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Où sont les jeunes en politique municipale?
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Meagan Reid touchait 900 $ par mois et mettait une moyenne de 10 heures par semaine dans ses tâches de conseillère.
Meagan Reid touchait 900 $ par mois et mettait une moyenne de 10 heures par semaine dans ses tâches de conseillère.

Parler deux langues

Simon Roberge
Simon Roberge
La Tribune
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SHERBROOKE — Meagan Reid a fait les manchettes en 2013 en devenant la plus jeune élue du Québec, à seulement 18 ans. Elle a toutefois démissionné en juillet dernier de son poste de conseillère municipale à East-Angus à la suite de plusieurs décisions incompatibles avec ses valeurs.

« Les premières années, ç’a été beaucoup d’observation, car je n’avais même pas d’appartement ou de maison et je gérais des finances publiques, lance-t-elle. Dans mon deuxième mandat, mes bases étaient solides et je commençais à avoir des opinions sur les gros dossiers et c’est là que je me sentais tiraillée entre certaines décisions et mes valeurs. Quand ma personnalité de jeune femme a été assumée, je me suis rendu compte que soit je ne comprenais pas bien comment amener ma couleur, soit je ne pouvais pas l’apporter. »

Elle ne blâme toutefois pas ses collègues, qu’elle a en haute estime. Elle considère cependant que le message ne passe pas nécessairement bien d’une génération à l’autre.

« À certains moments, je me sentais comme si on parlait deux langages au conseil, admet-elle. Ce sont toutes de bonnes personnes. Je trouve ça toujours difficile parler de générations parce que les gens disent qu’on généralise, mais ça reste qu’on a des caractéristiques distinctes. »

Écart de mentalité

Meagan Reid donne l’exemple des jardins en façade des rues qui ont été refusés par le conseil municipal pour illustrer cet écart de mentalité.

« Si quelqu’un n’a pas de terrain derrière ou que ce n’est pas plein sud, on aurait pu le laisser faire un jardin devant, explique-t-elle. C’est cool et ça se fait à plusieurs endroits, comme à Montréal. On veut que les gens soient un peu autonomes au niveau alimentaire. Mais mes collègues au conseil disaient que ça allait être laid et sale. Ils ne comprenaient pas pourquoi je voulais diffuser en direct les assemblées publiques. Ils avaient peur que les gens enregistrent et l’utilisent contre eux ou que ça se retrouve à Infoman. »

La charge de travail était aussi trop élevée par moment pour celle qui est conseillère pédagogique au Centre de services scolaire des Hauts-Cantons.

« Les lundis de conseil, c’était des journées de 16 heures, souligne-t-elle. Même pour quelqu’un sans famille, c’est un rythme de vie élevé. On avait plusieurs rencontres par semaine. Il faut que tu sois un peu workaholic. »

Meagan Reid touchait 900 $ par mois et mettait une moyenne de 10 heures par semaine dans ses tâches de conseillère. Elle estime que d’aller intéresser les jeunes via les réseaux sociaux avec du contenu adapté ainsi qu’une meilleure conciliation travail-travail permettrait à plus de jeunes de s’impliquer en politique municipale.

Va-t-on revoir Meagan Reid prochainement en politique?

« J’ai un peu l’écœurantite de la game politique en ce moment, admet-elle. Mais je n’ai pas claqué la porte. Donc, peut-être... »