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Reprise des activités de groupe : soulagement en Estrie
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Reprise des activités de groupe : soulagement en Estrie
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Reprise progressive des sports de groupe le 26 mars [VIDÉO]

COVID-19

Reprise progressive des sports de groupe le 26 mars [VIDÉO]

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
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Toutes les activités sportives pourront recommencer partout au Québec à partir du 26 mars. Dans deux semaines. Les conditions de pratique dépendront du niveau d’alerte de chaque région. Les installations sportives seront aussi rouvertes partout. Mais matchs, contacts physiques et spectateurs restent interdits.

En zone orange, comme à Québec, il redeviendra permis de pratiquer des activités à l’intérieur en groupe de huit personnes, peu importe leur provenance. Ce nombre grimpera à 12 à l’extérieur, alors qu’il est en ce moment de huit.

En zones rouges, la pratique de sports à l’intérieur sera limitée aux personnes seules, à deux ou en bulle familiale. À l’extérieur, les sportifs en territoires d’alerte maximale pourront quand même jouer à huit. Plus de 60 % de la population québécoise habite encore en territoire d’alerte maximale.

Peu importe la couleur de la zone, un entraîneur ou un moniteur peut s’ajouter au groupe d’athlètes. Partout, la pratique de sports à l’intérieur devra absolument être supervisée par une personne responsable de l’endroit ou du club et qui s’occupera du respect des règles et de la désinfection.

Ces futures consignes s’appliqueront autant au sport civil que scolaire, collégial ou universitaire, sport d’élite comme de participation.

La règle de distanciation physique de 2 m doit continuer à être respectée partout.

«Une première phase»

La ministre déléguée à l’Éducation responsable des sports et des loisirs, Isabelle Charest, a fait cette annonce attendue vendredi après-midi, de Montréal. Elle était accompagnée du conseiller médical stratégique à la Direction générale de la santé publique du Québec, Dr Richard Massé.

La ministre Charest a parlé d’«une première phase de déconfinement. C’est un début».

Le duo est demeuré très flou sur un calendrier de reprise. Pas impossible de revoir des matchs «relativement bientôt».

«On présente un plan progressif qui tient compte de l’épidémiologie québécoise, a expliqué le Dr Massé. Il faut tenir compte des variants, mais aussi de la vaccination. Quelques semaines après [le 26 mars], on va sûrement pouvoir élargir. Les choses permises en zones orange vont devenir permises en zones rouges, comme un escalier», a-t-il illustré.

Le scientifique donne le mois de juin comme moment où «la majorité de la population québécoise sera vaccinée», sauf les jeunes, «ce qui permettra de pratiquer la majorité de nos activités avec des modifications».

Par exemple, le retour de spectateurs dans les gradins, mais masqués, comme c’est déjà le cas dans les salles de spectacles en zones orange et les cinémas partout, ne saurait beaucoup tarder. La possibilité de voir des athlètes masqués disputer de véritables affrontements entre équipes est aussi considérée, comme ça se fait déjà ailleurs.

«D’ici deux, trois mois, on sera rendus beaucoup plus loin dans le retour à la vie quasi normale pour le sport», croit le Dr Massé.

La première phase lancée dans deux semaines servira de «remise en forme pour quand la saison sera lancée d’une façon normale, entre guillemets», ajoute la ministre Charest.

Dimanche, à Québec, une importante manifestation a réuni plusieurs milliers de personnes devant l’Assemblée nationale pour réclamer la réouverture des activités sportives de groupe. Point culminant d’un mouvement de fond ressenti depuis plusieurs semaines dans les milieux sportifs québécois.

Pour le moment, les activités sportives et récréatives extérieures et quelques-unes à l’intérieur (patin, nage) sont déjà permises pour les personnes seules, en duo ou entre occupants d’une même résidence. Dehors, un groupe peut déjà atteindre jusqu’à huit personnes de résidences différentes.

Les activités parascolaires, sorties scolaires et activités interscolaires pourront reprendre à compter de lundi partout au Québec, en groupe-classe.

« Un message d’espoir » pour le sport amateur

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« Un message d’espoir » pour le sport amateur

Sébastien Lajoie
Sébastien Lajoie
La Tribune
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Dès le 26 mars, le milieu sportif québécois pourra profiter d’une petite bouffée d’air frais à travers cette pandémie qui l’axphyxie depuis déjà plusieurs mois. Même si l’annonce de la ministre déléguée aux sports Isabelle Charest a été faite avec beaucoup de prudence dans un contexte encore incertain, les organismes d’ici préfèrent voir la lumière au bout du tunnel plutôt que les kilomètres à parcourir avant d’y arriver.

