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Ruée vers l'eau
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Ruée vers l'eau
Les bateaux ont la cote comme jamais alors que les lacs et les rivières montrent déjà des signes de fatigue.
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Après le papier hygiénique et les maisons : on s’arrache les bateaux !

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Après le papier hygiénique et les maisons : on s’arrache les bateaux !

Viatka Sundborg
Viatka Sundborg
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Si l’engouement pour les embarcations nautiques était fort l’été passé, cette année s’annonce historique. Les inventaires de l’année sont pratiquement déjà tous écoulés, les prix des embarcations usagées s’enflamment et plusieurs défis d’approvisionnement pourraient assombrir la saison des adeptes des sports nautiques.

« Le gros problème en ce moment, c’est l’approvisionnement auprès de nos fournisseurs. Ceux-ci peinent à répondre à la demande sans précédent de bateaux, de quais et de pièces », explique Jonathan Lapré, copropriétaire du Phare nautique à Saint-Denis-de-Brompton. Les réservations s’accumulent et les ventes par téléphone s’additionnent tellement que les modèles disponibles s’envolent dès leur mise en marché.

Toutes les embarcations et spécialement celles de style ponton ont la cote auprès des consommateurs. « Pour dire, j’ai vendu l’entièreté de mon inventaire 2021 et j’ai déjà des réservations pour 2022. En raison des difficultés d’approvisionnement et de la pénurie d’embarcations neuves disponibles, je ne peux pas en commander davantage pour cette année ni augmenter de beaucoup mes quantités pour l’an prochain », précise Alain Pelletier, copropriétaire de Létourneau Marine. 

Déjà, M. Pelletier estime à 1,5 M$ les ventes perdues juste cette saison en raison de l’incapacité des fournisseurs à répondre à la demande.

Les réservations s’accumulent et les ventes par téléphone s’additionnent tellement au Phare nautique de Saint-Denis-de-Brompton que les modèles disponibles s’envolent dès leur mise en marché, explique son copropriétaire Jonathan Lapré.  

Le marché de l’usagé explose

Puisque acheter une embarcation neuve pour cette saison relève presque de l’impossible, le marché des bateaux usagés a explosé. Tout comme l’immobilier, surenchères et offres multiples guident le marché actuellement. « Un de nos clients avait acheté un bateau à moteur en 2016 pour le prix de 46 000 $. La semaine passée soit 5 ans plus tard, il a revendu son embarcation pour 52 000 $ en 4 heures et plusieurs offres étaient sur la table », ajoute M. Pelletier. 

En plus de payer des sommes largement au-dessus de la valeur réelle, les nouveaux acheteurs pourraient se retrouver le bec à l’eau cette saison. « Des délais importants sont à prévoir aussi pour les pièces de remplacement d’une embarcation », souligne le copropriétaire de Létourneau Marine. Ainsi, si une embarcation de seconde main doit être réparée avant la saison ou brise durant celle-ci, il n’est pas garanti que ces réparations pourront être faites au courant de la saison 2021. 

« À moins d’être extrêmement patient, d’avoir une grande flexibilité sur le modèle désiré et d’être prêt à payer plus cher pour une embarcation, les chances que quelqu’un se trouve, aujourd’hui, une embarcation pour la saison qui commence sont pratiquement nulles et même du côté de l’usagé c’est vraiment un marché de vendeur. J’invite alors les clients potentiels à la prudence », souligne Alain Pelletier.

Le marché de la vente d’embarcation sans moteur se bute au même problème d’approvisionnement que celui des embarcations à moteurs. « Nos inventaires sont très bas tant pour les kayaks que pour les planches à pagaie. Le manque de matières premières et les délais de productions plus longs en raison des mesures sanitaires expliquent en partie la pénurie que nous vivons présentement », indique Mathieu Péloquin, copropriétaire de la boutique sportive Atmosphère. 

De son côté, certains modèles ne sont plus disponibles pour la saison et plus de 50 % de ses arrivages à venir sont déjà réservés et vendus. 

Selon Nautisme Québec, le visage des navigateurs de plaisance s’est diversifié dans les deux dernières années et de 30 à 40 % des acheteurs d’embarcations n’ont jamais possédé de bateaux avant.

