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L'été appartient à ceux qui réservent tôt
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L'été appartient à ceux qui réservent tôt
Vous n'avez pas encore réservé vos vacances pour cet été ? Il faudrait commencé à y penser, puisque l'été s'annonce achalandé. Que ce soit dans les campings, les refuges, les Airbnb ou les hôtels, les livres de réservations sont presque remplis. 
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Les touristes québécois au rendez-vous

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Les touristes québécois au rendez-vous

Roxanne Caron
Roxanne Caron
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Les sites d’hébergement seront une fois de plus convoités par les Québécois cet été. Si bien que l’absence de touristes étrangers ne se fera pas trop ressentir dans le décor.

Selon Alexandra Carbonneau, directrice générale du Domaine Yamaska, la pandémie a aidé l’entreprise bromontoise à se faire connaître au Québec, alors qu’avant, plusieurs touristes venaient d’outre-mer et des autres provinces. « Les Québécois pallient le manque de ces touristes. Les gens encouragent local et on espère que ça va continuer. »

« La fermeture de la frontière américaine (au moins jusqu’au 21 juin), c’est bon pour nous. Les gens qui voyagent vers le Maine ou autre, on les garde au Québec. Ça a un effet positif », remarque pour sa part le grand patron d’Au Diable Vert, Jeremy Fontana.

Au Domaine Yamaska, le calendrier se remplit à un rythme soutenu. « Le téléphone sonne beaucoup ! Dès la mi-juin, jusqu’en août, les hébergements sont pleins », fait savoir Mme Carbonneau.

Il faut que dire que les petits chalets d’une ou deux chambres se prêtent bien au contexte sanitaire. « C’est un produit pour les familles et c’est facile de respecter les mesures. »

Les Québécois semblent d’ailleurs s’y prendre à l’avance pour réserver leurs vacances, même dans un contexte où, jusqu’à tout récemment, les mesures liées au déconfinement étaient inconnues. « À Noël, certains pensaient déjà à réserver pour cet été », fait remarquer Mme Carbonneau.

Alexandra Carbonneau, directrice générale au Domaine Yamaska, croit que la pandémie a aidé l’entreprise bromontoise à se faire connaître au Québec.

Une situation similaire a aussi été observée du côté d’Au Diable Vert, à Sutton, où l’on trouve entre autres des refuges. « Les gens réservent plus tôt que les autres années. Ils sont plus prêts et organisés. On a beaucoup de périodes avec aucune disponibilité. C’est impressionnant ! Les gens sont peut-être moins stressés par l’avenir maintenant », suppose M. Fontana.

Pour l’anecdote, le fait que le site d’Au Diable Vert accueille les chiens a aussi un effet bénéfique. « Beaucoup ont acheté un chien pendant la pandémie, on voit que certains recherchent ce critère-là. »

À la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq), les touristes « hors Québec » représentent environ 10 % de la clientèle en contexte non pandémique. Responsable des relations avec les médias, Simon Boivin affirme sans hésiter que l’affluence de Québécois dans les 24 parcs nationaux comblera aisément ce manque.

Les chiffres ne mentent pas. Du 1er avril au 30 septembre 2020, les sites de la Sépaq ont été plus populaires que jamais.

Le rabais de 50 % sur la carte annuelle Bonjour Québec, de retour cette année et tout aussi populaire, s’est traduit par une hausse de 14 % de l’achalandage estival. « Là-dedans, on a eu six semaines manquantes, parce que les territoires étaient fermés jusqu’au 20 mai. Malgré ça, il y a eu un achalandage record, même s’il y avait des mesures sanitaires à respecter. Le taux global de satisfaction des visiteurs à l’égard de leur expérience était de 92 % », relate M. Boivin.

« L’ENGOUEMENT POUR LE PLEIN AIR NE SE DÉMENT PAS »

Preuve que la ruée vers le grand air ne se tarit pas pour l’été 2021, moins de deux heures après l’ouverture des réservations pour les 140 000 cartes annuelles mardi, 100 000 cartes avaient été écoulées.

