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Le vaccin plus accessible, mais les décès en hausse
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Le vaccin plus accessible, mais les décès en hausse
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Le vaccin accessible à d’autres travailleurs de la santé

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Le vaccin accessible à d’autres travailleurs de la santé

Jacynthe Nadeau
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La Tribune
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Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS a ouvert la vaccination à deux nouvelles catégories de travailleurs de la santé jeudi, les employés des résidences privées pour personnes âgées (RPA) et les employés de la trajectoire COVID dans ses hôpitaux, soit les zones chaudes, urgences, soins intensifs et paramédics entre autres.

Ce sont plus de 4300 plages horaires avec le vaccin de Pfizer qui sont ainsi rendues disponibles après que la Santé publique ait décidé de retarder l’administration de la 2e dose, qui était jusque-là mise en réserve pour les personnes déjà vaccinées.

À court terme il y a plus de bénéfices à vacciner rapidement un plus grand nombre de personnes à 90 % d’efficacité que la moitié moins à 95 % d’efficacité, a expliqué en point de presse jeudi le directeur de santé publique en Estrie Dr Alain Poirier.

« Ces doses seront administrées d’ici la fin de la semaine prochaine. On aura un bon bout de chemin de fait avec plusieurs travailleurs de la santé qui seront vaccinés », se réjouit Nancy Desautels, directrice adjointe aux mesures d’urgence, sécurité civile et enjeux organisationnels au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Autant pour le vaccin de Pfizer que pour celui de Moderna, on s’en souvient, les fabricants recommandaient une 2e dose trois à quatre semaines après la première pour atteindre une efficacité plus grande et assurer une protection à long terme.

Le Québec s’est d’abord plié à cette exigence en gardant ces 2es doses en réserve, mais comme les livraisons sont assurées pour les prochaines semaines, a-t-il précisé le 31 décembre, il peut maintenant faire le pari d’administrer toutes les doses reçues au fur et à mesure, dans l’objectif d’accélérer la cadence. 

« Rien ne dit que la 2e dose ne sera pas nécessaire. L’immunité des gens sera vérifiée dans deux, trois ou quatre mois. Et s’il faut donner une deuxième dose on pourra le faire. Mais les chiffres démontrent actuellement que la portée et l’efficacité, c’est vraiment de donner une dose à plus de gens possible », précise le Dr Poirier.

Amorcée le 23 décembre en Estrie, la campagne de vaccination avait rejoint plus de 2000 personnes en milieu d’après-midi jeudi, soit des travailleurs de la santé en CHSLD publics et privés et des employés qui gravitent autour d’eux, ainsi que, depuis mardi, des résidents de ces CHSLD avec le vaccin Moderna.

« À la fin de la semaine prochaine, avec l’ensemble des doses qu’on a chez nous en ce moment, on aura vacciné près de 8800 personnes en Estrie », souligne Mme Desautels. 

La réponse des travailleurs est bonne, dit-elle aussi. Ils sont vaccinés au Centre de foires de Sherbrooke à cause des contraintes de manipulation du vaccin de Pfizer, qui arrive en boîte de 975 unités qui ne sont pas déplaçables d’un site à l’autre.

Dr Alain Poirier, directeur de santé publique en Estrie

Dans chaque RLS

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS prévoit ouvrir un deuxième site de vaccination pour ses employés avec le vaccin de Pfizer au début de février dans le secteur de Granby. Il attend l’équipement nécessaire pour pouvoir conserver le produit à -80 degrés Celsius.

« D’autres points de service s’ajouteront au fur et à mesure dans les prochaines semaines selon l’octroi des vaccins et selon les modalités de déplacement », précise Mme Desautels. 

« L’idée, c’est d’avoir une offre vaccinale par territoire de RLS (réseau local de services) lorsqu’on sera rendu à vacciner au sein de la population. » 

Le CIUSSS n’a pas précisé jeudi à quel moment il prévoit commencer à vacciner la population en général. La priorisation des groupes se fait selon la vulnérabilité des personnes ainsi que l’approvisionnement. 

