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À la tête du conseil à Saint-Camille, Philippe Pagé est l’un des 21 maires de moins de 35 ans dans la province.
À la tête du conseil à Saint-Camille, Philippe Pagé est l’un des 21 maires de moins de 35 ans dans la province.

Deux rôles souvent incompatibles

Simon Roberge
Simon Roberge
La Tribune
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SHERBROOKE — Sur les 1100 maires que compte le Québec, seulement 21 avaient moins de 35 ans lorsqu’ils ont été élus en 2017. Philippe Pagé, maire de Saint-Camille, fait partie de ce groupe restreint.

L’une des importantes difficultés pour les jeunes élus des petites communautés est, selon lui, d’avoir à jumeler deux rôles. Cette réalité peut être moins présente pour les gens à la retraite, qui peuvent avoir un rôle un peu moins actif dans la municipalité, par exemple.

« On a une conseillère qui a une petite entreprise de maquillage, explique Philippe Pagé, qui touche environ 9000 $ dollars par année en tant que maire. C’est la seule qui a une entreprise de maquillage dans le village et on ne peut pas lui donner de contrat à la Saint-Jean Baptiste puisqu’elle est conseillère. C’est un petit exemple tout simple, mais ça fait en sorte que les gens peuvent réfléchir avant de s’impliquer et se demander si leur vie ne sera pas plus compliquée en étant élus. On devrait plutôt avoir des incitatifs. »


« Plus il y a de jeunes, de femmes, de membres des communautés culturelles ou des autochtones, plus on a le point de vue de tout le monde et plus on avance avec des choix politiques qui représentent tout le monde. »
Philippe Pagé, maire de Saint-Camille

Dans les petits milieux, ce double rôle est bien plus présent parce que tout le monde se connaît.

« Parfois, c’est le beau-frère, l’oncle ou l’ami de ton voisin, indique M. Pagé. Quelqu’un pourrait être intéressé à devenir élu municipal, mais ça lui ferait vivre des situations où il devrait trancher dans un contexte de proximité avec les citoyens. On se fait parler de nos décisions au dépanneur ou dans les partys de famille. Quand j’étais au cabinet de Réjean Hébert lorsqu’il était ministre de la Santé, c’était plus détaché et anonyme. »

Certaines occupations, comme celle de journaliste, policier, fonctionnaire, pompier volontaire, procureur et autres, sont même incompatibles ou très contraignantes avec un poste au conseil municipal.

« Il y a beaucoup de freins à l’implication municipale, et ces freins-là sont plus importants quand tu es jeune que quand tu es à la retraite, analyse Philippe Pagé, qui briguera un second mandat à la mairie de Saint-Camille à l’automne. Veut ou veut pas, s’il y a juste un certain type d’élu, ils ont leur propre perspective. Plus il y a de jeunes, de femmes, de membres des communautés culturelles ou des autochtones, plus on a le point de vue de tout le monde et plus on avance avec des choix politiques qui représentent tout le monde. »