Contenu commandité
Les enjeux du déconfinement
Actualités
Les enjeux du déconfinement
Plusieurs commerces pourront rouvrir lundi prochain, mais sous de strictes conditions. Et la région de Montréal attendra une semaine de plus. Les secteurs manufacturier et de la construction suivront à partir du 11 mai. Ce qui fait que 457 000 Québécois rentreront bientôt au travail et que plus de gens attraperont la COVID-19.
Partager
Plus d’entreprises ouvertes, plus de Québécois infectés [VIDÉO]

COVID-19

Plus d’entreprises ouvertes, plus de Québécois infectés [VIDÉO]

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
Plusieurs commerces pourront rouvrir lundi prochain, mais sous de strictes conditions. Et la région de Montréal attendra une semaine de plus. Les secteurs manufacturier et de la construction suivront à partir du 11 mai. Ce qui fait que 457 000 Québécois rentreront bientôt au travail et que plus de gens attraperont la COVID-19.

Le gouvernement du Québec a continué de dévoiler son plan de déconfinement, mardi. Après l’annonce lundi du retour des enfants dans les écoles primaires et les garderies québécoises à compter du 11 mai, le premier ministre François Legault a révélé le calendrier et les modalités en vue de la réouverture des entreprises. Entreprises mises en «pause» depuis déjà cinq semaines.

À renfort d’un graphique montrant que le nombre de décès à l’extérieur des lieux d’hébergement et de soins pour aînés se stabilise autour de la dizaine par jour depuis deux semaines au Québec, M. Legault a une fois de plus affirmé que «la situation est sous contrôle, sauf dans les CHSLD», pour justifier un semblant de retour à la vie normale.

Son ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, qui remplaçait pour ce point de presse la ministre de la Santé, a nommé les trois secteurs qui reprendront leurs activités et à quelles conditions. Ce sera le commerce au détail, la construction et la production manufacturière, ainsi que leur chaîne d’approvisionnement respective.

Règles claires

Des règles claires d’espacement et d’hygiène ont été édictées par la direction de la Santé publique et la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST). En l’absence de respect de ces règles, des amendes pourront être données et même des fermetures imposées, confirme le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, toujours présent à ces points de presse.

«On évalue qu’il y a présentement à peu près 1,2 million de Québécois qui sont en arrêt de travail temporaire en raison des mesures de confinement mises en place pour freiner la propagation du coronavirus. On a décidé, avec la Santé publique, de choisir ces trois secteurs-là. On parle d’à peu près 500 000 personnes possiblement qui pourraient retourner au travail sur 1,2 million», a expliqué M. Fitzgibbon.

«Il faut y aller séquentiellement. On va travailler avec d’autres ministres et ministères, la Culture, le Tourisme, entre autres, on regarde des progressions possibles. Mais à ce moment-ci, on se limite à ces secteurs-là parce que sinon, ça va être trop de monde trop vite dans le système. Et Dr Arruda ne sera pas content», a attesté le ministre, ajoutant qu’«on n’hésitera pas à revenir en arrière si jamais il y avait une nouvelle éclosion du virus».

Les centres commerciaux restent fermés

Les magasins qui peuvent rouvrir doivent avoir une entrée sur l’extérieur. «On ne veut pas, à court terme, rouvrir les centres d’achat et avoir un risque d’avoir des rassemblements dans les centres d’achat», a tranché le premier ministre Legault.

La restauration sur place, les bars, salons de coiffure, soins personnels, lieux de diffusion et secteurs culturel et touristique poursuivent la pause forcée jusqu’à nouvel ordre.

La fermeture des commerces le dimanche se prolonge de plus pour tout le mois de mai, à l’exception déjà faite des pharmacies, dépanneurs, stations-service, services de nourriture à emporter et livraisons des épiceries.


« On ne veut pas, à court terme, rouvrir les centres d’achat et avoir un risque d’avoir des rassemblements dans les centres d’achat »
Le premier ministre François Legault

Les entreprises manufacturières pourraient rouvrir quant à elles en deux étapes. D’abord avec des effectifs réduits le 11 mai, soit 50 travailleurs plus la moitié du reste des employés par quart de travail. Puis à effectifs complets deux semaines plus tard.