La capacité du réseau d’administrer les précieux vaccins n’est pas un enjeu, au contraire, puisque plusieurs mains se sont levées pour aider quand ce sera nécessaire, assure Mme Desautels.

À savoir si la région de l’Estrie reçoit une part équitable des vaccins achetés par Ottawa avant d’être distribués au Québec, le Dr Poirier se montre satisfait. 

Il souligne qu’il y a plusieurs contraintes de fabrication, de distribution et de consentement à prendre en compte pour que toutes les doses produites soient le mieux utilisées possible. Il illustre par exemple qu’avec des boîtes de 975 unités, la distribution peut sembler avantager des régions moins populeuses. 

« Il y a plusieurs éléments qui peuvent ralentir un peu la campagne, reconnaît Dr Poirier, mais surtout pas empêcher la bonne volonté qu’on a de donner tous ces vaccins-là. Parce qu’on y croit, nous, à la vaccination. »

Nancy Desautels, directrice adjointe aux mesures d’urgence, sécurité civile et enjeux organisationnels au CIUSSS de l’Estrie-CHUS

La priorisation proposée par Québec

1. Les personnes vulnérables et en grande perte d’autonomie qui résident dans les centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) ou dans les ressources intermédiaires et de type familial (RI‑RTF).

2. Les travailleurs du réseau de la santé et des services sociaux en contact avec des usagers.

3. Les personnes autonomes ou en perte d’autonomie qui vivent en résidence privée pour aînés (RPA) ou dans certains milieux fermés hébergeant des personnes âgées.

4. Les communautés isolées et éloignées.

5. Les personnes âgées de 80 ans ou plus.

6. Les personnes âgées de 70 à 79 ans.

7. Les personnes âgées de 60 à 69 ans.

8. Les personnes adultes de moins de 60 ans qui ont une maladie chronique ou un problème de santé augmentant le risque de complications de la COVID-19.

9. Les adultes de moins de 60 ans sans maladies chroniques ou problèmes de santé augmentant le risque de complications, mais qui assurent des services essentiels et qui sont en contact avec des usagers.

10. Le reste de la population adulte.

La vaccination des enfants et des femmes enceintes sera déterminée en fonction d’études à venir sur la sécurité et l’efficacité des vaccins chez ces personnes. Source : Quebec.ca

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Pas d’obligation de vaccination (ou presque)

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Pas d’obligation de vaccination (ou presque)

René-Charles Quirion
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Si un employeur ne peut obliger un travailleur à se faire vacciner contre la COVID-19, il peut cependant en faire une obligation professionnelle dans les hôpitaux, CHSLD et résidences pour personnes âgées.

Avocate spécialisée en droit du travail au cabinet Vaillancourt Riou Avocats de Sherbrooke, Me Marie-Claude Riou explique qu’une jurisprudence a été établie lors de la vaccination liée à la H1N1 en 2010 à Rimouski.

« Un employeur ne peut obliger un employé à se faire vacciner en vertu de la Charte des droits et libertés de la personne. Cependant, l’employeur peut en faire une exigence professionnelle dans le domaine de la santé ce qui fait en sorte que l’employé qui refuse la vaccination pourrait être contraint de rester à la maison sans solde », explique Me Riou.

Cette dernière signale que l’exigence professionnelle doit être justifiée au milieu pour éviter le risque de propagation.

« Un vaccin est une intrusion dans le corps de la personne. L’employeur doit en démontrer la nécessité dans le cadre de l’emploi pour que ce soit une exigence professionnelle. Au Québec, un employeur ne peut obliger ses employés à se faire vacciner, à moins que le gouvernement légifère en ce sens; ce qui n’est pas le cas », explique Me Riou.

Elle rappelle qu’un employé a le droit de refuser la vaccination.

