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Microréseau, gros labo
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Microréseau, gros labo
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Une vitrine technologique de 9 M$ mise en service à Lac-Mégantic

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Une vitrine technologique de 9 M$ mise en service à Lac-Mégantic

Jacynthe Nadeau
Jacynthe Nadeau
La Tribune
Annoncé en grande pompe il y a deux ans et demi, le microréseau électrique d’Hydro-Québec entre graduellement en opération cet automne dans le nouveau centre-ville de Lac-Mégantic.

Cette vitrine technologique de 9 M$ consiste à déployer dans ce quartier résidentiel et commercial les plus récentes avancées en production d’énergie solaire, stockage par batteries, domotique et efficacité énergétique.

« C’est un gros laboratoire vivant », illustre l’ingénieur de projet chez Hydro-Québec Patrick Martineau.

« On a abordé ce projet-là avec beaucoup d’humilité. On a beaucoup à apprendre, non seulement au niveau des technologies, mais aussi de la façon dont les clients peuvent s’approprier ces technologies-là. Pour nous, les deux volets sont hyper importants », ajoute-t-il.

« On est content que les choses avancent comme elles sont planifiées, renchérit Fabienne Joly, chargée de développement en transition énergétique à la Ville de Lac-Mégantic. On apprend à travailler avec Hydro-Québec et Hydro-Québec apprend à travailler avec une municipalité et avec ses citoyens. C’est un projet qui se coconstruit. »

Rappelons qu’après la tragédie ferroviaire qui a détruit son centre-ville en 2013, Lac-Mégantic a rapidement identifié le développement durable et la transition énergétique comme nouveau levier économique. C’est avec cette vision en tête qu’elle a approché Hydro-Québec pour ce microréseau.

Quelque 2200 panneaux solaires générant une capacité de 800 kWh ont ainsi été installés sur le toit de quatre bâtiments dans le nouveau centre-ville et alimenteront à terme une trentaine de commerces, institutions et résidences, dont un hôtel de 70 chambres actuellement en construction.

Microréseau de Lac-Mégantic : dans les éprouvettes

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Microréseau de Lac-Mégantic : dans les éprouvettes

Jacynthe Nadeau
Jacynthe Nadeau
La Tribune
L’expertise et les connaissances développées à travers le microréseau de Lac-Mégantic visent plusieurs cibles.

La plus ambitieuse est sans doute de contribuer à « décarboner » 22 réseaux autonomes d’électricité qu’Hydro-Québec exploite pour desservir des communautés isolées au nord du 51e parallèle. Ces réseaux sont actuellement alimentés par des génératrices au diesel, un équipement dont l’empreinte carbone est très élevé. « Concrètement à Lac-Mégantic, explique Patrick Martineau, on va faire des essais de courte durée avec une génératrice développée à l’IREQ (Institut de recherche d’Hydro-Québec) pour opérer conjointement avec d’autres sources d’énergie comme le solaire et avec des systèmes de stockage. Le but est de pouvoir augmenter le taux de pénétration de ces énergies renouvelables dans nos réseaux autonomes. » 

Plus près de nous, le microréseau cherche aussi à déterminer des solutions pour diminuer les coûteux achats d’électricité lors des périodes de pointe hivernales et éviter ultimement des investissements dans le réseau principal d’Hydro-Québec. « Si des microréseaux peuvent répondre à leurs besoins de façon autonome pendant un moment dans ces périodes de pointe, ça permet d’aplatir les pointes de demandes », souligne Fabienne Joly. Le microréseau pourrait aussi permettre de maintenir une partie du service en cas de panne du réseau principal d’Hydro-Québec, ajoute-t-on. 

Dans les maisons de monsieur et madame Tout-le-Monde, c’est la domotique et l’efficacité énergétique qu’on mettra sous la loupe. « Hydro-Québec a annoncé le lancement d’une filiale pour tout ce qui est services énergétiques et gestion de l’énergie dans les bâtiments résidentiels et cette offre-là a été intégrée au microréseau », précise Patrick Martineau. « Hydro-Québec est aussi en train de développer une offre tarifaire dynamique pour les clients qui vont accepter de changer leurs comportements, comme de réduire leur consommation d’électricité à certaines heures critiques principalement en hiver. »

L’équipe d’Hydro-Québec a aussi inclus dans son projet des travaux qu’elle a menés l’hiver dernier pour accroître l’efficacité énergétique des condos commerciaux de la promenade Papineau et le confort de leurs occupants. Et elle prévoit inclure dans une deuxième phase des bornes de recharge pour les véhicules électriques qui feraient partie intégrante des échanges d’énergie. « En attendant il y a une borne de recharge à la gare qui sera connectée au microréseau et programmée pour aider la gestion de la pointe, détaille Fabienne Joly. Si on est dans une période de pointe et que la voiture n’a pas besoin de repartir tout de suite, la recharge va être différée pour aplanir la courbe de demande. »

Enfin, épaulé par l’IREQ, on est aussi aux balbutiements d’une communauté de pratique qui mobilisera les occupants du périmètre avec la Ville, les experts d’Hydro-Québec et les fournisseurs d’équipements. « Notre objectif, c’est de créer un savoir commun et d’apprendre tous ensemble, annonce Fabienne Joly. Parce que la technologie et son fonctionnement, c’est une chose, mais il faut se rappeler que la valeur ajoutée du microréseau, c’est qu’il y a de vraies gens dans la vraie vie qui y vivent. »