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Soir de budget à Sherbrooke
Sherbrooke
Soir de budget à Sherbrooke
Sherbrooke a adopté son budget pour l'année 2021 lundi, lequel entraînera des dépenses supplémentaires de 10,8 M$ pour un budget de fonctionnement de 347 383 700 $.
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Des fonds pour le béton, le sport... et l’environnement

Sherbrooke

Des fonds pour le béton, le sport... et l’environnement

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
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SHERBROOKE — L’investissement dans les routes, le béton et les projets d’aménagement recevront une grande partie du budget d’immobilisation de la Ville de Sherbrooke en 2021. En incluant les investissements municipaux et la contribution des tiers, ce sont 25,4 M$ qui seront investis dans le réseau routier alors que 22 M$ sont réservés pour les sports, la culture et la vie communautaire. Well Sud, la rue Galt, le centre de gymnastique et de cheerleading dans l’Édifice d’Expo-Sherbrooke et le nouveau gymnase nécessaire pour les Jeux du Québec sont les principaux projets financés.

En tout, la Ville prévoit 115 projets qui nécessiteront des investissements de 107,2 M$. De cette somme, 75 M$ proviendront de la municipalité, un plafond que se sont fixé les élus pour respecter leur nouvelle politique sur l’endettement. 

L’obtention des Jeux du Québec et le coup d’envoi des travaux pour le lieu de diffusion destiné à un public jeunesse justifient les sommes octroyées pour le sport et la culture. Il faut prévoir 9,3 M$ pour le centre gymnique de cheerleading de l’Édifice d’Expo-Sherbrooke. Cet investissement est conditionnel à la réception d’une subvention. Le nouveau gymnase pour les Jeux du Québec de 2024 coûtera quant à lui 5,6 M$. Un terrain de soccer synthétique est par ailleurs prévu au parc Central dans le district du Lac-Magog. Quant au lieu de diffusion, il recevra 1,7 M$. 

Le maire Steve Lussier rapporte que 56,6 M$ visent le maintien des actifs. Outre les réfections de chaussées, notons le lancement prévu de la reconstruction et de la reconfiguration de la rue Galt Ouest (600 000 $), la réalisation du plan d’aménagement de la rue Wellington Sud (4,5 M$), l’aménagement d’une traverse ferroviaire sur la rue du Dépôt (1 M$) et un petit montant (100 000 $) pour de premières interventions dans le secteur du futur pont des Grandes-Fourches, en attendant la pièce maîtresse du projet. 

Marc Denault s’est montré déçu que les analyses portant sur la circulation dans le secteur des boulevards Lionel-Groulx et Monseigneur-Fortier soient repoussées.

Parmi les autres projets entérinés lundi, notons le déménagement de la cour municipale dans les locaux de l’ancien poste de police de la rue Marquette (2,5 M$), l’acquisition d’un système de gestion des stationnements par les plaques d’immatriculation (500 000 $) et la mise en place d’un système pour assurer une plus grande sécurité des systèmes informatiques (2,7 M$). Paul Gingues, lui, a salué les investissements de 400 000 $ pour les plans qui mèneront à la réfection du chalet Antonio-Pinard, au mont Bellevue.

Notons que le Programme triennal des dépenses en immobilisations prévoit des investissements de 158 901 000 $ en 2022 et 153 354 000 $ en 2023. 

La conseillère Évelyne Beaudin a voté contre l’adoption de ce budget. Elle déplore que les citoyens n’aient pas été consultés sur les projets nécessitant un investissement. Dans le même sens, elle ne croit pas que les élus arriveront à respecter la limite de 75 M$ en dépenses d’immobilisations dans les années à venir. « Ce qu’on prétend être un budget de planification sur trois ans n’est que de la poudre aux yeux. On prévoit en 2022 qu’on dépensera 125 M$ et qu’en 2022, ce seront 135 M$. En 2022, on devra donc couper 50 M$ de projets si on veut maintenir un niveau d’endettement qui est acceptable. Je ne peux cautionner ce plan triennal qui n’a de planification que le nom », a-t-elle dit lundi soir.

Nicole Bergeron a précisé que toutes les villes procédaient de cette façon. « Vous devrez faire des choix pour revenir au seuil de 75 M$. La plupart des villes, quand elles mettent un programme triennal d’investissement qui est bas, allez voir ce qu’elles ont adopté l’année d’après pour voir si elles ont respecté leur programme. » 

Environnement

L’environnement, le transport actif et la mobilité durable recevront 3,9 M$ en immobilisations. Le Bureau de l’environnement, lui, voit son budget majoré de 23,25 %, soit de 600 000 $. « L’environnement touche pas mal tous nos services, donc ça dépasse les 3,9 M$ que nous annonçons. Par exemple, nous travaillons à régler les problèmes de raccordement illicites et nous aurons des programmes de plantation d’arbres », illustre le maire Steve Lussier. 