« Le retrait du milieu du travail lorsqu’un employeur prouve que la vaccination est obligatoire pourrait se poursuivre jusqu’à la fin de la pandémie. Cette exigence professionnelle doit cependant être justifiée par la sécurité du personnel et de la clientèle », indique Me Riou.

Concernant l’imposition du couvre-feu de 20 h à 5 h par le gouvernement du Québec, Me Marie-Claude Riou invite les employeurs à fournir une lettre de façon à faciliter la justification de leur absence de leur domicile en dehors de la période permise.

« L’employeur doit s’assurer de fournir une attestation à son employé et ce dernier doit s’assurer de la conserver avec lui de façon à pouvoir la présenter en cas de besoin. C’est une amende qui est sévère, alors les gens sont mieux de voir à pouvoir à se justifier facilement s’il y a lieu », indique l’avocate spécialisée en droit du travail.

Me Marie-Claude Riou

Voyages à l’étranger

Concernant les voyages à l’étranger, qui ne sont pas interdits, mais que le gouvernement encourage fortement à restreindre, Me Riou explique qu’un employeur ne peut s’ingérer dans la vie privée de ses employés.

« Ce n’est pas interdit de voyager même si c’est fortement suggéré de ne pas le faire. Il est préférable d’en parler avec son employeur, mais il n’y a aucune obligation en ce sens », mentionne Me Riou,

Le seul droit de gérance de l’employeur concernant les vacances demeure sa décision de les accorder ou non et de refuser une absence non justifiée pour les deux semaines de quarantaine au retour si elles n’ont pas été prévues par l’employé.

« C’est à l’employé de consulter son employeur sur la possibilité de faire cette quarantaine avant de partir. Ça peut avoir des conséquences fâcheuses en cas d’absences fautives », indique Me Marie-Claude Riou. 

Sept nouveaux décès en Estrie

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Sept nouveaux décès en Estrie

Jacynthe Nadeau
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À deux jours de l’entrée en vigueur du couvre-feu et des mesures de confinement plus sévères, la région sociosanitaire de l’Estrie présentait jeudi un de ses pires bilans depuis le début de la pandémie.

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS déplore 7 nouveaux décès liés à la COVID-19, 146 nouveaux cas confirmés, 70 personnes hospitalisées sur une possibilité de 74 lits dédiés à la COVID-19, ainsi que 8 personnes aux soins intensifs.

Dans le bilan déposé jeudi matin qui compile les données en date du 6 janvier, on rapporte deux décès à Sherbrooke à l’Hôpital et Centre d’hébergement Argyll, trois à Granby au centre d’hébergement Villa-Bonheur et aux Résidences Soleil – Manoir Granby, et deux dans la communauté sans spécifier dans quelle municipalité de l’Estrie.

Cela porte à 195 le nombre de décès liés à la COVID-19 dans la région depuis le début de la pandémie et à 8786 cas confirmés. Quelque 7488 personnes en sont également rétablies. 

La plus importante hausse de cas depuis 24 heures survient dans le RLS (réseau local de services) de la Haute-Yamaska incluant Bromont avec 61 personnes confirmées à la COVID-19. Les RLS de Sherbrooke et de Memphrémagog suivent avec respectivement 33 et 24 nouveaux cas.

Dans les hôpitaux du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, le nombre de personnes hospitalisées est ainsi passé de 63 lundi, à 57 mardi puis à 70 mercredi. Une personne a toutefois quitté les lits de soins intensifs.

Il n’est pas encore question de délester des activités pour ouvrir plus de lits COVID, mais la situation est surveillée de très près par l’ensemble des directions du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, soutient Nancy Desaultels, directrice adjointe aux mesures d’urgence, sécurité civile et enjeux organisationnels.

