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L'Estrie réagit à l'annonce du reconfinement
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Le ramassage en bordure de rue soulage les commerçants

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Le ramassage en bordure de rue soulage les commerçants

Alain Goupil
Alain Goupil
La Tribune
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Le ramassage des commandes en bordure de rue satisfait les commerçants, mais le « traitement de choc » annoncé mercredi par le premier ministre Legault risque de faire mal aux entreprises déjà fragilisées par 10 mois de pandémie.

Selon la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), l’imposition d’un couvre-feu et la fermeture des commerces à 19 h 30 risque de menacer la survie de plusieurs entreprises si aucun programme d’aide gouvernemental n’est mis en place durant la crise actuelle.

La FCEI rappelle que les entreprises québécoises ont amorcé l’année 2021 en étant « déjà très fragilisées ». Selon un sondage mené auprès de ses membres, neuf dirigeants de PME québécoises sur 10 indiquent avoir encore besoin du soutien de leur gouvernement. Près de 60 % demandent au gouvernement du Québec de miser sur des programmes qui offrent des subventions plutôt que des prêts. Et « plus de la moitié d’entre eux souhaitent que le gouvernement s’engage à maintenir des programmes d’aide tant et aussi longtemps que la crise durera », a réagi le vice-président Québec, François Vincent.

Cependant, la FCEI constate que sa demande de permettre le ramassage en bordure de rue a été entendue.

« En permettant le ramassage en bordure de rue, on donne l’option aux Québécois de choisir leurs commerces locaux pour faire leurs achats. Face aux restrictions, les commerçants restent dans l’incertitude quant à une ouverture prochaine. Grâce au ramassage en bordure de rue, ils retrouveront une forme de certitude de pouvoir mieux rejoindre leurs clients. Cette décision aidera donc les petits détaillants de proximité », précise M. Vincent.

Pas de rupture

Comme elle l’avait fait au printemps, l’Association des détaillants en alimentation du Québec (ADAQ) a tenu à rassurer la population en affirmant que les restrictions annoncées mercredi par le premier ministre Legault n’entraîneront pas de pénurie dans les épiceries et les dépanneurs du Québec.

Son président et directeur général, Pierre-Alexandre Blouin, demande aux consommateurs de ne pas se précipiter dans les magasins puisque toutes les filières d’approvisionnement ont été renforcées depuis le printemps, de façon à maintenir un inventaire adéquat de tous les produits en magasin.

Le secteur du commerce de détails (dépanneurs, quincailleries, nettoyeurs, etc.) emploie plus de 125 000 personnes au Québec.

« On invite les gens, autant que possible, à répartir leurs visites en magasin à différentes heures et à différentes journées de la semaine, à des moments où il y a moins d’achalandage. Et aussi à limiter le nombre de clients à une personne par famille. Cela va nous aider à accélérer le service et à accepter plus de monde dans nos commerces », suggère M. Blouin.

« On a confiance de pouvoir bien servir tous nos clients. Cependant, si les gens se précipitent sur un item en particulier, la chaîne (d’approvisionnement) n’est pas faite pour absorber des gros changements de comportement. Il est donc inutile de commencer à stocker. »

L’ADA a mis sur pied une cellule de crise formée de détaillants de différentes surfaces dans toutes les régions du Québec. Cette cellule tient les membres au courant de la situation sur le terrain concernant les enjeux d’inventaires, de main-d’œuvre et de services.

Garages essentiels

Pierre Beauregard, directeur général de Groupe Robert Bernard, qui compte trois succursales à Sherbrooke, n’avait aucune crainte quant à une éventuelle fermeture des ateliers de mécanique.

« Durant l’hiver, et surtout en plein mois de janvier, on devient un service essentiel. Que ce soit pour des pneus d’hiver, le remplacement d’une batterie ou des réparations d’urgence, il faut être là. »

L’impact de l’achat en ligne

Propriétaire des bijouteries Skinner & Nadeau de Sherbrooke et Lussier de Windsor, Guillaume Lussier a investi 190 000 $ l’an dernier en rénovations afin d’améliorer l’expérience d’achat de ses clients dans son commerce des Promenades King.

