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Petites histoires de masques 
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Petites histoires de masques 
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Les yeux du poussin et du Martien

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Les yeux du poussin et du Martien

Louis-Simon Gauthier
Louis-Simon Gauthier
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Au milieu des années 90, un artiste de Bécancour, Stéphane Bergeron, a proposé à Patrick Lalime de lui dessiner un masque de gardien de but, au moment où il s’apprêtait à faire ses débuts dans la LNH chez les Penguins de Pittsburgh. Lalime l’ignorait à ce moment, mais le poussin peinturé sur son masque, inspiré du personnage Calimero, deviendrait en quelque sorte sa signature dans le hockey professionnel.

Le portier originaire de Saint-Bonaventure au Centre-du-Québec avait adoré le concept de Bergeron. Et ça tombe bien, ses premiers pas dans le circuit Bettman ont été fracassants.

Il détient encore, à ce jour, le record de la ligue pour le meilleur départ d’un gardien recrue (14 victoires et deux matchs nuls). Le poussin qui sort de sa coquille, on l’a vu et revu à la télévision à l’époque!

«Tu n’as jamais assez de paires d’yeux pour voir tout ce qui se passe autour de toi. Le poussin, ça part de là», sourit l’analyste des matchs des Canadiens à TVA Sports.

Après son séjour à Pittsburgh, Lalime a voulu garder cette marque de commerce. Ça lui prenait deux yeux sur son masque.

Marvin, son préféré

Les partisans des Sénateurs d’Ottawa ont été gâtés au début des années 2000 avec une équipe compétitive. Lalime y a connu ses meilleurs moments en carrière. Sur sa tête, Marvin le Martien des Looney Tunes l’accompagnait, soir après soir.

«C’est mon masque préféré, celui qui me définit. Stéphane est parti de l’idée des yeux et par la suite, ma femme a proposé le personnage de Marvin en sénateur. Au final, je me rends compte que je n’ai rien à voir là-dedans!»

Patrick Lalime a travaillé avec d’autres créateurs au fil du temps, mais les quatre yeux – on compte aussi les siens – sont restés. «Si j’en avais eu six, j’aurais peut-être connu une plus longue carrière!», s’exclame-t-il, en nous montrant d’autres détails gravés de ces masques, conservés précieusement à sa résidence du secteur Pointe-du-Lac, à Trois-Rivières.

«Je les ai tous sauf celui des Penguins, que mon père a gardé. Tu vois, celui des Blackhawks de Chicago [porté de 2006 à 2008] est également très spécial. Je rends hommage au nom de l’équipe avec le chef et le totem. Derrière, j’y avais ajouté les fleurs de naissance de trois de mes enfants.»

On y retrouve aussi un hélicoptère, Lalime ayant sa licence de pilote. «Aujourd’hui, je suis convaincu que si tu regardes sur tous les masques des gardiens, il y a une note personnelle, un clin d’oeil. Moi, ce sont mes enfants. On sacrifie tellement de choses chez les pros que si tu veux les avoir près de toi, dans les moments de stress, c’est une façon de les sentir plus près.»

Lalime a aussi apprécié sa grille en or, peu répandue à l’époque. «De mémoire, Olaf Kolzig en avait une, comme Tuukka Rask aujourd’hui. D’autres, comme Henrik Lundqvist, ont fait peinturer l’intérieur de la grille en blanc, afin de mieux cerner les contrastes avec la rondelle noire. Chaque gardien est unique et c’est ce qui rend les masques si attrayants pour les téléspectateurs!»

Thibault inspiré par Billy Smith, Ed Belfour et Jacques Plante

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Thibault inspiré par Billy Smith, Ed Belfour et Jacques Plante

Jérôme Gaudreau
Jérôme Gaudreau
La Tribune
SHERBROOKE — En arrivant à Montréal, Jocelyn Thibault n’a pas seulement eu de grandes jambières à porter. Comme si la pression de succéder à Patrick Roy n’était pas assez grande, Thibault a aussi choisi de peindre son masque aux couleurs de celui de Jacques Plante.

Ce masque est demeuré dans les souvenirs des fans du Canadien. Même les restaurants McDonald’s avaient inclus ce masque dans une collection de modèles miniatures.

