Jean-Claude Thibault est membre fondateur du marché Locavore.
Jean-Claude Thibault est membre fondateur du marché Locavore.

«Ça remplace le parvis de l’église» [VIDÉO]

Lilia Gaulin
Lilia Gaulin
La Tribune
L’ambiance est à la fête, les discussions s’enchaînent et la communauté se retrouve. Le cœur de Racine fourmille tous les samedis de la saison estivale; jeunes et moins jeunes se rassemblent afin de faire des provisions pour la semaine à venir au marché Locavore.

Le Locavore, c’est l’histoire d’une communauté qui met à l’avant-plan l’achat local. C’est en 2009 que le marché a vu le jour, et ce, grâce à plusieurs bénévoles. Cet événement hebdomadaire réunit 42 producteurs, dont la moitié en consigne, et attire de plus en plus de curieux, ce qui est profitable pour l’économie locale. La coopérative du marché compte environ 945 membres. 

« C’est une création de la communauté de Racine. Les bénévoles croyaient à un marché public et à la saine alimentation », souligne la coordonnatrice du marché Locavore, Denise Payette.

Dès sa première année, le marché a pris son envol notamment en raison de son nom unique. Selon le dictionnaire Larousse, « locavore » se dit d’une personne « qui décide de ne consommer que des fruits et des légumes locaux et de saison pour contribuer au développement durable ». 

Sans l’apport de la communauté racinoise, le marché Locavore ne serait pas le même. Tout débute avec la construction des infrastructures. Durant six semaines, 92 citoyens ont travaillé d’arrache-pied afin de mettre en place les différents kiosques que l’on retrouve maintenant sur le site. « Des personnes de 12 à 92 ans ont travaillé bénévolement pour construire ce petit chef-d’œuvre. Son allure champêtre se glisse à merveille dans le décor », explique fièrement un des membres fondateurs, Jean-Claude Thibault. 

Deux producteurs maraîchers sont sur place le samedi matin.

Des anecdotes, M. Thibault en a plusieurs. La tête remplie de souvenirs, l’homme raconte que la fatigue s’était rapidement invitée au sein du groupe de bénévoles lors de la construction des bâtiments. Il souligne qu’un obstacle s’était également dressé devant eux. 

« Nous n’avions plus les compétences et le personnel afin de poser le toit ce qui fait que nous étions obligés de retarder d’une semaine l’ouverture du marché. Nous étions un groupe qui déjeunait à la cantine du coin le matin et Michel Lapierre, le copropriétaire de l’usine Ramagex, a expliqué à son associé la situation. Le lendemain, neuf employés de l’usine et les deux propriétaires étaient sur le toit », raconte-t-il avec reconnaissance. 

C’est une tradition pour de nombreux bénévoles, plus travaillants les uns que les autres, de mettre la main à la pâte le samedi afin d’égayer ce jour de marché. L’atmosphère conviviale permet à tous d’y trouver son compte. « C’est le plus beau marché du Québec! » lance M. Thibault. « Ça remplace le parvis de l’église! », renchérit Mme Payette.