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Petits diffuseurs et consignes sanitaires : beaucoup d’intimité... ou rien du tout
Arts et spectacles
Petits diffuseurs et consignes sanitaires : beaucoup d’intimité... ou rien du tout
La plupart des grandes salles de la région, celles qui peuvent atteindre ou s’approcher de la limite des 250 spectateurs imposée par la santé publique, ont repris leurs activités ou annoncé qu’elles le feraient bientôt. Mais qu’en est-il des petits diffuseurs qui entourent la région sherbrookoise, dont la capacité en temps normal n’atteint même pas les 250 places? La majorité a trouvé des solutions pour rouvrir malgré tout. La Tribune vous propose un survol de six d’entre eux.
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Centre d’art de Richmond : des événements ponctuels

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Centre d’art de Richmond : des événements ponctuels

Karine Tremblay
Karine Tremblay
La Tribune
« Notre salle et sa vocation demeurent bien vivantes », souligne la codirectrice du Centre d’art de Richmond, Marie-Ève Bourdages. « Mais pour qu’elles continuent de l’être, on choisit d’offrir moins de choses pour un certain temps et de revenir en force quand on le pourra. On n’a donc pas de programmation à dévoiler, mais on va présenter des événements ponctuels cet automne. »

« On aura d’ailleurs un spectacle extérieur vers la mi-septembre. On annoncera les détails prochainement », ajoute-t-elle.

À Richmond aussi, la perte financière causée par l’amputation de certains programmes financiers provinciaux se fait sentir. 

« Mais on a appris mardi en fin de journée qu’on aurait finalement droit à une partie de la subvention d’aide à la programmation spécifique du CALQ. C’est certain qu’on va recevoir moins qu’à l’habitude, et c’est vrai que, combiné au fait qu’on n’aura pas la même affluence à nos événements, ça complexifie notre planification à long terme. » 

Marie-Ève Bourdages est entrée en poste en février dernier, après la petite tempête qui a secoué l’organisation et qui a mené à la démission en bloc du conseil d’administration, tout juste avant la pandémie. Elle constate que, si la réalité des petits diffuseurs se ressemble, tous ne traversent pas de la même façon les aléas qu’amène la pandémie. 

« On fait partie du Réseau Centre et on voit que la situation est différente pour chaque salle. Certaines communautés ont été plus durement touchées que d’autres économiquement, ces derniers mois. Quand les revenus des gens diminuent, leur priorité, ce n’est pas nécessairement d’acheter des billets de spectacles », remarque-t-elle.

P’tit bonheur de Saint-Camille : les spectacles de l’autre côté de la rue

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P’tit bonheur de Saint-Camille : les spectacles de l’autre côté de la rue

Simon Roberge, Initiative de journalisme local
Simon Roberge, Initiative de journalisme local
La Tribune
En raison des mesures sanitaires en place, les spectacles de la programmation d’automne du P’tit Bonheur de Saint-Camille auront lieu de l’autre côté de la rue, dans la salle Le Camillois. Plusieurs de ces prestations seront également webdiffusées en direct.

« On va être en mesure d’accueillir autour de 80 personnes, ce qui nous donne la possibilité de démarrer la saison », explique Benoit Bourassa, directeur du P’tit Bonheur, qui rappelle que toutes les mesures sanitaires seront respectées.

« Au P’tit Bonheur, c’était trop petit et la configuration de l’édifice ne nous permettait pas de le faire en toute sécurité. On va souhaiter que les gens se déplacent en grand nombre pour remplir nos 80 places. »

Situé dans l’ancienne église de Saint-Camille et entièrement rénové en 2015, Le Camillois proposera une belle ambiance selon M. Bourassa.

« Ce sera une atmosphère sécuritaire, mais avec un cachet visuel extraordinaire, souligne-t-il. Avec un jeu d’éclairage, on se croirait au Capitole de Québec ou au Granada de Sherbrooke. »

Comité culturel mégantic : moins de spectacles devant moins de gens

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Comité culturel mégantic : moins de spectacles devant moins de gens

Mélanie Noël
Mélanie Noël
La Tribune
 Le Comité culturel Mégantic a l’intention d’offrir une programmation réduite cet automne dans le respect des règles sanitaires.

« On pense présenter sept ou huit spectacles d’artistes de la relève ou d’artistes plus connus qui commencent à nous offrir des versions Covid-19 de leur spectacle », explique Pierre Paquet, directeur général et artistique du Comité culturel Mégantic.

