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Sauveteurs : indispensables sentinelles
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Sauveteurs : indispensables sentinelles
Une noyade en est toujours une de trop. Encore jeudi, une fillette de 2 ans a été retrouvée morte noyée à Wotton. À peine l'été commencé, le bilan des noyades au Québec est inquiétant. Les sauveteurs aquatiques, dévoués et formés, font partie de la solution.
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Un emploi d’été qui sauve des vies

Dossier Sauveteurs

Un emploi d’été qui sauve des vies

Viatka Sundborg
Viatka Sundborg
La Tribune
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Sherbrooke — Les statistiques démontrent que moins d’un pour cent des noyades au Québec ont lieu en milieux où veillent des surveillants-sauveteurs. Dès l’âge de 11 ans, les jeunes peuvent commencer leur formation dans le but de rendre les plans d’eau québécois plus sécuritaires.

Le bilan des noyades émis par la Société de sauvetage confirme l’efficacité et la nécessité de former des étudiants en sécurité et intervention aquatique. L’entreprise Sauvetage-perfo-max, consciente de l’impact positif de ces cours, se dévoue à offrir le plus de formations en sauvetage que possible aux Québécois.

Ces jeunes ambassadeurs de la sécurité aquatique deviennent, à raison de plus de 100 heures de formations, de réels experts des soins de première ligne en milieux aquatiques. « Nos candidats acquièrent non seulement des connaissances en premiers soins, mais aussi une grande maturité et un sens de l’engagement puisqu’ils sont conscients de la différence qu’ils peuvent faire près des plans d’eau », explique Tristan Martineau propriétaire de Sauvetage-perfo-max et moniteur en sauvetage de plusieurs années. 

« La formation que nous offrons n’est souvent que le début de quelque chose de plus grand. Certains de mes anciens candidats aux cours de sauvetage ont développé une vraie passion pour les premiers soins qui les a guidés vers des carrières du domaine de la santé », poursuit M. Martineau en soulignant que les sauveteurs se sentent valorisés par leur emploi une fois la formation terminée.

Pour Tristan Martineau, la réponse à la pénurie de sauveteurs et aux milieux aquatiques dangereux et non surveillé est de continuer à donner le plus de formations que possible tout en gardant une qualité d’enseignement et en continuant d’alimenter la passion du sauvetage chez les jeunes.

Tristan Martineau, l’homme aux multiples chapeaux. Il est Fondateur et propriétaire de l’entreprise Sauvetage-perfo-max, en plus d’être un moniteur en sauvetage d’expérience. M. Martineau, M.Sc., est aussi un professionnel de recherche à l’Université de Sherbrooke.

Former des perles rares  

Au niveau provincial, l’enjeu de la rareté, voire de la pénurie de sauveteurs, est souvent rapporté au-devant de l’actualité. « C’est inquiétant de constater qu’en 2019, la Société de sauvetage avait émis 5500 brevets de médaille de bronze alors qu’en 2020, seulement 2400 jeunes ont terminé cette formation », soulève Raynald Hawkins, directeur général de la Société de sauvetage.

Malgré la tendance provinciale, l’entreprise Sauvetage-perfo-max n’a jamais formé autant de recrues que durant la dernière année selon le propriétaire, Tristan Martineau. « Juste aujourd’hui, c’est près de 30 candidats qui termineront la fin de semaine avec une certification de sauveteur-plage », affirme d’un air satisfait M. Martineau. 

« Je crois sincèrement que ça a fait du bien aux candidats de s’investir à fond dans leur formation de sauvetage spécialement en raison de la pandémie. Ils ont pu investir leur temps dans quelque chose de constructif en plus de se découvrir », ajoute Tristan Martineau qui a lui-même débuté sa carrière dans le monde du sauvetage à l’âge de 13 ans. 

Bien que Tristan Martineau ait entrepris très jeune sont parcours de sauveteur, il mentionne qu’il n’est jamais trop tard pour commencer sa formation. « L’été est un moment idéal pour s’engager dans la formation puisque les jeunes n’ont pas d’école », conclut-il. 

Gonflé à bloc

Alycia Jeanson et Gabrielle Larrivée faisaient toutes deux partie de ces jeunes aspirants sauveteurs. Armée de leur combinaison de Néoprène, d’une bouée tube et de beaucoup de volonté, ces deux jeunes candidates étaient heureuse de faire partie de ce groupe et rêvait déjà de sauver des vies. 

« J’ai choisi de faire cette formation pour vivre cette expérience et aussi pour améliorer mes connaissances en sauvetage », explique d’entrée de jeu Alycia. Elle avoue être passionnée de sauvetage depuis son premier cours. 


Alycia Jeanson et Gabrielle Larrivée étaient fières de faire partie des quelque 30 candidats et futurs sauveteurs spécialisés pour travailler sur les plages.

Comme le processus de formation pour devenir sauveteur nécessite plusieurs cours, certains se laissent convaincre de pousser leur formation un peu plus loin à chacun des cours. C’est le cas de Gabrielle. « Mon moniteur m’a encouragée à aller plus loin lors de ma dernière formation. C’est grâce à son influence positive que je peux me dépasser dans ce cours aujourd’hui », enchaîne la candidate.

