Contenu commandité
Terminer ses études contre vents et marées
actualités
Terminer ses études contre vents et marées
Chaque année, au printemps, ce sont des centaines de jeunes qui terminent avec fierté leur parcours scolaire. Dans le cadre de la seconde édition de la Journée des finissants, qui a lieu le 18 juin, voici le portrait de trois finissants de l’Estrie ayant fait preuve de persévérance et de détermination au cours de la dernière année.
Partager
Persévérer grâce au sport

actualités

Persévérer grâce au sport

Sabrina Lavoie
Sabrina Lavoie
La Tribune
Article réservé aux abonnés
Le basketball accompagne Kelsée Parent depuis plusieurs années. Si la finissante du Cégep de Sherbrooke a tout récemment fait son deuil d’une possible carrière en sport, elle affirme que cela l’a fortement motivée au fil des ans dans son parcours académique.

Kelsée Parent a évolué ces dernières années dans l’équipe des Harfangs de l’école secondaire du Triolet, puis dans l’équipe des Volontaires du Cégep de Sherbrooke. De nature optimiste et organisée, la passionnée de basketball a su se démarquer tout au long de ses études notamment par sa rigueur. 

En ce sens, la jeune femme de 19 ans reçoit aujourd’hui une bourse d’excellence scolaire de la part du Cégep de Sherbrooke où elle obtient son diplôme d’études collégial en sciences humaines - profil administration avec une cote de rendement exceptionnelle calculée à 34. 

Une bourse d’entrée universitaire lui a également été décernée pour le début de ses études en comptabilité à l’Université de Sherbrooke.

« C’est une grosse dose de reconnaissance qui arrive en même temps », indique Kelsée Parent visiblement heureuse. Et même si elle confie s’être assez bien adaptée aux mesures sanitaires reliées à la pandémie de COVID-19, la plus récente année aura été parsemée de quelques déceptions.

« Je crois que ce qui me rend le plus triste, c’est d’avoir joué mon dernier match de basket l’hiver dernier en ne sachant pas que c’était la fin. Ma carrière en sport s’est terminée à ce moment et je n’en avais aucune idée », raconte l’étudiante qui n’a pas été recrutée par les équipes universitaires du Québec en basketball.

Elle affirme toutefois que ce sport la motive à aller à l’école depuis le début du secondaire. « Que ce soit pour le simple fait de bouger entre les travaux scolaires ou pour les innombrables rencontres que j’ai faites sur le terrain, le basket m’a beaucoup aidé à persévérer. »

La finissante s’est par ailleurs rendue dans les écoles de la région de Sherbrooke ces deux dernières années pour partager son expérience. « Nous étions quelques étudiants à se rendre dans les écoles afin de parler de la transition entre le secondaire et le cégep. La plus grosse différence selon moi c’est vraiment l’aspect d’autonomie et d’organisation », raconte Kelsée Parent.

« Je conseille vraiment aux jeunes d’entretenir une passion à l’école. Ce n’est pas obligé d’être du sport. Ça permet de penser à autre chose et de se ressourcer. Et dans cette passion comme à l’école, écoutez vos limites. Mais essayez toujours de les atteindre. »

Une autonomie développée jeune

Ayant dû surmonter le décès de sa mère atteinte d’un cancer du pancréas alors qu’elle n’était âgée que de 9 ans, Kelsée Parent affirme avoir développé une certaine autonomie assez tôt, tant à l’école que dans la vie en général.

« En dix mois seulement, ma mère nous avait quittés. Ce fut une grosse épreuve pour notre famille, notamment pour ma sœur aînée et moi », confie la jeune femme.

« Mais quand je repense à ses dix dernières années, je sais qu’elle était en quelque sorte présente à chacune de mes réalisations. Et comme ma mère était comptable, on peut dire que je me suis inspirée d’elle », confie-t-elle avec un grand sourire.

Après son baccalauréat en comptabilité à l’UdeS, Kelsée Parent vise la maîtrise en gestion du développement international et de l’action humanitaire.

Un modèle de détermination pour ses enfants

Un modèle de détermination pour ses enfants

Sabrina Lavoie
Sabrina Lavoie
La Tribune
Article réservé aux abonnés
Maman de deux jeunes enfants, Lydia Côté possède un parcours scolaire atypique. Détentrice depuis peu d’une équivalence de niveau secondaire, la femme de 20 ans n’a jamais mis de côté la poursuite de son objectif malgré les nombreux défis : obtenir un diplôme.

L’école n’a jamais été une partie de plaisir pour Lydia Côté, une jeune mère de famille de Cookshire-Eaton. « Je n’étais pas motivée et j’avais des difficultés d’apprentissage », raconte celle qui accumulait alors les échecs scolaires.

