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Le retour des braves
Le retour des braves
Il est possible de passer la nuit dans un tipi au mont Ham. Ce genre de tourisme autochtone est en pleine expansion.
Il est possible de passer la nuit dans un tipi au mont Ham. Ce genre de tourisme autochtone est en pleine expansion.

Un tourisme plus «authentique»

Simon Roberge, Initiative de journalisme local
Simon Roberge, Initiative de journalisme local
La Tribune
Le tourisme autochtone est en plein essor et la COVID pourrait bien lui avoir donné l’erre d’aller nécessaire pour s’envoler. De nombreuses communautés utilisent maintenant le tourisme comme activité économique principale.

« Le tourisme autochtone est de plus en plus intéressant et recherché, lance d’emblée Suzie O’Bomsawin, directrice du département des consultations territoriales au Grand Conseil de la Nation Waban-Aki. À mon avis, ce qui est surtout motivant pour nous, c’est de véhiculer une image authentique et de reprendre le contrôle sur ce qu’est le tourisme autochtone. C’est de véhiculer une image réaliste et non ce que les touristes veulent bien voir de nous. »

Mme O’Bomsawin indique que le tourisme autochtone permet aussi d’ouvrir un dialogue et de répondre aux questions des visiteurs qui sont toujours très nombreuses. Elle donne le statut Awdowinno au sommet du mont Ham en exemple.

« Les gens nous demandent pourquoi la statue n’a pas de coiffe avec des plumes et porte un chapeau, souligne-t-elle. On leur mentionne que ça ne faisait pas partie de notre héritage et d’autres discussions en découlent. »

Le musée des Abénakis à Odanak, qui existe depuis plus de 50 ans, est d’ailleurs en train de renouveler son exposition permanente.

« Les touristes pourront avoir un regard renouvelé sur nous-mêmes, souligne Mme O’Bomsawin. On est en train de faire tout le travail d’introspection. Il y a plusieurs communautés qui prennent cette tangente en proposant des séjours en forêt ou de rencontres avec des aînés pour apprendre à faire des objets traditionnels. C’est hyper emballant et les touristes sont vraiment intéressés. »

Habituellement, sur les 15 000 visiteurs annuels du musée, on compte principalement des touristes européens ou des gens qui viennent d’autres régions. Ce que Suzie O’Bomsawin observe en ce moment avec les impacts de la COVID, ce sont des gens de la région qui viennent visiter le musée.

« Ça fait du bien d’avoir des discussions avec des touristes européens qui ont énormément de clichés sur les peuples autochtones, mais d’avoir ce dialogue-là avec les gens de la région, c’est aussi intéressant. »