Parfois, le sauvetage peut être une histoire de famille. « Mes frères et sœurs sont aussi des sauveteurs. En fait, on est toujours dans l’eau alors c’était mon but de travailler comme sauveteur », indique Alycia. 

Et même si pour certains le sauvetage est une toute nouvelle aventure, la passion et la bonne humeur étaient manifestes sur le visage des candidats présents dimanche dernier à la plage Pointe Merry à Magog. 

Pénurie de sauveteurs : l’Estrie s’en tire bien

Dossier Sauveteurs

Pénurie de sauveteurs : l’Estrie s’en tire bien

Alexane Bégin
Alexane Bégin
La Tribune
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Sherbrooke — Malgré un manque de sauveteurs qui se fait sentir à travers la province, les différentes municipalités de l’Estrie semblent avoir la situation sous contrôle en vue de la saison estivale 2021.

Il y a quelques semaines, Le Soleil rapportait une pénurie de sauveteurs alarmante au Québec. 

Pourtant, en Estrie, le nombre de sauveteurs permet aux municipalités et aux entreprises privées d’assurer la sécurité de façon efficace au sein des installations aquatiques.

Tout d’abord, les villes de Sherbrooke et Magog affirment que tous leurs besoins en matière de sauveteurs sont comblés pour l’été 2021. 

Le recrutement n’a pas été un trop grand défi pour la Ville de Magog, mais elle a tout de même lancé une campagne sur la plateforme Tik Tok, une application numérique utilisée par de jeunes internautes. Claudia Fortin, directrice des communications et technologies de l’information pour la Ville de Magog, explique que la ville attire beaucoup de jeunes. « On a un bon taux de rétention, les sauveteurs reviennent année après année parce qu’ils aiment l’expérience. Surveiller les plages aux abords du lac Memphrémagog c’est un panorama exceptionnel. »  

À la Ville de Sherbrooke, le recrutement s’est fait grâce au programme d’emplois étudiants Sherboulot. Les jeunes pouvaient envoyer leur candidature directement en ligne en visitant le site web de la ville. 

La Ville de Coaticook confirme également que ses besoins sont comblés. Selon Sonia Côté, agente de développement en loisir, les efforts de recrutement sur les réseaux sociaux et par le bouche-à-oreille ont porté fruit. La ville peut compter sur une grande équipe, ce dont elle avait besoin puisque les jeunes semblent avoir des disponibilités plus limitées. Certains d’entre eux travaillent quelques jours par semaine ou seulement le week-end. 


« On a un bon taux de rétention, les sauveteurs reviennent année après année parce qu’ils aiment l’expérience. Surveiller les plages aux abords du lac Memphrémagog c’est un panorama exceptionnel. »
Claudia Fortin, directrice des communications à la Ville de Magog

Pour ce qui est des villes de Windsor et Richmond, elles comptent un nombre de sauveteurs suffisant pour les opérations, mais sans plus. Guy Arcand, directeur des loisirs, de la culture, du développement communautaire de Windsor, explique que la situation est maîtrisée. « Ça va relativement bien. On aurait aimé avoir une ou deux personnes supplémentaires pour avoir une plus grande marge de manœuvre, mais on est en mesure d’offrir le service requis avec son équipe actuelle. » 

Même son de cloche du côté de Richmond. Rémi-Mario Mayette, responsable des communications de la ville, confirme que l’équipe de sauveteurs est complète, mais qu’il n’y a aucun remplaçant en cas d’imprévus. 

Au Centre sportif de l’Université de Sherbrooke, la pénurie commence à se faire sentir alors qu’on observe une diminution du nombre de sauveteurs. Il n’y a toutefois aucun manque pour l’été 2021. Même chose pour le Centre de l’activité physique du Cégep de Sherbrooke, où on affirme que la pénurie de sauveteurs est bien réelle, mais qu’elle n’affecte pas l’établissement pour l’instant. 

Les sauveteurs ont également répondu à l’appel des hôtels et des campings contactés par La Tribune.

Le manque de sauveteurs se fait sentir depuis quelques années déjà, mais que la pandémie de COVID-19 a semblé accentuer le problème. En 2020, la province a enregistré une diminution de 55 % du taux d’inscription pour obtenir un brevet de sauveteur. 

Les impacts de cette pénurie sont toutefois plutôt limités en ce qui concerne l’Estrie, où les équipes de sauveteurs sont majoritairement complètes pour la saison estivale 2021.

Et si les écoles faisaient partie de la solution ?

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Et si les écoles faisaient partie de la solution ?

Viatka Sundborg
Viatka Sundborg
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Sherbrooke — « Activités parascolaires au secondaire » est généralement synonyme de volleyball, de guitare ou de théâtre. Raynald Hawkins, directeur général de la Société de sauvetage, se permet d’imaginer une nouvelle réalité plus audacieuse où les élèves de niveau secondaire pourraient gratuitement obtenir une formation complète en sauvetage aquatique.

