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L'Estrie fait face à la troisième vague
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L'Estrie fait face à la troisième vague
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3e vague droit devant

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3e vague droit devant

Marie-Christine Bouchard
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« Nous ne sommes pas en fin de pandémie. Les deux à trois prochains mois seront une période difficile à traverser. »

C’est en ces termes très clairs que le Dr Gaston De Serres, épidémiologiste à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), a expliqué vendredi les conséquences de la progression fulgurante des variants de la COVID-19, progression susceptible d’entraîner une troisième vague très bientôt.

Les projections de l’INSPQ démontrent que les variants, plus transmissibles et plus pathogènes que la souche originale, seront dominants dans toutes les régions du Québec à compter du début d’avril, soit dans quelques jours à peine. Un variant est considéré « dominant » lorsqu’il représente plus de la moitié des cas.

Le directeur de la Santé publique de l’Estrie, le Dr Alain Poirier, n’est pas certain que la troisième vague déferlera sur l’Estrie. Mais il ne peut pas non plus affirmer que ça n’arrivera pas.

Pour l’instant, les Estriens tiennent bon. Dans la dernière semaine, il y a eu 78 nouveaux cas, dont 22 provenaient de diverses dates antérieures. C’est peu.

Vendredi, c’est en Estrie que l’on retrouve le moins de cas actifs parmi toutes les régions qui se trouvent en zone orange.

« Prenons l’exemple du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Ils n’avaient presque plus de cas. Ils n’ont toujours aucun variant identifié en ce moment. Et pourtant les cas augmentent de façon importante depuis plusieurs jours », souligne le Dr Poirier.

Dans d’autres régions, comme au Bas-Saint-Laurent, ce sont les variants qui viennent brouiller les cartes.


« Il faudrait une pensée magique pour dire qu’on va échapper à la troisième vague. »
Dr Alain Poirier, directeur de la Santé publique de l’Estrie

Ce sont les Estriens qui ont la situation entre les mains. Les mesures sanitaires sont en place, bien connues : éviter les rassemblements à l’intérieur, le lavage des mains, la distanciation physique.

« Il faut surtout faire attention aux rassemblements dans les maisons, une fois les rideaux fermés et que plus personne ne nous surveille. À l’intérieur, c’est facile de se rapprocher, d’oublier les mesures sanitaires. Et le virus est toujours là », insiste-t-il.

Le Dr Poirier rappelle qu’il y a trois courbes à surveiller dans la pandémie : celle des cas, celle des hospitalisations et celle des décès.

« On va probablement assister à une augmentation des cas, mais comme la vaccination augmente chez les personnes de 65 et plus, cette augmentation devrait faire moins mal du côté des hospitalisations et des décès », ajoute-t-il.

Mais il ne se réjouit pas non plus d’une éventuelle augmentation des cas chez les plus jeunes. Car si certaines personnes n’ont aucun symptôme de la COVID-19, près de 20 % des gens gardent des séquelles du virus pendant une certaine période de temps, entre autres des problèmes respiratoires, de la toux, de l’essoufflement ou encore la perte du goût et de l’odorat.

« Ce n’est pas drôle comme virus. Ce n’est pas un simple rhume », rappelle-t-il.

« Il faudrait une pensée magique pour dire qu’on va échapper à la troisième vague », affirme le Dr Alain Poirier, directeur de la Santé publique de l’Estrie.

« « Lorsqu’on va être rendus avec 100 % de nouveaux variants, on a affaire à une autre bibitte. Ça va être beaucoup plus difficile à contrôler. » »
Dr Alain Poirier, directeur de la Santé publique de l’Estrie

Mesures actuelles insuffisantes

« Ça ne veut pas dire nécessairement que nous allons être dans une troisième vague. La troisième vague va dépendre des mesures, des décisions et de l’adhésion de la population aux recommandations de santé publique, des décisions qui se font en ce moment », a précisé le Dr Mathieu Maheu-Giroux, épidémiologiste à l’Université McGill.

Par contre, ajoute-t-il, si les mesures actuellement en place avaient réussi à contrôler la souche originale, elles ne sont « pas suffisantes pour contrôler l’augmentation des variants ».

Les variants sont d’ailleurs déjà dominants dans certaines régions comme celles de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches et le seront « très bientôt » en Estrie, en Mauricie, dans le Centre-du-Québec et au Bas-Saint-Laurent, notamment. Des régions comme l’Outaouais inquiètent particulièrement les experts de l’Institut, qui y constatent non seulement une forte croissance des cas, mais aussi une progression très marquée des variants.

La population baisse la garde

Parallèlement, les sondages de l’Institut démontrent que la population adhère de moins en moins aux mesures sanitaires, un phénomène inquiétant qui est compliqué par le relâchement des mesures annoncé récemment par le gouvernement Legault.

Bien qu’ils ne veuillent se prononcer quant à la possibilité d’imposer de nouvelles mesures ou un resserrement des mesures actuelles telles que de remettre tout le Québec en zone rouge par exemple, les experts ne cachent pas que la situation actuelle — avec une population qui baisse la garde et les assouplissements annoncés — mène droit vers une période difficile de deux ou trois mois.

