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Les coopératives d’habitation gagnent du terrain
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Les coopératives d’habitation gagnent du terrain
La popularité des coopératives d’habitation a explosé dans les derniers mois, notamment dans un contexte de boom immobilier. La Tribune s’est penchée sur le sujet en discutant avec une personne qui souhaite démarrer une coopérative pour aînés dans le Val-Saint-François. L’entraide est un des éléments essentiels au bon fontionnement de ce type d’habitation selon Gaston Michaud, le président de la coopérative de solidarité de la brunante à racine. Dynamisme, entraide et esprit de communauté : voici plusieurs éléments de la vie en coop.
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Une future coopérative d’habitation pour aînés à Windsor?

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Une future coopérative d’habitation pour aînés à Windsor?

Lilia Gaulin
Lilia Gaulin
initiative de journalisme local, La Tribune
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Un projet de coopérative d’habitation pour les personnes de 60 ans et plus pourrait éventuellement voir le jour à Windsor. C’est le souhait de Michelle Turcotte et de sa sœur Sylvie. Les deux femmes désirent mettre en place un milieu de vie dynamique et accessible.

D’entrée de jeu, Michelle Turcotte insiste sur le fait que le projet est toujours en phase d’idéation. Ce dernier n’a pas encore été présenté à la Ville de Windsor. Elle évoque être présentement à la recherche de personnes souhaitant s’impliquer dans l’équipe de démarrage la coopérative. « Nous n’avons pas eu l’accord de la municipalité. Nous avons simplement approché une conseillère », explique-t-elle.

« Il faut être une équipe, on ne peut pas faire ça juste à deux », mentionne-t-elle en ajoutant que la pandémie rend plus difficile le recrutement de personnes intéressées par le projet.

C’est au mois de février dernier que Michelle et Sylvie Turcotte se sont senties interpellées par un projet de coopérative d’habitation. « Quand on n’a pas de pension d’un employeur, on ne vit pas riche. »

La spéculation du prix des loyers est un des éléments qui a été à la base de cette idée de coopérative pour les aînés. « Les revenus n’augmentent pas à la vitesse des loyers. »

Michelle Turcotte mentionne avoir effectué plusieurs recherches sur le sujet. Elle entrevoit la coopérative comme un milieu de vie pour les personnes autonomes désirant s’impliquer dans la communauté.

« On pense à des gens qui sont encore actifs, mais avec une possibilité de garder des gens dans le vieillissement jusqu’à semi-autonome. Il n’y aura pas de soins et d’infirmières sur place, ça augmente trop les coûts. On veut garder les loyers les plus abordables possible. »

Un milieu de vie

En développant le projet, Michelle Turcotte souhaite mettre en place une nouvelle offre de services pour les 60 ans et plus à Windsor. « La plupart des résidences pour personnes aînées, c’est une bâtisse avec peu de terrain. Pour moi, ce n’est pas un milieu de vie. […] Les gens ne peuvent pas aller dehors et dans la nature. Ce qu’on voudrait c’est avoir un terrain assez grand pour avoir une aire de détente, un potager et un jardin pour garder les gens actifs. »

« Un milieu de vie, ce n’est pas juste une bâtisse. Il faut qu’il y ait un bel environnement extérieur », ajoute-t-elle.

Idéalement, la coopérative d’habitation compterait entre 10 et 20 logements selon Mme Turcotte.

Elle mentionne que Windsor est l’endroit idéal pour une coopérative comme plusieurs services sont offerts à proximité. « C’est une petite ville. Les gens sont près de plusieurs services. Il y a une bibliothèque, un CLSC, une piscine intérieure et une extérieure et des sentiers pédestres. Il y a tellement de beaux endroits où les personnes peuvent vieillir, mieux que s’ils sont en ville, sur un petit terrain, devant un stationnement. »

Elle aimerait que les gens qui habiteront dans la coopérative s’impliquent dans la communauté. « Quelqu’un qui vient vivre dans une coopérative, ça prend des valeurs spécifiques. Il faut que tu sois prêt à coopérer, à partager et à être sociable. »

Michelle Turcotte explique que les personnes qui habiteront à la coopérative effectueront des tâches selon leurs capacités. « On peut tous aider d’une façon ou d’une autre. […] Tout le monde aura à faire quelque chose, mais ce n’est pas nécessairement des travaux et de l’entretien. Ce sont des personnes en vieillissement. » 

Un projet similaire à Saint-Denis-de-Brompton

Un projet semblable est en cours de réalisation à Saint-Denis-de-Brompton avec le projet de coopérative d’habitation pour les aînés Oasis des lacs. Au total, 20 logements seront construits. Le projet qui est évalué à environ 4 M$ doit voir le jour à proximité de la route 222, derrière l’épicerie.

Le président de la Coopérative de solidarité, Pierre Rhéaume, mentionne que le projet est actuellement en période d’appels d’offres, et ce, jusqu’au 22 juin prochain. Il espère que la première pelletée de terre aura lieu au mois d’août. 

Vivre en coop pour éviter la spéculation

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Vivre en coop pour éviter la spéculation

Lilia Gaulin
Lilia Gaulin
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Les coopératives d’habitation ont gagné en popularité en Estrie et au cœur du Val-Saint-François dans les derniers mois, notamment en raison de la hausse des prix dans le secteur immobilier. Racine, Saint-Denis-de-Brompton, Saint-François-Xavier-de-Brompton et Valcourt sont quelques-uns des endroits possédant ce type de projet sur leur territoire.

