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L’Estrie : pôle d’innovation en santé
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L’Estrie : pôle d’innovation en santé
Si certains marchés d’affaires se sont effondrés à cause des impacts de la pandémie, d’autres, dans le domaine de la santé notamment, se sont littéralement laissés pousser par la vague.
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Innovation et COVID-19 : l’Estrie se démarque

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Innovation et COVID-19 : l’Estrie se démarque

Sabrina Lavoie
Sabrina Lavoie
La Tribune
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SHERBROOKE — D ’un point de vue économique, la pandémie de COVID-19 n’a pas fait que des victimes. Plusieurs entreprises du créneau des sciences de la vie ont su tirer leur épingle du jeu en concentrant tous leurs efforts sur la crise actuelle.

Dynamiser l’écosystème dans le milieu de la santé n’aura jamais été aussi facile en Estrie. « La pandémie a été un élément déclencheur pour catalyser le développement et mettre au centre une seule priorité : régler un problème d’envergure international », affirme Mali Prud’homme, directrice générale chez SAGE-Innovation.

Depuis 2014, l’organisme à but non lucratif qui regroupe divers acteurs régionaux du domaine de la santé a pour mission de stimuler le développement et la croissance économique en Estrie. Pour y arriver, SAGE-Innovation s’appuie sur les forces régionales et crée des ponts entre les institutions de santé, d’enseignement et de formation, les organismes communautaires et les entreprises privées.

Selon Mali Prud’homme, la plus grande qualité de l’écosystème estrien, c’est la proximité de ses acteurs qui va bien au-delà de la distance physique. « Tout le monde se connaît. Les gens se font confiance et deviennent rapidement amis. Même les entreprises qui sont dans le même domaine travaillent de concert. Elles choisissent d’avoir des visions qui n’empiètent pas sur celles des autres. Ça favorise le partage et l’entraide. »

Cela s’ajoute aux conditions de vie qui « ne sont plus à défendre » dans la région et à la position géographique stratégique, mais « surtout très agréable » pour les employés du créneau de la santé.

Selon Mali Prud’homme, les collaborations se sont multipliées cette année entre les entreprises dans l’optique de diminuer les conséquences de la pandémie.

« L’objectif n’est pas de créer plus de richesse pour des actionnaires. C’est toujours d’améliorer les soins de santé. On fait du développement économique au profit des patients. C’est très stimulant. Les entreprises ont une volonté de collaborer et d’aller de l’avant pour trouver des solutions. »

Un système de santé submergé

Même si certaines entreprises semblent avoir le vent dans les voiles, Mali Prud’homme explique que la pandémie de la COVID-19 n’a pas nécessairement laissé beaucoup de place à l’innovation, particulièrement lors de la première vague.

« Le système de santé est complètement submergé par ce qui se passe. Les entreprises ont des projets incroyables, mais implanter des innovations dans une situation apocalyptique comme celle que l’on vit, ce n’est pas facile. La priorité, c’est de servir le patient dans l’immédiat au détriment des idées qui pourraient accélérer ou améliorer la situation. Toutefois, la majorité des entreprises le comprennent », mentionne-t-elle. 

Elle ajoute que la structure complexe du réseau de santé québécois ne favorise pas l’innovation et le changement. « Heureusement, notre population est captive du CIUSSS de l’Estrie-CHUS. Toute la population est traitée au même endroit contrairement aux grands centres comme Montréal. Ça favorise la continuité des soins en Estrie. C’est une bonne chose », croit-elle.

L’innovation à vitesse grand V

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L’innovation à vitesse grand V

Sabrina Lavoie
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SHERBROOKE — En situation de crise mondiale, deux entreprises estriennes d’innovations technologiques ont su se démarquer en adaptant rapidement leurs services aux besoins des professionnels de la santé.

Fondée en 2012, l’entreprise Lumed se spécialise dans le développement de logiciels afin d’améliorer les soins en milieu hospitalier. La pandémie de COVID-19 est venue augmenter la vitesse de croissance de l’entreprise qui compte 16 employés et de nouveaux bureaux au centre-ville de Sherbrooke.

Lumed s’est d’abord fait connaître grâce à son système de surveillance informatisée dans le domaine de la prescription des antimicrobiens. L’outil développé permet notamment aux hôpitaux une meilleure gestion des prescriptions.

Avec l’arrivée de la COVID-19, les idées se sont toutefois bousculées. « Nous avions déjà un prototype de logiciel de prévention des infections mis en place que nous avons décidé de modifier pour que celui-ci soit adapté spécifiquement à la COVID-19 », explique Vincent Nault, président et directeur général chez Lumed.

Devant l’opportunité d’affaires intéressantes, l’entreprise a offert à ses clients d’essayer gratuitement la nouvelle application ZINC version 2.0 qui permettait notamment de suivre les données quotidiennes rapportées par la Santé publique.

