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Les luttes derrière l’entaille
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Les luttes derrière l’entaille
Les acériculteurs québécois ont connu une année record en 2020 avec une production de 175 millions de livres de sirop d’érable. Le succès de l’industrie ne l’empêche pas de faire face à plusieurs enjeux. Le partage des terres publiques, la classification ainsi que le contingentement font partie des priorités des producteurs pour les prochaines années. La Tribune vous en dresse le portrait.
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Érablière prise en otage par des coupes forestières [PHOTOS ET VIDÉO]

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Érablière prise en otage par des coupes forestières [PHOTOS ET VIDÉO]

Jasmine Rondeau
Jasmine Rondeau
Initiative de journalisme local - La Tribune
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Alors que le gouvernement souhaite doubler les coupes forestières au Québec d’ici 60 ans, les acériculteurs installés en terres publiques craignent le pire. Déjà, le propriétaire de l’Érablière Lapierre déplore des coupes qui arriveront bientôt à isoler entièrement son site de production de Milan en Estrie, et qui, en plus d’empêcher son expansion, ont déjà causé leur lot de désagréments.

Des couloirs qui laissent entrer le vent et qui font tomber les arbres en « dominos », parfois directement sur les tubulures, des ornières à même le sol de l’érablière, des populations d’écureuils qui migrent et endommagent le matériel : toutes des conséquences de récentes coupes orchestrées par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, analyse le propriétaire Donald Lapierre, dont trois des cinq sites acéricoles sont situés en terres publiques estriennes.

Celui qui produit à Milan depuis 1985 a toujours été témoin de coupes dans les environs, mais les choses se sont mises à s’accélérer à proximité en 2018.

En bordure de ce site de 110 000 entailles, La Tribune a pu observer ces fameuses coupes sélectives, de même que les sentiers de débardement dénudés les accompagnant. Parfois la zone de coupe s’arrête à quelques pieds des tubulures, d’autres au dernier arbre entaillé. Plus loin, un secteur qui a déjà fait l’objet d’une demande d’agrandissement de l’érablière est aujourd’hui clairsemé et presque sans érables.

« Une érablière, ça grandit tout le temps. J’ai un quota et si jamais j’ai des pertes dans mon érablière, le Ministère aurait pu me louer d’autres entailles. Mais là, ils ont tout enlevé », s’indigne M. Lapierre.  

« C’est difficile de penser que ce n’est pas fait par exprès », estime Philippe Breton, directeur des ventes pour l’Érablière Lapierre. 

Couper dans l’érablière

Même si l’érablière possède un bail, renouvelable tous les cinq ans, le bois des arbres à l’intérieur de celle-ci est en partie promis à l’exploitation : lorsque le producteur remplace sa tubulure, il se doit de permettre une coupe de jardinage acérico-forestier, qui implique le prélèvement 15 à 25 % des arbres sur place. « Sauf que la prescription de l’ingénieur est faite pour revenir dans 20 ans. L’arbre pourrait être bon à entailler 15 ans encore ! » dit M. Breton. 

C’est ainsi que l’érablière a perdu 2000 entailles à l’automne 2019, dans le cadre d’un projet-pilote visant à étudier les possibilités de prélèvement à travers une production acéricole.

Et cette opération, quand elle est réalisée par une forestière, aurait de grands impacts. « Pour quelqu’un qui ramasse le bois tous les 20 ans, ça n’a pas d’importance. Mais pour nous, des ornières de quatre pieds de profond, quand vient le temps d’aller entailler, de retirer des entailles ou juste de courir les fuites, c’est très difficile de naviguer le territoire », déplore M. Breton, qui n’hésite pas à parler de « favoritisme », considérant les contraintes environnementales auxquelles les acériculteurs doivent se plier de leur côté.  

L’équipe est néanmoins consciente que les coupes visent également une régénération de la forêt et des érables, « mais c’est environ 60 à 70 ans entre la petite tige et l’arbre qu’on peut entailler, commente M. Lapierre. Moi je n’aurai pas ça. Mes enfants n’auront pas ça. »

Lorsqu’il change sa tubulure dans un secteur, l’acériculteur en terres publique doit permettre des coupes à même l’érablière. Ainsi, récemment, Donald Lapierre a perdu 2000 entailles dans un secteur qui en comptait environ 7000.

