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L'Estrie plus rouge que jamais
COVID-19
L'Estrie plus rouge que jamais
La pandémie de COVID-19 frappe de plein fouet la région de l'Estrie : salles d'urgences qui débordent, chirurgies et rendez-vous reportés par centaines ainsi que 111 nouveaux cas et 3 décès. Comme jamais depuis le début de la pandémie, l'Estrie est en zone rouge.
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Les urgences débordent à cause du manque de lits en CHSLD

Covid-19

Les urgences débordent à cause du manque de lits en CHSLD

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
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Les salles d’urgence de l’Estrie resteront ouvertes 24 heures par jour, toute l’année durant. Les urgences ne seront pas affectées par la diminution des activités au CIUSSS de l’Estrie-CHUS, rassure la chef du département de médecine d’urgence, la Dre Marie-Maud Couture.

« Si vous avez des problèmes de santé urgents, si vous êtes inquiets, consultez! Toutes les mesures sont mises en place pour vous accueillir de façon sécuritaire », insiste la Dre Couture.

Or la chef du département de médecine d’urgence rappelle que les urgences doivent être utilisées pour les situations réellement urgentes, qui ne peuvent attendre d’être prises en charge par un médecin de famille ou soignées à la maison avec les conseils reçus par Info-Santé (811) ou par son pharmacien.

« On constate qu’il y a beaucoup de personnes qui se présentent avec des conditions de santé non urgentes », indique-t-elle.

« On peut aussi appeler dans les groupes de médecine de famille proche de chez soi. En période de COVID, les cliniques réservent aussi des rendez-vous pour les personnes qui ne sont pas leur clientèle », indique-t-elle.

Car les salles d’urgence sont présentement fort sollicitées.

Mercredi après-midi, 40 patients attendaient sur une civière une place pour être hospitalisés sur un étage dans les deux hôpitaux de Sherbrooke, tandis que 14 personnes attendaient leur lit à l’Hôpital de Granby.

Les places d’hospitalisation sont toutefois rares. Très rares. Et si elles sont si rares, c’est parce qu’il n’y a pas de place pour reloger les personnes âgées en perte d’autonomie en attente d’une relocalisation d’un milieu mieux adaptées pour leur condition de santé, en CHSLD notamment.

La Dre Marie-Maud Couture, chef du département de médecine d’urgence, est en compagnie de Sylvie Moreault, directrice du programme de soutien à l'autonomie des personnes âgées, ainsi que de Dre Colette Bellavance, directrice des services professionnels au CIUSSS de l'Estrie-CHUS. Cette photo a été prise l'an passé presque à pareille date, alors que les salles d'urgence commençaient également à déborder en raison de l'arrivée des gastros et de l'influenza, et donc avant les mesures de distanciation physique et de port du masque.

Centre d’hébergement temporaire

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS a ouvert un nouveau site non traditionnel (SNT) de soins dans l’édifice des Filles de la Charité du Sacré-Cœur de Jésus à la fin octobre pour accueillir temporairement les personnes en attente d’une place d’hébergement en CHSLD.

Ce centre d’hébergement temporaire se veut un lieu mieux adapté à la clientèle âgée qu'un centre hospitalier.

Au départ, une quarantaine de lits devaient être ouverts. Il y en a aujourd’hui 60.

Le CIUSSS devrait fermer au moins 14 lits à l’Hôtel-Dieu afin que le personnel de l’Hôtel-Dieu puisse suivre dans ce nouveau SNT. Fermés pendant environ un mois, les lits sont aujourd’hui tous rouverts.

Les équipes de soins doivent en conséquence composer pratiquement à tous les quarts de travail avec des postes d’infirmières, d’infirmières auxiliaires ou de préposés aux bénéficiaires non comblés.

Le Centre de confinement de Sherbrooke, rue Galt Ouest, affiche aussi complet. Il s’agit d’un autre site non traditionnel de soins, qui permet d’isoler de façon adéquate des patients atteints de la COVID-19. Des places pourraient être ajoutées là aussi, mais il faudrait aussi y ajouter du personnel.

« Le défi des ressources humaines reste entier. C’est quelque chose qu’on doit prendre en compte pour prendre la décision d’ouvrir plus de lits », explique Karine Duchaineau.

Soulignons que le manque de places dans les CHSLD de Sherbrooke n’est pas un problème nouveau. En juin, le gouvernement a annoncé la construction d’une maison des aînés de 120 places dans l’est de Sherbrooke, soit 84 places pour aînés et 36 autres pour les adultes ayant des besoins spécifiques. La maison des aînés devrait prendre environ deux ans à construire.