« La problématique de la COVID-19 d’envergure mondiale a permis à notre équipe de rester très concentrée sur les différents moyens à prendre pour répondre à la situation de crise. C’était un élément de motivation supplémentaire qui a accéléré le développement de cette nouvelle plateforme de manière assez significative », raconte M. Nault.

Même son de cloche du côté de l’entreprise Omnimed, située à Cookshire-Eaton, qui comprend la plus grosse équipe de développeurs spécialisés dans les dossiers médicaux électroniques au Québec.

Selon le président de l’entreprise, Xavier Boilard, l’importance de moderniser certaines pratiques dans le réseau de la santé est apparue soudainement, et avec raison, plus évidente. 


« « La problématique de la COVID-19 d’envergure mondiale a permis à notre équipe de rester très concentrée sur les différents moyens à prendre pour répondre à la situation de crise. »
Vincent Nault

« On a toujours eu des idées qui étaient freinées par de vieilles habitudes dans le réseau de la santé, notamment en ce qui a trait au papier », explique M. Boilard. 

« Les gens ont réalisé que les suivis se faisaient bien à distance avec la télémédecine. C’est pourquoi nous avons développé un portail patient qui permet aux professionnels de la santé d’accéder aux différents documents de leurs patients. Ça faisait longtemps qu’on y pensait, mais là c’est devenu une obligation », raconte-t-il.

Cette année, l’entreprise qui compte une cinquantaine d’employés a par ailleurs contribué à éliminer les pertes de temps et d’argent reliées à l’utilisation du photocopieur dans les hôpitaux. Elle a également mis en place différents outils afin d’optimiser les suivis électroniques et certains questionnaires par exemple.

Xavier Boilard, président chez Omnimed

Collaboration et relations d’affaires

Les deux entrepreneurs sont d’avis que la pandémie de la COVID-19 a favorisé le partage et l’entraide dans tout le réseau de la santé. Toutefois, les efforts étant concentrés sur les soins, il était plus difficile pour eux de développer des relations d’affaires.

« On a effectivement pu profiter de certaines opportunités d’affaires en approchant de nouveaux clients. En contrepartie, ce n’est pas le temps de développer de nouvelles relations avec de nouveaux partenaires. Il y a une effervescence, mais les hôpitaux sont surchargés », raconte M. Nault.

Le président de l’entreprise Lumed confie avoir été un peu déçu de la réception générale de son nouveau projet. « J’ai sous-estimé le surmenage et les nombreuses contraintes dans les hôpitaux. Cette année a été très motivante pour développer plus rapidement, mais pour le rayonnement, malheureusement, on a été un peu naïf. Nous ne ciblons pas le marché qui adhère aux nouvelles technologies en premier », résume M. Nault.

DIEX Recherche brille à l’international

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DIEX Recherche brille à l’international

Sabrina Lavoie
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SHERBROOKE — À l’aube de ses 15 ans, l’entreprise DIEX Recherche peut se vanter de figurer parmi les partenaires de la première étude clinique canadienne de prévention contre la COVID-19.

La clé pour en arriver là? « La créativité et l’engagement », répond Suzie Talbot, présidente de l’entreprise qui compte quatre centres au Québec ainsi qu’une cinquantaine d’employés.

Le quatrième centre situé à Joliette a ouvert ses portes au printemps dernier alors que l’équipe de DIEX Recherche s’affairait à réorganiser ses activités. « Nous avons mis en œuvre un véritable plan de guerre », raconte Mme Talbot avec humour et fierté.

Rapidement, en période de confinement, l’entreprise s’est vu mettre en place une structure de travail sécuritaire. Un comité de santé et de sécurité a d’abord vu le jour afin de travailler sur de nouvelles façons de continuer à suivre les patients en cours de projets.

« On ne pouvait pas tout arrêter », indique la présidente qui a tout de même eu des « sueurs froides » lorsqu’en mars dernier, le gouvernement a omis de mettre l’entreprise sur la liste des services essentiels le temps de quelques heures.

L’équipe a donc mis sur pied une plateforme web, un système de suivi téléphonique ainsi qu’une unité mobile. « Des médicaments ont même été livrés par taxis », raconte Mme Talbot. 

« Nous avons négocié des espaces de travail supplémentaires et avons travaillé fort pour trouver tout l’équipement et les ressources nécessaires. Les membres du personnel étaient prêts à être remplacés en cas de problème. Nous avions aussi planifié des collaborations avec d’autres acteurs du domaine de la santé en Estrie en cas de besoin. Nous étions prêts à participer aux études entourant la COVID-19. »

Le plan de préparation élaboré par DIEX Recherche a impressionné des entreprises pharmaceutiques et de biotechnologies de partout à travers le monde. « Notre plan s’est rendu jusqu’au Japon », raconte-t-elle.

