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Simplicité volontaire
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Simplicité volontaire
La dernière année a amené plusieurs Québécois à s'interroger sur les valeurs sociales et économiques en temps de pandémie. Certains ont été confortés dans leur mode de vie un peu en marge, tandis que d'autres ont redécouvert ces façons plus simples et valorisantes de mener une vie active.
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Moins de biens pour plus de bien

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Moins de biens pour plus de bien

Coralie Beaumont
Coralie Beaumont
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La pandémie a fait réaliser aux Québécois que « notre société peut quand même être vulnérable », croit Jean-François Boisvert, coordonnateur du Réseau québécois pour la simplicité volontaire. 

Certaines personnes ont rapidement voulu développer leur résilience en faisant du pain, un jardin, du tricot… « Beaucoup de chose qui tendent à une plus grande autonomie sont redevenues populaires », fait-il remarquer.

Celui qui œuvre pour ce réseau depuis huit ans ne pense toutefois pas qu’il s’agisse d’un mouvement de masse; la simplicité volontaire demeure marginale. « Ce qui sera un catalyseur de ce mouvement à l’avenir, ce sont malheureusement les autres problèmes qui s’en viennent. Les changements climatiques sont en marche, il y a une perte de la biodiversité… Il y a une érosion globale de l’environnement qui va amener des difficultés dans les sociétés », regrette-t-il. Il croit donc que ces évènements futurs amèneront davantage de prises de conscience qu’« il faut vraiment accroître notre résilience pour avoir moins de difficultés à faire face à ces évènements ». 

La simplicité volontaire pourrait également être une voie pour limiter la pression sur les écosystèmes. « Puisque la simplicité volontaire implique de diminuer notre niveau de consommation et qu’en consommant moins il y a moins de pression sur l’environnement et de consommation énergétique », explique M. Boisvert. 

Être plutôt que posséder

La Sherbrookoise Micheline Claing pratique la simplicité volontaire. Elle en parle comme d’une philosophie de vie, « c’est toujours revenir à l’essentiel, se demander : “est-ce que j’en ai besoin?” »

Mme Claing explique que la pandémie n’a pas changé sa manière de vivre. « J’ai confiance en moi et en le fait que je suis capable de m’organiser sans dépendre des grandes surfaces. Ça amène une grande résilience, beaucoup de créativité ». Elle explique également que le temps que lui offre son mode de vie lui a permis de tisser un large réseau d’amis et de connaissances et donc, de ne pas trop souffrir de l’isolement.

M. Boisvert et Mme Claing s’entendent pour dire qu’il n’y a pas de mode d’emploi de la simplicité volontaire. « Ce n’est pas comme un nom de régime, comme le régime cétogène ou des affaires de même! » plaisante-t-elle. Elle explique qu’« il n’y a pas de recette, pas d’objectifs à atteindre et chacun décide sur quoi il veut simplifier sa vie ». Dans son cas, elle confie n’avoir jamais quitté son pays. « Je n’ai aucune envie d’aller voyager. Je vais plutôt prendre des vacances pour visiter les alentours ou faire des choses qui m’intéressent. »

Une des caractéristiques de ce mode de vie « est d’essayer d’avoir le moins de dettes possible, par exemple en n’achetant pas une maison au-dessus de ses moyens, en habitant dans un logement plus petit ou avec d’autres personnes pour réduire les coûts », explique M. Boisvert. 

Mme Claing confie n’avoir aucune dette, « je ne dois pas une cenne a personne! ». Cela lui offre la liberté de travailler à temps partiel, de choisir son emploi, de libérer du temps pour sa famille, ses amis et sa communauté. « Ça devient comme une qualité de vie, j’ai du temps pour lire, peindre, m’investir dans la communauté en étant bénévole dans des organismes ou des projets », explique-t-elle. 

La sexagénaire caresse également l’idée de quitter Sherbrooke pour se lancer dans un projet immobilier communautaire.

Regain d’intérêt pour la simplicité volontaire

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Regain d’intérêt pour la simplicité volontaire

Coralie Beaumont
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Jean-François Boisvert, du Réseau québécois pour la simplicité volontaire, explique qu’il y avait beaucoup d’intérêt pour cette philosophie au tournant des années 2000 quand le Réseau a été fondé. Une dizaine d’années plus tard, le mouvement s’est essoufflé. « Comme bien des mouvements, une fois que la nouveauté est passée, il y a moins d’intérêt », pense-t-il.

Depuis environ deux ans, M. Boisvert sent « qu’il y a un regain d’intérêt chez les jeunes, peut-être parce qu’ils voient cela comme une solution possible aux problèmes qui les guettent ». Il a l’impression que des personnes plus âgées se manifestent également de plus en plus, « des gens dans la cinquantaine qui changent de style de vie, qui déménagent et se débarrassent de la voiture ». 

