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Rassemblements interdits : le milieu réagit 
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Rassemblements interdits : le milieu réagit 
L'annonce par François Legault jeudi d'interdire les rassemblements de personnes de résidences différentes habitant en zones rouges a suscité maintes réactions en Estrie. Le jour même où la région a encore une fois fracassé son record quotidien de nouveaux cas de COVID-19 avec l’ajout de 126 cas confirmés au cours des 24 dernières heures et deux décès. 
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Contrat de Noël annulé: rassemblements interdits en zones rouges [VIDÉO]

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Contrat de Noël annulé: rassemblements interdits en zones rouges [VIDÉO]

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
Noël est annulé. Ou presque. Plutôt les rassemblements de personnes de résidences différentes habitant en zones rouges, soit l’immense majorité des Québécois. François Legault l’a annoncé jeudi, déchirant son plan de deux rassemblements en quatre jours proposé il y a deux semaines.

On revient aux règles prescrites selon le système de paliers d’alerte régional représentés par des couleurs. Zone rouge : pas de rassemblement permis entre personnes de résidences différentes, sauf les personnes seules qui peuvent recevoir une personne à la fois. Orange : maximum six personnes. Jaune : 10.

Le volet touchant la fermeture des écoles tient par contre toujours. À partir du 17 décembre et réouverture le 5 janvier pour le primaire et le 11, au secondaire. Les journées d’enseignement prévues se feront à distance.

«On est obligé de se rendre à l’évidence, ce n’est pas réaliste de penser qu’on va réussir à réduire la progression du virus de façon satisfaisante d’ici Noël», a déclaré le premier ministre Legault, lors de son habituel point de presse de 13 h dans une salle voisine du parlement de Québec.

M. Legault annulait du coup son «contrat moral» annoncé le 19 novembre. Où il donnait droit aux Québécois de se rassembler à deux reprises entre le 24 et le 27 décembre, à condition de se soumettre à un isolement volontaire d’une semaine avant et après.

«Si c’était à refaire, je n’ouvrirais pas la porte à deux jours de rassemblements à Noël», a-t-il reconnu jeudi, faisant son mea culpa. «Mais en même temps, à l’époque, quand on a pris cette décision-là, on pensait sincèrement que c’était possible que la situation s’améliore.»

Hausse de 210 hospitalisations par mois

Voici la situation : sommet de 1514 nouveaux cas en une journée annoncé mercredi, puis encore 1470 jeudi. Pour une moyenne de 1377 Québécois de plus chaque jour atteints de la COVID-19 depuis une semaine.

Trente morts se sont aussi ajoutés jeudi, pour une moyenne de 27 décès causés par le coronavirus par jour depuis une semaine.

Entre les deux, le nombre d’hospitalisations dues au SARS-CoV-2 est rendu à 737, grimpant au rythme de 210 par mois. On en comptait 97 au 2 septembre, 307 le 2 octobre, 526 le 2 novembre et maintenant 737 selon les données du 2 décembre.

Vrai que la première vague a été beaucoup plus fatale. Le nombre de morts par jour au Québec dépassait à un moment la centaine, au printemps. La situation s’est améliorée dans les centres de soins de longue durée pour personnes âgées.


« On est obligé de se rendre à l’évidence, ce n’est pas réaliste de penser qu’on va réussir à réduire la progression du virus de façon satisfaisante d’ici Noël. »
François Legault, premier ministre du Québec

Reste que le personnel du système de la santé est déjà au bout du rouleau, 6600 travailleurs de la santé manquent déjà à l’appel à cause de la COVID-19 ou par retrait préventif.

Le premier ministre ne voyait pas d’autre porte de sortie pour sauver cet équilibre de plus en plus fragile.

«C‘est une décision gouvernementale, a-t-il précisé. Ce n’est pas une demande de la santé publique. C’est nous, [mercredi] soir, qui avons pris cette décision, en se disant : “Il faut être réalistes, il faut protéger notre personnel [de la santé].”  Évidemment, étant donné que c’est une mesure qui est plus restrictive, la santé publique est quand même d’accord avec cette proposition-là.»

