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Le CIUSSS de l’Estrie en «situation critique»
Covid-19
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Le CIUSSS de l’Estrie en «situation critique»

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Le CIUSSS de l’Estrie en «situation critique»

Marie-Christine Bouchard
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La Tribune
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Les hôpitaux universitaires sherbrookois ont été placés sur la liste des dix hôpitaux du Québec en « situation critique ».

« Si ça continue comme ça, on va dépasser notre capacité «, a déploré en point de presse le ministre Christian Dubé vendredi après-midi.

Les hôpitaux en situation critique doivent délester leurs activités, ce qui est déjà amorcé au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

 « Nous avions l’objectif de libérer des lits d’hospitalisation dans les deux hôpitaux de Sherbrooke (Hôtel-Dieu et Hôpital Fleurimont) désignés COVID-19. L’objectif de rendre 100 % de ces ‘‘lits COVID-19’’ disponibles est atteint », explique Geneviève Lemay, porte-parole du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

« Le délestage d’activités a été réalisé au niveau des activités chirurgicales et des cliniques ambulatoires afin de permettre le déplacement de personnel requis pour ces lits COVID-19. De l’orientation et de l’accompagnement ont été organisés pour le personnel déplacé », ajoute-t-elle.

Parmi les autres mesures de délestage, la salle d’urgence de Windsor fermera aussi ses portes à compter de lundi; son personnel sera redéployé dans le réseau.

Des infirmières qui faisaient des suivis de patients avec des maladies chroniques, spécialisées en recherche ou dans d’autres domaines sont aussi appelées à venir travailler auprès des malades. » Il nous faut être en mesure d’accueillir en tout temps les usagers devant être hospitalisés en raison de la COVID-19 qu’ils proviennent de l’Estrie ou d’autres régions », répond Mme Lemay.

Il y avait vendredi 41 patients atteints de la COVID-19 hospitalisés à Sherbrooke, dont trois aux soins intensifs. De ces 41 patients, trois proviennent de l’extérieur de l’Estrie.

Sites non traditionnels

Les établissements en « situation critique » doivent aussi utiliser des « sites non traditionnels » pour donner les soins. C’est aussi déjà le cas en Estrie.

Il y a plusieurs semaines que les deux hôpitaux sherbrookois n’ont plus l’espace pour accueillir de nouveaux patients.

En octobre, le CIUSSS a dû ouvrir un « site non traditionnel » (SNT) de soins dans un ancien couvent de la rue Bowen afin d’y accueillir temporairement les personnes en attente d’une place d’hébergement en CHSLD dans un lieu plus propice au rétablissement.

Au départ, une quarantaine de lits devaient être ouverts. Il y en a aujourd’hui 60.

Le CIUSSS gère aussi un second site non traditionnel (SNT) de soins, le Centre de confinement de Sherbrooke étant situé dans un ancien couvent de la rue Galt Ouest. Ce deuxième SNT est notamment utilisé pour isoler les résidents de CHSLD atteints de la COVID-19. Trente-cinq employés y ont infectés à cause d’une éclosion qui est toujours en cours.

Les équipes de soins de tous les milieux doivent donc composer pratiquement à tous les quarts de travail avec des postes d’infirmières, d’infirmières auxiliaires ou de préposés aux bénéficiaires non comblés.

« Des défis sans précédent »

La direction des ressources humaines du CIUSSS de l’Estrie-CHUS navigue depuis plusieurs années dans un contexte difficile de pénurie de personnel. La pandémie plonge toutefois l’organisation dans des « défis de ressources humaines sans précédent », d’autant plus que plusieurs employés doivent s’absenter plusieurs jours et parfois davantage après avoir contracté la COVID-19.

« On doit prendre des décisions et renoncer sur des sujets que l’on croyait encore non négociables il y a quelques semaines, il y a quelques mois… », mentionne Josée Paquette, la directrice des ressources humaines, des affaires juridiques et des communications au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

La lumière au bout du tunnel

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Marie-Christine Bouchard
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Des travailleurs de la santé recevront un cadeau de Noël bien spécial le 24 décembre : ils seront les tout premiers Estriens à recevoir le vaccin de la compagnie Pfizer contre la COVID-19.