Depuis 2018, le gouvernement du Québec a adopté la mesure 15028 concernant les activités parascolaires au secondaire. L’amendement aux règles budgétaires des centres de services scolaire vise à soutenir les établissements d’enseignement secondaire pour qu’ils offrent gratuitement une programmation diversifiée d’activités parascolaires à l’ensemble de leurs élèves.

Actuellement, le coût de l’ensemble des formations requises pour devenir un sauveteur national avoisine 1000 $. « Grâce à cette mesure, les élèves intéressés pourraient obtenir leurs formations de sauvetage totalement gratuitement, et ce en même temps que leur diplôme d’études secondaires », explique M. Hawkins, soulignant qu’il s’agirait d’un excellent moyen de contre carré la pénurie de sauveteurs au Québec. 

Un brevet par année

Pour le directeur général de la Société de sauvetage, cette approche pourrait être une excellente façon d’encourager la persévérance scolaire. « De mon point de vue, nous pourrions enseigner un brevet chaque année. Par exemple, en première secondaire, la formation étoile de bronze serait offerte, en deuxième secondaire, celle de médailles de bronze puis l’année suivante celle de croix de bronze afin que les élèves terminent leur quatrième secondaire avec la certification de sauveteur national et que leur dernière année leur permette de devenir des moniteurs en sauvetage », ajoute Raynald Hawkins. 

Afin de pouvoir être éligibles à cette mesure, les établissements d’enseignement s’engagent à « offrir la possibilité que chaque élève puisse participer gratuitement à 1 heure d’activités parascolaires chaque jour de classe pendant un minimum de 28 semaines » selon le document d’information complémentaire du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur. 

« Les sommes associées à cette mesure sont transférées aux centres de services scolaires. C’est à eux que revient le choix des types d’activité soutenue », précise le responsable des relations de presse à la direction des communications du ministère de l’Éducation. 

Les centres de services de la région, à leur tour, transfèrent les sommes liés à cette mesure directement aux établissements secondaires en leur laissant le plaisir de choisir ce qu’ils souhaitent prioriser en termes d’activités parascolaires. 

« La mesure sera décentralisée vers chacune de nos écoles secondaires l’année prochaine, et il appartiendra à chaque école, à son équipe, à leurs ressources disponibles et aux intérêts des élèves de déterminer les activités qui seront proposées à leurs élèves », explique Sharon Priest, conseillère en communications pour le centre de services scolaire Eastern Townships.

Intérêt à la Frontalière

« L’offre concernant les activités parascolaires pour la prochaine année scolaire n’est pas arrêtée. Il serait possible, et particulièrement pour La Frontalière qui compte une piscine dans ses installations, d’offrir un cours de sauvetage. Et ce type d’activité pourrait tout à fait s’inscrire dans le cadre de la mesure 15028 », affirme Marie-Claude David, conseillère en communications pour le centre de services scolaire des Hauts-Cantons, tout en ajoutant que l’intérêt pour cette activité doit d’abord provenir des élèves et de la communauté.

Tout comme les autres centres de services scolaire, le centre de services scolaire des Sommets n’a pas encore déterminé quelles seront les activités parascolaires proposées pour l’année 2021-2022. « Le contexte de la pandémie n’a pas aidé au développement de l’offre d’activités parascolaires », ajoute Lyne Beauchamp directrice des communications au centre de services scolaire des Sommets. 

Ainsi, il est encore temps pour les élèves et la communauté de manifester leur intérêt pour les formations de sauvetage dans leur établissement d’enseignement secondaire pour l’année 2021-2022, et ce sans regard aux installations aquatiques disponible puisque la mesure 15028 sur les activités parascolaires au secondaire prévoit un transport si nécessaire. 

Prévenir la noyade, un cours à la fois

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Prévenir la noyade, un cours à la fois

Viatka Sundborg
Viatka Sundborg
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Sherbrooke — Les cours de natation pour les jeunes sont essentiels au développement de leurs compétences aquatiques, mais surtout à leur sécurité près des plans d’eau selon le directeur général de la Société de sauvetage et les professionnels du milieu. Toutefois, la pandémie a mis sur pause ces cours pendant plus d’un an.

« Les cours de sauvetage ont pu se poursuivre grâce à un décret du gouvernement provincial. Malheureusement, les cours de natation pour les plus jeunes ont, pour leur part, été complètement arrêtés », explique Raynald Hawkins, directeur général de la Société de sauvetage, préoccupé des conséquences de cette décision sur les jeunes.

« Je suis surtout inquiète pour les jeunes de 0 à 5 ans », avoue Léonie Métivier qui a été monitrice en sécurité aquatique pendant plus de huit ans. « Dans les cours de natation, les jeunes apprennent des techniques de nage, mais ils sont aussi sensibilisés aux règlements et aux dangers des plans d’eau », ajoute-t-elle. 

« Parfois, ça peut être aussi bête que d’apprendre à faire l’étoile pour éviter le pire. Cette technique permet aux jeunes de flotter si par mégarde ils tombaient dans l’eau ou de flotter sans effort s’ils sont fatigués », souligne Mme Métivier.