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Le Maine espère voir les Québécois très bientôt
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Le Maine espère voir les Québécois très bientôt
Old Orchard Beach, Ogunquit, York, Bangor… Même si l’été est déjà passablement entamé, des milliers de Québécois espèrent toujours pouvoir aller se prélasser sur les plages du Maine d’ici la fin des vacances.
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Le Maine attend les French Canadians

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Le Maine attend les French Canadians

Alain Goupil
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La Tribune
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Old Orchard Beach, Ogunquit, York, Bangor… Même si l’été est déjà passablement entamé, des milliers de Québécois espèrent toujours pouvoir aller se prélasser sur les plages du Maine d’ici la fin des vacances.

Et ils ne sont pas les seuls…

Hôteliers, restaurateurs et commerçants de cet État de la Nouvelle-Angleterre sont tout aussi nombreux et impatients à l’idée de voir revenir ces hordes de French Canadians qu’ils n’ont pas vues depuis plus d’un an et demi.

Plusieurs d’entre eux espèrent en effet une réouverture de la frontière canado-américaine le rapidement possible. Idéalement, dès le 21 juillet…

Surtout qu’à cette période-ci de l’année, le stationnement du Alouette Beach Resort, d’Old Orchard Beach, est habituellement rempli de véhicules immatriculés au Québec, souligne son propriétaire, Fred Kennedy.

« Cette année, on a reçu un seul couple de Canadiens », dit-il en faisant référence au week-end suivant le congé de la Fêta nationale. « C’est certain qu’ils nous manquent. Ce sont eux qui donnent une saveur particulière à Old Orchard. »

À quelques centaines de mètres plus à l’ouest, sur Grand Avenue, le motel Beau Rivage est l’un des établissements les plus fréquentés des Québécois à Old Orchard. Là aussi, l’espoir d’une réouverture prochaine de la frontière suscite de grandes attentes.

« On a beaucoup de réservations faites par des Canadiens pour la fin juillet et tout le mois d’août, explique Angela Zheng, au téléphone. On sent qu’ils ont hâte de revenir. Et nous aussi, on a bien hâte de les revoir… 

Afin d’inciter les Québécois à revenir sur les plages du Maine, plusieurs établissements hôteliers ont décidé d’assouplir leurs politiques de remboursements, advenant qu’Ottawa décide de prolonger la fermeture de la frontière au-delà du 21 juillet.

Assouplissements

Afin d’inciter les Québécois à revenir sur les plages du Maine, plusieurs établissements hôteliers ont décidé d’assouplir leurs politiques de remboursements, advenant qu’Ottawa décide de prolonger la fermeture de la frontière au-delà du 21 juillet. 

Après avoir assoupli certaines mesures pour les Canadiens pleinement vaccinés, le premier ministre Justin Trudeau a promis d’autres allègements à la frontière dans les prochaines semaines, tout en prenant soin d’ajouter que la pandémie n’était toujours pas terminée.

Ce qui n’empêche pas certains États situés le long de la frontière de faire pression sur le Canada pour une « réouverture sensée » des postes-frontière.

« Ici, au Vermont, nous sommes d’avis qu’il faut rétablir les relations de chaque côté de la frontière le plus tôt possible, a déclaré le sénateur Patrick Leahy. C’est une décision qui doit se prendre en fonction de considérations scientifiques et non pas politiques. » 

À ce chapitre, les États de la Nouvelle-Angleterre sont parmi ceux ayant le plus haut taux de vaccination complète des États-Unis.

Dans le comté de York (auquel sont rattachés Old Orchard Beach, Kennebunkport, York et Ogunquit), les deux tiers des résidants (66 %) sont considérés pleinement vaccinés. Un taux qui grimpe à 80 % dans le comté de Cumberland (Scarborough, Portland, Freeport) situé un peu plus au nord le long de la côte.

Chose certaine, le retour des Québécois est très attendu au Maine. D’autant plus que les touristes américains ne réussissent pas à combler les pertes de revenus causés par l’absence des visiteurs d’outre frontière.

« On voit effectivement plus de touristes des États-Unis, affirme Angela Zheng, mais ils restent ici une journée ou deux et ils s’en retournent. Ils ne restent pas aussi longtemps et ils ne dépensent pas autant que les Canadiens. » Avec La Presse canadienne et Associated Press

De gros sous en jeu

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De gros sous en jeu

Alain Goupil
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Rouvrira? Rouvrira pas? La pression s’accentue sur les épaules de Justin Trudeau pour qu’il annonce la réouverture de la frontière canado-américaine à compter du 21 juillet. Et le Maine fait partie de ces États américains qui espèrent voir les touristes québécois débarquer sur leurs plages, avec leur maillot, leur lotion solaire et leur glacière, tellement son industrie touristique a été mise à mal par la pandémie.

Les chiffres sont éloquents. L’an dernier, la fermeture de la frontière canado-américaine et les restrictions liées à la COVID-19 ont fait perdre 2,3 milliards $ US à l’économie de cet État côtier pour qui le mot vacances est inscrit jusque dans sa devise : Vacationland.

Même si le plan national d’urgence de 1900 milliards $ US du président Biden a permis aux résidents et à plusieurs commerçants de se maintenir à flot, la pandémie a laissé ses traces. Là comme ailleurs, des commerces ont dû mettre la clé sous la porte ; des employés rattachés au tourisme ont quitté le bateau, provoquant là aussi une pénurie de main-d’œuvre.

Une étude de l’Université du Maine, publiée à la fin de l’année 2020, précise que le tourisme génère annuellement des revenus de plus de 6,5 milliards $ US dans l’économie du Maine, soit près de 10 % de son produit intérieur brut (PIB) évalué à 68 milliards $ US. 

Appels insistants

Une des conséquences de la COVID-19 est d’avoir mis un terme à une séquence de 14 années consécutives de croissance dans ce secteur de l’économie. Selon l’Agence du revenu du Maine, durant le seul mois de juillet 2020, le manque à gagner lié au tourisme s’est élevé à 400 M$ US.

Ce n’est donc pas un hasard si les principaux acteurs de cette industrie sont présentement à pied d’œuvre pour réclamer la réouverture immédiate de la frontière à tous les citoyens adéquatement vaccinés, et ce, des deux côtés de la barrière. D’autant plus que le Maine, tout comme plusieurs autres États de la Nouvelle-Angleterre, a levé en mai la plupart des restrictions imposées dans la foulée de la pandémie.

Depuis quelques jours, les appels du pied se font plus insistants, non seulement parmi les chambres de commerce et les gens d’affaires, mais aussi parmi les citoyens ordinaires. Sur les réseaux sociaux, des groupes se sont formés selon les destinations préférées de tout un chacun : Old Orchard Beach, Maine; Friends Who Like Ogunquit, Pine Point, etc.

Michael Gilson, un citoyen de la Montérégie, écrit qu’il avait prévu se rendre à Pine Point en août. « On y va depuis 1976 (dans la même maison depuis tout ce temps-là). On a mis une croix là-dessus encore une fois cette année, et ça nous fait bien de la peine. »

Isabelle Roy, qui fréquente Old Orchard Beach depuis 16 ans, invite les Québécois à ne pas perdre espoir. « Même si c’est après la fête du Travail, la météo est encore superbe, écrit-elle. Il y a moins de monde, mais tout est ouvert pendant les week-ends et le prix des locations baisse énormément », rappelle-t-elle.