« On est presque à 100 % de notre capacité pour les lits dédiés COVID. Pour l’instant, avec le délestage, on est exactement au même niveau qu’avant les Fêtes. On surveille l’évolution pour s’ajuster et trouver des solutions pour être capable d’avoir un 150 % de capacité pour la COVID éventuellement, si on avait besoin de se rendre jusque là. »

Un bilan de plus 140 nouveaux cas a été enregistré une autre fois seulement depuis le début de la pandémie, soit le 29 décembre avec 146 cas également.

Avec la campagne de vaccination qui se poursuit et les mesures de confinement plus strictes qui entrent en vigueur samedi, le CIUSSS espère un impact positif sur l’occupation de ses lits de courte durée, partage Mme Desautels. 

« On en a pour quelques semaines encore à vivre avec cette situation précaire du point de vue de l’hospitalisation, mais par chance, la vaccination est arrivée et devrait au courant des prochaines semaines et des prochains mois nous aider dans cette situation-là. »

COVID-19: 158 nouveaux cas et offensive de dépistage au Centre-du-Québec

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COVID-19: 158 nouveaux cas et offensive de dépistage au Centre-du-Québec

Gabriel Delisle
Gabriel Delisle
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Trois-Rivières — La direction régionale de la Santé publique rapporte jeudi 158 nouveaux cas de COVID-19 dans la région, dont 103 uniquement au Centre-du-Québec. Il s’agit d’un des plus lourds bilans quotidiens depuis mars dernier. Devant une transmission communautaire importante, une offensive de dépistage est d’ailleurs lancée dans la MRC de Drummond, le secteur le plus touché par la pandémie.

Le plus récent bilan fait aussi état de huit décès supplémentaires. Six de ces personnes habitaient dans des résidences privées pour aînés, alors que les deux autres avaient leur propre domicile. Ce sont 392 personnes qui sont mortes de la COVID-19 en Mauricie et au Centre-du-Québec depuis mars dernier.

On dénombre jeudi 46 hospitalisations, soit une de moins que mercredi. De ce nombre, deux personnes étaient soignées aux soins intensifs.

Les 124 personnes rétablies dans le bilan de jeudi ne sont pas en nombre suffisant pour faire diminuer le nombre de cas actifs dans la région qui est maintenant de 1098.

En résumé, 103 des nouveaux cas rapportés jeudi ont été dépistés au Centre-du-Québec, contre 55 en Mauricie. Les secteurs les plus touchés sont les MRC de Drummond (79 nouveaux cas), Trois-Rivières (32), la MRC d’Arthabaska (12), Shawinigan (12) et la MRC de Nicolet-Yamaska (8).

«Nous avons de fortes augmentations du nombre de nouveaux cas ces derniers jours. Il y a beaucoup de transmission communautaire. Beaucoup de ces nouveaux cas ne sont pas reliés à des éclosions», mentionne Guillaume Cliche, agent d’information au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ).

Offensive de dépistage dans la MRC de Drummond

Devant la constante progression du nombre de cas dans la MRC de Drummond, uniquement jeudi on dénombre 79 nouveaux cas sur ce territoire, le CIUSSS MCQ a accentué ses efforts de dépistage.

«La situation épidémiologique dans la MRC Drummond est très préoccupante alors que la transmission communautaire atteint un niveau extrêmement élevé. Dans le but de freiner la propagation du virus, le dépistage doit s’intensifier de manière significative afin d’identifier rapidement les cas et leurs contacts et ainsi limiter au maximum les éclosions», mentionne dans le bilan quotidien Guillaume Cliche.

«Les personnes qui ont été en contact avec une personne déclarée positive à la COVID-19 et les personnes qui présentent des symptômes, aussi légers soient-ils, doivent se faire dépister. Un léger mal de gorge, un nez qui coule, des courbatures sont souvent des petits maux que nous pouvons ignorer et qui peuvent découler d’une journée passée à l’extérieur, mais il peut aussi s’agir de la COVID-19».

Le dépistage se fait sur rendez-vous. Il est possible de prendre ce rendez-vous via clicsante.ca et en téléphonant au 1 877 644-4545.