«Je donne deux exemples, a précisé le ministre Fitzgibbon. Un site manufacturier qui emploie 50 personnes ou moins, lors d’un quart de travail, peut fonctionner à pleine capacité. Alors qu’un site manufacturier qui emploie 500 personnes, lors d’un même quart de travail, peut fonctionner avec un maximum de 275 personnes, soit 50 plus la moitié de l’excédent, 225. La raison est simple, on veut faciliter la distanciation physique entre les employés.»

Le commerce au détail réunit autour de 196 000 travailleurs, le secteur manufacturier 176 000 et la construction 85 000.

«J’espère, pas trop de gens qui vont mourir»

Avec le déconfinement viendra une recrudescence de l’épidémie. Avec cas et décès en hausse. «Un, il va y avoir des cas. Je peux vous dire que c’est 100 %. Mais est-ce que ces cas-là vont être incontrôlables? La réponse est non», affirme le Dr Arruda.

«N’oubliez pas qu’on fait une stratégie. On ne demande pas aux gens qui sont à risque de se déconfiner ou d’aller travailler. Nous prenons les personnes qui vont peut-être l’attraper, mais qui vont avoir le moins d’impact sur leur vie comme telle. Certains vont faire la maladie de façon asymptomatique, certains pourront avoir besoin d’être hospitalisés. J’espère, pas trop de gens qui vont mourir.

«Le virus est ici pour longtemps. Ça fait qu’on peut décider de reporter tout ça en septembre. [...] On sait que c’est un pari risqué. Le virus, on ne peut pas l’éliminer. Il va circuler», résume le directeur national de santé publique du Québec.

Le nombre de décès causés par la COVID-19 au Québec est de 1682, 83 de plus que lundi. L’augmentation de 775 cas confirmés permet d’atteindre un total de 25 757 cas. Des 1625 patients hospitalisés, 217 étaient aux soins intensifs, mais aussi 94 personnes demeuraient à l’hôpital au lieu de retourner en CHSLD même si elles s’avéraient guéries.

Rappelons que malgré des annonces de déconfinement prochain, les rassemblements de toutes sortes demeurent interdits.

«Certaines personnes peuvent penser, parce qu’on rouvre certaines écoles ou qu’on rouvre certaines entreprises, que tout est permis. Non! On ne veut pas que les groupes de personnes, à l’extérieur ou à l’intérieur, se retrouvent ensemble», a insisté le premier ministre Legault.

+

CALENDRIER DE RÉOUVERTURE DU QUÉBEC

Depuis le 15 avril

Garages, mines, paysagement

Depuis le 20 avril

Construction résidentielle

4 mai

Commerces de détail avec entrée extérieure, hors de la Communauté métropolitaine de Montréal

Services de garde pour les enfants du personnel scolaire

11 mai

Écoles primaires et garderies, hors de la Communauté métropolitaine de Montréal

Commerce de détail avec entrée extérieure, dans la Communauté métropolitaine de Montréal

Construction autre que résidentielle

Secteur manufacturier, avec restriction du nombre d’employés

19 mai

Écoles primaires et garderies, dans la Communauté métropolitaine de Montréal

25 mai

Secteur manufacturier, sans restriction du nombre d’employés

La peur de la COVID-19 n’est pas un motif pour refuser de rentrer au travail

Actualités

La peur de la COVID-19 n’est pas un motif pour refuser de rentrer au travail

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Si son employeur respecte les directives de la santé publique en lien avec la COVID-19, un employé ne peut invoquer un refus d’entrer au travail.

Avocate en droit du travail qui a collaboré à l’élaboration de multiples plans d’intervention pour la reprise d’activités, notamment dans l’industrie touristique et de la construction, Me Marie-Claude Riou signale que le droit de refus d’un travailleur doit être justifié.

« Un employé doit avoir des motifs raisonnables pour l’invoquer. Si l’employeur ne les accepte pas, le litige doit faire appel à une partie neutre notamment en faisant intervenir la CNESST. La peur de la COVID-19 n’est pas un motif raisonnable pour refuser de rentrer au travail si l’employeur met en place toutes les mesures imposées par la santé publique », explique Me Riou de la firme Vaillancourt Riou et Associés de Sherbrooke.