« C’est le masque le plus significatif de toute ma carrière, admet d’emblée l’ancien portier du Tricolore. Il faut avouer que je n’ai jamais eu de grandes demandes concernant mes masques. »

Ce qui ne l’empêche pas d’avoir quelques bonnes histoires des plus intéressantes à raconter concernant ses masques.

« Je ne tripais pas sur les nouveaux masques quand j’étais plus jeune. J’en voulais un comme celui de Billy Smith : un casque sans protège-cou. J’étais fasciné par ce genre de grilles. »

C’est donc avec des allures de Kelly Hrudey, mais bandeau en moins, que Jocelyn Thibault a entamé son stage junior avec les Draveurs de Trois-Rivières au début des années 1990 pour ensuite faire sa marque à Sherbrooke avec les Faucons.

L’occasion était alors parfaite pour imiter Ed Belfour en dessinant deux têtes de faucons sur les côtés du masque.

« C’était mon premier masque de gardien. Je portais un masque Lefebvre. Je n’aimais pas les Itech. J’étais d’ailleurs l’un des rares à porter du Lefebvre à cette époque. J’avais opté pour une réplique de celui du gardien des Blackhawks de Chicago Ed Belfour, qui affichait deux aigles sur le sien. C’était l’un des plus beaux de la LNH. » 

Jocelyn Thibault a fait le saut dans la Ligue nationale en portant ce masque des Faucons avec les Nordiques de Québec. Mais les faucons ont été remplacés par des huskies blancs quelques semaines plus tard. Par la force des choses, ces chiens ont ensuite cédé leur place aux montagnes lors du triste déménagement des Nordiques vers le Colorado. 

Entre le passé et le futur

Et lors du fameux échange entre l’Avalanche et le Canadien en 1995, les préposés à l’équipement du CH ont vite fait disparaître les montagnes en y apposant tout simplement des collants du logo de l’organisation montréalaise, faute de temps. 

« Le Canadien quittait ensuite le Forum pour déménager au Centre Bell. Je voulais imager le passage entre le passé et le futur. C’est là qu’est né mon masque classique. Devant, c’était le masque de Jacques Plante et derrière, des robots. Ce masque est tout de suite devenu un hit. »

Échangé aux Blackhawks de Chicago en 1998, Jocelyn Thibault y est allé avec un masque plus classique, pour éviter d’imiter encore celui d’Ed Belfour, en arborant cette fois le visage d’un indien.

Mais avec les Penguins de Pittsburgh et les Sabres de Buffalo, le gardien alors en fin de carrière est revenu à ses origines avec des animaux peints sur les côtés: d’abord des pingouins et ensuite des buffles. L’un de ses seuls rituels.

« Parmi les autres rituels, j’ai toujours affiché les lettres TBO sur mon masque et ensuite, à la naissance de ma fille aînée, j’ai ajouté ses initiales et j’ai aussitôt obtenu un blanchissage à San Jose. Quand mes deux autres filles sont nées, j’ai donc ajouté leurs initiales aussi! » raconte Jocelyn Thibault, qui admet avoir conservé tous ses masques, sauf celui des Nordiques.

« Il faudrait bien que je le retrouve ou que je me fasse une réplique pour compléter ma collection », indique-t-il.

Un masque qui refuse de vieillir

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Un masque qui refuse de vieillir

Jean-Guy Rancourt
Jean-Guy Rancourt
La Tribune
MAGOG —Ayant changé d’adresse à quelques reprises durant sa carrière de 13 ans dans la Ligue nationale de hockey (LNH), Félix Potvin aurait pu se faire une jolie collection de masques aux couleurs des cinq équipes pour lesquelles il a évolué. De quoi célébrer l’Halloween en grande.

Après avoir amorcé sa carrière avec les Maple Leafs qui en avaient fait un choix de deuxième ronde en 1990, Potvin a tour à tour défendu la forteresse des Islanders de New York, des Canucks de Vancouver, des Kings de Los Angeles et des Bruins de Boston.

Les masques portés avec les Maple Leafs et les Kings, les deux équipes pour lesquelles il a disputé le plus de parties, ont la cote auprès de celui qui connaît énormément de succès à la barre des Cantonniers de Magog de la Ligue midget AAA du Québec (LHMAAAQ).