Place à l’amélioration

La Table de gestion intégrée des ressources naturelles et du territoire de l’Estrie (TGIRT) est bien au fait des préoccupations d’Érablière Lapierre, et s’est même rendue sur place en 2019. La coordinatrice de la table, l’ingénieure forestière Manon Ayotte, affirme que les coupes du secteur sont planifiées et réalisées dans les règles. « Mais il y a toujours place à amélioration. Par exemple avec la problématique des écureuils, on n’a aucune idée si c’est causé par les coupes adjacentes. C’est possible qu’elles aient des effets qu’on ne connaisse pas ou qu’on ne prévoit pas. C’est important de faire de la rétroaction. »

Les coupes planifiées par des aménagistes du MFFP doivent passer par la TGIRT, puis par des consultations publiques avant d’être mises en branle. « On s’en va là où les travaux sont dus pour être faits, là où on ne veut pas laisser mourir les arbres et où on a une maturité pour intervenir, avance Mme Ayotte. L’idée n’est pas nécessairement d’aller accoter l’érablière. Par contre, ce n’est pas nécessairement une problématique de le faire. Au contraire, dépendamment des traitements, ça peut susciter une entrée de lumière et favoriser la régénération et le développement de la couronne de l’arbre qui va être à proximité. »

L’ingénieure forestière rappelle également que de s’installer en forêt publique implique l’harmonisation de différents usages... publics. 

Un sentier de débardement a été rasé de l’autre côté du chemin, face à l’érablière.

« Il ne faut pas se cacher que les acériculteurs ont investi dans des installations en terres publiques en espérant pouvoir compter sur des agrandissements. Est-ce que l’erreur découle de là ? Est-ce qu’au départ, les investissements auraient dû se faire uniquement avec ce qui était alloué au niveau des entailles pour éviter les sentiments de droits acquis sur les peuplements ? C’est sûr qu’ils sont déçus si jamais ils se sont fait des projets de génération en génération. C’est un des inconvénients de s’installer en terres publiques. Il y a des avantages financiers très intéressants, mais ça vient avec certaines contraintes. » 

Pour M. Lapierre, les coupes adjacentes ont plusieurs effets néfastes sur une érablière. Notamment, le vent entre plus facilement dans la forêt et fait tomber les arbres.

Celle-ci tient également à apporter des nuances quant à la dégradation du terrain causée par les machineries sur le site. 

« Le secteur où il y a eu de l’orniérage, ça a été mentionné que c’était trop humide et que ça nécessitait des travaux d’hiver. Il y a eu un refus du producteur. C’était trop contraignant pour remettre les tubes et ça mettait la production en retard », mentionne-t-elle. 

Le MFFP maintient de son côté que « la planification des activités de récolte forestière doit (et tient) compte des autres usages de la forêt et les autres utilisations de la forêt doivent aussi tenir compte des activités récoltes, sans primauté d’une activité sur les autres ».

Parfois la zone de coupe s’arrête à quelques pieds des tubulures, d’autres au dernier arbre entaillé.
Deux mondes sur une même terre publique

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Deux mondes sur une même terre publique

Jasmine Rondeau
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La tension monte entre les secteurs du bois et du sirop d’érable. À qui et comment la société québécoise doit-elle prêter sa forêt ? Pour le président de l’Ordre des ingénieurs forestiers du Québec, François Laliberté, la discussion récemment enclenchée s’impose.

« Les deux sont des activités importantes de notre patrimoine forestier collectif et les deux ont un fort potentiel de développement, analyse-t-il. Dans les deux cas, on en voudrait plus. Mais la forêt est limitée. On est condamnés à faire des compromis de part et d’autre, parce qu’on veut quand même une diversité d’activités. Il faut également comprendre que ces deux activités-là ne sont pas totalement incompatibles, mais l’une a un impact sur l’autre. »  

Par exemple, le bois provenant d’un érable entaillé perd de la valeur. « À l’inverse, lorsqu’on fait de la récolte de bois, même des coupes partielles, momentanément, on perd un certain nombre d’entailles », dit-il, précisant que surtout les arbres en fin de vie sont ciblés par les ingénieurs forestiers.

Actuellement, 18 % des érablières du Québec se retrouvent en terre publiques. Inquiets de voir le potentiel acéricole exclu de la nouvelle Statégie nationale de production de bois, dévoilée en décembre par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) et qui vise à doubler les coupes forestières d’ici 2080, les Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ) réclament une mise en suspens des chantiers en terre publique tant qu’ils ne seront pas rassurés.

En réponse à cette fameuse stratégie, les PPAQ ont d’ailleurs publié leur propre plan pour l’avenir, qui implique168 M d’entailles en 2080 afin de répondre à la demande croissante de sirop d’érable sur le marché mondial. Ce sont donc 120 M d’entailles qui devront être ajoutées, dont 36 M en terres publiques. 