Bien qu’il partage l’objectif du gouvernement de protéger le réseau de la santé, M. Lussier craint que ce nouveau confinement ne cristallise les habitudes des consommateurs qui achètent de plus en plus via Internet.

« Même si on a un site de vente en ligne, il n’y a rien qui ne pourra jamais remplacer l’achat d’une montre ou d’un bijou en personne », dit-il.

Malgré la fermeture de leurs commerces durant plus de six mois, les bijoutiers sherbrookois semblent néanmoins avoir connu une très bonne année 2020.

« C’a été ma meilleure année depuis que je suis en affaires, soit depuis 53 ans », a indiqué à La Tribune le bijoutier Fernand Turcotte, dont le commerce a eu longtemps pignon sur rue à l’angle King et Wellington avant de s’installer aux Promenades King. « La PCU y est sûrement pour quelque chose… », ajoute-t-il en souriant.

« Comme les gens n’ont pas pu voyager l’an dernier, plusieurs d’entre eux ont décidé de mettre leur argent dans un bijou, en se disant que ça va prendre de la valeur avec le temps », ajoute pour sa part Guillaume Lussier.

Soulagement pour les propriétaires de magasins de sport

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Soulagement pour les propriétaires de magasins de sport

Tommy Brochu
Tommy Brochu
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Soulagement pour les propriétaires de magasins de sport : les patinoires et les centres de ski demeureront ouverts malgré le nouveau confinement. Et point positif, les marchands pourront maintenant offrir un point de dépôt à l’extérieur de leurs locaux.

Évidemment, les magasins perdent actuellement beaucoup d’argent, indique le copropriétaire du Momo Sports, Michel Poisson. « Bien entendu, le confinement nous fait perdre des sommes d’argent énormes. Il va probablement nous rester énormément de marchandise d’hiver qui ne sera pas vendue. Mais notre site web a explosé. Et de pouvoir remettre la marchandise à la porte, ce sera une aide énorme pour nous et pour nos clients », indique-t-il, ajoutant qu’il a déjà environ 1000 colis en attente d’être remis, puisque des gens achètent des articles depuis le 24 décembre. 

« Les gens de Sherbrooke pourront avoir leurs produits en dedans de 24 heures. C’est comme s’ils magasinaient et qu’ils pouvaient jouir tout de suite de leurs besoins », poursuit-il, ajoutant que de nombreux parents l’ont appelé à savoir s’ils pouvaient acheter des mitaines ou des pantalons de neige. 

Yannick Godbout, père de trois garçons et copropriétaire d’Éconosports, se réjouit que les installations sportives demeurent ouvertes. « C’est important pour nos jeunes de continuer à bouger et pouvoir sortir dehors. C’est une très bonne nouvelle. S’ils enlèvent les patinoires et les centres de ski, les adolescents de 14-15-16 ans n’iront pas faire de bonhommes de neige dehors. Aller patiner et faire du ski va leur faire du bien », pense-t-il.

«Une très bonne nouvelle»

Selon M. Godbout, beaucoup de patins, de bottes d’hiver, d’ensemble de ski de fonds et de raquettes à neige sont actuellement vendus. « Les gens achètent beaucoup de choses pour aller dehors. On vend peu ou pas d’articles pour l’intérieur. Mais tout ce qui est snowboard, skis alpins, casques et lunettes, est populaire. C’était une très bonne nouvelle qu’on puisse continuer d’aller jouer dehors », dit-il, mentionnant cependant que les ventes sont moindres qu’à l’habitude.