Le conjoint de Mme Claing gère la page Facebook « Futurs Écovillages » depuis plusieurs années. Elle explique que depuis la pandémie, une centaine de personnes s’ajoutent au groupe chaque semaine.

« Pour ceux qui n’ont pas commencé a simplifier leur vie, ça pourrait être un bon moment pour y réfléchir! » glisse Mme Claing. Pour elle, la situation actuelle est « un bon moment pour remettre en question notre mode de vie, tant personnel que collectif, afin de revenir à l’essentiel : les valeurs du cœur, les liens, la communauté, le partage, l’entraide, le souci des générations suivantes, le respect du vivant ».

S’il n’y a pas de recettes pour cultiver la simplicité volontaire, des ressources sont toutefois disponibles pour en savoir plus. Outre le site internet du Réseau québécois pour la simplicité volontaire, M. Boisvert recommande le livre La simplicité volontaire, plus que jamais, de Serge Mongeau ainsi que L’ABC de la simplicité volontaire, par Dominique Boisvert. Outre le groupe Facebook « Futurs Ecovillages », le conjoint de Mme Claing s’occupe également de « l’Atrium de l’Apprenti Sage », une plateforme d’entraide consacrée aux cohabitats québécois, ce qui inclut les écovillages et toutes autres formes de communautés.

Retour vers l’essentiel

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Retour vers l’essentiel

Lilia Gaulin
Lilia Gaulin
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Vendre sa maison de 9 pièces et demi pour un logement de 5 pièces et demi : une bonne affaire en plein confinement qui nous force à passer plus d’heures que jamais dans nos demeures? Pour Catherine Larouche et sa famille, qui viennent d’emménager dans la Coop des Prés à Waterville, il ne s’agit pas moins de la réalisation d’un rêve : celui de l’atteinte d’un mode de vie fondé sur les relations humaines.

« À l’automne 2019, on a fait une réflexion sur notre vie de famille et professionnelle. Avec nos vies occupées, on se demandait de quelle manière on pouvait avoir du temps de qualité », explique la mère de deux enfants, avec le sourire dans la voix, en soulignant que la surcharge d’entretien est l’une des principales raisons qui ont poussé sa famille à faire le grand saut dans cette aventure.

Catherine Larouche et son conjoint ont été propriétaires de deux maisons avant d’opter pour la vie en coopérative. « La maison unifamiliale était notre deuxième choix. C’est ce qui était offert pour une famille pour avoir un espace relativement intéressant. C’est un peu par obligation qu’on choisissait ce type de maison. Ce n’était pas ce qui correspondait au mode de vie qu’on espérait. » 

Avec l’arrivée de la pandémie au printemps dernier, la vente de leur ancienne maison a été retardée notamment en raison de l’incertitude liée à la construction de leur nouveau logement coopératif. « La pandémie n’a pas ébranlé notre choix. Nous avons seulement pris plus de temps pour réfléchir et de bien faire les choses. » 

Les membres de la famille ont hâte de pouvoir profiter pleinement de la vie en coopérative. Le contexte sanitaire actuel ne permet pas aux membres d’user pleinement des avantages de la vie en communauté. « Nous faisons des rencontres par Zoom pour le moment! » mentionne-t-elle en riant. 

« La crise sanitaire est une année de changements pour beaucoup de gens. Ç’a été un moment pour se repositionner. C’était le temps d’opter pour un mode de vie plus près de la nature et des gens », souligne-t-elle.

Entraide et communauté

Malgré un espace privé plus petit, la famille est enthousiaste quant à l’esprit de communauté et d’entraide qui règne dans la coopérative.

« Nous avons vraiment le sentiment d’utiliser le plein potentiel de l’espace. Cela n’était pas le cas dans notre maison. Il y avait des pièces qui servaient seulement à entreposer du matériel dont on n’avait pas besoin. Ici, tout est organisé de manière à ce qu’on puisse utiliser l’espace de façon optimale », explique la dame. 

Les personnes habitant au sein de la coopérative devront respecter des engagements. « Il y a des heures à faire sur le jardinage, sur les loisirs et sur le comité des achats par exemple. Il y a une structure d’implications qui est actuellement à élaborer. Par exemple, pour la tonte de gazon, nous serons 16 ménages à pouvoir le faire. On va gagner du temps et nous pourrons travailler sur d’autres projets », ajoute-t-elle.  

Mme Larouche met en lumière la place importante qui est accordée à la nature dans la coopérative. « Nous avons un terrain de deux acres en copropriété. Il y a un terrain de jeu vraiment intéressant pour les enfants. Nous sommes au cœur du village de Waterville, mais il y a une zone humide protégée à côté de notre logement. C’est très intéressant pour élever une famille. » La transition vers un logement plus petit s’est d’ailleurs bien déroulée pour les enfants du couple.