« Une bonne partie des grandes érablières sont situées sur des terres publiques, et elles doivent pouvoir grandir, explique Philippe Breton, directeur des ventes chez Érablière Lapierre et administrateur pour l’International Maple Syrup Institute. Ce qui se fait actuellement par le Ministère, c’est de l’aménagement qui est à très, très long terme, alors qu’on pourrait exploiter la forêt publique à court terme en acériculture beaucoup plus facilement et de manière plus rentable. Quand le Ministère fait un plan de doubler la production de bois d’ici 2080, bien nous, ce qu’on voit, c’est doubler le nombre d’érables à entailler potentiellement qui seront coupés. » 

Couper, c’est régénérer

M. Laliberté ne peut pas se prononcer sur la compatibilité des ambitions de chaque côté, mais souligne que l’objectif de production de bois ne sera atteint que si on double la productivité des forêts québécoises.

« Dans les érablières, c’est de faire des bons travaux de jardinage qui vont favoriser la régénération et la croissance de façon optimale. On peut comprendre que d’ici 2080, on a le temps de faire une ou deux rotations de cycle de jardinage, et le potentiel sera quand même bon à la fin. Il ne faudrait peut-être pas non plus se priver d’aller chercher une ou deux rotations de bois en attendant qu’elles soient entaillées. Mais il faut savoir quand ça risque d’être entaillé. Ça prend un plan des deux côtés. La stratégie vient de sortir et les plans ne sont pas terminés, mais c’est le bon moment pour se poser la question avec les érablières », avance-t-il, rappelant que le gouvernement décide des coupes, tandis que les PPAQ décident des entailles.  

Cependant, l’ingénieur admet que les coupes de jardinage acérico-forestier, qui privent les érablières d’entailles à court terme, pourraient être revues. « Ça coûte cher de faire une intervention comme ça dans une érablière. Est-ce qu’on pourrait travailler ça autrement ? La réflexion pourrait se faire. Il faudrait réviser certaines choses, comme les engagements ou les attributions de bois. Ça fait partie des compromis. »  

De son côté, le MFFP assure que le dialogue se poursuit avec les PPAQ et que « la Stratégie nationale de production de bois n’est pas en contradiction avec le développement de l’acériculture ».

Son porte-parole, Sylvain Carrier, ajoute que le Ministère consulte actuellement les TGIRT sur des zones où les activités acéricoles seraient priorisées. « À la suite de cette étape de consultation, le MFFP officialisera des superficies de potentiels acéricoles à prioriser dans l’ensemble des régions où les PPAQ émettront de nouveaux contingents de production acéricole dans les années à venir. » 

L’Estrie a du mal à s’entendre

La coordinatrice de la Table de gestion intégrée des ressources naturelles et du territoire de l’Estrie, Manon Ayotte, se montre inquiète pour la concertation du milieu depuis le début des querelles entourant l’acériculture et la foresterie. Les dernières réunions de la table on fait l’objet d’attaques personnelles et de propos disgracieux, à un point où certains membres ont choisi de ne pas y assister, rapporte-t-elle. 

« Ça fragilise vraiment l’esprit de collaboration. On a déjà vu des belles choses et des revirements de situations qui ont fait qu’on a trouvé des solutions, mais là, je suis inquiète », dit-elle. 

Actuellement, le potentiel acéricole en terres publiques estriennes est d’environ 11 800 hectares. On y retrouve 74 permis acéricoles, détenus par 57 personnes ou entreprises. « Pour l’instant, ce qui a été proposé, c’est un partage 50-50. La moitié de la superficie est vouée au développement acéricole, et la moitié voué à l’aménagement forestier. C’est possible que pour les acériculteurs, ce ne soit pas assez, comme pour ceux qui utilisent la ressource du bois qui ont aussi ce sentiment-là. » 

Le classement sous la loupe des producteurs

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Le classement sous la loupe des producteurs

Simon Roberge
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Les Producteurs et productrices de sirop d’érable du Québec (PPAQ) se penchent en ce moment sur la classification du sirop d’érable qui crée chaque année son lot de frustrations. Un comité a été formé en 2020 pour réévaluer le système.

Un producteur qui décide de vendre lui-même son sirop au consommateur, sur place, en ligne ou dans les marchés publics, n’a pas besoin de le faire classer. Il vend ce qu’il veut au prix qu’il le veut. Ce type de vente ne représente toutefois qu’environ 15 % de la production provinciale de sirop d’érable.

Au Québec, 85 % de la production se fait en vrac. Ce sirop est classé en ce moment par ACER Division Inspection et l’acheteur est facturé selon la qualité du produit. Un sirop de meilleure qualité représente donc plus de profit pour le producteur.

« Il y a la couleur qui va jouer, mais aussi les caractéristiques de saveur, mentionne Simon Trépanier, directeur général des PPAQ. Un sirop peut être plus pâle, mais s’il a un goût indésirable, il va valoir moins. C’est une grille à deux niveaux. »

Frustrations

Évidemment, le classement du sirop crée de la frustration chez certains producteurs qui considèrent que leur produit a été mal évalué.

