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Rassemblés pour mieux vacciner
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Rassemblés pour mieux vacciner
Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS peut compter sur plusieurs travailleurs externes pour inoculer les patients. La Tribune est allée à la rencontre de ces outsiders qui ont accepté de sortir de leur retraite ou de prolonger leurs quarts de travail. Tous ont le même but : sortir de cette pandémie le plus rapidement possible.
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Camille Baril, accueil et désinfection : travailler... après le travail

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Camille Baril, accueil et désinfection : travailler... après le travail

Tommy Brochu
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Camille Baril, 23 ans, est denturologiste depuis peu. Deux fois par semaine, après son quart de travail, la jeune professionnelle se dirige vers la salle des Chevaliers de Colomb de Windsor, où se tient la campagne de vaccination. 

Mais Mme Baril ne vaccine pas. Elle accueille les gens, désinfecte les chaises, mais surtout, elle aide.  

« J’aime aider, précise-t-elle. Mon métier est de rendre un sourire à mes patients. C’est plus tranquille avec la COVID-19. Ma motivation, c’est d’aider les gens à survivre au coronavirus. »

« Les patients ont peur de venir faire leur prothèse dentaire, c’est pourquoi on a un peu de temps », précise-t-elle.

Camille Baril travaille à Sherbrooke, mais habite à Windsor. Elle profite de l’occasion pour se rapprocher de sa communauté.

« On a le temps de jaser avec eux durant les 15 minutes suivant le vaccin », décrit celle qui travaille entre 50 et 60 heures par semaine au total. 

« On a une petite salle, on vaccine environ 300 personnes par jour. On est très occupés! » lance-t-elle, ricaneuse.

« Il faut aider la communauté à se faire vacciner », résume Camille Baril, avouant qu’elle n’aurait pas accompli ce travail bénévolement.

Robert Parenteau, coordonnateur de soutien : « Il faut faire un effort de guerre »

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Robert Parenteau, coordonnateur de soutien : « Il faut faire un effort de guerre »

Tommy Brochu
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Depuis un peu plus de deux semaines, le CIUSSS de l’Estrie-CHUS peut compter sur le commandant de la 52e ambulance de campagne, Robert Parenteau. Avant de donner un coup de main à la campagne de vaccination, il s’est entre autres occupé du volet du service de santé au début de l’opération Impact au Koweït, en 2014, pour lutter avec les Américains contre l’État islamique.

« Quand on gère des ressources, que ce soit de l’acétaminophène, des vaccins ou du sang, c’est très similaire. Ils ont toutes leurs contraintes. Les vaccins, c’est la température et la chaîne de froid. C’est différent pour le plasma de sang. Il faut comprendre ces aspects et comprendre toute la chaîne logistique », explique-t-il, rappelant qu’outre les doses de vaccins, il y a la logistique des seringues, des appareils et des systèmes à gérer.

Après 28 ans à temps plein dans les Forces armées — surtout dans le domaine de l’administration des services de santé —, M. Parenteau est maintenant réserviste. Il a donc le temps de s’impliquer auprès de la Santé publique. « On arrive dans la période estivale, où on fait surtout de l’instruction individuelle ou de l’entraînement. J’ai donc mis l’épaule à la roue dans ce qui est pour moi un effort collectif », dit celui qui a aussi été en Bosnie durant sept mois pour faire la gestion de liaison de tous les blessés pour faire de la logistique de services de santé.

Une guerre

M. Parenteau voit la lutte contre la COVID-19 comme une guerre. « Il faut faire un effort de guerre, que tout le monde s’implique pour se protéger et veiller à son prochain », exprime-t-il, ajoutant qu’il faut également mettre l’épaule à la roue. 

Et Robert Parenteau n’a pas hésité longtemps avant de se lancer. « Quand j’ai entendu qu’on cherchait du monde pour faire de la gestion, je me suis dit que je devais aider. Je savais que j’avais certaines connaissances et compétences. Je suis en train de les assister autant que je peux. Tout le monde peut faire son bout de chemin, que ce soit en faisant du bénévolat ou en participant à Je Contribue », dit-il, qualifiant le personnel du CIUSSS d’« exceptionnel ».  