« Comme j’ai passé une bonne partie de ma carrière avec les Leafs et les Kings, j’ai probablement eu plus de temps pour admirer l’œuvre de Greg Harrison à qui j’ai toujours confié le mandat de trouver et peindre le design de mes masques », souligne Potvin.

Après avoir amorcé sa carrière sous la grande tente avec un casque muni d’une grille, Potvin a vite fait de constater que la vitesse des lancers chez les pros l’obligeait à se protéger un peu mieux en haut des épaules. Un changement qui a vu naître un masque qui, aux dires de plusieurs experts en la matière, figure encore parmi les plus beaux de la LNH par sa simplicité et son originalité.

Après avoir appris que le surnom de Potvin était Félix le Chat, Greg Harrison s’est inspiré de la comédie musicale Cats pour laisser aller sa créativité et accoucher d’une œuvre d’art qui a longtemps été sous les réflecteurs. Les dents acérées sur le masque de Potvin ont fait fureur. Le contour des yeux du masque de Potvin lui donnait aussi presque l’allure d’un chat.

« C’était vraiment la touche personnelle de Greg Harrison. Bien sûr, on avait abordé le sujet ensemble, mais il avait le champ libre. Le résultat final faisait vraiment mon affaire et je suis resté fidèle au design de Greg avec mes autres équipes. Ce qui changeait, c’est le lien que j’amenais avec le nom de ma nouvelle équipe. Avec les Kings, c’est une couronne qui a fait son apparition sur le masque. À Vancouver, j’avais opté pour une nageoire de baleine.»

Le masque tatoué

Ayant accroché ses lourdes jambières en 2004, Potvin ne croyait pas revoir son célèbre masque des Maple Leafs 14 ans plus tard, tatoué sur le bras d’un chaud partisan de la formation torontoise. La scène se déroulait à la Coupe Telus présentée à Sudbury, en Ontario, au printemps 2018 alors que Potvin dirigeait son équipe midget AAA des Cantonniers de Magog qui représentait le Québec. Entre deux parties, Jim Stefanko s’est présenté à Potvin avec le tatouage en question que le Magogois d’adoption a autographié.

«Je n’ai pas pu m’empêcher d’esquisser un sourire en m’apercevant sur son bras. C’était surréel. J’ai quand même pris le temps d’admirer l’œuvre, car j’aime les tatouages», fait valoir Potvin, sourire en coin.

Comme le chat qui a neuf vies, le masque de Félix Potvin avec les Maple Leafs semble résister à l’usure du temps.

Marc Denis: la boucle est bouclée 

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Marc Denis: la boucle est bouclée 

Sylvain St-Laurent
Sylvain St-Laurent
Le Droit
Marc Denis a terminé sa carrière dans la LNH en passant 20 minutes - une période - devant le filet du Canadien de Montréal.

Quand ce rêve d’enfance s’est réalisé, il a rendu hommage à la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, où tout a vraiment commencé, pour lui.

Sur son dernier masque, on pouvait voir une représentation du « Concombre de Chicoutimi », le légendaire Georges Vézina.

« Je suis un Saguenéen d’adoption. Je suis parti en 1994. J’ai été déraciné quand mon club midget AAA m’a retranché. Je ne suis jamais vraiment revenu à Montréal », explique celui qui décrit aujourd’hui les matchs du Tricolore à RDS.

« Je tiens à spécifier qu’une artiste du Saguenay faisait le design de mes masques. Sur la plaque arrière, il y a toujours un bleuet. »

« Je me suis joint au Canadien durant les célébrations du centenaire. Je trouvais ça important de toucher à la riche histoire de l’équipe. Sur mon masque, il y avait aussi des représentations de Jacques Plante et de Ken Dryden. Il y avait la collection de tous les logos utilisés par le Canadien. »

Le casque de Marc Denis peint par Sylvie Poitras.

La présence de Vézina, sur cette pièce d’équipement, avait un double cachet. «Le Concombre de Chicoutimi, en français, ça ne sort pas super bien. En anglais, on disait qu’il était cool as a cucumber. Il était en avance sur son époque, en fait.»

Une des premières «légendes» du Canadien, Vézina a remporté la coupe Stanley à deux occasions. Il a été un des tout premiers joueurs intronisés au Temple de la renommée du hockey, dès son ouverture, en 1945.