Mais le directeur national de santé publique et son équipe penchaient pour attendre de rendre une décision finale le 11 décembre, comme annoncé mardi. La patience du patron n’aura pas été aussi longue.

Confiance au sens des responsabilités

Quant au respect de ces nouvelles consignes, M. Legault dit faire «confiance au sens des responsabilités de la grande, grande majorité des Québécois. Il n’y a personne au Québec qui a le goût d’avoir dans sa tête pendant tout le reste de sa vie qu’il a infecté quelqu’un de sa famille, un de ses amis et puis avec les conséquences possibles aussi graves que cette personne pourrait mourir», indique-t-il, tout en ajoutant que discussions avec les corps policiers se poursuivent en vue d’une surveillance accrue aux Fêtes.

Le premier ministre souligne qu’avec l’explosion de cas à plusieurs endroits dans le monde, «on est au pire moment de la pandémie, le pire moment des neuf derniers mois».

«Quand on regarde entre autres tout ce qui se passe aux États-Unis, ce qu’on nous dit, c’est que les trois prochains mois vont être les pires de la pandémie. Donc, il faut quand même digérer ça. C’est une nouvelle évaluation de la situation qui est faite aux États-Unis, puis on n’est pas très loin des États-Unis. On ne peut pas penser qu’on est sur une planète différente», poursuit-il.

M. Legault se donne comme mission de continuer à «expliquer les dangers» du virus. «Mais quand je vois le nombre de morts dans le monde au cours des derniers jours, je ne comprends toujours pas comment certaines personnes peuvent penser que ce n’est pas dangereux.»

Des régions où c’est permis

Le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie, certains secteurs des Laurentides, de l’Outaouais et du Nord-du-Québec sont toujours en alerte élevée (zone orange), tandis que la Côte-Nord, les Îles-de-la-Madeleine et l’Abitibi demeurent pour l’instant en préalerte (jaune).

Le reste du Québec vivra en alerte maximale jusqu’au 11 janvier, au moins. Ce qui donne 103 jours, incluant le 11, depuis le début du premier «défi 28 jours» lancé par le premier ministre et le ministre de la Santé, le 1er octobre.

Ajoutons qu’à moins d’un déplacement essentiel, il est interdit de partir d’une zone rouge pour aller se rassembler dans une zone orange ou jaune, puisque les mesures appliquées en zone rouge suivent ses résidents partout.

L’Estrie fracasse encore son record

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L’Estrie fracasse encore son record

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
La région de l’Estrie a encore une fois fracassé son record quotidien de nouveaux cas de COVID-19 avec l’ajout de 126 cas confirmés de COVID-19 au cours des 24 dernières heures, le jour même où la possibilité de faire des rassemblements dans la période de Noël a été annulée. Deux décès viennent également assombrir ce lourd bilan quotidien.

« Cette fois-ci, le virus il est partout à coté de vous», dit le Dr Horatio Arruda, directeur national de la Santé publique, en précisant que la transmission communautaire est «très grande».

Les rassemblements prévus à Noël sont maintenant annulés pour tous ceux qui résident dans les zones rouges. Avec l’ajout de ces 126 nouveaux cas, la moyenne mobile quotidienne des sept derniers jours en Estrie est passée à 87 nouveaux cas déclarés par jour. Rappelons que pour revenir en zone orange, l’Estrie doit retomber sous la barre des 50 nouveaux cas par jour.

Le retour en zone orange semble donc fort peu probable pour les résidents de l’Estrie avant le soir du réveillon de Noël.

Un bilan qui s’alourdit encore en CHSLD et RPA

«Les deux décès sont survenus à la Résidence Brooks de Sherbrooke aux prises avec une éclosion complexe ainsi qu’au CHSLD Villa-Bonheur de Granby, où il y a aussi actuellement une forte éclosion de COVID-19.

