Les intervenants du monde du camp de jour sont confiants de pouvoir offrir leurs services cet été.
Les intervenants du monde du camp de jour sont confiants de pouvoir offrir leurs services cet été.

Plusieurs scénarios sur la table des camps de jour

SHERBROOKE — Les camps de jours de la région devront faire preuve de créativité dans les prochaines semaines. Non seulement ils auront comme défi de construire un monde imaginaire pour les enfants, ils devront également mettre en place des mesures pour que campeurs et animateurs respectent les mesures de distanciation sociale et d’hygiène. 

« On travaille dans l’optique d’offrir un service de qualité et sécuritaires, assure Catherine Lapierre, coordonnatrice du camp de jour Loisirs Fleuri-Est. On élabore les scénarios les plus loufoques possible pour être sûrs d’être capables d’interagir si on a des problématiques, comme des animateurs qui doivent s’absenter. Je crois que la réouverture des écoles va nous pister, car nous n’avons pas encore eu de consignes gouvernementales. »

Actuellement, Mme Lapierre et son équipe travaillent comme s’ils allaient ouvrir le 25 juin, comme à l’habitude. « Notre organisme est capable de réaliser beaucoup de choses, affirme-t-elle. On peut travailler sur des scénarios qui commencent ou finissent plus tôt ou plus tard. On travaille sur tous les scénarios pour ne pas avoir de surprise. »

Ratios

Pour Catherine Lapierre, le ratio d’enfants par animateur pourrait être considérablement réduit. Alors qu’il est habituellement de 15 campeurs par animateurs, il pourrait passer à six ou huit. Les groupes pourraient donc être formés à 50 % de leur capacité. Cependant, l’organisation travaille pour offrir le plus gros camp de jour possible. 

« La seule façon d’avoir un “ contrôle ” sur la distanciation sociale des enfants, c’est en ayant des ratios réduits pour permettre aux animateurs d’avertir, de mettre des règles en place et créer des routines et des habitudes. Il ne faut pas qu’il y ait trop d’enfants par animateur, sinon on n’arrivera pas à les contenir », analyse la coordonnatrice. 

Mais si les ratios sont réduits, moins d’argent entrera dans les coffres de l’OBNL. « Il faut un support gouvernemental et de la Ville pour opérer sans trop de craintes pour l’organisme », exprime Mme Lapierre.  

« Je crois énormément à la tenue d’un camp de jour, même dans des conditions incroyables, poursuit Mme Lapierre. Je crois que c’est nécessaire pour les parents et pour les enfants. »

Les animateurs auront une bonne quantité de gel hydroalcoolique sous la main. Des thermomètres sans contact pourraient même être achetés.

PCU

Selon Mme Lapierre, la prestation canadienne d’urgence (PCU) offerte aux étudiants ne sera pas trop dommageable pour l’organisme. « Je pense que le salaire des animateurs est intéressant et que l’animation est une expérience intéressante. On est une grande famille et cette année, c’est encore plus vrai. Je n’ai jamais eu autant de nouveaux employés qui connaissent quelqu’un qui travaille déjà chez nous. Il ne nous manque que dix animateurs pour avoir la quantité habituelle qui se situe entre 80 et 90. On va poursuivre les entrevues pour mettre des animateurs en attente si un ratio était réduit », dit-elle, ajoutant qu’encore là, plusieurs pronostics sont sur la table. 

Quant à lui, le président directeur général des camps de jour Yopi, Éric Beaudoin, pense qu’une prime pour les animateurs de camp de jour pourrait aider. « Si la cueillette de fraises a passé, je crois que ça va passer pour les camps de jour, considère-t-il. On parle de centaine de milliers d’animateurs et d’enfants, les étés. Si les parents veulent travailler, les camps de jour sont la relève de l’école. »

Modifications

M. Beaudoin, qui possède 18 camps de jour, sait que son organisation devra modifier certaines activités, tout comme le déroulement d’une journée. « On attend des nouvelles de l’Association des camps du Québec et de la santé publique », explique-t-il. 

Comment animer en gardant une distanciation sociale de deux mètres? « Ça fait 23 ans qu’on fait du camp de jour, on a des tonnes de livres d’activités, répond-il. On adapte des activités toutes les années. »

Pour faire face à cette pandémie, 16 h de formation supplémentaire à propos de la COVID-19 sera offerte aux responsables des 18 camps de jours de Yopi. Ceux-ci pourront donc mieux répondre aux questions des animateurs. 

M. Beaudoin assure que les inscriptions vont bon train. « On a des spécialités qui sont complètes. Les parents ont confiance », confirme-t-il, confiant lui aussi. 

En tout, Yopi emploie environ 500 animateurs et compte quelque 23 000 campeurs par année au Québec. À Sherbrooke Yopi reçoit environ 3500 campeurs.