La directrice du Service des finances, Nathalie Lapierre, ajoute que des propositions pour la gestion des matières résiduelles seront présentées en janvier 2021, et révèle que la subvention pour les couches lavables sera de retour et qu’elle sera bonifiée pour les produits d’hygiène féminins. 

La présidente du comité de l’environnement, Karine Godbout, annonce que des actions seront prises pour diminuer l’enfouissement. « Nous aurons un projet sur la collecte des encombrants et un autre sur l’élargissement de la collecte des matières organiques dans les industries, les commerces, les institutions et les multilogements. Ce projet sera présenté au conseil municipal en janvier. Nous ferons aussi des efforts pour la réduction à la source avec l’aide à l’achat des couches lavables et les produits d’hygiène féminins. Nous pourrons ainsi réduire l’empreinte écologique des familles. Ce sont des habitudes de vie qui changent. »

Une politique de l’arbre devrait aussi être adoptée en 2021. 

Rien pour l’aéroport, la garage municipal et la caserne de Fleurimont

Sherbrooke

Rien pour l’aéroport, la garage municipal et la caserne de Fleurimont

Jonathan Custeau
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SHERBROOKE — À pareille date l’an dernier, en dévoilant son plan d’investissement en immobilisation de trois ans, la Ville de Sherbrooke prévoyait dépenser 149,1 M$ en 2021 et 160, 8 M$ en 2022 pour des projets nécessitant des emprunts. Cette somme a été ramenée à 107,2 M$ pour l’année qui s’amorce, si bien que le budget ne prévoit pas d’argent pour l’aménagement de la gorge de la rivière Magog, ni pour la construction d’une nouvelle caserne de pompiers à Fleurimont et rien pour les aménagements à l’aéroport de Sherbrooke. 

C’est le sacrifice de la construction de la caserne à Fleurimont, au coin des rues Galt Est et Galvin, qui a le plus fait réagir. Danielle Berthold, conseillère du district de Desranleau et présidente du comité de la sécurité publique, assure qu’elle sera tenace en 2021 pour s’assurer que ce projet se réalisera en 2022. 

« On doit faire des choix. Des choix qui s’imposent. Il y a des choses incohérentes alors qu’on présentait cette année le Schéma de couverture de risques pour bien couvrir de façon sécuritaire la population de Fleurimont. La caserne 4 sur la rue Lavigerie est en fin de vie. Après avoir présenté le Schéma, il a été approuvé au conseil municipal, approuvé à Québec, et on a décidé cette année de ne faire que les plans et devis. On ne donne que 250 000 $ et la caserne, pour 3,2 M$, on l’implantera en 2022. »

Mme Berthold indique que cette concession permettra à d’autres élus de voir des choses importantes arriver dans leur arrondissement. « C’est un choix. C’est une concession budgétaire pour permettre à d’autres d’avoir des choses intéressantes dans leur arrondissement. On devrait se rappeler en 2022 que la caserne doit être déplacée pour la sécurité de la population. » 

Mme Berthold met en relation les sommes importantes liées à l’organisation des Jeux du Québec et celles pour la construction d’un terrain de soccer synthétique à Rock Forest avec les sommes repoussées pour la caserne.

Garage municipal

Si les élus avaient entériné une somme de 4 M$ pour l’achat d’un terrain en prévision du déménagement du garage municipal, aucun budget n’est prévu en 2021 pour la construction d’un tel garage. La directrice générale adjointe Guylaine Boutin précise que 4 M$ sont prévus en 2022 et 5 M$ en 2023 pour ce projet. Entretemps, les employés municipaux qui travaillaient au garage municipal de la rue des Grandes-Fourches et qui doivent déménager dans l’édifice Hooper découvriront leurs nouveaux bureaux dans environ six mois.

Quant au plan Parcours, issu de Destination Sherbrooke et visant notamment la mise en valeur de la gorge de la rivière Magog, il ne reçoit pas les sommes annoncées l’an dernier. En 2020, on prévoyait 200 000 $ pour les plans de la phase 1 du projet, alors que 4,9 M$ de fonds municipaux étaient espérés pour la réalisation du projet. Ce ne sera finalement pas le cas. Les fonds pour la prison Winter ont aussi été retirés du budget d’immobilisation parce qu’ils ont été transférés au budget d’exploitation. 

Enfin, le programme de dépenses en immobilisations ne prévoit pas de montants pour l’aéroport de Sherbrooke directement, sauf 25 000 $ dans les fonds d’urbanisme de 2022 pour le réaménagement et l’agrandissement du terminal de l’aéroport. « L’aéroport va rester en place. Nous attendons les orientations du gouvernement qui va nous dicter où aller. Nous avons quand même des fonds qui ont été octroyés par le gouvernement du Québec et 250 000 $ par année de la Ville pour le lancement d’un vol commercial », réagit le maire Steve Lussier.

