pour la première fois sur un terrain de football pour vivre une journée dans la peau d’un joueur du Vert & Or.

Dès le départ, un des coachs s’avance pour nous proposer de jouer au jumpball, un jeu pour s’échauffer avec le ballon. Il nous explique calmement les règles et nous répète environ 14 fois de nous mettre en cercle autour de lui avant qu’on réussisse à le faire.

Et là on entend un « tu peux nous crier après si tu veux ». Parce que c’est exactement ce à quoi tout le monde s’attendait. Un genre d’entraînement militaire avec des coachs qui nous traitent de fainéants et de chochottes. Des push-up dans la bouette, des tours de terrain pour chaque ballon échappé, etc.

Mais le sport universitaire ce n’est pas ça. Les entraîneurs du Vert & Or sont tous des passionnés. On l’a vu. Ils nous ont dit d’avoir du fun, mais aussi que gagner c’est bien important. Lorsque le match en fin de journée est devenu serré, je peux vous dire qu’ils étaient concentrés. Ils ne sont pas là pour briser qui que ce soit.

La ligne est mince puisque les entraîneurs ne doivent pas être trop laxistes non plus, toutefois de ce que j’ai vu jeudi, les valeurs du personnel d’entraîneurs sont à la bonne place.

Mais si vous pensez que c’était une promenade dans le parc, détrompez-vous. Les coachs du Vert & Or nous ont fait suer à grosses gouttes.

On a commencé par faire les routines d’entraînement de chacune des positions. L’occasion pour les entraîneurs de déterminer les forces et faiblesses de chacun. In, Out, Mike, Wheel, Zone, Cover 1, nous avons ensuite tous dû apprendre les stratégies de base du football en plus de nous entraîner à capter et courir avec le ballon.

Au final on m’a confié le rôle de demi défensif, probablement parce que je n’ai convaincu personne lors des exercices de réception de passes, de force ou de vitesse. 

Le journaliste Simon Roberge s'est prêté au jeu: il a passé une journée dans l'uniforme de football du Vert & Or.

L’heure du match

La journée a culminé avec un match complet de quatre quarts. Du flag-football évidemment, mais les arbitres ont dû le rappeler à quelques reprises.

Jouer au football pour le vrai avec des offensives, des défensives, des stratégies et des entraîneurs m’a permis de réaliser deux choses. La première c’est que l’adrénaline est dans le tapis quand c’est un vendeur de chars de chez Nissan Sherbrooke de 43 ans qui est devant toi, imaginez quand c’est Mathieu Betts ou Gabriel Polan. Le simple fait d’être sur le terrain avec ces joueurs doit être incroyable. La deuxième c’est que c’est compliqué le football. En défensive, coach Regimbald nous donnait trois signaux pour un total de huit combinaisons de jeux possible. On est assez loin de la centaine de jeux que comprend le calepin des équipes universitaires. Et même là ce n’est pas toujours évident. Pendant que tu reprends ton souffle, tu dois regarder ton entraîneur et comprendre la série de signaux qu’il t’envoie. Facile en théorie, beaucoup moins en pratique.

Au final les Green machine l’ont emporté par un touché 21-14 contre les Nasty. Les spectateurs ont eu droit à une fin de match spectaculaire.

Une bonne partie des joueurs du Vert & Or, les vrais, ont assisté au match, même si le rythme laissait parfois à désirer. Les mots respect, audace et persévérance revenaient sans cesse dans les discours des entraîneurs. Et ça, c’est avoir les priorités aux bonnes places.