La salle de spectacles Montignac, qui peut normalement accueillir 426 personnes, pourra asseoir un maximum de 150 personnes en respectant les mesures de distanciation sociale.

« On pourra recevoir entre 100 et 150 personnes selon le nombre de gens qui viennent en couple. On estime qu’environ 75 à 80 pour cent des billets sont vendus en paires », note M. Paquet.

Les gros spectacles prévus pour la saison 2020-2021 sont, pour la majorité, reportés d’environ un an. 

Le spectacle de théâtre Né à Lac-Mégantic en 1952, écrit et interprété par Guy Dostie, sera présenté tel quel prévu les 10, 11 et 12 septembre.

« Notre programmation comptait déjà cinq à huit spectacles de la relève qui seront présentés. En plus de celui de Guy Dostie, il y a, par exemple, ceux de Natasha Kanapé Fontaine, Nicolas Gémus et Dominique Fils-Aimé », souligne M. Paquet.

Sur scène, un maximum de six personnes est permis pour respecter les règles. « Et ils ne peuvent pas se toucher », précise-t-il en riant.

Les Hardings, une production du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui, devait, par exemple être présentée par le Comité culturel Mégantic.

« C’est un spectacle qui aurait pu être présenté en temps de pandémie, car les comédiens ne se touchent pas et sont facilement à deux mètres les uns des autres, mais la troupe travaillait avec une nouvelle distribution et les comédiens n’avaient pas le droit de répéter jusqu’à récemment, alors que la tournée devait commencer en septembre », mentionne Pierre Paquet, ajoutant que la nouvelle programmation automnale, adaptée à la Covid-19, sera bientôt annoncée.

Centre culturel de Weedon : des spectacles intimes pour rester vivant

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Centre culturel de Weedon : des spectacles intimes pour rester vivant

Mélanie Noël
Mélanie Noël
La Tribune
Le Centre culturel de Weedon a réussi à offrir une programmation automnale intéressante, malgré que sa salle de spectacles ne pourra accueillir que 35 spectateurs sur une capacité totale de 110.

« C’est certain qu’à moyen ou à long terme, cette formule ne serait pas viable. Mais on a maintenu une bonne partie de la programmation pour rester vivant et offrir une vie culturelle à la communauté », explique Guillaume d’Aoust, nouveau directeur général et artistique du Centre culturel de Weedon, qui a remplacé Robert Scalabrini en janvier 2020.

« On est tous dans l’inconnu. On ne sait pas combien de temps les mesures sanitaires seront maintenues. On espère qu’il n’y aura pas de deuxième vague et qu’on pourra présenter la programmation automnale tel que prévu. On souhaite aussi que les mesures s’assouplissent en janvier », ajoute-t-il.

La saison commence avec un spectacle de Dan Bigras le 12 septembre. Renee Wilkin (26 septembre), Geneviève Jodoin (14 novembre) et les Marchands de mémoire (27 novembre) font aussi partie de la programmation de l’automne du centre culturel.

« Quelques spectacles ont été reportés à l’hiver 2021 ou à une date indéterminée. Tout cela s’est décidé après discussion avec les producteurs et les artistes concernés. Et c’est certain que, pour des humoristes ou des chanteurs qui se produisent en solo ou en duo, c’est plus facile que pour des troupes de théâtre par exemple », mentionne M. D’Aoust.

Le spectacle de la Troupe Oh-la-la de Weedon, qui réunit des gens passionnés de théâtre, a été reporté tout comme la vente annuelle de livres et de CD usagés.

« Dans le premier cas, les répétitions étaient problématiques. Certaines personnes n’étaient pas à l’aise, alors le spectacle a été remis en mai. Dans le deuxième cas, on aime mieux ne pas prendre de risque avec toutes les manipulations qu’implique la vente de livres », souligne le directeur général et artistique.

Pavillon des arts et de la culture de Coaticook : repartir à petite échelle

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Pavillon des arts et de la culture de Coaticook : repartir à petite échelle

Karine Tremblay
Karine Tremblay
La Tribune
Le Pavillon des arts et de la culture de Coaticook rouvre ses portes cette semaine avec une programmation revue et adaptée pour l’automne 2020.