« Nos inventaires sont très bas tant pour les kayaks que pour les planches à pagaie », souligne Mathieu Péloquin, copropriétaire du magasin Atmosphère.
« Le paradis de la moule zébrée »

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« Le paradis de la moule zébrée »

Coralie Beaumont
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Qu’on ait le «pouce marin» ou pas, l’invasion des espèces envahissantes concerne tous les citoyens. Il y a malheureusement de nombreuses espèces exotiques envahissantes dans les lacs québécois. Zoom sur deux d’entre elles : la moule zébrée et le myriophylle à épis.

C’est une petite moule qui fait trembler un géant. Comme l’explique Michèle Gérin, la directrice générale de l’association Bleu Massawippi, le lac Massawippi est considéré comme un des lacs les plus vulnérables à cette espèce qui raffole de ses eaux chargées de calcium. « Les experts nous qualifient de paradis de la moule zébrée! » rit jaune Mme Gérin.

Cette moule se propage principalement en juillet et août grâce à ses nombreux œufs, en suspension dans l’eau et invisibles à l’œil nu… ce qui ne les empêche évidemment pas de s’accrocher sur les objets nautiques et les embarcations, où elles peuvent survivre au moins cinq jours. « Une moule peut pondre jusqu’à un million d’œufs par année », explique Mme Gérin pour souligner l’agressivité de la propagation de l’espèce.

Les planches à pagaie, « comme c’est tellement la mode », figurent parmi les plus grandes craintes de cette passionnée des eaux. En effet, s’il advenait qu’une de ces planches parte en balade sur le lac Memphrémagog, elle pourrait contaminer ensuite le lac Massawippi si elle n’est pas minutieusement nettoyée dans une station de lavage. « C’est vraiment épeurant comme patente », partage Mme Gérin.

Petites moules, grandes conséquences

La crainte de Mme Gérin est loin d’être irrationnelle. Si ces petites bêtes venaient infester le lac Massawippi, en résulterait « des tapis de moules zébrées ». 

D’une durée de vie de trois ans, les coquilles très coupantes s’échouent ensuite sur les plages, ce qui rend la baignade de plus en plus difficile.

« Mais quand ça vit, c’est bien pire que cela », avertit encore Mme Gérin. En effet, les moules s’accrochent à tout, aux bateaux et aux infrastructures comme les prises d’eau potable qui les attirent. « Il y en a actuellement dans les prises d’eau de la Ville de Magog et de la Ville de Sherbrooke ». 

De plus, leur extraordinaire capacité de filtration de l’eau rend celle-ci cristalline. Bonne nouvelle? « Les gens pensent que l’eau est moins polluée, mais ce n’est pas le cas. C’est juste qu’elles mangent tout le plancton, donc il n’y a plus de nourriture pour les poissons. » L’eau plus cristalline augmente la luminosité dans l’eau, ce qui fait croître les herbiers indigènes, mais aussi les envahissants. 

Comme si cette avalanche de conséquences ne suffisait pas, Mme Gérin ajoute une couche. Ces moules envahissantes s’attaquent aux espèces québécoises comme la mulette d’eau douce. « La moule zébrée se colle aux mulettes jusqu’à ce qu’elles meurent. Donc, évidemment, à moyen terme, il y a la menace d’extinction des mulettes. « Là, je vous fais une vision de l’apocalypse… Mais elle n’est pas exagérée! » conclut Mme Gérin au sujet de cette petite moule envahissante.

Grands épis, gros ennuis

Le myriophylle à épis a reçu aussi l’horrible surnom de « plante zombie ». Cette plante sème la mort puisqu’elle participe à l’eutrophisation des lacs, c’est-à-dire « qu’il n’y aura plus de circulation d’eau, le lac va stagner », explique Claude Tremblay, le président de l’association valsourcienne des Résidants des Trois-Lacs (ARTL), en faisant une comparaison avec les mares. « Si rien n’est fait, c’est là qu’on s’en va », avertit-il. « Cette année, on a la chance que la régie municipale et la MRC ont pris des actions pour nous supporter financièrement, parce sans ces actions cette année, le lac était voué à l’eutrophisation », ajoute M. Tremblay.

L’impact de la présence de cette gigantesque plante dans un lac est donc bien visible, puisqu’il se remplit de cette herbe jusqu’à devenir impraticable. « Le gros problème, c’est qu’elle remonte à la surface et coupe le soleil. Les autres herbes meurent et donc aussi les poissons », explique encore le bénévole.

