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Ne touchez ni à ma circulaire ni à mes coupons
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Ne touchez ni à ma circulaire ni à mes coupons
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Jamais sans ma circulaire papier?

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Jamais sans ma circulaire papier?

Jacynthe Nadeau
Jacynthe Nadeau
La Tribune
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Les supermarchés Maxi ont testé brièvement le marché au printemps dernier en cessant d’imprimer leur circulaire hebdomadaire. S’ils l’ont réintroduit dans certains marchés en octobre, c’est néanmoins de façon « sporadique et aléatoire », avec l’objectif avoué de cesser ultimement la distribution de la circulaire en papier pour miser uniquement sur la circulaire numérique.

« On s’interroge sur la pertinence de la circulaire papier depuis un certain temps déjà, explique Johanne Héroux, directrice principale, Affaires corporatives et communications chez Loblaw. La pandémie a accéléré notre stratégie. On l’aurait fait éventuellement dans quelques années, mais avec l’appel à limiter toutes les sources de contacts, les circonstances étaient réunies pour en faire l’essai. »

L’entreprise a pris un pas de recul en octobre parce qu’elle s’est aperçue que « c’était plus difficile » dans certains marchés.  

« On y va vraiment avec la réaction de la clientèle, dit Mme Héroux, on doit s’adapter à elle et bien l’accompagner là-dedans. Mais on s’attend à ce qu’un jour ce virage-là soit entrepris par une plus grande proportion de la clientèle. Combien de temps est-ce que ça va prendre? Je n’ai pas la réponse à ce moment-ci. »

Si Martin Matte le dit

Trois mois à peine après son pas de recul, la bannière bleu et jaune donne néanmoins un grand coup à partir de dimanche avec une campagne télé où son porte-parole, l’humoriste Martin Matte, invitera la clientèle à prendre le virage numérique.

Mais cela risque de décevoir des consommatrices comme Lynda Pépin. La citoyenne de Notre-Dame-des-Bois, dans la MRC du Granit, déplore ne plus recevoir sa circulaire Maxi dans son Publisac depuis un bon bout de temps et rater ainsi des offres spéciales auxquelles son amie de Longueuil a pourtant accès.

« Je me sens comme une citoyenne de deuxième zone », a-t-elle confié à La Tribune, même si le gérant de son Maxi de Lac-Mégantic fait tout en son pouvoir pour l’accommoder.

Mme Pépin n’a pas Internet, par choix, et n’a donc pas accès à la circulaire numérique pour préparer son magasinage. Elle espère que Maxi entendra son appel et rétablira la distribution de la circulaire imprimée chez elle. 

Interpellée sur ce cas, Johanne Héroux s’empresse de dire que chaque client est important pour Maxi, mais l’objectif à long terme de la bannière est de miser uniquement sur le numérique.

Mme Héroux fait valoir que cette méthode de diffusion permet d’avoir plus d’offres, d’ajuster plus facilement la circulaire numérique aux aléas de l’approvisionnement et que c’est meilleur pour l’environnement. 

La circulaire numérique est du reste affichée bien à la vue dans tous les Maxi chaque semaine, signale-t-elle, et les offres sont valables dans tous les magasins.

À compter de dimanche, la bannière Maxi lance une vaste campagne télé avec son porte-parole Martin Matte pour inciter les consommateurs à consulter sa circulaire numérique.

Prêts pour le virage ?

Mais est-ce que les consommateurs sont prêts à prendre le virage numérique, Mme Héroux? 

« Les ventes sont un très bon indicateur, dit-elle. Les clients peuvent aussi faire valoir leur point et on est là pour les écouter. La preuve, c’est qu’on a réintroduit la circulaire imprimée à plusieurs endroits, plusieurs semaines. On aurait pu être brusque et ne pas la réintroduire, mais c’est important d’accompagner la clientèle le plus possible. Malheureusement on ne peut pas le faire pour chaque client », répond-elle.

Meilleur contexte

Professeur titulaire au département de marketing de l’Université de Sherbrooke et chercheur à la Chaire en commerce électronique, Jean-François Guertin n’est pas surpris par la vision de Maxi. L’épicerie avait tenté d’abandonner sa circulaire papier il y a une vingtaine d’années et était revenue sur sa décision quelques mois plus tard, rappelle-t-il. Et c’était bien avant Internet et toutes les applications numériques qui sont disponibles aujourd’hui pour attirer les consommateurs dans les magasins.

« C’est sûr que Maxi est une bannière bas prix tous les jours, un peu comme Super C ou Walmart, où les marges sont petites et où on fait de l’argent sur le volume, explique-t-il. L’impact du coût d’impression de cet outil promotionnel est beaucoup plus important sur les finances d’un Maxi que sur celles d’un IGA. D’où la tentation de se demander comment diminuer les dépenses en espérant que ça n’affecte pas l’achalandage? »

Les paris sont ouverts, mais le contexte est sans doute meilleur aujourd’hui qu’il y a 20 ans, selon lui.