« Il a donné son nom au trophée qu’on remet au gardien par excellence dans la LNH. Je connais son histoire depuis très longtemps. »

« C’était important, pour moi, d’avoir un concept qui avait un peu de profondeur », explique Denis.

Ça n’a pourtant pas toujours été une priorité, pour lui.

Il y avait simplement des loups, sur le premier masque qu’on lui a fabriqué, quand il jouait dans la LHJMQ.

À ses débuts dans la LNH, au Colorado, c’était le yéti.

À son arrivée chez les Blue Jackets de Columbus, il a opté pour Stinger, l’étrange mascotte au pelage vert fluo.

« Je trouvais ça cool », fait-il valoir.

« Ça n’a pas été très long. Quand mon deuxième masque est arrivé à Columbus, les choses changeaient, déjà. Je me suis mis à m’intéresser à l’histoire de la guerre de Sécession. »

Martin Biron : un hommage du <em>geek</em> à l’excentrique

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Martin Biron : un hommage du geek à l’excentrique

Sylvain St-Laurent
Sylvain St-Laurent
Le Droit
« Je suis un geek. Un dork. Depuis longtemps, les gardiens, c’est ma passion », commence Martin Biron.

« Je suis un gars de Québec. Les Nordiques, c’est mon équipe. Tu peux me montrer une photo de Mario Gosselin. En regardant uniquement son équipement, je peux identifier, sans me tromper, la saison durant laquelle elle a été prise. »

Quand Biron a eu la chance d’accéder aux rangs professionnels, à l’âge adulte, il a pris le temps de bien choisir son équipement.

Le 2 janvier 2012, Biron et les Rangers de New York devaient participer à la Classique hivernale de la LNH, au Citizens Bank Park de Philadelphie. Pour l’occasion, Biron voulait qu’on lui fabrique un masque spécial, agencé à son uniforme rétro.

Il s’est mis à fouiller, dans les livres d’histoire des Rangers, à la recherche d’un gardien à qui rendre hommage.

« J’ai tout de suite pensé à Gilles Gratton, raconte-t-il. Il y a eu de bons gardiens dans l’histoire des Rangers, comme Mike Richter et John Vanbiesbrouck... Gratton était un personnage bien plus intéressant. »

Le casque «hommage» de Martin Biron

Gratton a porté les couleurs des Rangers pendant une seule saison, à la fin des années 1970. On se souvient surtout de lui pour son excentricité. Il a déjà raconté à ses coéquipiers qu’il était la réincarnation d’un soldat qui avait combattu durant l’Inquisition espagnole.

Il avait demandé à ce qu’on peigne la tête d’un gros félin sur son masque.

« C’était le gars à qui je voulais rendre hommage », dit-il.

Biron a conservé la plupart des masques qu’il a portés, durant sa carrière. Le tout premier masque qu’il a porté dans la LNH, à Buffalo, conserve une place spéciale, dans son cœur. Il s’agit, en fait, du masque qu’il portait dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec, chez les Harfangs de Beauport.

L’oiseau emblème du Québec était à l’honneur.

« Je l’ai porté quand j’ai été rappelé d’urgence de Beauport, pour remplacer des blessés. C’est un de mes préférés. C’était un design parfait pour les Harfangs. Et les couleurs marchaient bien avec l’uniforme bleu et jaune des Sabres.»

Emerik « Elvis » Despatie ne renie pas ses racines

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Emerik « Elvis » Despatie ne renie pas ses racines

Sylvain St-Laurent
Sylvain St-Laurent
Le Droit
À 17 ans, Emerik Despatie n’a pas eu le temps de se bâtir une très impressionnante collection de masques, comme les autres gardiens qui ont accepté de se confier à nous.

L’ado de l’Outaouais a quand même déjà pris une décision importante. Il a l’intention de mettre le regretté chanteur Elvis Presley en valeur sur tous les masques qu’il portera durant sa carrière.

« Je pense que ce sera ma marque de commerce », annonce-t-il fièrement.

Le « King » était bien visible, sur le masque avec lequel il a disputé sa première saison dans la LHJMQ, à Québec.


« Elvis, c’est mon deuxième prénom. Je ne peux pas le nier, c’est sur mon permis de conduire. »
Emerik Despatie

Il est toujours là, cet automne, sur son masque aux couleurs des Olympiques de Gatineau.

