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Où sont les jeunes en politique municipale?
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Même s’ils représentent 26,6 % de la population en âge de voter, les 18-34 ans ne constituent que 8,3 % des élus dans les conseils municipaux de la province, un pourcentage pratiquement identique à celui enregistré lors des élections municipales de 2005.
Même s’ils représentent 26,6 % de la population en âge de voter, les 18-34 ans ne constituent que 8,3 % des élus dans les conseils municipaux de la province, un pourcentage pratiquement identique à celui enregistré lors des élections municipales de 2005.

Beaucoup d’efforts, peu de résultats

Simon Roberge
Simon Roberge
La Tribune
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SHERBROOKE — Malgré les comités, les campagnes de sensibilisation et les appels à l’implication, les jeunes sont encore très rares aux postes de conseillers ou de maires dans les villes et villages du Québec. La charge de travail grandissante et la très difficile conciliation travail-travail ou travail-famille sont montrées du doigt par une spécialiste interrogée par La Tribune.

Même s’ils représentent 26,6 % de la population en âge de voter, les 18-34 ans ne constituent que 8,3 % des élus dans les conseils municipaux de la province, un pourcentage pratiquement identique à celui enregistré aux élections municipales de 2005. À l’inverse, les personnes de 65 et plus sont passées d’une représentation de 8,6 % en 2005 à 20,1 % lors des plus récents suffrages en 2017. Et considérant que les 55-64 ans constituent la tranche d’âge la plus présente dans les conseils, on peut présumer que les 65 et plus verront leur représentation augmenter encore cet automne.

Cette tendance au vieillissement des élus s’explique notamment par le fait que l’appareil municipal est de moins en moins adapté pour des conseillers municipaux qui ont de jeunes enfants ou qui entreprennent une carrière, selon Eugénie Dostie-Goulet, chargée de cours à l’École de politique appliquée et spécialisée chez la politique chez les jeunes.

« Ça fait des années qu’on essaie d’augmenter ce pourcentage et d’aller chercher plus de jeunes, mais on se rend compte que c’est difficile, indique celle qui a siégé au sein du défunt groupe Ma place en politique. Ce n’est jamais des coups d’épée dans l’eau parce qu’il y a toujours de petites améliorations. C’est un travail de longue haleine et il ne faut pas lâcher. Ça ne se fera pas tout seul. »

Plusieurs municipalités ont fait des efforts, mais c’est encore très inégal, observe Mme Dostie-Goulet.

« Il y a des endroits où c’est très difficile, par exemple pour l’heure des réunions, explique-t-elle. C’est difficile pour les jeunes nouvellement sur le marché du travail de couper dans leur emploi pour assister à des réunions en après-midi. Même chose pour la vie familiale avec des réunions à 17 h. Juste ça, ça peut faire une énorme différence. »

Certains comités comme la voirie ou les ressources humaines, où siègent aussi des employés municipaux, deviennent donc inaccessibles pour les élus avec un emploi, puisque les réunions se font le jour. Le coût d’une campagne électorale est aussi un frein majeur à l’implication des jeunes.

« Quand on a 20 ans, dépenser ne serait-ce que 1000 $ pour faire campagne au palier municipal, ce n’est pas évident, avance Mme Dostie-Goulet. Et quand on a 20 ans, notre réseau qui pourrait nous aider à faire campagne n’a pas plus d’argent que nous. C’est ça aussi le défi de mobiliser un réseau qui n’est pas toujours si enthousiaste par rapport à la politique municipale. Il faut avoir le temps de faire le porte-à-porte avec des gens dans notre réseau qui ont envie de le faire. »

Peu de candidats

Les jeunes ne sont pas nombreux à poser leur candidature non plus aux élections, alors que seulement 8,7 % des candidats avaient moins de 35 ans lors des derniers suffrages. Ce phénomène s’explique en partie par la relation qu’ont les jeunes avec l’appareil municipal, croit Mme Dostie-Goulet. Cette relation ne commence habituellement à se développer que lorsque les gens deviennent propriétaires ou parents. Or selon un sondage mené par BMO, l’âge moyen de l’achat d’une première maison est de 36 ans, un chiffre beaucoup plus élevé qu’il y a 20 ou 30 ans. L’âge moyen de la mère à la naissance est passé de 27,7 en 1991 à 30,7 en 2019. C’est donc dire que les jeunes développent plus tard une relation avec leur municipalité et, du même coup, un possible intérêt pour la politique municipale.

Le vieillissement de la population est aussi à considérer, alors que l’âge médian atteint 42 ans en 2016, par rapport à 34 ans en 1991 et 26 ans en 1973.