« Il y a une floraison d’applications avec des fonctionnalités qui sont super intéressantes, si on pense à Reebee, Mespromos, Checkout 51 ou Flipp. Leur problème, c’est qu’elles sont peu connues. Si les gens en faisaient l’expérience et voyaient comment ça peut faciliter leur magasinage, je pense que l’adoption se ferait rapidement. Et si un Maxi par exemple faisait un partenariat avec une de ces applications et en ferait la promotion en même temps que cette application donnerait un accès privilégié aux promos de Maxi, peut-être que ça pourrait être gagnant-gagnant. En ce moment, on élimine une façon de faire de la promotion [la circulaire imprimée] sans offrir d’option de rechange. »

La pandémie amène aussi des changements d’habitude chez les consommateurs qui pourraient avantager le numérique. Par exemple, la popularité de l’épicerie en ligne a «explosé», passant d’un pour cent du chiffre d’affaires il y a une dizaine d’années à 3 % avant la pandémie et à peut-être le double en ce moment. 

Autre avantage en faveur du numérique : il permet d’amasser des informations très précises sur les habitudes et les goûts de la clientèle et d’adapter les offres en conséquence, observe M. Guertin. 

« Certains pourraient dire que c’est de l’invasion de vie privée, d’autres vont dire au contraire que ça donne de l’information à valeur ajoutée pour son panier d’épicerie.

Chez d’autres commerçants 

Les épiceries pourraient aussi imiter certaines quincailleries comme Rona et Home Depot, qui ont adopté une formule hybride avec des offres en ligne et des circulaires imprimées pour se rappeler à la mémoire des consommateurs lors de périodes de grande activités commerciales. 

« Si on fait une bonne promotion et qu’on crée des habitudes, de la valeur ajoutée à la consulter, je pense que beaucoup de consommateurs vont adopter la circulaire numérique. Mais il restera toujours des récalcitrants, des gens qui vont se sentir lésés de ne pas avoir leur circulaire papier », dit M. Guertin.

Contacté dans le cadre de ce reportage, IGA a assuré que sa circulaire papier était là pour rester. Elle est distribuée dans la grande majorité des cas via le Publisac et un petit pourcentage se rend chez les consommateurs par la poste, précise Anne-Hélène Lavoie, conseillère principale en communications chez Sobeys Québec.

Metro n’avait pas répondu à la demande de La Tribune pour ses bannières Metro et Super C au moment de publier.

6000 versions de Publisacs

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6000 versions de Publisacs

Jacynthe Nadeau
Jacynthe Nadeau
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Distribuant entre autres les circulaires d’épicerie et les hebdomadaires régionaux considérés comme des services essentiels, le Publisac n’a jamais cessé ses opérations en 2020 malgré les différentes mesures pour freiner la pandémie.

Il se targue toujours d’un taux de consultation de 89 %, sur la foi d’un sondage CROP mené en 2019 pour TC Transcontinental, propriétaire de Publisac, et le service à la clientèle enregistrerait plus d’appels de consommateurs désireux de le recevoir que de ne plus l’avoir. 

À savoir ce qui se retrouve dans ce sac de plastique recyclé qui est glissé dans nos boîtes aux lettres chaque semaine, à moins qu’on se prévale de l’option de retrait, la chef des communications externes et affaires publiques chez TC Transcontinental, Patricia Lemoine, explique que Publisac est tributaire de ce que ses clients décident d’y mettre.

« Au Québec, dit-elle, il y a une possibilité de 4500 routes et 6000 versions différentes de Publisacs. C’est le détaillant qui est maître de son plan de marketing et de diffusion. C’est ce qui explique que la voisine à trois rues de chez vous ne reçoive pas la même version que vous. »

À propos de l’option de retrait qui a fait grand-bruit en 2019 notamment à Montréal où des citoyens ont plaidé que le Publisac devrait être distribué seulement à ceux qui le demandent, Patricia Lemoine assure que l’intérêt pour le produit est resté le même. 

Elle en profite pour rappeler à ceux qui voudrait se prévaloir de l’option de retrait d’aviser Publisac pour obtenir le pictogramme officiel, mais surtout pour que l’entreprise réduise à la source le nombre de circulaires imprimées et de sacs à distribuer au Québec. Le numéro est imprimé sur le Publisac. 

Les petits secrets d’une couponneuse

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Les petits secrets d’une couponneuse

Jasmine Rondeau
Jasmine Rondeau
Initiative de journalisme local - La Tribune
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Tout le monde a le pouvoir d’économiser sur son épicerie, peu importe le temps qu’on a à y consacrer, croit la couponneuse aguerrie, mère et courtière immobilière Vicky Armstrong Béliveau. Même si ses années de couponnage intensif sont derrière elle, la Sherbrookoise croit que ce moment de crise est parfaitement choisi pour partager ses meilleures astuces d’épargne et redonner au prochain.