Jeudi, le bilan s’est alourdi d’ailleurs au CHSLD Villa-Bonheur : 21 résidents et huit employés supplémentaires ont reçu un diagnostic positif à la COVID-19 pour un total jusqu’ici de 69 résidents et 33 employés. Comme ce CHSLD compte 104 places, ce sont donc 66% des résidents qui sont infectés jusqu’ici.

Cette installation est d’ailleurs placée sur la liste des CHSLD du Québec « en situation critique ».

Quatre nouvelles éclosions dans des résidences privées pour aînés (RPA) se sont déclarées jeudi, soit à la Résidence Distinction, Pavillon du Parc, à Granby (moins de cinq résidents), à la Résidence de Le Monastère de Sherbrooke (moins de cinq résidents), à la Résidence Champlain de Lac-Mégantic (moins de cinq employés) et à la Résidence Sérénité de Saint-Ludger dans la MRC du Granit (cinq résidents et deux employés).

Une veille d’éclosion s’est une nouvelle fois ajoutée à l’Hôtel-Dieu de Sherbrooke.

1% de la population infectée

La région de l’Estrie vient de franchir la barre des 1% de sa population ayant été confirmée positive à la COVID-19 avec ses 4961 cas positifs confirmés pour sa population d’un peu moins de 500 000 personnes.

Les régions comptant le plus grand nombre de personnes infectées sont Laval (2,7%), Montréal (2,5%), Lanaudière (2,3%) et le Saguenay-Lac-Saint-Jean (près de 2%).

L’Estrie rejoint le groupe des régions intermédiaires avec la Capitale-Nationale (1,6%), la Mauricie-Centre-du-Québec (1,4%), la Montérégie (1,4%), la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine (1,5%), Chaudières-Appalaches (1,3%), les Laurentides (1,3%).

Seules les régions du Bas-Saint-Laurent (0,47%), de l’Outaouais (0,9%), de l’Abitibi-Témiscamingue (0,19%), de la Côte-Nord (0,24%), du Nord-du-Québec (0,4%) et du Nunavik (0,19%) restent en-dessous de la barre symbolique du 1% de la population infectée par la COVID-19.

La pandémie en chiffres

Depuis le début de la pandémie, l’Estrie déplore 68 morts.

Il y a eu jusqu’ici 4961 cas confirmés de COVID-19, dont 4098 sont maintenant rétablis.

Il reste donc 795 cas actifs dans la région de l’Estrie.

Impossible de savoir dans quels réseaux locaux de services (RLS) les plus fortes augmentations de cas ont été observées dans les dernières 24 heures étant donné que le CIUSSS de l’Estrie-CHUS ne diffusera que peu d’informations aujourd’hui en raison d’une mise à jour des données qui est présentement en cours.

Noël à la maison: une excellente nouvelle pour le réseau de la santé

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Noël à la maison: une excellente nouvelle pour le réseau de la santé

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
Un Noël passé à la maison, sans rassemblements familiaux ou entre amis : l’annonce du gouvernement Legault jeudi a été accueillie comme une excellente nouvelle dans le réseau de la santé.

« Au début, j’étais parmi les défendeurs des rassemblements qui étaient permis aux Fêtes. Avec la formule qui avait été retenue, avec les sept jours de quarantaine au début et après, je trouvais que c’était un bon compromis. Mais avec les semaines qui avancent et les cas qui augmentent jour après jour, je devenais de plus en plus inquiet », soutient le Dr Alex Carignan, microbiologiste-infectiologue et chercheur au CIUSSS de l’Estrie-CHUS, en plus d’être professeur à l’Université de Sherbrooke.

L’Estrie, rappelons-le, a connu jeudi une nouvelle hausse record du nombre d’infections confirmées.