Avant d’aller à l’urgence

Les personnes dont l'état de santé nécessite une visite à l’urgence doivent s'y présenter. Toutefois, il est important de recourir au service de l’urgence de façon judicieuse et d’évaluer toutes les options possibles.

Si votre état n’est pas urgent, vous devriez :

Rester à la maison pour vous soigner.

Consulter Info-Santé en composant le 811.

Consulter un pharmacien.

Consulter votre médecin de famille ou une clinique sans rendez-vous

Si vos symptômes s’apparentent à ceux de la COVID-19 ou à la grippe, appelez votre GMF ou le 1 877 644-4545. Un rendez-vous à la clinique désignée d’évaluation vous sera attribué.

Des chirurgies et des rendez-vous reportés par centaines

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Des chirurgies et des rendez-vous reportés par centaines

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
Les salles d’opération du CIUSSS de l’Estrie-CHUS fonctionneront sous peu à 50% de leur capacité et plus de 800 rendez-vous par semaine dans les cliniques externes devront être reportés ou effectués par téléphone ou vidéoconférence à compter de lundi.

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS doit délester des activités en vue d’augmenter sa capacité à recevoir des patients atteints de la COVID-19 à cause de l’augmentation importante du nombre de cas observée au cours des dernières semaines.

Il y a généralement entre 20 et 30 personnes hospitalisées à l’Hôtel-Dieu et à l’Hôpital Fleurimont depuis le début du mois de novembre et moins de cinq personnes sont aux soins intensifs.

Le CIUSSS doit maintenant prévoir une capacité de 75 lits d’hospitalisations de courte durée pour les patients atteints de la COVID-19 ainsi que 25 lits aux soins intensifs. Cette demande provient du ministère de la Santé et des Services sociaux. Tout doit être en place d’ici le 17 décembre.

Les patients dont l’état se dégrade de façon sévère à cause des complications liées à la COVID-19 doivent généralement être hospitalisés aux soins intensifs durant plusieurs jours. C’est pourquoi le CIUSSS doit prévoir suffisamment d’espace pour accueillir autant de patients gravement malades.

Le personnel normalement attitré aux blocs opératoires et aux cliniques externes sera réaffecté dans les lits d’hospitalisations réservés à la COVID-19.

Environ 10 000 personnes sont en attente d’une chirurgie sur le territoire du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, dont un certain nombre sont hors des délais prévus par le ministère de la Santé et des Services sociaux.

Il y aura aussi des reports du côté des examens en imagerie médicale et certains examens comme l’endoscopie.

« Si vous avez un rendez-vous prévu et qu’on ne vous appelle pas pour l’annuler, vous devez vous y présenter. C'est parce que votre état de santé le requiert. Les personnes dont le rendez-vous sera reporté seront contactées par le personnel du CIUSSS de l’Estrie-CHUS », insiste la directrice des services professionnels, la Dre Colette Bellavance.

« La situation est très préoccupante en Estrie comme au Québec, et l’augmentation du nombre de nouveaux cas confirmés de COVID-19 au cours des dernières semaines a des effets sur le nombre d’hospitalisations », soutient Karine Duchaineau, la directrice des services professionnels au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Selon les projections de l’Institut national d'excellence en santé et services sociaux, le nombre d’hospitalisation va croître de façon importante au cours des prochaines semaines au Québec.

Le CIUSSS n’a donc d’autres choix que de délester certaines activités électives afin de maintenir un tel niveau d’activités avec le personnel adéquat.

Car l’adéquation entre le nombre de lits disponibles, le personnel requis pour y travailler et la réponse aux multiples besoins de la population est difficile à maintenir et doit être revue chaque jour.

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS pourrait recevoir des patients provenant d’autres régions du Québec si la capacité est dépassée ailleurs, comme c’est déjà le cas dans certains hôpitaux de Montréal et du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

« Jusqu’à présent, nous avons surtout reçu des patients provenant de régions à proximité, comme la Mauricie, le Centre-du-Québec et la Montérégie, mais il serait aussi possible d’en accueillir de la région de Montréal », souligne Mme Duchaineau.

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Marie-Christine Bouchard
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La transmission de la COVID-19 ne montre aucun signe de ralentissement en Estrie avec l’ajout mercredi de 111 cas positifs et de trois décès.

Les trois nouveaux décès sont survenus au CHSLD Villa-Bonheur de Granby (deux décès) et au CHSLD Vigi-Shermont de Sherbrooke (un décès).

C’est à Sherbrooke que l’on retrouve la plus forte augmentation avec 47 nouveaux cas positifs, suivi par la Haute-Yamaska (33), et la région de Coaticook (12).