Sous leur forme la plus connue, les coopératives d’habitation sont locatives. Ces dernières existent depuis plus de 40 ans, selon le directeur général de la Fédération des coopératives d’habitation de l’Estrie (FCHE), Guillaume Brien. « Au fil des décennies, les coopératives ont vraiment démontré leur force. Tout seul, on va vite, mais ensemble, on va plus loin », mentionne-t-il.

Selon lui, les coopératives d’habitation permettent de tracer un lien entre le rôle de propriétaire et celui de locataire. « Il y a un sentiment d’appartenance, les gens se sentent chez eux. On vient faire le pont entre le propriétaire et le locataire. Dans ce cas-ci, on a les deux rôles à jouer. Il faut être innovateur. »

Depuis environ cinq ans, un nouveau modèle de coopératives d’habitation a vu le jour : les coopératives de propriétaires. Dans un contexte de spéculation immobilière et de crise du logement, ce type de logement permet aux gens d’acquérir une habitation pour seulement une fraction de la valeur marchande.

« On a mis en place une mécanique qui permet d’éviter la surenchère et la spéculation. On ne peut pas acheter plusieurs unités, mais bien seulement celle qu’on va occuper. Ça ressemble à des condos coops, mais avec des gens se regroupent dans un esprit de projet collectif », explique-t-il. 

M. Brien note que ce type d’habitation permet de garder des logements à des prix abordables. Il explique que comme les personnes habitant au sein d’une coopérative d’habitation n’ont pas comme objectif de réaliser des profits à court, moyen et long terme. Selon le directeur général de la FCHE, le prix des habitations au sein des coopératives se situe de 20 % à 30 % en dessous du marché.  

Guillaume Brien évoque que les coopératives sont des « remparts » pour faire face à des crises tout en étant un milieu de vie dynamique.

« On amène les gens à prendre en charge leur milieu que ce soit des coops locatives ou de propriétaires. L’idée est que les gens prennent en main leur projet. Le fait qu’ils participent aux décisions et au développement du projet dans tous ces aspects, ça apporte un sentiment d’accomplissement, une reconnaissance et un sentiment de bien-être. »

Plusieurs coopératives d’habitation pour aînés se sont également développées dans les derniers mois. « La coop est un lieu où l’on peut être autonome. La qualité de vie est plus grande. C’est un atout et un rempart pour la santé. […] On veut garder nos aînés dans nos milieux. »

M. Brien mentionne que dans les coopératives d’aînés, plusieurs personnes s’impliquent dans de nombreux comités. « Ils ont du temps, ils ont le goût et on les appelle à partager leurs connaissances et leurs compétences. C’est très gratifiant. »

Le directeur général de la Fédération des coopératives d’habitation de l’Estrie, Guillaume Brien
Une pionnière du modèle coopératif

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Une pionnière du modèle coopératif

Lilia Gaulin
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Première coopérative de solidarité en habitation au Québec, issue du programme AccèsLogis Québec, La Brunante de Racine est une histoire de communauté. L’entraide est un élément essentiel de ce milieu de vie destiné aux personnes âgées de 75 ans et plus.

Mise sur pied en 2003, La Brunante a été un précurseur dans le domaine des coopératives d’habitation dans la province. Elle a été fondée lors d’une assemblée générale de la Caisse populaire du village de Racine à la suite d’une suggestion qui a été adoptée à l’unanimité.

« Ça faisait longtemps qu’on parlait de faire une maison d’aînés à Racine pour que les gens qui ont grandi ici puissent vieillir ici », explique le président de la coopérative Gaston Michaud.

L’implication de tous les membres, selon leurs capacités, favorise l’entraide. M. Michaud caractérise cet aspect avec la notion de « proche entre-aidant ».

« Les gens sont tous interpellés à propos de leurs besoins et de leur expertise. À Racine, il n’y a pas de vieux, il y a des proches entre-aidants. Quelqu’un peut être faible dans certains domaines, mais c’est très rare qu’une personne n’ait rien à offrir. Tout le monde se rend service », soutient l’homme.

Gaston Michaud évoque que la vie en coopérative permet de prolonger l’autonomie des résidents. « Il y a très peu de nos gens qui vont passer par les CHSLD. On a des gens qui sont très limités par l’Alzheimer, mais ils connaissent bien le fonctionnement et les autres personnes les aident. Ils sont bien entourés. »

« On ne transplante pas un vieil arbre. On ne doit pas exiler les aînés, ils doivent rester chez eux », ajoute-t-il. 

Gaston Michaud mentionne que plusieurs coopératives en Estrie se sont inspirées du modèle mis en place à La Brunante. « Ce n’est pas parce qu’on a 75 ans et plus, qu’on ne peut plus rien décider. »  Il évoque même que le fonctionnement de La Brunante rayonne sur le Vieux-Continent.

Des membres de soutien, issus de la population, vont donner des coups de main aux résidents de La Brunante notamment concernant la gestion. « Une coopérative, c’est donner une structure légale à l’entraide. »

La Brunante a été durement touchée par la COVID-19 en 2020. Les résidents sont sortis plus forts de cette pandémie. Gaston Michaud évoque que « le virus a facilité le contact puisque le désir de vivre ensemble s’est cristallisé. »

Il soutient que le mode de vie en coopérative ne convient pas à tous les types de personnalité. « On essaie de prévenir les problèmes. On veut mettre la maison dans des conditions où il n’y a pas de crises majeures », conclut-il.

Le président de la coopérative de solidarité en habitation La Brunante, Gaston Michaud