Mais comment les gens font-ils pour acheter des patins sans les essayer? « Quand on a fait le tour avec eux pour savoir la longueur et la largeur de leurs pieds, on est capable de cibler ce dont ils ont besoin. Si le client hésite entre une taille dix et une de dix et demi, on leur vend les deux et les clients pourront ramener le patin qui ne fait pas jusqu’à deux semaines après la réouverture du magasin », mentionne M. Godbout, ajoutant que les gens aiment cette façon de faire. 

« Magasiner par FaceTime, c’est plus adéquat qu’en ligne! spécifie-t-il. On voit encore mieux. L’employé peut répondre immédiatement aux questions du client. On tient peut-être quelque chose qui pourrait rester! »

Yannick Charbonneau, copropriétaire de Sports Trans-Action, considère aussi qu’il s’agit d’une bonne nouvelle. « Comme on peut continuer de faire de la location, de l’entretien et de la réparation, ça nous avantage beaucoup, considère-t-il. [Si les patinoires et les montagnes avaient fermé], ça aurait fait très mal, surtout pour l’aiguisage de patins et l’entretien des skis. Comme la vente n’est plus autorisée en magasin, l’entretien représente 50 % de notre chiffre d’affaires », explique celui qui a aussi vu fondre les revenus de son entreprise.

Le retour des élèves bien accueilli

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Le retour des élèves bien accueilli

Isabelle Pion
Isabelle Pion
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Le retour à l’école des élèves est accueilli avec satisfaction dans le milieu de l’éducation. Ce retour ramène aussi à l’avant-plan la question de la vaccination des enseignants.

Les élèves du primaire seront de retour sur les bancs d’école le 11 janvier, tandis que les grands du secondaire auront une semaine supplémentaire d’enseignement en ligne avant de retrouver leur école.

Tant le président du Syndicat de l’enseignement de l’Estrie (SEE), Richard Bergevin, que la députée de Sherbrooke, Christine Labrie, responsable solidaire en matière d’éducation, se sont réjouis de l’annonce du premier ministre François Legault.

« C’est la meilleure façon de donner le service. On sait que l’enseignement à distance a de grandes limites : on le découvre de plus en plus », commente le président du SEE-CSQ, Richard Bergevin, qui a néanmoins des préoccupations de santé envers les enseignants. 

« Considérant qu’on veut garder les écoles ouvertes, les enseignants devraient être très haut dans la liste de gens à vacciner, parce qu’ils se mettent malgré tout à risque. Si on peut aller vers une vaccination plus rapide, ce serait très intéressant considérant l’impact que l’on a sur la société. On sait qu’on veut garder les écoles ouvertes pour continuer l’apprentissage, mais aussi parce que ça a un impact sur l’économie. Si les parents s’occupent des enfants à la maison, ils sont moins disponibles pour le travail. » Mais pas avant les travailleurs de la santé, précise-t-il.

Un jour sur deux au secondaire

Le directeur général du Centre de services scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSSRS), Christian Provencher, aurait bien aimé voir les élèves du secondaire rentrer dès lundi, mais ayant eu peur de voir les écoles fermer pour un temps, il sera heureux de les revoir à compter du 18 janvier. 

La même formule est prévue (comme ce l’était en zone rouge avant les Fêtes), soit en alternance une journée sur deux, selon le site du gouvernement. Les cours reprennent aussi le 18 janvier pour la formation professionnelle et l’éducation aux adultes. Comme prévu, les écoles spécialisées du Touret et Le Monarque accueillent les jeunes ce jeudi.

Richard Bergevin voit d’un bon œil que les élèves du secondaire portent un masque de procédure fourni par Québec, comme l’a annoncé le premier ministre. 

Christine Labrie accueille aussi les mesures concernant le port du masque de façon positive, comme le port du couvre-visage en classe chez les élèves de cinquième et sixième années. L’ensemble des élèves du primaire doivent porter un couvre-visage dans les corridors, les aires communes et le terrain de l’école.

L’Association des pédiatres du Québec avait plaidé pour que les élèves puissent réintégrer les classes à compter du 11 janvier. D’autres médecins avaient aussi joint leurs voix. 