On s’attend donc encore une fois à ce que la saison chaude soit couronnée de succès, d’autant plus que les déplacements entre les régions sont désormais possibles.

« Sur l’ensemble du réseau, on est en avance sur les produits à vendre par rapport à l’an dernier », explique Simon Boivin. Il apporte toutefois une nuance, alors qu’au mois de juin l’an dernier, le contexte était tout à fait différent. « On a eu le feu vert du gouvernement pour rouvrir les réservations autour du 1er juin 2020 ! »

Entre la Fête nationale et la fin août, mettre la main sur un chalet ou une unité de prêt à camper ne sera pas chose facile. « La part de lion de ce qui reste, c’est pour les campeurs. Mais ils vont devoir faire preuve de souplesse. »

En effet, quelques journées consécutives sont encore disponibles, notamment au parc national de la Yamaska, mais il peut parfois être nécessaire de se déplacer d’un terrain de camping à un autre durant le séjour.

« La fermeture de la frontière, c’est bon pour nous. Les gens qui voyagent vers le Maine ou autre, on les garde au Québec. Ça a un effet positif », souligne Jeremy Fontana d’Au Diable Vert.

L’été dernier, la fréquentation du parc de la Yamaska a diminué de 4 % par rapport à 2019. Cela s’explique entre autres par le fait que les plages des parcs nationaux devaient accueillir la moitié moins de gens qu’à l’habitude. Une mesure qui risque de rester une fois de plus cet été.

« Ça a été un petit handicap pour eux, car ce parc est très populaire pour sa plage », reconnaît M. Boivin. Le site a néanmoins connu un achalandage important avec 226 792 jours/visite.

« L’engouement pour le plein air ne se dément pas », souligne M. Boivin.

On s’attend à un été occupé dans les campings

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On s’attend à un été occupé dans les campings

Pascal Faucher
Pascal Faucher
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Déconfinement aidant, les clients prendront d’assaut les campings avec encore plus de ferveur que l’an dernier.

Pierre-Marc Lussier n’a jamais vu une telle situation : presque tous les espaces de son camping, Vacances Bromont, sont réservés en juillet et en août.

« Il reste un peu de place entre la Saint-Jean-Baptiste et le Jour de la Confédération, mais sinon, c’est réservé à 100 %, indique le propriétaire. Il y aura peut-être des annulations... »

Avec les restrictions et la fermeture des frontières, les Québécois se sont rués sur les sites de villégiature, l’an dernier, et la tendance reste à la hausse. Pour ceux qui n’ont pas encore réservé, il faut s’attendre à un choix limité.

« C’est encore possible, mais il faut être un peu plus souples [NB : sur les dates et les emplacements] », dit la propriétaire du camping Oasis à Sainte-Cécile-de-Milton, Bianka Bérard. Les vacances de la construction et les week-ends, surtout les longs week-ends, sont très convoités. »

En plus de prévoir un achalandage plus important, les responsables de campings ont remarqué que les réservations se font de plus en plus tôt.

« On sent un engouement encore plus fort cette année et il y a beaucoup de monde qui réserve un an d’avance, dit Pierre-Marc Lussier. On a gagné de nouveaux adeptes ! Ceux qui prennent leurs vacances sur le tard, ça sera plus difficile pour eux. » Il prévoit être « plein à 100 % » du début des vacances scolaires jusqu’à la fin de l’été.

Le défi des consignes

Les clients prévoient aussi des séjours plus longs, dit Philippe Lussier du Camping Granby, qui constate lui aussi que la saison s’annonce prometteuse. Mais tout cet enthousiasme n’amène pas que du bon : le respect des consignes sanitaires encore en vigueur reste un défi.

Les clients prévoient des séjours plus longs, dit Philippe Lussier du Camping Granby, qui constate que la saison s'annonce prometteuse. 

« Il y en a qui pensent que tout est permis de l’autre bord de la porte d’accueil, soupire Philippe Lussier. C’est un camping, les gens sont chaleureux entre eux et c’est difficile de leur dire “éloignez-vous ! ” ou de porter le masque à l’extérieur. »

Les allégements ont fait des heureux la semaine dernière, mais les activités sont toujours limitées afin d’éviter les grands rassemblements.

