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Quand le sport s'arrête...
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Porte-drapeau et « Reine des Jeux », Sarah-Jane Caumartin a remporté sept médailles aux Jeux du Canada de 2013.
Porte-drapeau et « Reine des Jeux », Sarah-Jane Caumartin a remporté sept médailles aux Jeux du Canada de 2013.

Médailles et souvenirs

Tommy Brochu
Tommy Brochu
La Tribune
À 17 ans, médaillée sept fois aux Jeux du Canada, la canoéiste Sarah-Jane Caumartin est sortie du lot. Tellement, que la jeune femme avait été désignée porteuse de drapeau à la cérémonie de clôture et avait été surnommée « Reine des Jeux du Canada » par La Tribune.

« Andréanne Langlois, une de mes meilleures amies qui faisait aussi du kayak, elle m’appelait la Reine devant tout le monde lorsqu’on sortait. Elle trouvait ça bien drôle! » raconte la Trifluvienne.

N’empêche, elle a eu un peu de difficulté à assumer ce titre. « J’ai été surnommé comme ça, car j’ai fait beaucoup de courses. Un joueur de soccer a une seule chance de médaille. En canoë-kayak, si tu fais huit courses, tu as huit chances de médailles. [...] D’autres personnes auraient mérité ce titre, mais ils n’ont pas fait autant de courses. Je suis un peu mal à l’aise avec ce titre, je ne pense pas que j’étais la meilleure athlète. Andréanne Langlois a fait les olympiques en 2016. Elle l’aurait mérité autant, mais a fait moins de courses. [...] Je n’ai pas voulu mettre ça de l’avant », exprime celle qui a laissé tomber la compétition il y a trois ans pour étudier en chiropractie et qui a commencé le cross-country pour le plaisir. 

L’athlète voit son titre de porte-drapeau comme le fait saillant des Jeux. « La Reine des Jeux, c’était plus une teinte humoristique. Quand j’ai su que j’allais porter le drapeau, c’était une énorme fierté. C’était difficile à réaliser », convient-elle.

« C’était une fierté individuelle, mais aussi pour ma discipline, poursuit la canoéiste. Je voyais ça comme une réussite pour le canoë-kayak. Tous les athlètes entraient en premier avec moi. Je me souviens, deux gars m’avaient pris sur leurs épaules. Ils étaient les porteurs de la porteuse de drapeau! C’était une réussite de groupe. »

Rite de passage

Jean-Philippe Maranda, athlète paralympique en athlétisme, a vu les Jeux du Canada comme un rite de passage. « Cette année-là, j’avais fait les championnats du monde avant de faire les Jeux du Canada, exprime celui qui a remporté deux médailles de bronze et une médaille d’or à ces Jeux. Mais quand tu as fait les Jeux, tu te rends compte que c’est une très belle école. Quand tu arrives après aux Jeux paralympiques, quand tu vois les caméras en sortant de tes compétitions, tu l’as déjà vécu. Tu es plus à l’aise quand tu fais de grosses compétitions à l’extérieur. »

La pression de compétitionner à la maison était présente. « Mais en même temps, j’étais dans les favoris. C’était chez nous, ce n’était pas le moment de me casser la gueule! »

M. Maranda considère que les Jeux du Canada ont agi comme une « catapulte » sur sa carrière sportive. « Quand tu fais les Jeux du Canada, tu es déjà dans les meilleurs de ta province. Ça ouvre les horizons pour les compétitions internationales par après », analyse celui qui a remporté une médaille d’or et deux de bronze.

Retraité de l’athlétisme depuis deux ans, M. Maranda étudie maintenant en sciences infirmières à l’Université de Sherbrooke [voir texte en page 6] et renoue avec le sport. « Ça fait beaucoup trop longtemps que je fais du sport, donc je ne suis pas capable de rester chez nous à ne rien faire. Le fauteuil roulant, ça se perd assez rapidement. Le vélo, c’est plus facile », exprime l’athlète de 33 ans, qui aimerait recommencer la compétition à court terme. 

Marc-Antoine Lafrenaye-Dugas, lui, se rappelle de l’ambiance aux Jeux du Canada. « C’était les estrades qui prenaient pour moi, car j’étais Québécois. Je n’avais jamais eu autant de proches en même temps à une compétition. Ce bout-là a été l’un des moments marquants », assure le Sherbrookois.

« C’est l’expérience la plus grisante que j’ai eue. Les performances étaient au rendez-vous, j’étais chez nous, tout a super bien été. Pour moi, c’est encore la plus belle expérience d’athlétisme que j’ai eue. Ça m’a donné le coup de pied pour aller plus loin », avoue l’athlète qui pratique encore son sport de manière récréative.