Contenu commandité
Le CIUSSS de l'Estrie doit libérer plus de lits
Covid-19
Le CIUSSS de l'Estrie doit libérer plus de lits
Partager
Le CIUSSS de l’Estrie doit libérer plus de lits

Covid-19

Le CIUSSS de l’Estrie doit libérer plus de lits

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
Article réservé aux abonnés
Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS doit délester encore plus de ses activités non urgentes afin de répondre à la demande des personnes ayant besoin de soins immédiats, qu’ils soient ou non liés à la COVID-19.

Les chirurgies non urgentes se font donc de plus en plus rares et certaines chirurgies semi urgentes sont aussi réalisées avec un délai.

Plus de 11 000 patients sont en attente d’une chirurgie au CIUSSS de l’Estrie-CHUS. « C’est le même nombre que nous avions atteint lors du pic de la première vague en mars », souligne la Dre Colette Bellavance, directrice des services professionnels au CIUSSS de l’Estrie-CHUS

Durant l’été, l’établissement avait réussi à repasser sous la barre des 10 000 chirurgies en attente.

La salle d’urgence de Windsor reste donc fermée, de nombreux rendez-vous en clinique externe sont remis ou non planifiés, des infirmières oeuvrant dans différents secteurs spécialisés (au Centre de recherche du CHUS ou faisant du suivi avec des patients aux prises avec des maladies chroniques, entre autres exemples…) doivent laisser tomber leurs tâches régulières pour venir soigner les patients dans les différents départements.

« C’est une recherche d’équilibre au quotidien que nous faisons », assure la Dre Bellavance.

Un comité de coordination a été mis en place dans l’établissement pour prendre les décisions liées au délestage après avoir évalué l’ensemble des impacts sur la clientèle.

« Ce n’est sûrement pas dans cette situation que nous souhaitions nous retrouver au début de 2021, mais c’est la situation, et nous devons nous y faire face », souligne la Dre Bellavance.

Mardi, le personnel du CIUSSS soignait huit patients atteints de la COVID-19 provenant de l’extérieur du territoire qu’il dessert. La gestion des lits COVID-19 se fait à l’échelle provinciale par le ministère de la Santé et des Services sociaux.

Dans ces circonstances où le CIUSSS doit encore délester davantage, a-t-il vraiment les moyens de soigner des patients provenant de l’extérieur de la région?

« On a la responsabilité au Québec d’être le plus possible autonome dans nos régions. C’est seulement quand une région a du mal à admettre des patients que la centrale de coordination provinciale fait appel à une autre région. Hier, il y a eu confirmation par le ministère de la Santé que d’autres régions du Québec vont devoir augmenter eux aussi leur capacité d’hospitalisation des cas COVID », ajoute la Dre Bellavance.

Le Protocole de priorisation des soins intensif n’est pas appliqué en Estrie, ni ailleurs au Québec. « Il s’agit d’un protocole qu’on souhaite tous ne jamais avoir à appliquer dans le réseau de santé québécois. Il est extrêmement important de tout faire pour éviter d’avoir à l’appliquer dans le futur », indique la Dre Bellavance.

Les deux hôpitaux de Sherbrooke « sous très haute surveillance »

Covid-19

Les deux hôpitaux de Sherbrooke « sous très haute surveillance »

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
Article réservé aux abonnés
« La situation est sous très haute surveillance » dans les deux hôpitaux sherbrookois aux prises avec une augmentation importante du nombre d’hospitalisations liées à la COVID-19.

« La préoccupation de la deuxième vague de la pandémie, ce n’est pas d’avoir des lieux physiques, d’avoir accès à certains médicaments ou à du matériel ou d’avoir suffisamment de respirateurs, c’est la situation de la disponibilité du personnel et des professionnels », affirme la Dre Colette Bellavance, directrice des services professionnels au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Avec 70 de ses 74 lits réservés à la COVID-19 occupés, le CIUSSS de l’Estrie-CHUS se prépare à ouvrir 37 lits supplémentaires aussitôt que ce sera nécessaire.

« À ce moment-ci, les espaces physiques et le personnel sont déjà ciblés », affirme la Dre Colette Bellavance, directrice des services professionnels au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Le service des soins intensifs est moins sollicité pour le moment avec 10 lits occupés sur une possibilité de 25 lits réservés à la clientèle COVID-19 (voir graphique).

« Pour les soins intensifs, nous nous préparons aussi à la possibilité d’ouvrir 50% plus de lits si les besoins augmentent », ajoute la Dre Bellavance.

Les projections de l’INESSS laissent d’ailleurs présager un dépassement des capacités hospitalières en Estrie – comme presque partout au Québec – au cours des prochaines semaines.

Rappelons-le : les gens atteints de la COVID-19 développent généralement des complications plusieurs jours après avoir contracté la maladie, complications qui s’aggravent suffisamment pour nécessiter une hospitalisation encore quelques jours plus tard… On parle donc de trois phases dans la maladie.

