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Partage à redéfinir sur les pistes cyclables
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Partage à redéfinir sur les pistes cyclables
Alors qu'une gamme de moyens de transport de plus en plus variés se côtoient maintenant sur les pistes cyclables et promenades urbaines du Québec, le partage des pistes cyclables est à redéfinir. La Sûreté du Québec n’entend toutefois pas tenir des opérations de contrôle de vitesse sur les pistes cyclables pour baliser les moyens de transport apparentés au vélo qui s’y multiplient.
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Risques de tension dans la zone zen

Sherbrooke

Risques de tension dans la zone zen

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
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Bien que les affiches et la signalisation soient défraîchies, la zone zen en place sur la portion sud du lac des Nations à Sherbrooke pourrait connaître une nouvelle ère au cours des prochains mois.

La prolifération des modes de déplacement électriques au travers des piétons de plus en plus nombreux, des vélos, des patins à roues alignées, des aides à la mobilité motorisées (AMM) et autre matériel roulant hausse les problèmes de cohabitation sur les pistes cyclables sherbrookoises.

Mise en place en 2009 et même décorée pour la campagne d’information l’année suivante au colloque de l’Association des communicateurs municipaux du Québec (ACMQ), la « zone zen » visait une meilleure cohabitation des utilisateurs de la promenade du lac des Nations.

« Avec la pandémie, les gens sortent. Avec la distanciation physique, les piétons peuvent prendre toute la largeur de la promenade. Même chose pour les vélos ou les autres utilisateurs. Sans être trop restrictif, il faut insister sur un partage de la promenade urbaine et des pistes multifonctionnelles. Ce ne sont pas tous les types de véhicules qui peuvent s’y trouver. Il faut trouver rapidement la façon de rejoindre les utilisateurs pour un meilleur partage », explique la présidente du comité de sécurité publique à la Ville de Sherbrooke, la conseillère municipale Danielle Berthold.

Restrictions

Cette dernière soutient qu’elle reçoit plusieurs demandes d’informations de citoyens pour savoir quel type de véhicule peut circuler sur les pistes sherbrookoises. 

« Les véhicules côte à côte même électriques ne peuvent circuler sur les pistes cyclables. Il faut relancer l’exercice d’information et de sensibilisation de la population », indique Mme Berthold.

Elle signale que le comité de sécurité publique et le de centre de mobilité durable devront se concerter pour ajuster le message de sensibilisation.

Malgré l’interdiction des gyropodes, mobipodes, trottinettes motorisées et tout autres appareil du même genre, que la Ville de Sherbrooke désigne sous l’appellation « ATPM » sur les pistes et voies cyclables, leur usage est permis sur la promenade du lac des Nations et les sentiers multifonctionnels qui appartiennent à la Ville de Sherbrooke.

La propulsion électrique, la vitesse de l’engin à un maximum de 32 km/h, la présence d’un guidon et d’un système de freinage, un poids maximal de 150 kg et la largeur maximale de 67,5 cm doivent cependant être respectés. Le règlement stipule que la planche à roulettes longue est permise, mais seulement sur les parties asphaltées.

« Certains équipements ne peuvent circuler sur les pistes cyclables. Un seul modèle de trottinette électrique a été autorisé comme projet pilote. Il faut aussi se rappeler qu’un vélo à assistance électrique doit pouvoir se déplacer par une force de traction humaine. Pouvoir avancer en donnant trois coups de pédales ou même pouvoir les enlever et avancer quand même ne fait pas partie de la catégorie des vélos à assistance électrique et ne peut se retrouver sur les pistes cyclables. Nous intervenons au cas par cas », explique le policier au support opérationnel au Service de police de Sherbrooke, Stéphane Brault.

Surveillance

Il mentionne que les policiers de la division de sécurité des milieux qui sont parfois rejoints par leurs confrères de l’escouade motards effectuent de la surveillance sur les pistes cyclables sherbrookoises.