En concertation avec son école, Lydia Côté alors âgée de 14 ans avait intégré le programme d’adaptation scolaire de la polyvalente Louis-Saint-Laurent qui vise la formation à un métier semi-spécialisé (FMS). Elle combinait ainsi ses études avec un stage en résidence pour personnes âgées comme aide-cuisinière, endroit où elle a ensuite été engagée.

En septembre 2017, la jeune femme a toutefois dû poursuivre ses études en formation générale aux adultes à East Angus, faute d’avoir obtenu son diplôme dans les temps. Or, quelques mois suivant son admission, Lydia Côté a appris qu’elle était enceinte de son premier enfant, Olyvia, qui a maintenant trois ans.

« Mais même sans l’arrivée d’Olyvia, la formation aux adultes n’était pas pour moi. Je n’arrivais pas à rester assise devant mes cahiers. Entourée d’élèves qui prenaient plus ou moins la situation au sérieux, je n’arrivais pas à me concentrer. Dans ces conditions, je préférais continuer à travailler. »

Finalement, après avoir obtenu une place pour sa fille en garderie en 2019, Lydia Côté a repris ses études au Centre de services éducatifs populaires du Haut-Saint-François (CSEP) en vue d’obtenir une attestation d’équivalence de niveau secondaire (TENS).

La petite Mya, bientôt âgée d’un an, est toutefois venue chambouler les plans à son tour. En pleine pandémie, Lydia Côté a remis ses études qui allaient somme toute assez bien sur pause. « Le contexte n’était plus très favorable. J’étais sur le point d’accoucher et la garderie de ma plus grande avait fermé. Plus rien ne fonctionnait », confie-t-elle.

À l’automne 2020, la jeune maman a retroussé ses manches en vue de terminer ce qu’elle avait commencé au CSEP. Appuyée par son conjoint et les membres de sa famille, elle a rapidement accumulé les réussites. 

« Malgré le manque de motivation, j’ai toujours su au fond de moi que j’allais y arriver. Et avec l’arrivée de mes deux petites filles, il y avait aussi un désir de servir d’exemple pour elles. »

En parallèle, Lydia Côté a entrepris l’automne dernier une formation intensive en secrétariat dentaire qu’elle a rapidement terminée avec succès.

« C’est un grand soulagement quand je repense à tout ça. J’ai voulu lâcher à tellement de reprises. Je suis fière de mon parcours. Toutefois, je conseille vraiment aux adolescents de profiter de leur jeunesse pour terminer leurs études. Quand toutes les responsabilités entrent en ligne de compte, notamment celle d’être parents, ça devient de plus en plus compliqué », mentionne la finissante.

Une année difficile pour le moral

Une année difficile pour le moral

Sabrina Lavoie
Sabrina Lavoie
La Tribune
Article réservé aux abonnés
Apprentissages en ligne, période d’isolement, port du masque en classe, annulation des bals : Matis Champeau-Séguin quitte l’école secondaire en se disant à la fois fier, mais surtout soulagé.

Bien qu’il obtienne avec fierté son diplôme d’études secondaires, le finissant de l’école la Ruche à Magog Matis Champeau-Séguin admet avoir trouvé la récente année plutôt difficile. 

« On peut dire que ça été une année d’adaptation. On sentait que les enseignants voulaient éviter de prendre du retard dans les travaux, mais avec les nombreuses grèves et l’apprentissage en ligne... c’était une mission impossible », indique le jeune homme.

Il affirme d’ailleurs que la motivation n’est plus au rendez-vous, tant pour lui que pour la majorité de ses collègues de classe, depuis quelques semaines. « Pour ma part, je me suis rattaché à mon admission au DEP en charpenterie-menuiserie. Je ne voulais pas que des portes se referment pour mon avenir. Toutefois, plusieurs de mes amis ont abandonné l’idée d’aller au cégep ayant vu leurs notes chuter drastiquement. La motivation n’était pas là cette année. C’était vraiment difficile. »

Découragement généralisé

Depuis l’annulation du bal de finissants, le jeune homme affirme que la fébrilité habituelle de fin d’année est quasi inexistante. « J’en discutais justement avec un enseignant récemment et il trouvait lui aussi qu’il y avait dans l’air davantage de découragement et de fatigue. Les jeunes ont surtout hâte de finir l’année », se désole Matis Champeau-Séguin.

Le déconfinement arrive tout de même à point pour le jeune homme qui travaillera dans le domaine de la construction au cours de l’été à venir. « Disons que je suis beaucoup plus emballé par ce nouveau travail qui me permettra rapidement de savoir si c’est ce que je veux faire dans la vie. Je vais aussi commencer mon DEP avec une certaine longueur d’avance », mentionne-t-il.

Bien qu’il ait envie de passer désormais à autre chose, Matis Champeau-Séguin se dit fier d’avoir été jusqu’au bout. « Malgré tous les obstacles, je n’ai pas lâché. C’est ce qui me rend le plus fier. Je suis la preuve qu’on peut décrocher un diplôme sans avoir d’objectifs précis. »