Le 8 janvier, il y a quatre jours à peine, le Québec a franchi pour la première fois la barre des 3000 nouveaux cas quotidiens. Même si la tendance est à la baisse depuis quatre jours, une nouvelle vague de patients COVID à hospitaliser est à prévoir.

À lire aussi

Les éclosions compliquent tout

Le CIUSSS de l’Estrie fait face à différentes situations qui viennent tout compliquer. D’abord, plusieurs de ses CHSLD sont aux prises avec des éclosions. Du personnel atteint de COVID-19 doit donc s’absenter du travail. Du personnel supplémentaire est requis pour toutes les tâches nécessaires aux soins des aînés. Et des éclosions sont aussi en cours dans de nombreux départements hospitalisations.

C’est notamment le cas à l’Hôpital Fleurimont où huit éclosions sont en cours dans différents départements.

La pression est donc très forte sur le réseau considérant ces trois facteurs : une augmentation du nombre d’éclosions dans les hôpitaux et les CHSLD, combinée à la hausse des hospitalisations liées à la COVID-19 et à une pénurie de personnel qui existait longtemps avant la pandémie.

De plus, pour faire face à la hausse des demandes d’hospitalisations, le CIUSSS de l’Estrie-CHUS a ouvert deux sites non traditionnels de soins, dans deux anciens couvents, afin d’y loger tous les patients de façon sécuritaire. Mais il faut opérer ces sites avec le même bassin de personnel.

Avec les éclosions, plusieurs travailleurs s’absentent aussi du travail pendant dix jours après un diagnostic positif ou pendant 14 jours s’ils ont été en contact étroit avec une personne atteinte de la COVID-19.

« Le risque que notre personnel et nos médecins s’absentent de façon ponctuelle est plus élevé en ce moment », souligne la Dre Bellavance.

L’Estrie redescend à 1000 cas actifs

COVID-19

L’Estrie redescend à 1000 cas actifs

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
Article réservé aux abonnés
Le nombre de nouveaux cas de COVID-19 est à la baisse pour une deuxième journée consécutive en Estrie, alors que 77 nouvelles personnes ont été déclarées positives à la COVID-19 mardi, tout comme 98 autres lundi.

L’Estrie suit la tendance de la province. Pour une deuxième journée de suite, le nombre de nouveaux cas rapportés mardi au Québec est sous la barre des 2000, soit 1934.

En Estrie comme au Québec d’ailleurs, il s’agit d’une baisse drastique de 25% moins de cas d’un seul coup.

Il faut s’en réjouir, mais « deux jours ne font pas le printemps. Il faut que ça dure », met en garde le directeur de la Santé publique de l’Estrie, le Dr Alain Poirier.

L’Estrie fait face à 53 éclosions en ce moment – en grande majorité dans des milieux hospitaliers, en CHSLD et dans les résidences pour aînés.

Cela contribue à mettre une très grande pression sur les hôpitaux universitaires de Sherbrooke, qui sont « sous très haute surveillance ».

La direction du CIUSSS de l’Estrie-CHUS doit aussi délester de nombreuses activités jugées non urgentes afin d’avoir les ressources nécessaires pour soigner toutes les personnes ayant besoin de soins urgents

À lire aussi

La vaccination va bien

La vaccination va bien en Estrie, tient à souligner le Dr Alain Poirier. Mardi, 3942 Estriens avaient reçu une première dose des vaccins Pfizer ou Moderna. Ce sont soit des travailleurs de la santé, soit des résidents de CHSLD.

« La moitié de nos CHSLD ont été visités, et on prévoit avoir vacciné les 2500 résidents des 26 CHSLD à la fin janvier », explique le directeur de la Santé publique.

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS est prêt à vacciner aussitôt qu’il reçoit des doses. « Nous n’avons pas d’enjeux de personnel pour vacciner », souligne le Dr Poirier.

Des infirmières retraitées se sont notamment portées volontaires pour participer à l’effort de vaccination, comme plusieurs d’entre elles le font aussi chaque année pour la campagne de vaccination annuelle contre l’influenza.

Trois nouveaux décès

L’Estrie rapporte mardi trois nouveaux décès, portant le total à 215 décès depuis le début de la pandémie. Ceux-ci étaient des résidents des CHSLD Argyll et Saint-Vincent et de la Résidence Place Primevère dans le RLS de la Haute-Yamaska.

L’Estrie compte aujourd’hui très exactement 1000 cas actifs de COVID-19. Il y a plusieurs semaines que ce nombre était bien supérieur à 1000.

C’est dans les RLS (réseau local de services) de la Haute-Yamaska, du Haut-Saint-François et du Val-Saint-François que l’on retrouve maintenant le plus grand nombre de cas actifs.

Rappelons que les gens qui ne sont pas hospitalisés sont considérés comme guéris de la COVID-19 14 jours après leur diagnostic positif.