« Enfin, nos athlètes pourront retrouver une partie de leurs coéquipiers. C’est un pas en avant par rapport à la dernière annonce, qui acceptait la reprise des sports parascolaires en bulles-classes. On sait très bien que dans ces bulles-classes, ce ne sont pas tous les jeunes qui ont les mêmes intérêts sportifs. Que des jeunes avec le même intérêt sportif puissent à nouveau se réunir, je trouve ça intéressant comme reprise », a d’abord lancé Nathalie Beaupré, directrice générale du RSEQ Cantons-de-l’Est.

Le plan définitif d’un déconfinement sportif plus clair, la date que les matchs pourraient reprendre, n’a pas encore été dévoilé.

« Ce bout-là n’a pas été annoncé encore, en effet. On est en attente. On nous a ouvert tout ce qui était possible, bref tout ce qui est possible pour les gens en général. On a permis l’éclatement des bulles-classes dans un environnement encadré. C’est positif. Mais ça va demander l’effort de tous, les athlètes, les entraîneurs et tous les membres des milieux scolaires afin de bien faire respecter les mesures sanitaires », a-t-elle poursuivi.

« On donne en effet la responsabilité à nos milieux de prendre en charge cette reprise sportive. On nous permet de reprendre, à condition qu’on le fasse bien. Le retour sportif sera un gros travail d’équipe. »

Le retour des équipes complètes

« C’est une annonce complexe, on va la décortiquer. On a une rencontre lundi avec nos écoles afin que tout le monde comprenne bien les annonces, et pour répondre à leurs questions. On va les accompagner. On s’attend maintenant à recevoir un plan de retour des fédérations sportives en ce sens. »

« C’est une étape. C’est progressif. La collaboration de tous, pour respecter les consignes, ça va être majeur. Des clubs, des écoles, des athlètes et des entraîneurs. La prochaine étape, c’est de recouvrer les équipes dans leur globalité. Des équipes de huit, ce ne sont pas des équipes complètes dans la majorité de nos sports collectifs. C’est ce qu’on espère. On n’a pas de ligne directrice en ce sens dans les annonces qui ont été faites. »

Un message d’espoir

David Altmeyer, directeur technique à Shergym, attend avec impatience le plan modifié de retour aux sports de sa fédération, de même que les directives de la Ville de Sherbrooke, avant de pouvoir célébrer.

Il admet cependant que l’annonce de la ministre Charest est un message d’espoir.

« Je suis très content pour les jeunes athlètes et les employés. On a presque 600 athlètes, on a hâte qu’ils reprennent. En plus des 40 entraîneurs et assistants-entraîneurs. C’est synonyme d’un retour à un semble de normalité », a-t-il dit.

« C’est un message d’espoir. On n’arrivera pas au même nombre d’athlètes qu’à la normale, mais on va s’approcher un peu de ce qu’on avait l’automne dernier. C’est facile pour nous de respecter les mesures de distanciation dans notre grand gymnase. Si on peut recommencer la moitié de ce qui est prévu, ce serait déjà bien. Mais j’attends d’avoir les détails de notre fédération pour ce retour. Je suis content, mais je veux attendre. »

Des nouvelles mesures qui permettront au CPVS (Club de patinage de vitesse de Sherbrooke) d'allonger un peu leur saison.

« Ce qui est pertinent pour nous, c'est la possibilité de s'entraîner en groupe de huit, avec un entraîneur. On est encore en entraînement individuel. Notre Fédération nous a déjà écrit pour nous mentionner qu'ils vont recevoir le détail des nouvelles consignes en milieu de semaine prochaine sur ce qu'on pourra faire ou non. Est-ce qu'on peut mettre les huit athlètes en situation de course? Ça reste à voir », a dit la présidente du CPVS, Danielle Ferland.

« On comprend qu'on ne fera pas de compétitions, ni d'événements qui impliquent des spectateurs. On s'y attendait. Si on peut reprendre les entraînements à huit patineurs, ce sera déjà plus stimulant pour les athlètes que ce qu'on fait présentement. Malgré tout. C'est un pas dans la bonne direction! On ne s'attendait pas que le gouvernement nous retourne dans des conditions normales. On a prolongé notre saison jusqu'au 16 mai, et c'est sûr qu'on va en profiter au maximum. »


Des déceptions

Il y a également des intervenants qui attendaient davantage de bonnes nouvelles, dans l'annonce faite par la ministre, vendredi.

C'est le cas d'Olivier Audet, directeur général du Collège du Mont-Sainte-Anne.