« Les entreprises nous ont félicités et ont reconnu que nous avions été proactifs dans les circonstances. On nous a d’ailleurs demandé de faire des présentations d’affaires dans différents pays pour montrer comment nous avions innové dans nos façons de procéder. Nous avons été très créatifs. »

Suzie Talbot a par ailleurs été nommée par l’Association des MBA du Québec (AMBAQ) parmi les 11 « MBA de l’heure » s’étant démarqués pendant la pandémie.


« « Les entreprises nous ont félicités et ont reconnu que nous avions été proactifs dans les circonstances. » »
Suzie Talbot

Une participation citoyenne surprenante

La présidente de DIEX Recherche indique avoir observé une augmentation de personnes intéressées à participer aux projets de recherches cliniques. 

« Parfois, les gens ont certaines craintes, car notre milieu est très stigmatisé. Il faut dire que la pharmaceutique n’a pas toujours très bonne presse et les gens s’imaginent que nos patients sont des cobayes », ajoute-t-elle, rappelant que ce mot sert à désigner des animaux.

« Les gens sont souvent finalement agréablement surpris. C’est très rare qu’ils repartent mécontents. Ça arrive que les tests ne fonctionnent pas et qu’ils doivent repartir avec leurs migraines chroniques par exemple, mais la plupart apprécient l’expérience. »

Outre l’efficacité et la sécurité du vaccin de la COVID-19, l’entreprise conduit différents projets de recherches cliniques, généralement de phase II et III, pour les industries pharmaceutiques et de biotechnologies.

La recherche clinique en phase II pour le vaccin de la COVID-19 se fait présentement au nouveau centre de Joliette alors que près de 600 patients sont suivis partout en Amérique du Nord.

« On est vraiment content de commencer les tests cliniques pour le vaccin. On se considère chanceux, car la plupart des projets de recherche se font aux États-Unis. Heureusement, la raison est que nous ne sommes pas assez contaminés ici », explique Suzie Talbot.

Si les résultats sont positifs, DIEX Recherche entamera d’ici quelques semaines la recherche clinique en phase III où 30 000 patients seront suivis par différentes entreprises de recherches cliniques au Canada et aux États-Unis.

Se lancer en affaires en pleine pandémie

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Se lancer en affaires en pleine pandémie

Sabrina Lavoie
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SHERBROOKE — Mégane Brouillette n’a pas froid aux yeux. Inspirée par la pandémie de COVID-19, cette jeune femme de 23 ans s’est récemment lancée en affaires en créant sa propre agence de placement de personnel en soins de santé.

« Je n’aurais jamais pensé avoir autant de succès aussi rapidement. Je ne regrette pas du tout d’avoir osé », raconte la jeune femme originaire de Magog et présidente depuis le mois de septembre de son entreprise Firme Brouillette, INC. 

C’est en travaillant comme infirmière auxiliaire dans des conditions qu’elles jugeaient inadéquates que Mégane Brouillette a eu l’idée de créer une agence de placement pour les professionnels de la santé.

« Je me suis dit que c’était maintenant ou jamais. J’ai fermé les yeux et j’ai sauté. »

Avec une formation en gestion d’entreprise et une autre en santé, Mégane Brouillette sentait qu’elle avait tous les outils pour réussir. « Finalement, il y a tellement d’offres et de demandes que je n’arrive pas à répondre à tout le monde », indique celle qui recrute actuellement des gestionnaires et qui compte des clients en Estrie, en Montérégie et en Chaudière-Appalaches.

« Je ne manque vraiment pas de travail. Je suis au bon endroit au bon moment », ajoute celle qui est également maman d’un jeune garçon de trois ans.

Constance et discipline

Mégane Brouillette confie avoir surmonté plusieurs épreuves afin d’arriver là où elle se trouve aujourd’hui. « Je viens d’une famille d’entrepreneurs. J’ai développé plusieurs projets en ménage, en coupe de gazon, en services scolaires de tutorat anglophone. J’ai ça dans le sang, mais j’ai aussi fait faillite à 18 ans », admet-elle.


« J’ai envie de dire aux entrepreneurs qu’il faut garder espoir. »
Mégane Brouillette

Elle est d’avis que tous les défis rencontrés lui ont permis d’ouvrir de nouvelles portes plus intéressantes. « Il ne faut pas avoir peur de parler de nos échecs. Il faut essayer et échouer autant de fois qu’il le faut. » 

La recette gagnante? « La constance, l’engagement et la discipline », croit Mégane Brouillette qui reconnaît tout de même être dans un créneau particulièrement stimulant dans un contexte de pandémie.

« J’ai envie de dire aux entrepreneurs qu’il faut garder espoir. Même si ça peut sembler difficile, il y a toujours des solutions. Je trouve très inspirant de voir certaines entreprises se réinventer complètement en adaptant leurs services. Il ne faut pas laisser la peur détruire nos rêves », conclut la jeune entrepreneure.