Une hausse de taxes trop modeste?

Actualités

Une hausse de taxes trop modeste?

Jonathan Custeau
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SHERBROOKE — Toute augmentation des taxes sous les 3 % nécessitera une correction dans les années à venir avec des hausses plus importantes, ont fait valoir une poignée d’élus en désaccord avec le budget d’exploitation adopté lundi soir. Une majorité d’élus ont toutefois jugé qu’une augmentation modeste des taxes était appropriée dans le contexte de la pandémie. 

« Quand on regarde les années à venir, si on ne prend pas d’action à moyen ou court terme pour l’année 2022, nous devrons imposer des hausses de taxes en 3 à 5 %, sans compter qu’il y aura une hausse des rôles d’évaluation », a fait valoir Marc Denault, qui a tout de même voté pour le budget.

Karine Godbout a déclaré son opposition. « C’est un budget conscient pour la COVID, mais pour aplanir la courbe pour les prochaines années, je ne pense pas que le taux de taxation nous permettra d’atteindre cet objectif à moyen terme. » 

Évelyne Beaudin a déploré qu’on ait demandé aux élus en début d’année quel pourcentage de taxes ils voulaient voir affiché dans les journaux en fin d’année. « C’est le dernier budget avant les élections et je constate qu’on fait de la politisation des hausses de taxes. Le chiffre qui devrait nous guider est 3 %. Chaque année que les taxes augmentent sous les 3 %, il faut se rattraper les années suivantes. Ça veut dire qu’en 2022, soit on augmente le compte de 4,5 % ou qu’on pige dans nos réserves. »

Annie Godbout, comme son collègue Vincent Boutin, aurait opté pour une augmentation de taxes de 1,75 % qui aurait couvert l’ensemble des dépenses récurrentes de la Ville. « J’aurais aimé que notre contexte décisionnel soit plus exposé. Il faut plus d’ateliers publics sur le budget pour que les citoyens puissent comprendre. Il ne faut pas parler du budget juste en fin d’année », a-t-elle dit.

Vincent Boutin a souligné qu’il a fallu l’argent de la cryptomonnaie (2,8 M$) pour boucler le budget. Il indique néanmoins que la Ville manque de prévoyance en se limitant à une hausse de taxes modeste. 

Pierre Tremblay, lui, craint que l’appareil municipal ne cesse de grandir. « La machine est trop grosse. Elle doit cesser de grossir et même être réduite. Ce qu’il manque, ce sont des indiens sur le terrain, des cols bleus. On n’a même pas le temps d’aller vérifier des choses sur le terrain pour récupérer des sous. Les chaudrons, on en a assez sur le poêle. » 

Claude Charron convient que les élus pellettent les problèmes par en avant, mais que les citoyens avaient besoin d’une pause. 

Paul Gingues, à l’inverse, aurait souhaité que l’aide gouvernementale soit davantage utilisée pour éviter un fardeau, « aussi petit soit-il », aux citoyens. Danielle Berthold a rétorqué qu’un gel de taxes était inconcevable et qu’il aurait fallu le rattraper par la suite.

Julien Lachance propose pour sa part d’aller chercher de l’aide à l’extérieur de la Ville, de gens qui « n’ont pas le nez collé sur l’arbre », pour explorer les moyens de réduire les dépenses municipales. 

Rémi Demers estime que la Ville a fait preuve de prévoyance et de prudence en étalant l’aide gouvernementale sur plusieurs années.

« Je me serais sentie très mal d’aller plus loin avec l’aide gouvernementale et le gel de taxes, on l’avait déjà fait la première année. On peut parler d’une hausse responsable, d’un budget qui ne va pas hypothéquer les autres budgets parce qu’on a gardé un peu d’argent. C’est un budget de solidarité », a résumé Chantal L’Espérance. 

Nicole Bergeron, elle, rapporte qu’il faut cesser de penser qu’on peut offrir des services sans imposer le pourcentage de taxes correspondant à la qualité des infrastructures.

Tant Marc Denault que Pierre Avard ont signalé leur inquiétude de voir le ratio d’endettement s’approcher de la limite de 110 % et suggèrent d’avoir un portrait clair de tous les projets dans lesquels la Ville investit. « Il va falloir avoir une retenue pour être capable de réaliser nos projets et éviter de monter le pourcentage d’endettement », a déclaré M. Avard.

Enfin, Steve Lussier a demandé aux internautes de le regarder dans les yeux. « C’est loin d’être fini. J’avais dit qu’on ferait de Sherbrooke la ville la plus prospère. On va y arriver. »