Le nombre de cas augmente jour après jour, les décès s’additionnent tous les jours, et les hospitalisations augmentent ici aussi peu à peu. Les hospitalisations et les décès surviennent généralement quelques semaines après le diagnostic de la COVID-19, car ce sont les complications de l’infection qui amènent les personnes à devenir très malades.

« Nous, ici en Estrie, nous avons encore de la marge de manœuvre dans notre capacité hospitalière, mais ce n’est pas le cas dans toutes les régions du Québec, comme au Saguenay-Lac-Saint-Jean, et ça c’est très inquiétant pour ce qui nous attend en janvier », indique le Dr Carignan.

Bien sûr, il s’attriste des impacts psychosociaux de ce Noël qui se vivra dans une plus grande solitude pour de nombreuses personnes.

« Je dis souvent que je suis microbiologiste, mais ce n’est pas juste l’infection qui compte pour moi. Il faut aussi essayer de maintenir une vie la plus normale possible. C’est aussi ce que fait la Santé publique. Mais dans le calcul des risques et des bénéfices, le fait de permettre des rassemblements en ce moment présentait trop de risques », indique le Dr Carignan.

 Dr Alex Carignan

Même son de cloche du côté de la Dre Mélissa Généreux, professeure-chercheuse à l’Université de Sherbrooke et médecin-conseil à la Direction de santé publique de l’Estrie.

Cette dernière a publié plus tôt cette semaine une étude qui démontre justement que deux adultes sur quatre au Québec rapportent des symptômes compatibles avec un trouble d’anxiété généralisée ou une dépression majeure.

« On sait que les gens sont fatigués par toutes les restrictions, mais ce bonheur temporaire de voir nos proches à Noël, qui nous ferait tous du bien, il vient avec un prix à payer. C’est utopique de penser que le vaccin sera disponible pour tous en janvier et février, qu’on sera tous déjà protégés. Dans ce cas, est-ce que nous sommes prêts à faire face à une hausse fulgurante de cas en janvier et à faire face à un resserrement encore plus strict des mesures de contrôle? » questionne la Dre Généreux.

« À court terme, je crois que les rassemblements nous auraient fait du bien, mais si je me projette en janvier, ce bien-être passager aurait probablement amené un lourd prix à payer », analyse-t-elle.

Dre Mélissa Généreux
Rassemblements de Noël annulés: les chefs prêts à servir de baume

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Rassemblements de Noël annulés: les chefs prêts à servir de baume

Jasmine Rondeau
Jasmine Rondeau
Initiative de journalisme local - La Tribune
Karine Tremblay
Karine Tremblay
La Tribune
Alors que les restaurateurs et les traiteurs ont dirigé leurs efforts vers les boîtes-repas des Fêtes à défaut de pouvoir recevoir en grand, le gouvernement a finalement écarté toute possibilité de rassemblements pour Noël, jeudi. Bonne ou mauvaise nouvelle pour le secteur?

En fait, les festivités intimes semblaient déjà à la mode avant cette annonce, à en croire les livres de réservation. 

Selon Anik Beaudoin, propriétaire du restaurant Auguste au centre-ville de Sherbrooke, cette annonce n’aura pas d’impact significatif sur son entreprise. « Je dirais que l’impact est plus psychologique que financier, parce que l’impact financier, il nous rentre dedans depuis qu’on est fermés. Le gros de mes commandes, ce sont surtout des couples ou des gens avec des enfants. Ma plus grosse commande était de six. Sinon, côté corporatif, ce sont toutes des entreprises qui offrent des boîtes à leurs employés. Elles sont toutes individuelles. Ça ne change pas grand-chose pour moi. »

L’effet pourrait peut-être même être inverse, croit-elle. « Les gens sont tristes, on l’est tous. Peut-être que pour rendre ça un peu plus festif, ils vont commander du Auguste. J’ai aussi des téléphones, comme j’ai eu hier, de gens qui préservent leurs parents un peu plus âgés, mais qui veulent les gâter et organiser un souper à distance. Ce qui me tient, en ce moment, c’est de savoir qu’on peut faire des heureux. »

Des réservations en paires

Au comptoir de prêt-à-manger Madame Dupont & Cie, sur la rue King Ouest, là aussi les réservations de repas des Fêtes étaient déjà presque exclusivement faites en paires, indique sa propriétaire Élisabeth Dupont, qui a lancé l’entreprise il y a un an. 