Les spectacles, soirées dansantes et souques à la corde cèdent leur place aux activités en petit nombre et sans contact, comme le tennis et la natation. Au camping Oasis de Sainte-Cécile-de-Milton, on a innové en offrant des quiz et un chansonnier mobile qui se déplacent sur une remorque.

« On a modifié beaucoup d’activités pour ne pas qu’elles soient rassembleuses, dit Bianka Bérard. Par exemple, on fait beaucoup de rallyes. » On annonce aussi que le père Noël sera mobile lors du traditionnel Noël des campeurs.

Le propriétaire du camping Mon repos, Daniel Dalpé, et son fils Pascal Dalpé. 

Règle générale, les gens respectent « quand même bien » les consignes, dit Pierre-Marc Lussier, « mais il faut faire des rappels et on intervient quand il y a des débordements. On a une responsabilité. »

Du côté d’Ange-Gardien, le propriétaire du camping Mon repos, dit Daniel Dalpé, dit avoir peu de surveillance à faire puisque « les gens sont habitués. » Le fait que son établissement soit majoritairement constitué de saisonniers lui facilite également la tâche.

Et quand une roulotte est à vendre, ce n’est pas long qu’un acheteur se manifeste, dit M. Dalpé, qui dit constater la même frénésie que dans le marché immobilier « hors camping ».

Des mois très achalandés sur Airbnb

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Des mois très achalandés sur Airbnb

Billie-Anne Leduc
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Quelques propriétaires de gîtes, chambres et maisons disponibles sur la plateforme Airbnb sondés par La Voix de l’Est sont unanimes: l’été sera achalandé, mais agréable.

Pour sa part, le Manoir Yamaska à Saint-Paul-d’Abbotsford affiche déjà complet... jusqu’en décembre 2021. Les réservations se font donc six mois à l’avance. Du «jamais-vu», affirme le copropriétaire Daniel-Éric St-Onge.

«D’habitude, les gens réservent peut-être trois mois à l’avance. Mais là, c’est tout booké, six mois à l’avance. On a juste gardé 2-3 week-ends pour les imprévus et les travaux.»

Le Manoir Yamaska affiche déjà complet jusqu’en décembre 2021.

La demande est également forte du côté du gîte Autour du Monde, à Granby, où il reste toutefois quelques places. «Tout se passe bien. Je crois qu’on aura un bel été, car les gens veulent décrocher, prendre d’une pause et sortir de chez eux. Ils seront de bonne humeur, ce qui va faciliter la gestion», affirme Frank Cloutier, copropriétaire du gîte avec sa soeur Jessica.

M. St-Onge, qui a effectué sa dernière réservation mardi, est aussi du même avis, et ajoute que les réservations ont «doublé» pour les semaines complètes, les longs séjours étant moins populaires avant la COVID.

Du côté de la Maison Bray, rue Principale à Granby, le propriétaire Samuel Roy ne peut pas à ce jour affirmer s’il y a «plus ou moins d’engouement» que par le passé, puisque l’emplacement touristique n’a rouvert que depuis le 28 mai dernier, après avoir été fermé depuis octobre 2020.

Les réservations pour le Manoir Yamaska se sont faites six mois à l’avance. Du «jamais-vu», affirme le copropriétaire, Daniel-Éric St-Onge.

«Depuis qu’on a remis la location active, on a eu des réservations», rapporte-t-il. Comme la clientèle de la Maison Bray et du gîte Autour du monde sont surtout des familles d’autres régions venant visiter le Zoo de Granby ou utiliser les pistes cyclables, les réservations se font plus près de la date du séjour. «Les gens regardent en fonction de la météo et de leur horaire. Ce n’est pas comme un chalet où les gens réservent des mois d’avance», dit Samuel Roy.

Ce dernier envisage le troisième été touristique de la Maison Bray comme «excellent».