« C’est une bonne nouvelle, note Mme Labrie. C’est aussi une bonne nouvelle que le gouvernement décide de prendre au sérieux la contamination par aérosols dans les écoles. Ça fait longtemps qu’on leur parle de ça », note Mme Labrie. 

« Le premier ministre a mentionné que c’était plus facile de faire de l’enseignement en ligne avec les élèves du secondaire. C’est vrai qu’ils sont plus autonomes, mais il faut faire attention : l’enseignement en ligne joue sur leur motivation », note M. Bergevin. Il dit avoir des préoccupations au sujet du bulletin à produire au plus tard le 22 janvier : ce dernier sera le seul que les élèves de cinquième secondaire auront avant de faire leur demande d’admission au cégep.

Des précisions attendues

Le point de presse du ministre de l’Éducation Jean-François Roberge, vendredi, est très attendu. « J’ai déjà hâte à vendredi pour voir s’il annoncera des éléments qui vont devenir des leviers pour nous aider à aider les enseignants et les élèves. Plus l’année scolaire avance, plus on a la lunette sur la réussite scolaire », commente Christian Provencher. Il espère notamment des ajustements en matière des évaluations et des examens de fin d’année, « peut-être des ajustements au niveau des programmes, cibler tout ce qui devient essentiel ou qu’on nous donne les marges de manœuvre qui nous permettent de juger des éléments essentiels au passage d’une année ». 

Certains, comme le SEE et la députée solidaire, plaident pour l’abolition des examens de fin d’année en raison du contexte exceptionnel. « Il serait pertinent d’éliminer les examens de fin d’année pour avoir un maximum de temps d’enseignement », note M. Bergevin. Mme Labrie s’attend aussi à ce que le ministre revienne sur la ventilation dans les écoles.

Il n’a pas été question d’enseignement supérieur lors du point de presse. Sur les réseaux sociaux, des étudiants de l’Université de Sherbrooke s’impatientaient pour la suite des choses : plusieurs espèrent que l’UdeS, qui mise sur le présentiel le plus possible, se montrera plus flexible. L’UdeS a fait savoir qu’une communication sera émise à ce sujet jeudi. Un conseil de régie est aussi prévu au Cégep de Sherbrooke jeudi. 

L'industrie de la construction soulagée et prête à travailler

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L'industrie de la construction soulagée et prête à travailler

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Malgré les mesures sanitaires additionnelles annoncées mercredi, les travailleurs de la construction pourront continuer à travailler. Même s’il doit se limiter à l’essentiel, le milieu se dit soulagé.

«Nous sommes vraiment contents de pouvoir continuer à travailler lundi prochain», affirme Pascal Bossé fondateur de l’entreprise Construction de l’Estrie. Ce Sherbrookois est ravi que son entreprise puisse rester ouverte afin d’éviter tout retard. Pour M. Bossé, les Estriens ressortiront gagnants de cette décision, puisque les chaines d’approvisionnement pourront rester ouvertes.

Éric Boisjoly, directeur général de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) en construction, se dit heureux pour les professionnels de la construction. Toutefois, il s’inquiète que le gouvernement n’ait pas mis en place davantage de mesures sanitaires sur les chantiers. « Certains chantiers ne bénéficient pas des installations sanitaires minimales, actuellement, ce qui est inacceptable dans un tel contexte sanitaire » déclare Éric Boisjoly.

Le responsable des affaires publiques de l’Association de la construction du Québec (ACQ), Guillaume Houle, se dit soulagé de ne pas voir l’industrie de la construction arrêtée à nouveau. « Nous voulons participer à l’effort de guerre contre la COVID-19 », affirme M. Houle en réitérant son désir d’améliorer les mesures sanitaires sur les chantiers.