La jeune femme, qu’on a même vue dans l’émission à succès Un souper presque parfait sous le surnom de la « couponneuse perfectionniste », en 2017, utilise toujours plusieurs de ses trucs, même si sa situation financière est plus confortable qu’à ses débuts il y a sept ans. 

« Je m’étais lancé un défi personnel d’apprendre le couponnage parce que je suis tombée enceinte de ma petite puce, et je suivais des cours de courtage le soir. La nuit, quand j’allaitais toutes les deux heures, j’étais sur des sites de couponnage pour voir ce qu’on allait faire. » 

Depuis quelques années, elle prend maintenant soin de faire don de plusieurs de ses trouvailles à Moisson Estrie. En trois ans, c’est plus de 100 kg de produits qu’elle estime avoir retirés de ses grandes étagères pour en faire bénéficier les moins nantis. 

« Je réussis à obtenir plein de produits gratuits ou presque; c’est certain que mon cœur en arrache. J’ai habité en Afrique, et j’ai vu comme c’est difficile de boire un simple verre d’eau là-bas. Alors chaque année, j’essaie de donner le plus possible », confie celle qui en profite déjà pour sensibiliser sa fille en l’impliquant dans le processus de dons.  

Vicky Armstrong Béliveau, couponneuse aguerrie, mère et courtière immobilière.

« Couponner » en 4 étapes 

À l’image de cette ère numérique, la méthode en quatre astuces qu’utilise Mme Armstrong Béliveau repose en grande partie sur l’utilisation d’applications mobiles. 

Premièrement : les rabais de la semaine en épicerie. Mais pas besoin de circulaire papier : « Ce qui est génial, ce sont les applications Flipp ou Reebee, qui regroupent toutes les circulaires de tous les magasins au même endroit. Avec Reebee, on peut même voir les rabais de la semaine prochaine. On peut faire une liste d’achats dans l’application qui sera ensuite divisée par magasin. »

En répertoriant les rabais de différents commerces, celle-ci mise ensuite sur les « imbattables », des politiques appliquées chez Maxi et Walmart qui consistent à égaler les prix de la concurrence à la caisse. 

La deuxième étape, c’est de rassembler divers coupons qu’elle trouve en ligne. Celle-ci propose notamment des sites comme save.ca, websaver.ca et utilisource.ca. 

« En jumelant les imbattables et les coupons, je n’ai jamais payé de dentifrice ni de brosse à dents. Je suis encore à écouler mes stocks d’il y a quatre ans », se réjouit Mme Armstrong Béliveau. 

Son troisième truc : l’application Checkout 51, qui propose chaque semaine des remises en argent lorsqu’on achète certains produits. « Je regarde à l’avance quels produits offrent des remises. Ensuite, au retour de l’épicerie, ils demandent que je prenne ma facture en photo dans l’application pour démontrer que j’ai acheté le produit. Ils mettent l’argent dans mon compte et je reçois un chèque dès que j’atteins 20 $ de remises. J’ai déjà fait de l’argent avec ça, parce que j’avais eu quelque chose gratuitement à cause de mes imbattables et de mes coupons. » 

Finalement, comme quatrième source d’économies, l’experte recommande vivement l’utilisation de programmes de récompenses, comme PC Optimum (dans les magasins Provigo, Maxi et Pharmaprix), qui permettent aussi d’accumuler des remises en argent et d’utiliser le montant sur son épicerie dès qu’on atteint 10 $. 

Une épicerie d’une valeur de 289 $, pour laquelle Mme Armstrong Béliveau affirme avoir payé 136 $ grâce à quelques-uns de ses trucs.

Organisé et assumé

« Rien n’oblige à utiliser les quatre trucs. Les gens peuvent y aller à leur rythme. Moi, j’étais une passionnée maniaque! Mais avec la COVID-19, tout ce qui se passe et les gens qui perdent leur emploi, ça peut être tellement intéressant de prendre 10 ou 15 heures dans la semaine. », mentionne-t-elle, encourageant les gens à surmonter leur orgueil et les préjugés de file d’attente. 

Somme toute, l’organisation et le respect demeurent primordiaux.

« Il y a des gens qui attendent derrière. On peut les avertir ou le mentionner à la caissière pour qu’elle ferme à l’avance. Je mets mes imbattables dans le haut de mon panier pour les passer en dernier et j’apporte les bons coupons dans une enveloppe. À l’époque, j’avais monté un gros cartable avec mes coupons classés par date. »

Si on prévoit faire de grandes économies, il est aussi préférable de prévoir l’espace de rangement nécessaire, et être prêt à changer de marque selon les différents spéciaux.