« Elvis, c’est mon deuxième prénom. Je ne peux pas le nier, c’est sur mon permis de conduire », rigole-t-il.

« Dans ma famille, tout le monde écoute de la musique d’Elvis. Dans les partys de famille, c’est juste ça qu’on entend. Mon père assiste souvent à des spectacles d’imitateurs. »

Même s’il est né 26 ans après le décès du King, le jeune Emerik apprécie quand même sa musique. Suspicious Minds est sa chanson préférée.

« Elvis sur un masque, tout le monde trouve ça drôle. À mon premier match dans la LHJMQ, j’ai fait mon premier arrêt sur une échappée. Dans les haut-parleurs, ils ont tout de suite fait jouer du Elvis... »

Sylvie Poitras, artiste du masque

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Sylvie Poitras, artiste du masque

Dave Ainsley
Dave Ainsley
Le Quotidien
Les masques et les gardiens n’ont plus de secret pour l’artiste-peintre saguenéenne Sylvie Poitras, dont certaines de ses créations ont atteint la Ligue nationale de hockey.

«C’est sûr qu’on se dit tout le temps que les gardiens, c’est du monde spécial. On dit un peu la même chose des artistes. C’est pour ça que je dis toujours que c’est un bon mélange», fait valoir d’entrée de jeu celle qui vit maintenant de son art, qu’elle pratique depuis une vingtaine d’années.

La plupart de ses clients ont une idée précise de ce qu’ils veulent, qu’elle tente de reproduire le plus fidèlement, «tout en gardant son style». Pour les autres, elle fait appel à sa créativité.

L’aventure de la LNH a débuté avec l’ancien gardien des Saguenéens Marc Denis, maintenant gestionnaire de la formation chicoutimienne. Elle a ensuite travaillé avec quelques autres, dont Mathieu Garon, Jean-Sébastien Giguère et Martin Brodeur, membre du Temple de la renommée du hockey, qui a conservé le même design pendant la majeure partie de sa carrière avec les Devils du New Jersey.

«J’ai reproduit. C’est sûr qu’au fil des ans, on a changé des choses, mais la base restait toujours la même», note Sylvie Poitras, indiquant que Mathieu Garon la laissait quant à lui faire ce qu’elle voulait.

La spécialiste des créations en aérographie (airbrush) mentionne d’ailleurs que les professionnels ne sont pas les clients les plus difficiles. «Travailler pour les pros, c’est tout le temps agréable. Tu es dans la grosse ligue. Tu es comme une pro. Ce sont des défis. Tu travailles pour de grosses équipes et tu sais que ça va être vu», souligne-t-elle, convenant que la critique fait partie du travail artistique.

«En fait, tu es là pour faire plaisir à ton gardien», rappelle Sylvie Poitras, qui travaille encore avec quelques gardiens professionnels, dont Christopher Gibson, Antoine Bibeau et Dereck Baribeau.

Que ce soit pour les professionnels, les gardiens dans les rangs juniors ou les amateurs, la base est la même. Chez les professionnels, les gardiens se laissent davantage aller dans leur imagination tandis que chez les juniors, l’équipe est très présente. Pour les amateurs, ils veulent souvent se faire plaisir ou raconter leur histoire. «Certains m’arrivent avec des demandes spéciales, mais tout se fait», assure Sylvie Poitras, avouant cependant que la forme des masques ne se prête pas bien à des paysages.

«On réussit à en faire quand même, mais c’est difficile d’avoir un beau rendu», explique l’artiste, qui, au fil des ans, a vécu quelques mauvaises expériences, qui sont toutefois plus anecdotiques que régulières.

Des collectionneurs, surtout des Américains, font également appel à ses services. «En ayant fait Martin Brodeur, ça m’apporte une certaine reconnaissance. Des collectionneurs vont venir me voir parce qu’ils veulent avoir des affaires à mettre sur leur tablette», raconte Sylvie Poitras, qui a également des contrats en Europe, une clientèle différente.

La Saguenéenne a d’ailleurs connu sa meilleure année en 2019 et pour celle qui se terminera bientôt, elle s’en sort mieux qu’anticipé en mars, avec l’incertitude entourant le hockey, même si quelques projets sont tombés à l’eau.