« C’est la décision du gouvernement, mais c’est certain qu’au niveau épidémiologique, de voir que dans le contexte actuel, même avant l’ouverture de certaines activités, on n’avait pas le contrôle sur les variants, ça n’augure pas bien », affirme le Dr De Serres. Avec Lina Dib et Pierre Saint-Arnaud, La Presse Canadienne

L’Estrie résiste alors que le Québec amorce une remontée

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L’Estrie résiste alors que le Québec amorce une remontée

Marie-Christine Bouchard
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BILAN DE LA SEMAINE / C’est encore une fois la meilleure semaine de l’Estrie depuis la fin août. Avec 78 nouveaux cas confirmés de COVID-19, dont 22 proviennent de dates rétroactives, l’Estrie voit ses bilans hebdomadaires s’améliorer continuellement depuis la mi-janvier, et ce, même si ça fera bientôt trois semaines que la région est passée en zone orange.

C’est une bonne nouvelle, alors que la province a enregistré vendredi une augmentation de 950 cas pour une deuxième journée de suite. Il s’agit d’une augmentation considérable, alors que le Québec se trouvait depuis trois semaines sur un plateau avec environ 700 nouveaux cas par jour.

La situation s’est ainsi détériorée dans plusieurs régions du Québec qui sont arrivées plus tôt que l’Estrie cet hiver à freiner la deuxième vague. C’est notamment le cas de la Capitale-Nationale qui a enregistré vendredi 89 nouveaux cas, de la Mauricie-Centre-du-Québec avec 34 cas, du Bas-Saint-Laurent avec 41 cas, de l’Outaouais avec 89 cas, et de Chaudières-Appalaches avec 67 cas.

C’est la progression rapide des variants qui risque d’accélérer l’arrivée de la troisième vague sur le Québec puisque les variants sont plus transmissibles et plus virulents que la souche originale de la COVID-19.

Le nombre de cas de variants présomptifs (après criblage) a fait un bond important au Québec vendredi, passant de 3978 cas jeudi à 5157 cas vendredi. De ce nombre, 62 cas présomptifs ont été observés chez des citoyens de l’Estrie, contre 48 la veille. 

Les cas de variants confirmés sont toutefois demeurés stables au Québec comme en Estrie avec respectivement 704 cas au Québec dont neuf en Estrie. Il faut dire que le processus de séquençage du virus est très long et complexe. Le processus prend au minimum sept jours à compléter et plusieurs partenaires du réseau de la santé doivent y effectuer différentes étapes. 

Blitz de vaccination

Pendant ce temps, la course pour vacciner le plus grand nombre possible d’Estriens se poursuit et s’accélère. Dans la dernière semaine, un peu plus de 13 000 Estriens ont reçu une première dose de l’un des vaccins, pour un total de 48 286 personnes jusqu’ici.

« Nous avons 19 000 rendez-vous la semaine prochaine. C’est excellent, ça avance, il faut que ça continue », explique le Dr Alain Poirier, directeur de la Santé publique de l’Estrie.

La vaccination est offerte pour le moment aux citoyens de plus de 65 ans.

Autre bonne nouvelle, le nombre d’éclosions demeure très bas en Estrie. Il en restait quatre vendredi : une éclosion en milieu hospitalier touchant moins de cinq employés à l’Hôtel-Dieu, l’éclosion au Manoir Jeffrey de Val-des-Sources qui semblait en voie d’être contrôlé alors qu’aucun nouveau cas n’a alourdi le bilan depuis plusieurs jours, et une éclosion à l’école primaire Eureka de Granby qui touche moins de cinq personnes. 

En début d’après-midi vendredi, la direction de la Santé publique de l’Estrie a toutefois lancé un appel au dépistage à toutes les personnes qui ont fréquenté l’Entrepôt Chaussures P.R.I.X de Sherbrooke du 22 au 24 mars entre 9 h et 17 h et le 25 mars entre 9 h et midi. Une personne atteinte du virus a fréquenté ce milieu pendant sa période de contagion. On confirme qu’il y a présence d’un variant, d’où l’importance du dépistage.

Appel au dépistage aux clients de l’Entrepôt Chaussures P.R.I.X.

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Appel au dépistage aux clients de l’Entrepôt Chaussures P.R.I.X.

Marie-Christine Bouchard
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La Santé publique de l’Estrie recommande à toutes les personnes qui ont fréquenté l’Entrepôt Chaussures P.R.I.X. du 22 au 24 mars entre 9 h et 17 h et le 25 mars entre 9 h et midi, de se faire dépister pour la COVID-19.

« Une personne atteinte du virus a fréquenté ce milieu pendant sa période de contagion. Il n’y a pas d’éclosion pour le moment dans le milieu. On confirme cependant qu’il y présence d’un variant. Pour cette raison, on recommande fortement un dépistage rapide des personnes qui ont fréquenté le milieu pour freiner rapidement la propagation du virus. Ces personnes doivent également surveiller l’apparition de symptômes pendant 14 jours, à partir de la date de fréquentation du commerce », indique la Santé publique de l’Estrie dans un communiqué de presse émis vendredi en début d’après-midi.

Après trois jours, ce serait exactement le bon moment pour subir un test de dépistage, mentionne le Dr Alain Poirier, directeur de la Santé publique de l’Estrie.

Au courant de la deuxième vague de la COVID-19, la Santé publique de l’Estrie a lancé plusieurs appels au dépistage à la suite de soirées dans des bars et des restaurants. Ce n’est toutefois jamais arrivé qu’on lance un appel au dépistage en lien avec la présence dans un commerce de détails.

« On a su au cours de l’enquête que la distanciation physique de deux mètres n’était pas toujours respectée correctement par cet employé, ni le port du bon masque de façon adéquate », explique le Dr Poirier.

Ce commerce est situé au 2700, rue King Ouest, à Sherbrooke.