« On a fait comme toutes les salles : les plus grands spectacles, on les a reportés en 2021. On a repensé notre programmation des prochains mois en essayant de couvrir un peu tout : musique, chanson, humour et spectacles pour enfants », expose la directrice générale du Pavillon, Émilie Chazelas. 

Les aménagements à appliquer pour respecter les consignes sanitaires modifient considérablement la capacité d’accueil de la salle, qui tombe à 60 sièges au lieu des 200 habituels. Une douzaine d’événements sont au menu de la saison automnale qui commencera avec les spectacles de Désirée le 11 septembre, Tim Brink le 12 septembre et É.T.É en café-concert le 20 septembre. L’humoriste Neev, l’harmoniciste Guy Bélanger, la chanteuse Jordane de même que deux projections cinématographiques des Aventuriers voyageurs figurent notamment au programme des prochains mois.

« On n’a pas prévu de lancement, parce qu’on était dans tous ces ajustements de dernière minute. On voit qu’il y a des gens qui achètent des billets, mais c’est assez lent pour l’instant. Je ne pourrais pas dire pourquoi exactement. Peut-être parce que l’information ne s’est pas encore rendue aux gens. On parle aussi beaucoup d’une possible deuxième vague d’infections à la COVID-19 et, on le constate, ça suscite certaines craintes. On n’a pas d’emprise là-dessus, mais on met toutes les mesures sanitaires en place pour s’assurer de la sécurité des spectateurs et des employés », note Mme Chazelas. 

Consciente des défis qui se dessinent, celle-ci se réjouit tout de même de la reprise des activités.

« Je suis contente qu’on puisse à nouveau remplir la mission qui est la nôtre. J’ai hâte de sentir l’atmosphère de la salle de spectacles, d’y accueillir les artistes, les techniciens, le public. On a un rôle à jouer dans l’écosystème culturel, on est heureux de pouvoir l’endosser. » 

L’aspect financier reste cependant un enjeu de taille. 

« C’est certain que ça va aller pour 2020, mais si la situation se prolonge en 2021, on va se retrouver dans une situation financière très embêtante. Il faudra faire des choix. Tout va dépendre de l’évolution de la pandémie », remarque Mme Chazelas. 

Manque financier à gagner

Comme d’autres diffuseurs, celle-ci doit jongler avec une diminution des subventions qui lui sont accordées. 

« Certains programmes financiers provinciaux ont été amputés. Je pense, par exemple, à la subvention de programmation spécifique du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), qui nous aidait à payer le cachet des artistes. On croit que c’est une suspension temporaire, parce que ça s’est fait dans la foulée de la fermeture temporaire des salles, mais on attend encore des informations pour 2021. Je ne veux surtout pas lancer une polémique, parce que le CALQ nous a été d’une grande aide, mais je constate que si les subventions ne reviennent pas, et considérant la baisse d’achalandage avec laquelle on doit composer parce qu’on ne peut pas accueillir le même nombre de spectateurs, on va se retrouver avec un manque à gagner. »

Cela d’autant plus que la petite salle de spectacles a déjà une programmation 2021 en marche. 

« Les contrats pour l’an prochain, ça se fait d’avance, c’est maintenant qu’on les planifie. On veut soutenir les artistes et tous ceux qui œuvrent dans le milieu culturel, mais pour ça, il faut aussi qu’on ait les moyens de le faire », exprime Mme Chazelas, qui a toutefois eu une bonne nouvelle cette semaine en apprenant que son établissement pouvait finalement faire une demande à la SODEC pour l’aide temporaire aux lieux de diffusion. 

Un Cabaret Eastman sans spectacles cet automne

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Un Cabaret Eastman sans spectacles cet automne

Mélanie Noël
Mélanie Noël
La Tribune
 Le Cabaret d’Eastman n’offrira pas de programmation artistique automnale. Tout est sur pause jusqu’à nouvel ordre.

« Tout est en suspens depuis la pandémie. On est à réfléchir à de nouvelles façons de faire les choses », résume le propriétaire Jean-Pierre Clairoux.

La salle de spectacle du Cabaret d’Eastman compte 200 places. « Mais avec les mesures actuelles, on pourrait seulement accueillir 50 spectateurs, alors ça n’a pas de sens », note M. Clairoux.

En temps normal, le Cabaret d’Eastman présente en moyenne un spectacle par semaine. La salle de spectacles a ouvert ses portes en 2012.