Pas de partys

Questionné à savoir s’il craint les gros partys au Manoir Yamaska, Daniel-Éric St-Onge se fait intransigeant: «C’est impossible, car on avise les gens et on a des caméras sur les portes. Une grande famille, ça, c’est OK!» Bien qu’il les refuse, il reçoit tout de même parfois des demandes pour 10 familles à la fois, par exemple.

Les trois hébergements touristiques sondés assurent que toutes les mesures sanitaires de la santé publique ainsi que celles régies par Airbnb Québec seront respectées. Pour l’instant, l’emplacement touristique du gîte Autour du Monde situé au Costa Rica n’est pas disponible à la location, puisque les propriétaires veulent d’abord y effectuer quelques travaux.

Dernière minute ou organisé ?

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Dernière minute ou organisé ?

Roxanne Caron
Roxanne Caron
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Si le sort des campings, refuges et chalets est déjà scellé pour cet été, l’industrie hôtelière fait quant à elle face à davantage d’incertitude, dépendamment du type de clientèle accueillie.

Certains établissements s’attendent à recevoir beaucoup d’appels de la part de vacanciers en retard de la planification de leurs escapades. « Comme nous avons une clientèle locale, il y a beaucoup de réservations de dernière minute qui sont faites en fonction de la température », souligne Lyne Poulin, directrice générale de l’hôtel Le St-Martin à Bromont.

Comme l’été dernier, les réservations vont bon train. Peut-être même trop. « On met les freins, parce qu’on manque cruellement de personnel. L’été dernier a été très occupé et difficile pour les employés », indique avec découragement Mme Poulin. Les affichages de postes sur différentes plateformes n’ont malheureusement pas eu l’effet escompté.

Pour alléger la tâche du personnel, la directrice générale compte ouvrir les réservations pour deux nuits et plus. « On ne peut pas gérer comme on gérait il y a cinq ans. »

Benoit Sirard, actionnaire et partenaire de gestion chez Château Bromont

Du côté du Château-Bromont, la prévente se déroule « assez bien », mais là aussi, on s’attend surtout à faire face à des réservations de dernière minute. Il ne fait aucun doute, toutefois, que les changements de paliers d’alerte contribueront à ce que les hôteliers connaissent un achalandage intéressant.

Quant à l’absence de touristes provenant d’autres provinces, l’actionnaire et partenaire de gestion au Château-Bromont, Benoit Sirard, ne se montre pas trop alarmiste. « Si le gouvernement ouvre la frontière ontarienne (qui est fermée au moins jusqu’au 16 juin), c’est sûr que des gens vont arriver au Québec, mais ça peut aussi se faire dans l’autre sens », met-il en perspective. Selon lui, le marché domestique peut pallier ce manque. « On est à 45 minutes, 1 heure d’un énorme bassin de population », souligne-t-il en faisant référence à Montréal.

À l’Hôtel Suites Lac-Brome, on constate que le taux de réservation augmente de jour en jour. Le directeur de l’endroit, Jonas Ayuma, a bon espoir que l’établissement connaîtra un bel été. « De longs séjours de trois à quatre nuitées sont réservés. Les gens se font à l’idée qu’ils doivent prendre leurs vacances au Québec », dit-il.

En contexte non pandémique, 50 à 60 % du nombre de réservations s’effectuaient trois à quatre jours avant la date d’arrivée, 20 % à la « dernière minute » et le 20 % restant, deux semaines avant la date d’arrivée. Cet été, les gens semblent plus prévoyants, remarque M. Ayuma.

L’Hôtel Le St-Martin à Bromont subit les conséquences du manque de main-d’œuvre.

« Toutes les théories tombent. Là, les gens se précipitent. On a des jours en juillet déjà réservés. C’est du jamais-vu. »

En saison estivale, les touristes provenant des États-Unis ou d’Europe représentent normalement environ 15 à 20 % des clients de l’hôtel. L’établissement tente donc de se faire découvrir par une nouvelle clientèle, justement pour compenser la perte de ces voyageurs.