«On nous avait promis un plan, je le cherche encore. La Santé publique avait demandé au RSEQ et à Sports-Québec de travailler sur un plan pour l'avant et l'après. Pourtant, la ministre n'en a pas glissé mot lors de son point de presse. Il y a des bonnes nouvelles pour certains de nos garçons, mais pour d'autres, nous allons garder le statu quo. La nouvelle de la semaine dernière réalisée par le premier ministre François Legault (l'autorisation des activités parascolaires en bulles-classes) était de loin plus intéressante pour nous», a-t-il dit.

« On semble craindre le dérapage dans les ligues d'adultes. Pourquoi on n'a pas séparé les deux et donné plus de permission aux jeunes? On sait très bien que l'apprentissage d'inclure le sport dans notre routine se fait durant l'enfance et l'adolescence. Par cette posture de la ministre, on risque d'assister à un immense décrochage sportif. On a demandé à nos jeunes d'être solidaires même si la COVID-19 ne les atteint pas beaucoup. Je pense qu'ils ont démontré leur solidarité. Maintenant, peut-on leur en donner un peu? »

Soupir dans les clubs de baseball et de soccer

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Soupir dans les clubs de baseball et de soccer

Jérôme Gaudreau
Jérôme Gaudreau
La Tribune
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Les associations sportives de la région de l’Estrie se réjouissaient vendredi du retour progressif du sport au Québec dès le 26 mars et voyaient une lueur d’espoir à la suite de l’annonce du gouvernement Legault.

Chez Soccer Estrie, le directeur général André Cabana souhaite que la prochaine saison de soccer ressemble à celle de l’année 2020, même mieux encore.

« On apprend au mois de mars les mêmes mesures que celles annoncées pour la saison 2020, mais au mois de juin. Contrairement à l’an dernier, plusieurs clubs ont déjà lancé leur période d’inscriptions. Le Mistral de Sherbrooke devait le faire vendredi et pourrait finalement accepter les inscriptions dès la semaine prochaine. Les joueurs pourront s’entraîner en groupe de 12 à l’extérieur et participer aux camps de sélection. On y voit une ouverture vers une nouvelle phase de déconfinement, donc c’est très positif. Ça nous permet de mettre un peu d’essence dans le réservoir! »

Du côté de Baseball Estrie, le président Simon Therrien espérait également une saison semblable à celle de 2020 : « On s’attend toutefois à beaucoup plus d’inscriptions. On était bien avertis : les jeunes n’ont pas bougé depuis longtemps et on risque d’accueillir de nouveaux membres. On est prêts à ça. Déjà, le nombre d’inscriptions est supérieur à celui constaté normalement. »

Les clubs de baseball regarderont également la possibilité de former des groupes de huit joueurs pour les évaluations en gymnase et pourront ensuite utiliser les terrains extérieurs pour commencer leur saison au mois de mai ou début juin. 

« Baseball Québec a déjà averti que tout était décalé de 15 jours. On s’attend surtout à une prochaine phase annoncée avant le début de la saison qui permettra la présentation de matchs et la compétition, comme la saison dernière, avec les mêmes mesures imposées », soutient Simon Therrien. 

« Ça va dans le bon sens, renchérit pour sa part le directeur général de Soccer Estrie. On s’ajustera par la suite aux nouvelles mesures lors des prochaines phases, mais le simple fait de savoir que les jeunes pourront de nouveau être actifs représente une très bonne nouvelle aujourd’hui! »

Des tournois en 2021

Tout comme Soccer Estrie, l’association Baseball Estrie estime être en mesure de présenter des parties cet été, mais des doutes persistent en ce qui a trait aux tournois. 

« Les parties, ce n’est pas dangereux, croit Simon Therrien. Il y a eu un seul cas au Québec chez 17 000 joueurs de baseball et aucun en Estrie. Ce que le gouvernement n’aime pas, c’est tout ce qui touche les rassemblements, comme des championnats provinciaux ou des tournois. Je crois que Baseball Québec tentera d’organiser des tournois sécuritaires à défaut de pouvoir présenter ses Provinciaux. Après tout, c’est grâce aux bénéfices de ces tournois que les clubs survivent. »

« En ne pouvant pas présenter de tournois importants comme ceux de Magog et Coaticook, c’est certain que ces deux clubs ont souffert de cette mesure, rappelle André Cabana de Soccer Estrie. Ces tournois forment une partie des revenus de certains clubs. Ce ne serait pas catastrophique de ne pas pouvoir organiser de tournois encore cette année. L’important pour le moment, c’est la relance graduelle du sport et la possibilité de tenir des parties plus tard cet été. »