Limitée à 10 km/h dans la zone zen, la vitesse n’est cependant pas affichée et le SPS n’a jamais réalisé et n’a pas l’intention d’y tenir des opérations « radar ».

« Ce que l’on demande c’est d’avoir un code de conduite de respect envers les autres. Tous les transports autorisés par le règlement municipal ont leur place, mais les usagers doivent se respecter. Il faut penser au plus vulnérable, que ce soit l’utilisateur de la trottinette envers le piéton ou le cycliste envers celui qui circule avec un aide à la mobilité motorisée. Il faut se rappeler le même principe que sur la route, soit de conduire pour les autres », explique encore Stéphane Brault.

Québec devra redéfinir le vélo à assistance électrique

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Québec devra redéfinir le vélo à assistance électrique

René-Charles Quirion
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Vélos à assistance électrique (VAE), aide à la mobilité motorisée (AMM), planches à roulettes, trottinettes et même scooters électriques, une gamme de moyens de transport de plus en plus variés se côtoient maintenant sur les pistes cyclables et promenades urbaines du Québec.

Si la règlementation pour encadrer la pratique de certains de ces engins roulants est en place, le gouvernement du Québec a entamé un processus pour redéfinir les vélos à assistance électrique (VAE).

Transport Canada a exclu la bicyclette assistée du règlement qui l’encadrait, de là la démarche de Québec et des autres provinces canadiennes pour combler ce « vide règlementaire ». 

« Le Québec doit maintenant se positionner concernant le vélo à assistance électrique. Plusieurs facteurs doivent être considérés dans la définition comme entre autres la puissance du moteur électrique, la dimension des roues ou les éléments de sécurité obligatoires. Plusieurs partenaires du ministère des Transports du Québec sont interpellés par cette démarche. Il s’agit également d’une opportunité pour le Ministère d’actualiser l’encadrement des bicyclettes assistées en considérant l’évolution du marché et de la technologie en lien avec ce type de véhicule, mais aussi la cohabitation avec les autres usagers », explique le porte-parole du MTQ, Nicolas Vigneault.

Le MTQ précise que des professionnels au sein du ministère et de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) travaillent en collaboration avec des représentants des corps policiers, du milieu municipal et des organismes impliqués dans le domaine du transport actif, dont Vélo Québec, dans le cadre de cette réflexion pour définir le vélo électrique assisté.

Critères

Pour la directrice des programmes chez Vélo Québec, Magali Berbonne, le fait de pédaler doit être une condition essentielle dans la définition des vélos à assistance électrique. La limitation de la vitesse demeure aussi un enjeu important.

« On pourrait même réduire la vitesse maximale à 25 km/h comme en Europe. L’assistance du moteur électrique doit être un appui au fait de pédaler. Le vélo à assistance électrique est merveilleux pour plusieurs personnes. Dans une ville comme Sherbrooke où il a beaucoup de pentes, pour les personnes moins en forme qui veulent une aide à la propulsion ou pour les travailleurs qui ne veulent pas arriver en sueur au bureau, c’est une solution très intéressante de transport actif. Le vélo à assistance électrique demeure bénéfique pour la forme physique, car l’utilisateur peut avoir à fournir de 70 à 80 pour cent de l’effort d’un vélo traditionnel », estime Mme Berbonne.

Elle rappelle que les courbes et les chicanes des pistes cyclables n’ont pas été conçues pour des véhicules qui vont vite, mais bien pour des vélos traditionnels.

« Les infrastructures cyclables n’ont pas été conçues pour atteindre des vitesses élevées. La vitesse de certains engins électriques est trop rapide. Sans compter que le poids ou le fait de transporter un passager ajoutent aux risques de graves blessures en cas de collision », mentionne la directrice des programmes chez Vélo Québec qui chapeaute les organismes responsables de plus de 5300 kilomètres de pistes cyclables sur le territoire québécois.

Seules les bandes cyclables en bordure des routes sont sous la responsabilité du MTQ. 

Le porte-parole du MTQ précise qu’aucun échéancier n’a été établi pour compléter la réflexion pour définir le VAE.