Le nombre d’hospitalisations a cependant diminué légèrement avec 27 personnes, dont trois aux soins intensifs, alors que les éclosions dans les CHSLD et les résidences privées pour aînés se poursuivent pourtant partout sur le territoire de l’Estrie.

La direction du CIUSSS de l’Estrie-CHUS annonçait d’ailleurs mercredi après-midi plusieurs mesures afin d’augmenter sa capacité à recevoir plus de patients atteints de la COVID-19. Elle doit notamment délester des activités en vue d’augmenter sa capacité à recevoir des patients atteints de la COVID-19 à cause de l’augmentation importante du nombre de cas observée au cours des dernières semaines.

La Santé publique de l’Estrie a ajouté mercredi 24 personnes à l’agrégat de l’arrondissement de Fleurimont), portant le total à 239 personnes contaminées par la COVID-19 dans ce secteur de Sherbrooke au cours des dernières semaines.

Explosion de cas à Coaticook

C’est maintenant dans le réseau local de services (RLS) de Coaticook que l’on retrouve le plus grand nombre de cas actifs dans  toute la région sociosanitaire de l’Estrie.

Il s'agit de la première fois depuis le début de la pandémie que le nombre de cas à Coaticook augmente de façon aussi importante. Il y a maintenant 75 cas actifs dans ce RLS… sur un total de 124 depuis le début de la pandémie!

Un cas reste actif seulement pendant dix jours après le diagnostic, sauf exceptions.

Une éclosion au CSSS de Coaticook et dans plusieurs écoles de la MRC expliquent en grande partie l’explosion du nombre de cas confirmés de COVID-19 au cours de la dernière semaine.

Mercredi, 23 personnes étaient positives à la COVID-19 au CSSSS de Coaticook, soit 16 résidents et sept employés, ainsi que moins de cinq résidents et employés dans un second secteur. La Santé publique déclarait aussi des éclosions dans les écoles Monseigneur-Durand de Coaticook (moins de cinq personnes) et Sainte-Edwidge/Ligugé (11 personnes).

Les RSL qui suivent sont ceux du Granit, de la Haute-Yamaska et de Sherbrooke. On retrouve ensuite les RSL d’Asbestos, du Val-Saint-François, du Haut-Saint-François et de la Pommeraie.

L’Institut national de santé publique du Québec calcule le nombre de cas actifs par le nombre de personnes dans la population de chaque RLS en uniformisant le tout sur un taux de cas actifs de 100 000 personnes.

La grande région sociosanitaire de l’Estrie compte neuf réseaux locaux de services (RLS).

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Une moyenne de deux constats d’infraction par jour pour le non-respect des consignes sanitaires sont remis par le Service de police de Sherbrooke depuis le début de la pandémie de la COVID-19 en mars.

Le Service de police de Sherbrooke soutient qu’il continuera à effectuer le même travail sur le terrain à la suite de l’appel du premier ministre du Québec, mercredi.

François Legault a demandé aux corps policiers de durcir le ton avec les récalcitrants aux règles sanitaires dans l’objectif de freiner la progression du coronavirus.

Depuis mars, 92 d’infraction de 1000 $ plus les frais ont été émis à Sherbrooke pour ceux ne respectaient pas les consignes sanitaires, principalement lors de rassemblements.

« Nous étions déjà en mode proactif à Sherbrooke pour les récalcitrants », assure le porte-parole du SPS, Martin Carrier.

Ce dernier rappelle que des policiers avaient été affectés à la prise d’appels en période de pointe lors du confinement du printemps et qu’un service en ligne a été élaboré sur le site de la Ville de Sherbrooke.

« Nous intervenons tant dans les résidences privées que dans les commerces », indique le porte-parole du SPS.


« Nous sommes prêts à nous ajuster si les consignes du gouvernement sont modifiées. »
Martin Carrier

Ce dernier rappelle que les policiers ont aussi accentué leur présence dans les centres commerciaux la semaine dernière.

« Nous sommes prêts à nous ajuster si les consignes du gouvernement sont modifiées par un nouveau décret. Cependant, nous effectuons un travail important en terme de respect des normes sanitaires. Si le gouvernement demande d’affecter davantage de ressources, c’est ce que nous allons appliquer », assure le porte-parole du SPS.

Au cours des derniers mois, le SPS a frappé des rassemblements importants au moins à deux reprises.

Le 7 novembre dans une résidence privée de la rue Belvédère Sud, 13 personnes avaient reçu un constat d’infraction de 1546 $. En août, 21 constats avaient été émis lors d’un seul rassemblement dans le secteur de l’Université de Sherbrooke.