Pas de crainte donc de perdre des commandes de pâtés et de bûches, même au contraire. « Je trouve ça vraiment dommage pour les restaurateurs, confie-t-elle. Par contre, de mon côté, j’ai plus de ventes depuis que les salles à manger sont fermées. Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais une cliente m’a dit que c’était parce que mes produits n’ont pas à être consommés immédiatement. On peut les acheter à l’avance et les réchauffer le lendemain. » 

Une nouvelle encourageante pour l’entreprise, considérant l’été plus difficile qu’elle a traversé.

Dominic Tremblay, copropriétaire de la bannière Groupe Massawippi, qui chapeaute le restaurant Bistro-DT.

Aucun recul

Au Groupe Massawippi, même scénario : aucun mouvement de recul jeudi.  

« Au contraire, le téléphone a sonné toute la journée pour des commandes », constate Dominic Tremblay, copropriétaire de la bannière qui chapeaute le restaurant Bistro-DT ainsi qu’un service de traiteur.

L’entreprise basée à Rock Forest offrait déjà un service de repas familiaux à la semaine qui a pris du coffre au cours des derniers mois.

« En restauration, c’est difficile. Nous, ce qui nous sauve et nous permet de garder des gens à l’emploi depuis mars, c’est notre service de traiteur et de prêt-à-manger. Même si on n’a pas fait d’événements corporatifs, qui sont un gros morceau habituellement, on note une augmentation de 35 % de la demande pour des boîtes-repas », remarque-t-il. 

Miser sur le virtuel et la petite échelle

Les soupers virtuels qui ont remplacé certains partys de Noël assurent un certain roulement en décembre. 

« Les entreprises réinventent la formule; elles nous commandent des boîtes-repas qui sont distribuées aux employés. Tout le monde partage ensuite le même repas sur Zoom, par exemple. » 

Propriétaire du service de traiteur Festin Royal, Cynthia Berger avait déjà adapté son offre au contexte inhabituel en misant sur un réveillon à petite échelle.

« À la base, nous, on est spécialisé dans le gros volume. On avait déjà fait notre deuil d’un gros mois de décembre parce que des rassemblements de 250 personnes, on savait qu’il n’y en aurait pas. On vendait des boîtes de Noël pour 8 personnes, mais comme on sentait venir l’annonce gouvernementale, on a ajouté une boîte-réveillon pour quatre personnes, il y a deux jours », expose-t-elle.  

Les commandes sont au rendez-vous, mais les temps sont difficiles. 

« Maintenant, tous les restos de la ville offrent du prêt-à-manger et on martèle dans les médias l’importance de continuer à les encourager. C’est bien, évidemment, mais nous, les deux fois où les salles à manger des restaurants ont fermé, on a vu une baisse dans nos commandes. Nos frais fixes restent les mêmes et on ne sait pas quand tout ça va finir. On essaie de se maintenir à flot, mais il faudra d’autres mesures, de l’aide financière, et pas sous forme de prêts, cette fois », indique-t-elle. 

Plus que le temps des Fêtes, c’est janvier qui l’inquiète. 

« Tout ce qui a lieu en été se prévoit à ce moment-là. Si tous les événements sportifs, corporatifs et culturels sont annulés à nouveau, c’est un autre gros morceau de notre année qui sera amputé », souligne Mme Berger. 