« Le MTQ mène ces travaux dans un souci d’harmonisation avec les autres provinces et territoires au Canada. Dans la mesure du possible, nous souhaitons ajuster nos travaux à ceux menés dans les autres provinces », signale Nicolas Vigneault du MTQ. René-Charles Quirion

Pas d'opérations « radar » en vue

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Pas d'opérations « radar » en vue

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La Sûreté du Québec n’entend pas tenir des opérations de contrôle de vitesse sur les pistes cyclables pour baliser les moyens de transport apparentés au vélo qui s’y multiplient.

« Les policiers peuvent cependant intervenir lors de toutes actions susceptibles de mettre en péril la vie ou la sécurité d’autrui », explique la porte-parole de la SQ, la sergente Catherine Bernard.

Elle mentionne que les personnes qui utilisent les pistes cyclables avec des engins qui n’y sont pas autorisés seront interpellées par les policiers.

La SQ dispose dans plusieurs postes MRC du Québec d’équipes formées pour la patrouille à vélo et des cadets s’ajoutent même au cours de l’été.

« On s’attend à ce que les utilisateurs respectent les mêmes règlements que les cyclistes », explique la sergente Catherine Bernard de la SQ.

Le port du casque, la visibilité, signaler ses intentions, circuler dans le sens de la circulation et sans écouteur sont les principaux principes contenus dans le code de la sécurité routière qui doivent être respectés par les utilisateurs des voies cyclables.

Scooters électriques

La Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) fait une distinction entre le vélo à assistance électrique et le scooter électrique.

La vitesse maximale du vélo à assistance électrique (VAE) ne doit pas être supérieure à 32 km/h.

Il doit permettre de pédaler, être muni d’un guidon ainsi que d’un pédalier, et le moteur électrique, sans être modifié à essence, ne doit pas dépasser 500 watts.

Les mêmes règles de sécurité dont le port du casque s’appliquent pour le vélo à assistance électrique pour lequel il faut être âgé de plus de 14 ans pour le conduire.

Le scooter électrique doit être immatriculé, son utilisateur doit posséder un permis de classe appropriée et porter un casque de moto. Il ne peut se trouver sur les pistes cyclables.

« Un scooter électrique ne doit pas se trouver sur les pistes cyclables. Des pédales ont été ajoutées sur certains modèles simplement pour tenter de cadrer dans la définition, mais n’ont aucune utilité. Il y a de plus en plus de tous ces types de véhicules à propulsion électriques qui se vendent et qui circulent sur les pistes cyclables sans qu’ils n’y soient adaptés », explique la directrice des programmes à Vélo Québec, Magali Bebronne.

Selon la réglementation de la SAAQ, seule la trottinette sans moteur est autorisée sur la chaussée et ce sont les mêmes règles que les cyclistes qui s’appliquent.

La trottinette équipée d’un moteur, les patins à roues alignées et les planches à roulettes sont interdits sur la chaussée.

« Ce sont les municipalités qui adoptent la réglementation pour les pistes cyclables », précise le porte-parole de la SAAQ, Mario Vaillancourt

Aides à la mobilité motorisée

En août 2020, un arrêté ministériel a permis l’utilisation d’une aide à la mobilité motorisée sur le chemin public et a établi cohabitation avec les autres usagers de la route. Les aides à la mobilité motorisées (AMM) comprennent les fauteuils roulants électriques, les triporteurs et les quadriporteurs.

La directrice des programmes chez Vélo Québec soulève que les AMM comme les quadriporteurs doivent être considérés et respectés au même titre que les vélos traditionnels et les vélos à assistance électriques et même qu’une attention particulière doit même leur être accordée.

« Les cyclistes doivent partager les pistes cyclables avec les Aides à la mobilité motorisée au même titre que l’on veut que les automobilistes partagent la route avec les cyclistes. Il faut se soucier des usagers plus vulnérables », souligne la directrice des programmes à Vélo Québec.