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Rétrospective
Sherbrooke 10 ans plus tard
Depuis dix ans, le monde a tremblé, a pleuré, s’est révolté, a célébré. Il a changé, a reconnu l’urgence climatique, a redéfini l’acceptable et l’inacceptable. Pendant dix jours, La Tribune replongera dans les innovations, les moments marquants, les déceptions et les joies de la décennie. En plus de réfléchir sur chacun des thèmes prédéfinis, nous vous proposons, en un clin d’œil, une ligne du temps pour retracer quelques-uns de ces événements. Nous lançons notre rétrospective en nous penchant sur les changements ayant redessiné la ville de Sherbrooke entre 2010 et 2019.
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Rétrospective

Sherbrooke en incubation

L’inauguration du Centre de foires, de la Cité du parc, de la Plaza de l’Ouest, de la place Nikitotek, de trois écoles primaires, de deux nouvelles casernes de pompiers et du nouveau quartier général du Service de police de Sherbrooke ont changé le paysage sherbrookois depuis le début de l’année 2010. Pour Yves Tremblay, directeur du Service de la planification et de la gestion du territoire à la Ville de Sherbrooke, comme pour son collègue Jérémy Dépault, conseiller aux projets spéciaux à la Ville, c’est néanmoins l’ouverture du boulevard René-Lévesque qui aura particulièrement marqué la décennie, en plus de donner le ton pour les dix prochaines années.

« Le boulevard, c’est un exemple d’un changement de paradigme à la Ville : nous provoquons la transformation plutôt que d’être en réaction. On s’est fait critiquer parce qu’on proposait un boulevard à une voie de chaque côté et qu’on laissait plus de place à la mobilité active. On applique le même modèle pour la rue des Grandes-Fourches et nous n’avons eu aucune question négative », illustre Yves Tremblay. 

« Nous avons dérangé les habitudes. C’est ce que nous voulions », ajoute-t-il. 

L’objectif, c’était aussi de transformer la conception des voies de circulation pour que les citoyens qui s’y établissent se sentent au cœur d’un quartier résidentiel traversé par une rue plutôt qu’un boulevard. 

« Au-delà du boulevard, l’exercice politique n’a pas été simple. Ça devait d’abord s’appeler le boulevard Marie-Victorin et se connecter au boulevard Mi-Vallon », ajoute Jérémy Dépault.

« C’était un défi de s’asseoir avec les promoteurs privés et de leur vendre l’idée de mettre une piste cyclable au centre. Avec un boulevard à une voie, on était complètement ailleurs », confirme Benoît Laplante, urbaniste-coordonnateur à la Ville de Sherbrooke.

Juste un début

Et malgré tout le travail accompli depuis 10 ans pour restructurer le développement commercial et résidentiel, pour densifier la ville en son centre et resserrer la trame urbaine, il ne s’agit que d’un début, promet Yves Tremblay. Le Quartier Well Sud, la reconstruction de la rue Galt Ouest et la construction du pont des Grandes-Fourches en font foi.

« Nous avons révisé notre schéma d’aménagement pour que ce que nous avons écrit se traduise sur le terrain. Le prolongement de la 410 nous a permis de circonscrire la zone de développement. Nous avons lancé le chantier pour la collectivité de demain où nous nous positionnons à propos de la mobilité et du développement du territoire. Au lieu d’être à l’écoute des occasions, on veut les créer. Ce sera un changement très profond qui nous amènera à revoir toute la desserte du transport en commun. Même à l’interne, nous devons changer nos façons de réfléchir. Nous n’aurons jamais de métro comme à Montréal, mais nous pouvons répéter une efficacité qui ressemble à ça. Nous aurons les coudées franches pour réorganiser le stationnement. »

Le plus récent schéma d’aménagement a été adopté en 2014 pour remplacer celui de... 1987. Les règlements de zonage des anciennes villes ont été uniformisés pour plus de cohérence. « D’un coup, nous sommes passés des années 1980 aux années 2010 », dit Jérémy Dépault. « Nous pouvons dire que nous avons vécu la décennie de l’endiguement de l’espace urbain et nous en sommes venus à nous réapproprier des années d’étalement. Maintenant, comment pouvons-nous ajouter des commerces locaux et redessiner le transport? » 

Pour ce conseiller aux projets spéciaux, la décennie entière a servi à remodeler le centre-ville. « En 2010, les commerçants nous disaient qu’il fallait plus de stationnements. Maintenant, ils nous disent qu’il faut plus de transport en commun. En 2010, le centre-ville, c’était l’affaire d’un seul élu. Maintenant, tout le conseil municipal s’y intéresse. »

Yves Tremblay résume : le centre-ville n’est pas en revitalisation, mais en requalification. « Nous sommes en train de recréer des quartiers d’appropriation. Les villages fonctionnent parce que tous les services sont offerts à proximité... »

Ainsi les projets de promoteurs visent-ils désormais une certaine mixité. Qu’on pense à la Plaza de l’Ouest, au Renaissance, projet de résidence pour aînés sur la rue King Est, ou au projet d’Immostar sur la rue Belvédère Sud dans le district d’Ascot, le résidentiel côtoie désormais le commercial. Les bandes cyclables, aussi, se multiplient à vitesse grand V. 

« Il y a des zones de choc quand on discute avec les promoteurs qui arrivent avec leurs propres façons de faire. Ils comprennent qu’on veut aller ailleurs. Nous arrêtons de penser à la fluidité absolue pour l’automobile et nous faisons de la place à d’autres moyens de transport. »

Ce sera le cas sur la rue Galt Ouest, entre les rues Belvédère et Alexandre. La réfection des conduites souterraines offre une occasion à la Ville de se réinventer. Et le plateau Saint-Joseph dans tout ça? « Le plateau est une bouffée d’air frais pour le commerce de proximité », assure Jérémy Dépault. « Les gens trouvent compliqué de s’y rendre et se rabattent sur leur quartier. »

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Une décennie d'événements charnières pour Sherbrooke

15 juillet 2010

La place Nikitotek devait devenir le produit d’appel de la Ville de Sherbrooke. Le spectacle tout sherbrookois Omaterra, inauguré le 15 juillet 2010, a cédé la place au cirque des 7 doigts de la main et aux revues musicales de Québec Issime. Loin de faire l’unanimité, la place Nikitotek s’est retrouvée au cœur des débats année après année. Malgré la construction d’un toit au-dessus du théâtre et une entente de dix ans avec Québec Issime, l’infrastructure a finalement été entreposée en prévision de la construction du pont des Grandes-Fourches.


Décembre 2010 

Les cols bleus, en négociation pour le renouvellement de leur convention collective, déclenchent une première de deux grèves. Les négociations dureront plusieurs mois, jusqu’à la fin de l’été 2011. L’entente survenue en septembre 2011 prévoyait des hausses salariales totales de 16,5 %.


28 janvier 2011

Après un débat interminable sur l’emplacement du Centre de foires de Sherbrooke, le plateau Saint-Joseph a remporté la faveur du conseil municipal. Le bâtiment a été inauguré en janvier 2011. Après la coupe du ruban, c’est le salon de Lachance Chasse & Pêche qui y a tenu son premier événement. Dans les derniers mois, ce sont les rumeurs d’agrandissement et d’ajout d’un hôtel qui ont ramené le bâtiment dans l’actualité.