Cynthia Berger

« Ils n’auraient jamais dû nous fermer » 

Rien n’efface cependant les coups encaissés depuis mars, martèle Anik Beaudoin, qui avait elle-même décrié dans les médias la difficile situation des restaurants en zone orange à l’époque où l’Estrie s’y trouvait, tandis que le gouvernement décourageait les sorties en public. 

Et même si la Fédération des chambres de commerce du Québec proposait il y a une semaine d’ouvrir les restaurants du 24 au 27 décembre, Mme Beaudoin, elle, n’y croyait pas du tout. « Je ne voulais pas ouvrir. Ouvrir pour trois jours, c’était complètement ridicule. C’était une drôle d’idée. Tout le monde est fermé, on fait du pour emporter. C’est quoi, faudrait remplir nos frigos pour trois jours et rappeler nos employés sur le chômage pour les remettre sur le chômage ensuite et donner de la nourriture parce que nos frigos sont pleins? Moi j’ai espoir d’ouvrir, mais pour de bon, pas pour trois jours. Quant à moi, ils n’auraient jamais dû nous fermer, et je suis sûre qu’on ne se serait jamais rendus là s’ils ne nous avaient pas fermés, parce que nous, on contrôlait ce qui se passait quand les gens se voyaient. »

« Une sage décision », dit le Regroupement des résidences pour aînés

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« Une sage décision », dit le Regroupement des résidences pour aînés

Alain Goupil
Alain Goupil
La Tribune
Malgré les déceptions qu’elle a pu susciter, la décision du gouvernement Legault d’interdire les rassemblements à Noël est généralement bien accueillie par le Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA).

« Pour le personnel et les gestionnaires de nos résidences, on peut dire que c’est un soulagement, a réagi Yves Desjardins, président-directeur général du RQRA. Il y avait aussi beaucoup de nos résidents qui étaient nerveux face aux conséquences qu’auraient pu avoir ces rassemblements sur la propagation du virus. »

Compte tenu du caractère festif et familial de Noël, M. Desjardins reconnaît aussi qu’une telle décision a pu en décevoir plusieurs.

D’autant, dit-il, que sur 1750 résidences membres du RQRA, 125 ont connu un épisode d’éclosions, dont la moitié comptait moins des trois cas.

« Les opinions étaient partagées, c’est vrai. Mais quand on regarde les statistiques, on voit bien que les cas sont en forte augmentation et que le système de santé est fragilisé. Dans les circonstances, on pense que c’est une sage décision. »

«Plusieurs personnes âgées seront seules à Noël»

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«Plusieurs personnes âgées seront seules à Noël»

Claude Plante
Claude Plante
La Tribune
« C’est très décevant pour les personnes âgées, car plusieurs seront seules à Noël, mais on doit faire quelque chose pour arrêter les cas de monter. C’est réaliste comme décision. »

Paul Legault, président de la FADOQ Estrie, prend la nouvelle de l’annulation des rassemblements à Noël avec philosophie, même si la décision gouvernementale visant à freiner la propagation de la COVID-19 fera cruellement mal.

Selon lui, plusieurs personnes seront seules à Noël. M. Legault fait remarquer que des plusieurs couples âgés ne pourront voir leurs proches. « Les personnes vivant seules pourront recevoir une personne à la fois, à ce que je comprends du discours de notre premier ministre » (François Legault), dit-il.

« Mais les couples vivant par exemple ensemble dans des résidences ne pourront recevoir des proches. »

Jeudi après-midi, le premier ministre François Legault a renoncé aux rassemblements de Noël dans les zones rouges comme l’Estrie. Il reculait après avoir proposé il y a deux semaines un plan de deux rassemblements en quatre jours.

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« Certains disent qu’on nous retire notre bonbon après nous l’avoir donné », lance le président de la FADOQ Estrie.