Comme la moule zébrée, l’installation de cette espèce exotique envahissante est à ce jour irréversible. M. Tremblay est formel : « on ne viendra jamais à bout d’éradiquer le myriophylle ». Reste donc à lutter contre elle, à coups de milliers de dollars, pour en diminuer au maximum sa prolifération et ses impacts négatifs.

Laver pour lutter

Et quel combat! En effet, un seul fragment sur une embarcation ou un équipement de pêche peut contaminer tout un lac, d’où le cri du cœur des associations de protection des lacs pour instaurer le lavage obligatoire des embarcations. En effet, qu’il s’agisse de la moule zébrée, du myriophylle à épis ou de toutes autres espèces exotiques envahissantes, un remède efficace consiste à nettoyer minutieusement les embarcations et les équipements avant de profiter des plaisirs d’un lac

Des solutions pour sauver les lacs

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Des solutions pour sauver les lacs

Coralie Beaumont
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Tout indique que cet été les lacs seront à nouveau utilisés bien au-delà de leur capacité. Cela fait craindre le pire aux associations qui tentent de les protéger. « Des gens nous disent que le lac est à tout le monde et ils ont raison. Mais ce qu’on répond, c’est que tout le monde en est responsable », affirme Michèle Gérin, la directrice générale de l’organisme Bleu Massawippi.

Une action primordiale, selon toutes les associations consultées par La Tribune, est l’implantation (et l’utilisation!) de stations de lavage pour tous les bateaux, qu’ils soient à moteur ou à pagaies. La raison est simple, cette bonne habitude permet d’éviter efficacement la contamination des lacs par des espèces exotiques envahissantes, comme la moule zébrée et le myriophylle à épis. 

Tous beaux, tous propres

« Quand on entre sur le lac Massawippi, qui que ce soit, de quelque façon que ce soit et à chaque fois, il faut laver son embarcation à une station de lavage », résume Mme Gérin qui estime à plus de 4500 le nombre d’embarcations ainsi lavées chaque saison à Ayer’s Cliff. « Si vous ajoutez North Hatley, on parle plutôt d’un peu plus de 5400 », précise-t-elle.

Encore faut-il, évidemment, que des stations de lavage soient disponibles.

N’allez pas dans les hautes herbes!

Michèle Gérin insiste : les navigateurs doivent se tenir le plus loin possible des bords et, surtout, éviter d’aller dans les herbiers, pour diminuer les contacts avec les espèces envahissantes. « La circulation des bateaux, motorisés ou non, dans ces zones aggrave beaucoup la situation. Le myriophylle à épis est une herbe qui flotte et qui se reproduit de plusieurs façons, notamment par fragmentation. Les bateaux coupent cette herbe qui va ensuite s’implanter ailleurs », avertit-elle.

Mollo les bateaux

Pour contribuer à la protection des lacs et des berges, il est aussi recommandé de ne pas tourner en rond sur l’eau et d’opter pour un bateau sans moteur. Ceux-ci causent notamment de l’érosion aux berges à cause des vagues, soulèvent les sédiments du lac ce qui obstrue le soleil et contaminent les lacs avec des résidus d’essence.

Élégance et courtoisie

Mme Gérin soulève enfin l’importance du respect des règles de courtoisie. « Il y a des gens qui ne se rendent pas compte que leur musique à tue-tête écœure tout le monde autour! » Elle dénonce également le comportement antisocial, comme des utilisateurs qui urinent dans le lac, devant tout le monde. Elle soulève donc le manque de collaboration de certains navigateurs. « C’est la même personne qui va jeter son papier dehors! Il y a encore plein de gens qui considèrent que ce n’est pas leur responsabilité », regrette-t-elle. 

Mme Gérin voit dans l’importante affluence d’utilisateurs une occasion pour mobiliser la population sur l’enjeu collectif qu’est la protection des lacs et accroitre la pression sociale sur les incivilités. « Autrement dit, les gens qui disent qu’ils ne font pas… doivent aussi s’arranger pour que les autres ne fassent pas ».

Des municipalités passent à l’action

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Des municipalités passent à l’action

Coralie Beaumont
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Les associations pour la protection des lacs militent depuis des années pour que les municipalités puissent agir pour préserver leurs points d’eau. À cet effet, des négociations et des consultations ont débuté en 2016 « mais le seul hic, c’est que cela n’aboutit pas », regrette Michèle Gérin, la présidente de Bleu Massawippi. En effet, ce n’est rien de moins qu’une modification de la Loi fédérale sur la marine marchande qui est nécessaire. En effet, c’est une législation fédérale qui encadre la navigation sur les lacs, car, historiquement, c’était principalement un moyen de transport de marchandises. Mais, petit à petit, la navigation de plaisance s’est développée et, avec elle, des troubles sociaux et environnementaux.