Il assiste donc la coordonnatrice des neuf sites de vaccination. « Mon titre n’est pas décidé à 100 %. Les choses changent fréquemment. La contrainte majeure est les doses de vaccination. Combien va-t-on en avoir? Quand? Comment va-t-on les distribuer? Il y a aussi tout le volet de l’ouverture des cases horaires », raconte M. Parenteau. 

Et le commandant apprend les rudiments et le jargon du CIUSSS à vitesse grand V. « Les journées commencent souvent à 7 h 30 et s’allongent jusqu’à 18 h. Souvent, en soirée, il y a plusieurs courriels qui nous préparent pour le lendemain. Ça se fait bien, ça me nourrit cérébralement. J’apprends plein de nouvelles choses », se réjouit-il.

Simon Hallé, chef de service intérimaire :  une retraite de 16 heures

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Simon Hallé, chef de service intérimaire :  une retraite de 16 heures

Tommy Brochu
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Simon Hallé a pris sa retraite de l’agence des services frontaliers le 13 avril à 16 h. Le lendemain matin, à 8 h, il commençait un nouveau défi dans le cadre de la campagne de vaccination. 

« Deux jours avant ma retraite, je me suis fait appeler pour me faire offrir de devenir le gestionnaire principal au Centre de foires. J’ai donc pris 16 heures de retraite dans ma vie à date », lance-t-il en riant. 

« Quand je me suis fait appeler, on m’a dit que c’était pour la crise sanitaire, explique celui qui a aussi été réserviste dans les Forces armées canadiennes durant 32 ans. Quand j’ai entendu le mot crise, ma main s’est levée. »

Dans ses deux carrières, M. Hallé en a vu des crises. « Il y a eu la crise du verglas en 1998, j’y suis allé tout de suite. Il y a aussi eu la crise des réfugiés du Kosovo. Il y a eu le rapatriement des Canadiens au Liban en 2006. J’ai toujours été volontaire. Ça me fait encore plaisir de servir la population », assure celui qui occupait le poste d’enquêteur criminel à l’agence des services frontaliers jusqu’à tout récemment. 

Simon Hallé voit son nouveau rôle comme celui d’un chef d’orchestre. « Je suis juste là pour que ça fonctionne », mentionne-t-il, ajoutant que son accueil est vu d’un bon œil par le personnel du CIUSSS de l’Estrie-CHUS. 

Le lieutenant-colonel à la retraite met les bouchées doubles pour apprendre son rôle. « Je tente d’être ici tous les jours. Je suis là quand ça ouvre le matin jusqu’à ce que ça ferme le soir. Ce sont de longues journées. Ça va s’atténuer, d’autres personnes vont arriver », dit celui qui a les yeux qui brillent malgré sa fatigue. 

Et ses troupes sur le terrain sont tout aussi motivées. « Ils sont professionnels et font leur travail de façon très adéquate. Tout le monde est content de faire partie de cette équipe », indique-t-il. 

Michel Talbot, injecteur : des animaux aux humains

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Michel Talbot, injecteur : des animaux aux humains

Tommy Brochu
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Après 46 ans, à soigner des animaux, le vétérinaire à la retraite Michel Talbot passe maintenant aux humains. « Il n’y a pas de risque de se faire mordre, griffer ou de recevoir un coup de patte au visage avec des humains, c’est moins stressant! » souligne celui qui prête main-forte à la santé publique pour la campagne de vaccination.

« J’ai passé toute ma vie à faire toutes sortes d’injections intramusculaires à toutes sortes d’animaux. Pour moi, il n’y a pas de différences entre une espèce ou une autre. Il me restait une espèce animale avec laquelle je n’avais pas travaillé, je voulais l’essayer! » lance en rigolant le retraité depuis juillet dernier et qui a commencé à vacciner au Centre de foires au début d’avril.

« Entre ne rien faire à la maison et avoir l’opportunité d’aider la société, je pense que le choix n’était pas difficile », poursuit-il, plus sérieusement.

Lorsque la Santé publique a demandé de l’aide pour la vaccination et qu’il a vu que les vétérinaires étaient autorisés à participer à l’effort, M. Talbot n’a pas hésité. « Ç’a pris quelques mois avant qu’ils répondent, car il n’y avait pas encore de vaccin quand j’ai soumis ma candidature, explique-t-il. Pour moi, c’est un devoir. Il faut en finir avec la pandémie. S’ils ont des vaccins, mais pas suffisamment de gens pour les administrer, on n’en finira plus », estime le Sherbrookois, qui travaille une journée sur deux, ce qui lui donne l’occasion de se reposer.