« C’est une analyse faite par un humain et non une machine, explique Martin Pelletier, chef d’équipe en transfert de technologie chez ACER Division Inspection. Il y a de la variabilité et un tas de facteurs qui jouent sur la perception d’un sirop. Mais il y a énormément d’efforts qui sont faits. Il y a de la formation avec des spécialistes en analyse sensorielle. On prend ça très au sérieux. Ce n’est pas parfait, mais goûter au sirop reste encore le meilleur moyen. »

Un mauvais classement peut avoir de lourdes conséquences pour un acériculteur, surtout s’il concerne une large portion de sa production.

« Le goût de bourgeon peut se présenter sous plusieurs formes et à plusieurs intensités, souligne M. Pelletier qui rappelle qu’un inspecteur peut goûter 250 sirops par jour. Par contre, ce que le système de classification exige quand il y a un goût de bourgeon, c’est que l’inspecteur l’inscrive. Ça vient avec une pénalité extrêmement importante sur le prix du sirop et c’est de là que vient le problème. »

Les délais ont également causé des maux de tête alors que certains producteurs ont vu leur sirop être classé, après une demande de révision, au mois de septembre. ACER Division Inspection compte sur une quinzaine d’équipe pour classer et réviser au besoin tout le sirop produit en vrac au Québec.

« C’est certain que ça serait l’fun d’avoir 500 équipes qui travaillent une semaine, mais comment est-ce qu’on ferait pour avoir une telle main-d’œuvre pendant une semaine? questionne M. Pelletier. On ne peut pas prendre n’importe qui sur le bord du chemin. Mais c’est un enjeu tout à fait légitime pour les producteurs. » 

Pour le moment, les PPAQ ont décidé de continuer d’utiliser les services d’ACER Division Inspection pour l’année 2021 et de travailler avec eux pour diminuer les frustrations. Les PPAQ font toutefois des démarches pour trouver d’autres entreprises qui seraient en mesure de réaliser le classement du sirop.

Une nouvelle méthode d’attribution d’entailles?

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Une nouvelle méthode d’attribution d’entailles?

Simon Roberge
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En ce moment au Québec, le seul moyen d’obtenir un nouveau contingent pour produire du sirop d’érable en vrac, c’est d’espérer que son nom soit pigé lors d’un tirage au sort... qui a eu lieu pour la dernière fois en 2016. Les Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ) souhaitent modifier cette structure qui fait plusieurs mécontents.

Si un acériculteur veut entailler des érables et vendre son sirop en petite quantité lui-même, il peut le faire sans problème. S’il veut toutefois produire en vrac pour pouvoir exporter ou vendre à des acheteurs autorisés par exemple, il doit absolument obtenir un contingent.

La dernière fois que des contingents ont été ajoutés au Québec, c’est en 2016. Près de 1,4 million d’entailles avaient alors été octroyées aux entreprises en démarrage après une estimation des besoins futurs de sirop d’érable.

« On avait 1000 demandes dans la boîte et il y en a 285 qui ont été pigés, confirme Simon Trépanier, directeur général des PPAQ. On a fait 285 heureux, mais aussi 715 malheureux. On se fait dire que les gens attendent depuis très longtemps. »

Les PPAQ ont donc déposé une demande de changement réglementaire devant la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec. Ce que souhaitent les producteurs, c’est d’instaurer un système qui permettrait à tout le monde d’avoir un peu de contingents.

« On garde la partie tirage au sort pour ceux qui veulent avoir 100 % de leur projet, explique M. Trépanier. Quand tu es tiré au sort, tu as ton projet au complet. C’est tout ou rien. À côté, on va offrir un autre volet au prorata des demandes. Si par exemple tu as un projet de 3000 entailles, tu peux demander de ne pas aller au tirage au sort et simplement obtenir un contingent pour 1000 entailles parce que pour les 2000 autres, tu fais de la vente directement au consommateur. Ça va permettre à ces gens de déposer une demande en étant certains d’obtenir du contingent et ainsi pouvoir commencer leur projet. »

La Régie a tenu des audiences publiques en novembre et décembre sur la question. Une réponse est attendue au mois de mai.

« Ça ne veut pas dire qu’on va émettre des contingents quand ça va sortir, précise toutefois M. Trépanier. Ça veut juste dire qu’on aura une nouvelle méthode d’émission en vigueur. »

Les PPAQ n’étaient pas en mesure de déterminer à quel moment seront émis de nouveaux contingents.

« Chaque année la décision est prise après la production, résume Hélène Normandin, directrice des communications corporatives. On évalue la quantité et la demande. L’idée est d’équilibrer tout ça. »