Mme Gérin fait preuve d’empathie envers les municipalités qui reçoivent de nombreuses plaintes citoyennes concernant la santé des lacs. « Les municipalités voudraient bien intervenir, mais la complexité actuelle les empêche de le faire ». Parmi les actions que les municipalités devraient pouvoir poser, Mme Gérin cite l’interdiction d’accéder à des baies fragiles ou la limitation du bruit. 

« C’est Ottawa qui doit permettre aux municipalités d’agir sur leurs lacs et leur donner des moyens », car en ce moment, « le processus, via Transport Canada, est trop long et trop compliqué ». La bonne nouvelle, selon Mme Gérin, c’est que la modification législative qui pourra permettre aux municipalités d’agir plus rapidement et plus simplement pour préserver les lacs « est une priorité ministérielle » et est « un processus irréversible », affirme-t-elle. « Ils vont le faire », mais elle regrette de ne pas pouvoir dire quand…

En attendant, les municipalités ont tout de même des outils pour protéger les lacs, dont le lavage obligatoire des embarcations. Une arme redoutable contre les espèces exotiques envahissantes, pour autant qu’elle soit mise en place.

Tous à la douche à Deauville

La directrice du bureau de l’environnement de la Ville de Sherbrooke, Ingrid Dubuc, se réjouit d’annoncer l’installation d’une station de lavage permanente à la plage municipale à Deauville. Ce projet verra le jour suite au succès qu’a connu le projet pilote d’une station de lavage mobile prêtée par Bleu Massawippi. « Nous allons potentiellement emprunter cette station mobile à nouveau cet été », précise Mme Dubuc. 

Le lavage des embarcations sera gratuit et obligatoire pour les embarcations qui veulent prendre l’eau à partir de la plage de Deauville. « Il y a d’autres postes de lavage dans la MRC sur le même point d’eau, comme à Magog et North Hatley », explique Mme Dubuc qui souligne la collaboration entre les municipalités. Elle espère que ces actions permettront de prévenir l’infestation par de nouvelles espèces envahissantes et limiter la propagation de celles déjà implantées.

Ça s’en vient aux Trois-Lacs 

Le président de l’Association des résidants des Trois-Lacs à Val-Des-Sources, Claude Tremblay, ne cache pas non plus son plaisir : cet été verra l’installation d’une station de lavage mobile gratuite qui deviendra, l’année prochaine, une station fixe et obligatoire aux Trois-Lacs. Déjà contaminé par le myriophylle à épis, M. Tremblay espère que la station mobile permettra de limiter sa propagation pour éviter que le lac se remplisse d’herbes et devienne impraticable. 

Malheureusement, puisque la plante envahissante est dorénavant implantée dans le lac, M. Tremblay rappelle qu’il n’y a plus de retour possible, la seule solution est de lutter contre sa propagation. « C’est un problème à vie, avec de gros investissements à très long terme », soupire-t-il. 

Même constat pour la moule zébrée qui contamine, par exemple, le Lac Memphrémagog. Faute de solutions, des dizaines de milliers de dollars sont investis pour réparer les dégâts, notamment sur les prises d’eau potable.

Inquiétudes à Saint-Claude

Le Lac Boissonneault dans la municipalité de Saint-Claude sait qu’il a de quoi faire des jaloux puisqu’il n’est pas contaminé par le myriophylle à épis ou encore la moule zébrée. L’Association des eaux et berges du Lac Boissonneault espère bien qu’il en reste ainsi et met tout en œuvre pour acquérir une station de lavage. Stéphane Larin, le président bénévole de cette association, estime qu’environ 400 embarcations visitent ce lac chaque saison, sans aucune restriction. « On est toujours craintif de voir s’implanter le myriophylle à épis. On veut une station de lavage qui ne soit pas décorative, on veut vraiment prévenir l’implantation de la plante dans notre lac », explique M. Larin. 