Y a-t-il des différences lorsqu’on effectue une injection intramusculaire à un chien, une vache ou un humain? « Le muscle n’est pas le même, il n’est pas situé au même endroit, explique M. Talbot. Chez l’humain, il est très bien situé au niveau de l’épaule et il est très facile à identifier. »

Le Sherbrookois qui a passé 43 ans à l’emploi de l’Université de Sherbrooke comme vétérinaire clinicien et directeur de l’animalerie a injecté une foule d’espèces animales. « J’ai enseigné à des étudiants de premier cycle comment faire des injections à ces animaux », résume celui qui a déjà effectué des injections sur des macaques en début de carrière. « Ça ressemblait pas mal plus aux humains! » 

M. Talbot invite les Estriens à se faire vacciner et à se présenter aux rendez-vous qu’ils prennent pour éviter de retarder la campagne de vaccination. 

« Bouffée d’air frais » pour Josée Paquette

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« Bouffée d’air frais » pour Josée Paquette

Tommy Brochu
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Les renforts externes sont « une bouffée d’air frais » pour la directrice des ressources humaines, des communications et des affaires juridiques du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, Josée Paquette. 

« Ça nous permet d’assurer les services COVID, tout en maintenant au mieux nos services à l’interne. Des gens de différentes professions peuvent venir prêter main-forte. [...] Peut-être que ces gens continueront à travailler par la suite dans nos services réguliers », analyse-t-elle, pensant qu’il s’agit d’une « grande satisfaction pour ces gens de contribuer à la santé de la population ».

« Dans le contexte actuel de grande vulnérabilité de nos ressources, on n’y arrive pas avec nos ressources internes », explique-t-elle, estimant que « quelques centaines » de travailleurs externes prêtent actuellement main-forte à l’organisation.

Même si la campagne de vaccination est sur la bonne voie, une centaine de personnes supplémentaires est toujours recherchée. « Notamment pour bien encadrer le geste clinique, donc des gens qui seront en supervision clinique. Il manque une quinzaine de gestionnaires pour que nos centres de vaccinations aient la coordination qu’il faut sur sept jours. Il nous manque quelques aides généraux qui font une multitude de tâches dans les centres. On continue à faire des embauches, mais je dirais que ça se passe assez bien », confirme-t-elle, ajoutant que les équipes des centres de dépistages doivent être renforcées à cause de la plus grande demande. 

Dans les prochains jours, le CIUSSS de l’Estrie-CHUS contactera l’ensemble des travailleurs en formation pour prévoir les horaires jusqu’en septembre. « Si les gens connaissent leur horaire, ils seront peut-être portés à contribuer pour la période d’été. On ne veut pas les perdre pour la belle saison », explique Josée Paquette. 

Rigidité?

Récemment, La Voix de l’Est partageait le témoignage d’une médecin à la retraite qui dénonçait la rigidité du processus d’embauche.

« On a rendu le processus d’embauche le plus simple possible dans le contexte, répond Mme Paquette. Mais on vise à faire des étapes de qualité et rigoureuses. Ces gens portent des gestes cliniques. On va demander un questionnaire pour vérifier l’état de santé [du candidat] pour savoir si c’est compatible avec le travail dans un centre de vaccination ou de dépistage. »

« On fait aussi une vérification des antécédents judiciaires, ce qui est incontournable pour nous, poursuit-elle. On demande un curriculum vitae, pas parce qu’on veut nécessairement connaître l’ensemble de leur parcours, mais pour établir la rémunération, il faut connaître le nombre d’années d’expérience qu’a la personne dans un type d’emploi. »

Si quelqu’un lève sa main aujourd’hui, dans combien de temps se retrouvera-t-elle sur le terrain? « Si la personne est en mesure d’injecter, on la sélectionne très rapidement. Je ne peux pas donner de délai, mais nos équipes essaient de traiter une candidature dans les 48 h pour les types d’emploi prioritaires », répond Mme Paquette, indiquant cependant que ce délai peut être plus long si plusieurs candidatures arrivent en même temps.

Les gens qui aimeraient participer à l’effort de vaccination peuvent lever la main au besoindevous.ca.