« Mais nous ne voulons pas en venir à choisir qui soigner dans les hôpitaux par manque de ressource. Les quatre jours au départ, c’était pour se donner un peu de répit, mais ça ne se produira pas. Malgré tout, il ne faut pas lâcher. » 

Paul Legault invite aussi la population à prendre soin des aînés les plus vulnérables. Notamment ceux se montrant plus craintifs face aux dangers de la contamination. « Il ne faut pas prendre de risque, commente-t-il. On doit les respecter. »

« C’est comme un contrat moral à respecter pour ne pas les mettre en danger. »

Les gens devront user d’imagination pour réussir à communiquer avec leurs parents âgés, poursuit Paul Legault. « Il y a des Facetime, mais ce ne sont pas toutes les personnes âgées qui sont à l’aise avec les nouvelles technologies. Il ne reste que le téléphone », fait-il remarquer.

« On pourra revoir des gens aller faire des petits coucous à distance sur le balcon des personnes âgées en résidence. Moi, je n’ai plus mes parents, mais laissez-moi vous dire que j’y irais pour les saluer, s’ils étaient vivants, malgré l’hiver et le froid… »

Pas d'impact majeur selon la Chambre de commerce

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Pas d'impact majeur selon la Chambre de commerce

Alain Goupil
Alain Goupil
La Tribune
Les commerçants ne devraient pas trop souffrir de la décision du gouvernement Legault de tirer un trait sur les deux rassemblements de Noël, estime la Chambre de commerce et d’industrie de Sherbrooke.

« Je ne pense pas que cette décision-là va avoir un impact majeur, a commenté la directrice générale de la CCI, Louise Bourgault. Même si les stationnements sont encore pleins ces jours-ci, les gens avaient commencé à magasiner leurs cadeaux beaucoup plus tôt cette année, justement à cause de la pandémie. »

Les nouvelles restrictions annoncées cette semaine quant au nombre de clients pouvant se trouver à l’intérieur d’un commerce selon la surface aura aussi incité les consommateurs à devancer leurs achats, estime Mme Bourgault.

Quant aux retardataires, la Chambre de commerce et d’industrie conseille aux consommateurs de continuer à encourager les commerçants locaux, en recourant notamment à l’achat en ligne.

« On peut commander en ligne sans encourager Amazon, dit-elle. Plusieurs commerçants sont maintenant en mesure de prendre les commandes, soit en ligne ou par téléphone, et de faire la livraison ou encore de passer en magasin une fois que la commande est prête. »

Fêter le plus normalement possible... tout en admettant que ce sera différent

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Fêter le plus normalement possible... tout en admettant que ce sera différent

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
Essayons de faire un Noël qui ressemble le plus possible à ce que l’on connaît pour les enfants, mais n’hésitons pas à reconnaître que la situation est plate, estime Catherine Malboeuf-Hurtubise, professeure  à l’Université Bishop’s et spécialiste en santé mentale jeunesse.

Difficile de prévoir si l’annulation des rassemblements à Noël aura un impact chez les jeunes, glisse d’abord Catherine Malboeuf-Hurtubise. « Ça peut certainement avoir des impacts. Il n’y a pas de recette magique. On est tous dans une situation où on n’a pas de contrôle. C’est sûr que c’est difficile. Ceci étant dit, de se concentrer sur ce qui est possible de faire, de fêter en famille. D’essayer, en tant que parents, d’offrir une fête proche de la normalité aux enfants, mais aussi de reconnaître que c’est plate (...)  Ils le savent qu’on est en pandémie, qu’on traverse quelque chose de particulier. D’être capable de dire que Noël sera différent, plate, et expliquer pourquoi on leur demande de faire ces sacrifices-là aussi, dans des mots qu’ils peuvent comprendre. Il ne faut pas sous-estimer le fait que ce soit poche », image Mme Malboeuf-Hurtubise. 

Celle qui est aussi mère de deux enfants de 3 et 5 ans estime que l’on peut discuter de tous les sujets, à tous les âges. « La question est juste d’adapter comment on en parle », note-t-elle en soulignant que l’on doit être en mesure de lui répondre s’il réagit ou pose des questions.