Selon la loi sur la Santé et sécurité du travail, un travailleur doit avoir des motifs raisonnables pour invoquer un refus de travailler. Le retrait des femmes enceintes peut être invoqué dans certains cas.

L’avocate mentionne que l’état de santé ou la condition particulière d’un employé peuvent être des motifs invoqués pour refuser de retourner au travail.

« Si une tierce partie détermine que le retour au travail n’est pas possible en raison de conditions particulières, il faut analyser si des aménagements de télétravail sont possibles. Si un travailleur ne peut travailler de façon sécuritaire, les conditions de rémunération seront déterminées en fonction de la politique de l’employeur, de la convention collective ou de l’assureur ou de l’assurance emploi s’il y a lieu. La prestation canadienne d’urgence peut s’appliquer dans certaines situations », explique Me Riou.

Cette dernière insiste sur le fait qu’un plan d’intervention dans les entreprises doit baliser les conditions de retour au travail dans le respect des consignes de la santé publique tant pour les employés, la clientèle que les fournisseurs.

« Un employeur doit prendre les mesures raisonnables. Il y a beaucoup de particularités pour chaque entreprise. La CNESST dispose du pouvoir de fermer une entreprise si elle ne respecte pas les mesures d’hygiène et les consignes de distanciation sociale imposées par la santé publique. La COVID-19 peut-être considérée comme un accident de travail, alors les employeurs ont tout intérêt à y voir. Les travailleurs ont aussi l’obligation de voir à leur santé et sécurité », souligne Me Marie-Claude Riou.

Concernant le retour en classe, elle rappelle que plusieurs mesures prises vont bien au-delà de la seule distanciation physique.

Si son employeur respecte les directives de la santé publique en lien avec la COVID-19, un employé ne peut invoquer un refus d’entrer au travail.

+

La CNESST lance une trousse virtuelle pour un retour en sécurité

Dans l’objectif de favoriser une réouverture sécuritaire des commerces et entreprises, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) lance une trousse virtuelle.

Cet outil développé par la CNESST en collaboration avec la direction de la santé publique vise à aider les employeurs et les travailleurs à se conformer aux consignes sanitaires de la santé publique. 

La trousse virtuelle comprend un guide de normes sanitaires en milieu de travail — COVID-19, ainsi que deux guides pour le secteur manufacturier et le commerce de détail. 

Des aide-mémoires que les employeurs peuvent imprimer et personnaliser sont compris dans cette trousse.

La réouverture du milieu de travail, la distanciation physique, l’hygiène et l’étiquette respiratoire, la salubrité de l’environnement, l’exclusion des lieux de travail et l’isolement des travailleurs ainsi que les risques psychosociaux en milieu de travail sont autant de sujets abordés dans cet outil rendu public mardi.

Une fiche sommaire permettant de faire état des mesures sanitaires mises en place par l’employeur a été incluse. 

La CNESSST mentionne que la trousse sera évolutive et s’adaptera aux mesures et recommandations de la santé publique.

« La trousse que nous lançons répond à la nécessité d’un cadre pour que tous les milieux de travail, petits et grands, puissent agir de manière cohérente et efficace. Ils ont maintenant en main tous les outils pour respecter les lignes directrices émises par le gouvernement du Québec », explique dans un communiqué la présidente du conseil d’administration et chef de la direction de la CNESST, Manuelle Oudar.

Une application mobile présentant les outils de la trousse pourra être téléchargée prochainement via Google Play ou Apple Store. René-Charles Quirion

Relance : la prudence et la discipline seront le nerf de la guerre

Actualités

Relance : la prudence et la discipline seront le nerf de la guerre

Mélanie Noël
Mélanie Noël
La Tribune
Le milieu économique estrien se réjouit de la réouverture graduelle du commerce de détail, de la construction autre que résidentielle et du secteur manufacturier au cours du mois de mai, mais les intervenants sont conscients que ce n’est pas un retour au « travail comme avant » la pandémie.

