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Petits diffuseurs et consignes sanitaires : beaucoup d’intimité... ou rien du tout
Petits diffuseurs et consignes sanitaires : beaucoup d’intimité... ou rien du tout
Le Pavillon des arts et de la culture de Coaticook.
Le Pavillon des arts et de la culture de Coaticook.

Pavillon des arts et de la culture de Coaticook : repartir à petite échelle

Karine Tremblay
Karine Tremblay
La Tribune
Le Pavillon des arts et de la culture de Coaticook rouvre ses portes cette semaine avec une programmation revue et adaptée pour l’automne 2020.

« On a fait comme toutes les salles : les plus grands spectacles, on les a reportés en 2021. On a repensé notre programmation des prochains mois en essayant de couvrir un peu tout : musique, chanson, humour et spectacles pour enfants », expose la directrice générale du Pavillon, Émilie Chazelas. 

Les aménagements à appliquer pour respecter les consignes sanitaires modifient considérablement la capacité d’accueil de la salle, qui tombe à 60 sièges au lieu des 200 habituels. Une douzaine d’événements sont au menu de la saison automnale qui commencera avec les spectacles de Désirée le 11 septembre, Tim Brink le 12 septembre et É.T.É en café-concert le 20 septembre. L’humoriste Neev, l’harmoniciste Guy Bélanger, la chanteuse Jordane de même que deux projections cinématographiques des Aventuriers voyageurs figurent notamment au programme des prochains mois.

« On n’a pas prévu de lancement, parce qu’on était dans tous ces ajustements de dernière minute. On voit qu’il y a des gens qui achètent des billets, mais c’est assez lent pour l’instant. Je ne pourrais pas dire pourquoi exactement. Peut-être parce que l’information ne s’est pas encore rendue aux gens. On parle aussi beaucoup d’une possible deuxième vague d’infections à la COVID-19 et, on le constate, ça suscite certaines craintes. On n’a pas d’emprise là-dessus, mais on met toutes les mesures sanitaires en place pour s’assurer de la sécurité des spectateurs et des employés », note Mme Chazelas. 

Consciente des défis qui se dessinent, celle-ci se réjouit tout de même de la reprise des activités.

« Je suis contente qu’on puisse à nouveau remplir la mission qui est la nôtre. J’ai hâte de sentir l’atmosphère de la salle de spectacles, d’y accueillir les artistes, les techniciens, le public. On a un rôle à jouer dans l’écosystème culturel, on est heureux de pouvoir l’endosser. » 

L’aspect financier reste cependant un enjeu de taille. 

« C’est certain que ça va aller pour 2020, mais si la situation se prolonge en 2021, on va se retrouver dans une situation financière très embêtante. Il faudra faire des choix. Tout va dépendre de l’évolution de la pandémie », remarque Mme Chazelas. 

Manque financier à gagner

Comme d’autres diffuseurs, celle-ci doit jongler avec une diminution des subventions qui lui sont accordées. 

« Certains programmes financiers provinciaux ont été amputés. Je pense, par exemple, à la subvention de programmation spécifique du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), qui nous aidait à payer le cachet des artistes. On croit que c’est une suspension temporaire, parce que ça s’est fait dans la foulée de la fermeture temporaire des salles, mais on attend encore des informations pour 2021. Je ne veux surtout pas lancer une polémique, parce que le CALQ nous a été d’une grande aide, mais je constate que si les subventions ne reviennent pas, et considérant la baisse d’achalandage avec laquelle on doit composer parce qu’on ne peut pas accueillir le même nombre de spectateurs, on va se retrouver avec un manque à gagner. »

Cela d’autant plus que la petite salle de spectacles a déjà une programmation 2021 en marche. 

« Les contrats pour l’an prochain, ça se fait d’avance, c’est maintenant qu’on les planifie. On veut soutenir les artistes et tous ceux qui œuvrent dans le milieu culturel, mais pour ça, il faut aussi qu’on ait les moyens de le faire », exprime Mme Chazelas, qui a toutefois eu une bonne nouvelle cette semaine en apprenant que son établissement pouvait finalement faire une demande à la SODEC pour l’aide temporaire aux lieux de diffusion.