L’association consacre donc beaucoup d’énergie pour l’acquisition d’une station de lavage cet été, en multipliant les demandes de subventions. M. Larin explique avoir obtenu une subvention municipale et attendre une réponse au niveau provincial et fédéral. Il se dit confiance quant à la réalisation du projet.

Hervé Provencher, le maire de la municipalité de Saint-Claude, voit d’un bon œil l’arrivée de cet outil, mais il ne compte pourtant pas en rendre l’utilisation obligatoire. « Il y aura de la sensibilisation auprès des riverains et de ceux qui viennent nous visiter, puis souhaitons que cela aille bien ! » explique le maire. « Si ça ne marche pas, on verra pour étudier une loi ou un règlement », précise-t-il, tout en s’inquiétant du fait qu’il faudra alors des ressources pour surveiller l’application de ce règlement. 

Ailleurs en Estrie

Du côté de la MRC du Granit, des stations de lavage devraient faire leur apparition notamment du côté du lac Mégantic et du lac aux Araignées. 

Selon nos informations, les municipalités de Piopolis, Lac-Mégantic, Frontenac et Marston qui travaillent sur un projet commun de stations de lavage depuis un bon moment espèrent être en mesure de concrétiser leur initiative à l’été prochain, mais certaines ficelles doivent encore être attachées. L’initiative s’annonce très novatrice, puisque ces stations seraient autonomes. Avec Isabelle Pion

Sherbrooke conserve une eau d’excellente qualité

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Sherbrooke conserve une eau d’excellente qualité

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
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L’eau produite à l’usine de traitement des eaux J.-M.-Jeanson de Sherbrooke demeure d’excellente qualité.

Tel est la conclusion tirée par le chef de gestion des eaux et de la construction à la Ville de Sherbrooke, Jean-Pierre Fortier appelé à analyser le bilan annuel 2020 de la qualité de l’eau potable.

« Il n’y a aucun problème avec l’eau qui est distribuée dans le réseau à Sherbrooke. Aux endroits où des dépassements de normes ont été observés, ils relèvent des équipements à l’interne et non pas des entrées aux résidences ou des équipements de la Ville », explique M. Fortier.

Aucun résultat sur les échantillons analysés ne dépassait la norme applicable concernant la qualité de l’eau distribuée à Sherbrooke.

Jean-Pierre Fortier mentionne que la modification de la norme applicable en ce qui a trait à la concentration de plomb et la nouvelle méthode pour recueillir les échantillons a aussi contribué à des résultats supérieurs à la nouvelle recommandation de Santé Canada entrée en vigueur octobre 2019 qui établit à 5 microgrammes par litre l’objectif à respecter. La norme était auparavant de 10 microgrammes par litre.

À l’été 2020, 15 fontaines sur les 89 présentes dans les parcs affichaient des concentrations supérieures à 5 microgrammes par litre. De façon préventive, la Ville de Sherbrooke avait pris la décision d’interrompre la distribution d’eau dans les fontaines et les lavabos dans les parcs visés.

Jean-Pierre Fortier, chef de gestion des eaux et de la construction à la Ville de Sherbrooke

« Le problème ne provenait aucunement de la distribution. L’enjeu pour le plomb demeure les équipements des résidences et institutions. Le gouvernement a demandé un plan d’action pour le plomb avant 2022 », signale M. Fortier. 

Depuis 2013, le règlement sur la qualité de l’eau potable oblige les municipalités à réaliser 50 analyses annuellement. En 2020, la Ville de Sherbrooke en a réalisé 68 pour le plomb et le cuivre. Les échantillons ont été prélevés dans des secteurs où les maisons ont été construites entre 1940 et la fin des années 1970. Un certain nombre de tests, environ 10 pour cent, doivent se faire dans des lieux où on trouve des enfants âgés entre zéro et six ans, entre autres des écoles ou des milieux de garde.

« Le plomb n’est plus utilisé depuis 1980, c’est pour cette raison que l’on concentre nos échantillons au hasard dans les quartiers qui ont été construits avant cette période. Nous avons aussi profité du fait que les conduites étaient refaites sur la rue Warren dans l’arrondissement de Lennoxville pour effectuer des analyses pour toutes les résidences », mentionne Jean-Pierre Fortier de la Ville de Sherbrooke.

Rappelons que l’usine de traitement des eaux J.-M.-Jeanson de Sherbrooke avait subi des travaux d’agrandissement et une mise aux normes entre 2013 et 2015 au coût de 31,4 millions de dollars,