« Le mot clé qu’on doit retenir en lien avec le déconfinement est vraiment le mot graduel. Les entreprises devront y aller avec prudence et discipline. On ne pourra pas fonctionner comme avant. On devra avoir plus d’équipement de protection, plus de produits désinfectants et le tout devra respecter les standards mis en place par la CNESST », souligne le président de la Chambre de commerce de Sherbrooke (CCS), Réjean Caouette.

« J’aime l’image du robinet quand on parle de la relance. Oui, on l’ouvre, mais si les règles ne sont pas respectées, le robinet sera refermé et ce serait très malheureux. La réouverture est bonne pour l’économie mais aussi pour le moral des entrepreneurs et des travailleurs », ajoute le président de la CCS, qui se dit content et confiant.

La directrice générale de Sherbrooke Innopole voit également l’annonce du premier ministre du Québec comme une bonne nouvelle. « Le déconfinement doit se faire dans le bon ordre et je crois que repartir l’ensemble du secteur de la construction et le secteur manufacturier donnera une impulsion à l’économie », mentionne Josée Fortin, qui croit aussi que les mesures mises en place pour assurer la sécurité des travailleurs devront être suivies à la lettre et prises très au sérieux.

« Redémarrer bien sûr mais aussi se réinventer. À travers cette crise, il émerge de belles opportunités pour faire les choses différemment, se renforcer collectivement à tous points de vue », ajoute le directeur général de Magog Technopole, André Métras.

« On voit que le retour au chantier dans le monde de la construction résidentielle s’est bien passé alors c’est encourageant. Dans tous les domaines, ça prendra une grande collaboration entre les employeurs et les employés et une excellente communication entre toutes les personnes impliquées. Je crois que les gens seront obéissants, car ils comprennent l’impact de leur comportement », s’encourage M. Caouette.

Les défis

Les intervenants du milieu économique sont aussi conscients que les entreprises feront face à certaines difficultés.

« Après cinq ou six semaines d’arrêt, les factures se sont accumulées et il n’y a pas eu d’entrée d’argent. Alors il se peut que lorsque l’entreprise appelle son fournisseur pour s’approvisionner, ce dernier lui demande de payer ses factures avant de lui renvoyer de la nouvelle marchandise. Les banques et les gouvernements seront sollicités, c’est certain », mentionne M. Caouette, ajoutant également que certains commerces de détail auront peut-être de la difficulté à attirer leurs employés qui travaillent au salaire minimum à cause de la généreuse prestation canadienne d’urgence, même si dans les faits ces derniers ne peuvent pas refuser un retour au travail à moins que leur état de santé le justifie.

Le temps presse pour les commerces de détail, croit M. Métras. « Il est grand temps qu’on permette aux commerces de proximités et rues principales de ce monde de revivre un peu afin de maintenir un lien de fidélité avec leur clientèle et profiter du walk-in de la belle saison, tout ça en appui à l’essentiel virage numérique que prennent les commerçants et le déploiement d’une nouvelle stratégie de mise en marché », souligne-t-il.

André Métras

Carnet de commandes et chaîne d’approvisionnement

Le secteur manufacturier de Sherbrooke représente plus de 20 000 travailleurs, selon les données de Sherbrooke Innopole. « Ce ne sont pas tous ces travailleurs qui retourneront au travail le 11 mai. Ça dépendra de plusieurs facteurs notamment le carnet de commandes des entreprises et aussi leur chaîne d’approvisionnement », note Mme Fortin, ajoutant qu’au moins, ces entreprises ont plus de deux semaines pour relancer leurs clients et remplir leur carnet de commandes avant leur réouverture.

« La relance d’une entreprise ne pourra pas aller plus vite que celle de sa chaîne d’approvisionnement. Je parlais ce matin à un entrepreneur qui était en attente de pièces d’un fournisseur américain qui fonctionne à 30 % de sa capacité », donne-t-elle en exemple.

La directrice générale de Sherbrooke Innopole rappelle aux gens d’affaires de ne pas hésiter à contacter l’organisation qu’elle dirige. « On est là pour répondre à toutes les questions et nous avons aussi développé des outils, qui sont disponibles sur notre site internet, pour affronter le COVID-19 », spécifie Mme Fortin.