On rappelle que le premier ministre, François Legault vient d’annoncer un deuxième confinement complet. Malgré de nouvelles mesures sanitaires plus restrictives comme celle d’un couvre-feu de 20 h à 5 h, l’industrie de la construction pourra continuer ses activités dans le respect des mesures d’hygiène.

Le Syndicat québécois de la construction (SQC) comptant 1127 membres, soit 23 % de la main-d’œuvre régionale, a, pour le moment, refusé toutes demandes d’entrevues. Viatka Sundborg

Asbestos a vécu un couvre-feu en 1949

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Asbestos a vécu un couvre-feu en 1949

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
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Simon Roberge, Initiative de journalisme local
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Outre celui imposé lors de la grève à Asbestos en 1949, le couvre-feu proposé par le gouvernement Legault, mercredi, sera le premier couvre-feu à toucher les Estriens.

Il y a 72 ans, un couvre-feu avait été imposé dans la municipalité qui porte maintenant le nom de Val-des-Sources.

Le 26 avril 1949, le conseil municipal d’Asbestos décide d’imposer un couvre-feu entre 1 h et 5 h du matin durant la grève de l’amiante. Cette dernière, déclenchée le 14 février, s’étire dans le temps et la tension monte entre grévistes et policiers.

Dans le livre Asbestos, filons d’histoire 1899-1999, le maire de l’époque explique que « le couvre-feu a été imposé à la demande de plusieurs citoyens afin de prévenir certains troubles comme il s’en est produit depuis le commencement de la grève et si possible en éviter de plus graves. » On apprend également dans l’ouvrage que l’avocat Albert Leblanc de Sherbrooke « a émis l’opinion que la Ville pourrait être tenue responsable des dommages causés si elle ne prend pas des mesures raisonnables pour les prévenir. »

Cette tension entre mineurs et policiers, notamment due à la présence de briseurs de grève à la mine, culmine jusqu’au 6 mai où l’acte d’émeute est entré en vigueur. Ce règlement interdisait tout rassemblement de plus de deux personnes sur les rues de la ville. Quelque 200 mineurs ont été arrêtés par la police.

« On n’avait pas le droit de se rassembler, se souvient Pierrette Martineau-Théroux qui avait dix ans à l’époque. J’étais en quatrième année et l’enseignante nous avait bien dit qu’on avait le droit de marcher deux par deux sur le trottoir, mais pas plus, et avec une certaine distance. On n’avait pas le droit de sortir de chez nous. Durant le mois de mai, on se balançait et on chantait les chansons de la grève, mais on n’a pas pu faire ça durant la loi de l’émeute. »

L’acte d’émeute a été levé deux jours plus tard le 8 mai. La grève a officiellement pris fin le 1er juillet 1949.

Les moins de 15 ans ciblés à Sherbrooke

Ni les Grandes Guerres ou même la grippe espagnole de 1918-1919 n’ont incité les autorités à décréter une telle mesure de couvre-feu généralisé à Sherbrooke.

Après avoir consulté diverses sources sur le sujet, l’historienne et conservatrice à la Société d’histoire de Sherbrooke, Karine Savary, explique que le seul couvre-feu imposé à Sherbrooke a été celui pour les personnes mineures de 15 ans et moins. Le conseil municipal du maire Charles Benjamin Howard avait alors imposé à ce groupe d’âge de rester à la maison entre 21 h et 5 h pour maintenir les mœurs dans le but « de prévenir physiquement et moralement ». Une peine de deux jours de prison pouvait être imposée à la troisième récidive à l’enfant et elle s’appliquait au père à la quatrième reprise.

« Ce couvre-feu a perduré jusque dans les années 70 et même jusque dans les années 2000 à certains endroits au Canada. À Sherbrooke, il y a eu des pressions de plusieurs groupes pour l’imposition d’un tel couvre-feu dès 1920, mais Sherbrooke y résistait parce que c’était difficile à appliquer pour le corps de police et que le conseil municipal ne voulait pas s’ingérer dans les affaires familiales », explique Karine Savary.