L’Inferno de Calgary, dont fait partie la gardienne de but sherbrookoise Annie Bélanger (en bas à droite), a remporté la Coupe Clarkson, il y a une semaine, en grande finale face aux Canadiennes de Montréal.

« C’est une surprise totale », dit Annie Bélanger

Une semaine après avoir remporté la Coupe Clarkson avec l’Inferno de Calgary, la Sherbrookoise Annie Bélanger a appris dimanche matin avec stupeur, que la Ligue canadienne de hockey féminin (LCHF) cessait ses activités.

La ligue professionnelle féminine, qui a été formée en 2007 et qui comptait six formations, dont les Canadiennes de Montréal, a informé toutes ses joueuses et le personnel de chaque équipe, de sa décision, par le biais d’un appel téléphonique, dimanche matin.

La surprise est de taille, confirme Bélanger, la gardienne de but de l’Inferno.

« Quand on nous avisé qu’il y aurait un appel téléphonique, on se demandait bien à quel propos. Dans ce temps-là, c’est soit une très bonne nouvelle, ou une très mauvaise nouvelle. La LCHF nous a simplement expliqué que le modèle d’affaires ne fonctionnait pas. Quelques personnes ont posé des questions, mais il n’y avait pas d’autres réponses. Pour l’instant, tout ce qu’on sait, c’est que la ligue n’existe plus. »

Cette nouvelle a l’effet d’une bombe chez les joueuses. Aucun signe avant-coureur ne laissait présager un tel dénouement, confirme Annie Bélanger.

« Personne n’était au courant de rien, ni les directeurs généraux, personne. C’est un peu le chaos depuis ce matin, je suis au téléphone depuis au moins trois heures afin d’avoir un peu plus de nouvelles », a-t-elle indiqué.

Pourtant, confirme Annie Bélanger, la LCHF semblait bien se porter.

La LCHF payait ses joueuses depuis maintenant deux saisons.

« On a eu une super visibilité lors du match des étoiles de la LNH, on avait un bon support de la communauté à Calgary, un peu comme à Montréal. »

Bélanger et l’Inferno de Calgary venaient tout juste de mettre un point d’exclamation à une saison 2018-19 fantastique. Calgary a dominé le classement général de la saison régulière, avec une fiche de 23 victoires et de seulement cinq défaites, avant de battre les Canadiennes de Montréal en grande finale de la Coupe Clarkson.

Bélanger a disputé neuf matchs, présentant une fiche de 8-1 et une impressionnante moyenne de buts alloués de 1,39 et quatre blanchissages à sa première saison dans la LCHF.

« Ce fut une saison vraiment super! On avait un alignement du tonnerre, c’était vraiment spécial de jouer avec des filles de ce calibre-là. Après notre conquête de la Coupe Clarkson, on a paradé toute la semaine dans les rues de Calgary avec la coupe. Les gens nous reconnaissaient, nous arrêtaient pour se faire prendre en photo, on a été invitées et honorées avant un match des Flames de Calgary (NHL). C’était vraiment spécial d’être sur la glace pendant l’hymne national. On sentait vraiment le support de tout le monde. »

« Mais là, une semaine plus tard, la coupe ne vaut plus rien. »

« Je crois que le but de la LCHF était qu’à un certain moment, la LNH en vienne à avoir un plus grand contrôle, comme c’est le cas pour la WNBA et la NBA, au basketball américain. Pour le reste, on va attendre que la poussière retombe pour voir ce qui va se passer ensuite. Il commence à se faire un peu tard pour la prochaine saison. Les filles de la ligue vont travailler fort pour trouver une solution, j’en suis sûre », a précisé Annie Bélanger.

« C’est le meilleur calibre de hockey féminin, à part les matchs qui impliquent le Canada aux États-Unis. Nos matchs contre Les Canadiennes, ça se rapprochait beaucoup de ça. C’était rapide, physique. »

« On avait aussi un bel impact auprès des jeunes filles. À Calgary, on s’impliquait beaucoup auprès du hockey féminin, on faisait du bénévolat avec elles, elles assistaient à nos parties. Il y a beaucoup de jeunes filles qui viennent de perdre des idoles », a déploré Annie Bélanger.

« On a aussi plusieurs des grosses joueuses de la LCHF qui sont présentement en Finlande pour le Championnat du monde. Je crois qu’on n’aura pas beaucoup de développement d’ici à ce que ces joueuses reviennent de Finlande. »