« Comme pour la gestion de la pandémie, il y aura des essais et des erreurs dans la gestion du déconfinement graduel. Je crois que c’est normal compte tenu que c’est une situation jamais vue », conclut M. Caouette.

Josée Fortin
Commerces de détails : une reprise attendue, des questions en suspens

Actualités

Commerces de détails : une reprise attendue, des questions en suspens

Chloé Cotnoir
Chloé Cotnoir
La Tribune
Les propriétaires de commerces de détails ont poussé un soupir de soulagement mardi en entendant le premier ministre autoriser la réouverture des magasins ayant pignon sur rue.

La nouvelle était attendue depuis plusieurs jours dans les boutiques Roger Labonté et Alexclusif du centre-ville.

« Nous sommes prêts à repartir. Nous devons vérifier toutes les consignes du gouvernement, mais notre magasin est tellement grand qu’il ne devrait pas y avoir de problème avec la distanciation sociale », assure son propriétaire Roger Labonté Junior.

Même les services de mesure et d’ajustement de vêtements devraient pouvoir reprendre le 4 mai. « D’habitude nous sommes à proximité du client pour mettre des aiguilles, mais nous croyons être en mesure de faire notre travail sans s’approcher », indique le commerçant qui a offert un service très personnalisé à sa clientèle fidèle pendant les dernières semaines.

« Nous connaissons assez bien les goûts de nos bons clients alors on pouvait faire des Facetime avec eux pour leur montrer des morceaux, ou encore faire des photos et vidéos, puis leur faire parvenir ça à la maison », raconte M. Labonté.

Beaucoup de questions en suspens

François Salvail est heureux de pouvoir rouvrir les portes de ses boutiques l’Atout Prix. Il ne cache pas que cette reprise des activités amène cependant son lot de questionnements.

« Nous allons suivre les directives émises par le gouvernement, mais pour l’instant on n’a pas beaucoup d’informations. Est-ce qu’il y aura un nombre de personnes maximales dans le magasin selon sa superficie ou c’est à notre discrétion? (…) Y a-t-il une période, par exemple 24 heures, où il est préférable d’entreposer le linge qui vient d’être essayé? Il y a encore beaucoup d’inconnus », fait valoir M. Salvail.

Déjà, des distributeurs de désinfectants avaient été installés avant la fermeture. Les clients devront se laver les mains avant de pénétrer dans la boutique et seront encouragés à ne pas essayer inutilement des vêtements. Les vendeuses pourraient également porter des masques de protection, surtout que l’entreprise s’est lancée dans la vente de ce produit pendant sa fermeture.

« Nous avons ce qu’il faut pour nos vendeuses, explique le propriétaire. Nous sommes débordés de travail avec les commandes de masques. On croyait faire des travaux pendant la fermeture. Finalement, nos journées finissent très tard depuis qu’on a mis en place la vente de ce produit fait par un fournisseur québécois », partage M. Salvail.

Les propriétaires du Éconosports et du Hockey Expert se réjouissent également de pouvoir accueillir de nouveau leur clientèle. Surtout à l’aube de la saison de golf. « On imagine que le golf est un des premiers sports qui sera permis puisque c’est assez facile de respecter la règle du deux mètres sur les terrains », soutient Dominic Lessard, copropriétaire.

Comme les autres commerçants interrogés par La Tribune, M. Lessard indique qu’il reste plusieurs points à éclaircir avant la réouverture du magasin situé sur la rue King Ouest. « Lorsque les gens vont essayer des items, que ce soit des vêtements ou des casques de hockey, nous allons devoir les mettre en quarantaine, les désinfecter puis les remettre sur le plancher. Mais combien de temps doit-on placer les items en quarantaine? Nous l’ignorons pour l’instant et nous attendons d’avoir plus de précisions », commente M. Lessard.

« Ce sera une gestion complexe, mais nous avons des recommandations très strictes à respecter », poursuit le copropriétaire en précisant être enchanté de retourner au boulot malgré les circonstances actuelles.

« J’ai parlé avec des employés et ils sont aussi vraiment heureux de recommencer. On est très excités », conclut-il.