L’arrivée de ce vaccin est source d’espoir pour les Estriens, tout comme pour la direction du CIUSSS de l’Estrie-CHUS. « Ce vaccin va inévitablement nous aider dans la lutte à la pandémie », mentionne Nancy Desautels, directrice adjointe aux mesures d’urgence, sécurité civile et enjeux organisationnels au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

La lumière est maintenant visible au bout du tunnel. La vie pourra éventuellement reprendre son cours normal, ou presque, graduellement au cours de la prochaine année.

L’espoir est donc permis. L’espoir que l’on retrouve bientôt moins de patients très malades hospitalisés pour lutter contre les complications de la COVID-19. L’espoir que les proches aidants puissent retrouver leurs ainés hébergés en CHSLD. L’espoir que les grands-parents puissent bientôt serrer leurs petits-enfants dans leurs bras. L’espoir de pouvoir aller souper au restaurant entre amis.

Le CIUSSS a choisi de vacciner en tout premier lieu son personnel de la santé qui travaille dans les 28 CHSLD de son territoire parce que ce premier vaccin ne peut pas être déplacé après sa livraison.

« Le vaccin développé par la compagnie Pfizer-BioNTech présente quelques défis logistiques importants : il doit être conservé à des températures très froides et ne peut, pour l’instant, être déplacé. Le lieu de livraison doit donc être stratégique pour assurer un accès juste et équitable au vaccin. Le Centre de foires de Sherbrooke, qui a tout récemment servi comme lieu de vaccination saisonnière, était donc tout indiqué comme lieu de livraison et d’administration des premières doses du vaccin », ajoute Mme Desautels tout en indiquant que la date de livraison prévue est le « 22 ou le 23 décembre ».

« Dès qu’il sera possible de déplacer le vaccin, ou quand nous recevrons des vaccins de la compagnie Moderna, nous irons vacciner nos aînés dans les CHSLD et les résidences privées pour aînés », mentionne ajoute-t-elle.

3000 travailleurs de la santé ciblés

Le CIUSSS de l’Estrie espère pouvoir vacciner 3000 travailleurs de la santé dans les trois prochaines semaines. Et on se prépare très activement pour pouvoir vacciner sur plusieurs sites aussitôt que les vaccins arriveront de façon plus importante.

Il s’agit là de très bonnes nouvelles alors que les éclosions dans les milieux extrêmement fragiles se s’additionnent jour après jour en Estrie – une région qui avait pourtant réussi à épargner ses aînés dans la première vague de la pandémie. 

Et qui dit éclosions en CHSLD et en résidences privées pour aînés dit évidemment des décès prématurés de pères, de mères, de grands-parents qui seraient peut-être encore bien vivants si ce contagieux coronavirus n’avait pas frayé son chemin jusque dans leur lieu de résidence.

Seulement au cours des sept derniers jours, 23 Estriens sont décédés des complications de la COVID-19 – le record absolu pour la région.

Nancy Desautels espère évidemment que le taux d’adhésion des employés et des personnes les plus à risque sera bon.

« On sait que le vaccin est très attendu par certains, mais qu’il est craint par d’autres. Notre campagne de communication est déjà commencée à l’interne », dit Nancy Desautels.

La lueur est là, tout au bout du tunnel, mais il faudra encore patienter avant de pouvoir rendre visite à ses grands-parents ou encore pour souper entre amis, alors que les hôpitaux universitaires sherbrookois viennent d’être placés sur la liste des « hôpitaux en situation critique » par le ministre de la Santé et des Services sociaux Christian Dubé.

Hôpitaux et CHSLD sous tension

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Hôpitaux et CHSLD sous tension

Marie-Christine Bouchard
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Le ministre Christian Dubé implore les Québécois de ne pas chercher à contourner les règles durant la période des Fêtes et à ne pas se rassembler de façon illégale.