Golfs et campings doivent prendre leur mal en patience

Actualités

Golfs et campings doivent prendre leur mal en patience

Alain Goupil
Alain Goupil
La Tribune
Les adeptes du camping et les amateurs de golf fondaient beaucoup d’espoir sur la conférence de presse du premier ministre François Legault mardi. Mais ils devront encore patienter…

En effet, les terrains de golf et de camping ne font pas partie de la liste de « déconfinement » annoncée par le premier ministre Legault et le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon, ce qui a grandement déçu plusieurs adeptes de ces loisirs pour qui l’attente est devenue quasi insoutenable.

À LIRE AUSSI: Camping Québec se prépare à une saison différente, mais reste confiant

Des boutiques de golf pourront ouvrir le 4 mai

Dans un message publié sur Facebook dans les minutes qui ont suivi l’allocution de M. Legault, la Fédération québécoise de camping et caravaning (FQCC) a demandé à ses membres de demeurer « patients et positifs », d’ici à ce que le gouvernement autorise la réouverture des terrains de camping.

« Le gouvernement a tout en main pour bien évaluer la situation. Nous aurons des réponses en temps et lieu », a précisé la FQCC.

À la demande du gouvernement, la FQCCC avait annoncé le 10 avril l’annulation de tous les festivals, les événements sportifs ou culturels qui devaient se tenir sur les terrains de camping jusqu’au 31 août 2020. 

« C’est important pour nous de respecter toutes les directives demandées par le gouvernement. La fédération est une organisation responsable; la santé et la sécurité de nos membres campeurs sont nos priorités. La nature de nos événements est basée sur le regroupement de campeurs, donc contraire aux mesures contre les rassemblements de personnes et de distanciation sociale encouragées pour tenter d’enrayer la propagation de la Covid-19 », a indiqué Michel Quintal, président du conseil d’administration de la FQCC.

La FQCC a aussi demandé à ses 16 associations régionales de camping et de caravaning, qui couvrent l’ensemble du Québec, de procéder à l’annulation de ses événements et aux remboursements de ses participants.

Tous les terrains de camping du Québec sont donc fermés et interdits d'accès jusqu'à nouvel ordre. Seuls certains terrains accueillent présentement des fulltimers (résidents à temps plein) qui n’ont aucune autre option de logis pour faire leur quarantaine.

La déception était aussi palpable du côté des amateurs de golf de l’Estrie où l’arrivée des beaux jours ne fait qu’attiser l’envie de pouvoir s’élancer sur les tertres de départ.

Terrains de golf

La déception était aussi palpable du côté des amateurs de golf de l’Estrie où l’arrivée des beaux jours ne fait qu’attiser l’envie de pouvoir s’élancer sur les tertres de départ.

Oui, c’est décevant, a dit Guy Faucher, de Milby. On pensait bien faire partie de la première vague de commerces qui vont ouvrir leurs portes au début de mai, mais ce n’est pas le cas, malheureusement. Je m’attends à ce qu’on fasse partie de la prochaine vague et qu’on puisse ouvrir nos terrains autour du 20 mai», ajoute Guy Faucher.

Même si les boutiques de golf de certains clubs pourront accueillir des clients, M. Faucher ne s’attend pas à un achalandage marqué tant et aussi longtemps que les terrains ne seront pas accessibles.

Mais une fois autorisée, la pratique du golf pourrait faire l’objet de nombreuses restrictions liées à la crise sanitaire, selon Guy Faucher.  

En plus de devoir respecter la règle des deux mètres partout sur le terrain, les golfeurs ne pourront pas se déplacer à deux à bord des voiturettes, sauf s’ils habitent à la même adresse.

Guy Faucher s’attend également à ce que le laps de temps entre chaque départ passe de trois à dix minutes afin de maintenir la distanciation physique.

Pour éviter la propagation du virus, plusieurs terrains de golf se sont déjà dotés d’un nouveau dispositif (E-Z-lift) permettant au golfeur de récupérer sa balle dans le trou sans avoir à toucher à la tige du drapeau avec ses mains.

« Il va y avoir beaucoup de changements cette année à cause du coronavirus, prévient Guy Faucher. Il va falloir s’adapter. »