« Il ne faut pas tricher. Si on triche, on peut avoir un impact sur un lit qu’on va enlever à quelqu’un d’autre », a-t-il insisté en point de presse vendredi après-midi. 

« Ce n’est pas le temps [...] de contourner les règles, je vous en prie. Parce que le virus, il ne rentrera pas en cocooning. Il va rester là », a rajouté le Dr Horacio Arruda, directeur national de la santé publique.

La situation demeure difficile en Estrie, comme ailleurs au Québec. Vendredi, le CIUSSS de l’Estrie-CHUS a d’ailleurs été placé sur la liste des dix établissements de santé « en situation critique » au Québec.

78 nouveaux cas vendredi

Le nombre de nouveaux cas de COVID-19 est retombé à la baisse ce vendredi, avec 78 cas confirmés. L’Estrie termine donc la semaine avec l’ajout au total de 686 nouveaux cas au cours des sept derniers jours, en baisse par rapport à la semaine dernière (avec 736 nouveaux cas).

Le bilan du côté des décès est cependant moins réjouissant. En effet, trois nouveaux décès se sont venus assombrir le bilan vendredi. Au total, 23 personnes ont succombé aux complications du coronavirus au cours des sept derniers jours. On compte maintenant 115 personnes décédées de la COVID-19 depuis le début de la pandémie en Estrie.

Au total, le CIUSSS de l’Estrie fait face à 17 éclosions et à sept veilles d’éclosions dans ses hôpitaux et ses CHSLD, sans oublier que neuf résidences privées pour aînés qui affrontent aussi le virus.

Argyll et Villa-Bonheur très affectés

Le CHSLD Argyll est durement touché actuellement par trois éclosions sur différents étages. Au total, 81 résidents sont infectés, dont 11 sont décédés. De plus, 38 employés ont été contaminés. Ce CHSLD dispose de 259 places réparties sur cinq étages.

L’autre CHSLD touché de plein fouet par une éclosion toujours active est le CHSLD Villa-Bonheur de Granby où le bilan est très lourd : 88 des 102 patients ont contracté la maladie, ainsi que 95 employés. Et surtout : 22 patients sont décédés des complications du virus.

Le CHSLD de Coaticook traverse aussi une phase difficile avec 31 résidents infectés, dont quatre sont décédés, ainsi que 19 employés infectés.

Même situation au CHSLD d’Youville de Sherbrooke avec 27 résidents infectés, dont trois sont décédés, ainsi que 18 employés.

Victime de moins de 30 ans

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS note aussi qu’une « personne de la communauté » (c’est-à-dire qu’elle n’habitait pas en CHSLD ou n’était pas hospitalisée) âgée entre 20 et 29 ans est décédée des complications de la COVID-19 au cours des derniers jours.

Il est cependant impossible de savoir si cette personne souffrait d’une autre maladie la rendant plus vulnérable aux complications de la COVID-19.

« Nous ne pouvons communiquer de l’information en lien avec le dossier d’un patient. Par contre, ce décès nous rappelle que le virus peut être dangereux pour certaines personnes et qu’il n’est pas à prendre à la légère », rappelle-t-on du côté du service des communications du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Toujours des cas dans Fleurimont

Les cas actifs sont aussi toujours nombreux à Sherbrooke, alors que l’agrégat dans l’arrondissement de Fleurimont continue de s’agrandir. Jusqu’ici, 382 Sherbrookois résident dans ce secteur ont été contaminés par la COVID-19 au cours des dernières semaines.

Un agrégat est un regroupement inhabituel de cas d’une même maladie dans une population, pour une zone géographique et une période de temps donnée. L’agrégat de Fleurimont est le plus important qui a été connu en Estrie après celui d’Ascot à Sherbrooke (118 personnes, maintenant terminé), celui du Granit (169 personnes, toujours en cours) et celui des Sources (245 personnes, toujours en cours).

Au total depuis le début de la pandémie, il y a eu 6497 personnes atteintes de la COVID-19, dont 115 sont décédées et 5319 maintenant considérées comme rétablies. Il reste donc encore 1063 cas actifs dans la région.