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«La situation reste très critique dans les hôpitaux », estime Legault
COVID-19
«La situation reste très critique dans les hôpitaux », estime Legault
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«La situation reste très critique dans les hôpitaux », déplore Legault

COVID-19

«La situation reste très critique dans les hôpitaux », déplore Legault

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
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Quarante-et-un Estriens ont reçu un diagnostic positif à la COVID-19 au cours des 24 dernières heures; un résultat aussi bas n’avait pas été vu en Estrie depuis les premiers jours de novembre, tout juste avant que la région bascule en zone rouge.

L’Estrie compte maintenant 9974 Estriens contaminés depuis le début de la pandémie, dont 8976 sont considérés comme rétablis. Il reste donc aujourd’hui 764 cas toujours actifs. L’Estrie franchit ainsi la barre des 2% de la population ayant contracté le virus depuis le début de la pandémie.

Les nouvelles sont toutefois moins bonnes du côté des décès, alors que cinq personnes de plus ont trouvé la mort à cause des complications liées à la COVID-19. Deux personnes vivaient à domicile dans les réseaux locaux de services (RLS) du Granit et de la Haute-Yamaska, alors que les trois autres personnes étaient hospitalisées dans des départements en éclosions à l’Hôpital de Granby, à l’Hôpital Fleurimont et à l'Hôpital Brome-Missisquoi-Perkins de Cowansville.

Hôpitaux sous pression

Les hôpitaux universitaires de Sherbrooke continuent cependant de faire face à une pression inédite : on compte maintenant 82 patients hospitalisés à cause de la COVID-19, une augmentation de huit patients par rapport à la veille.

«La situation reste très critique dans les hôpitaux. Le Québec peut encore bien soigner les patients COVID, mais beaucoup de conséquences pour autres patients, dont ceux en attente d'une chirurgie», a dit le premier ministre François Legault lors du point de presse de mardi après-midi.

La diminution du nombre de cas, en Estrie comme au Québec d’ailleurs, est encourageante. « Si la baisse du nombre de cas se maintient, ça se traduira éventuellement par une baisse des hospitalisations COVID », a ajouté le premier ministre.

Mais « il faut faire attention avant de se réjouir trop vite», a-t-il ajouté.

Poirier demeure prudent

Le directeur de la Santé publique de l’Estrie Alain Poirier tenait aussi lundi des propos prudents face à la baisse de cas qui est en train de s’observer tranquillement dans la province.

La capacité initiale du CIUSSS de l’Estrie-CHUS était de 74 patients atteints de COVID-19, une capacité ensuite augmentée à 79 lits. La direction du CIUSSS pourrait dégager jusqu’à 111 lits réservés à la COVID-19, mais attend une demande en ce sens de la part du ministère de la Santé et des Services sociaux.

Si l’espace physique est déjà déterminé pour ouvrir ces lits, c’est l’enjeu de ressources humaines qui rend difficile l’ouverture de lits supplémentaires.

Le CIUSSS procède à du délestage de nombreuses activités non urgentes depuis plusieurs semaines afin de trouver du personnel pour combler tous ses besoins. L’ouverture de lits supplémentaires pour les patients atteints de la COVID-19 les force donc à délester davantage.

Il y a également 12 patients hospitalisés aux soins intensifs, une augmentation de deux personnes depuis la veille. Le CIUSSS a réservé 25 lits de soins intensifs réservés à la COVID-19.

Éclosions

Le nombre d’éclosions reste plutôt stable en Estrie mardi. Aucune nouvelle éclosion n’a été dévoilée dans les résidences pour aînés, les hôpitaux et les CHSLD. Une éclosion dans une garderie en milieu familial de Sherbrooke et une à l’école de la Chantignole dans le RLS de La Pommeraie ont été dévoilées, tout comme deux éclosions dans des milieux de travail, l’une à Sherbrooke et l’autre dans La Pommeraie.

L’Hôpital Fleurimont est toujours sous pression avec 11 éclosions actives en cours. Il n’est pourtant pas question de cesser les activités qui amènent des usagers à l’intérieur de la plus grande installation du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, comme les rendez-vous en cliniques externes ou en radiologie, ou encore d’annuler les quelques chirurgies électives ou semi urgentes que l’on réussit encore à effectuer.

La plupart des éclosions concernent « moins de cinq employés et usagers », soutient le Dr Vincent Masse, microbiologiste et officier en chef de prévention et contrôle des infections au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

« Une priorité importante pour l’établissement est de maintenir le maximum d’activités, malgré les éclosions. Les équipes de prévention et de contrôle des infections (PCI) travaillent fort à contenir les éclosions pour limiter l’impact sur les autres activités de l’Hôpital Fleurimont », rassure le Dr Masse.

« Je tiens à rassurer la population : si vous devez venir à l’hôpital, si vous avez un rendez-vous, vous devez venir. Toutes les mesures sont prises pour assurer votre sécurité. Les usagers ont toutefois un rôle à jouer en respectant les bonnes pratiques, comme le lavage des mains fréquent, le port du masque et la distanciation physique… » ajoute le Dr Masse.

COVID-19: Legault dit oui à la relâche, mais non aux voyages [VIDÉO]

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COVID-19: Legault dit oui à la relâche, mais non aux voyages [VIDÉO]

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
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François Legault veut garder la semaine de relâche scolaire, début mars. Mais pas question d’en profiter pour aller se faire dorer la couenne dans le Sud, prévient le premier ministre du Québec. Il demande au gouvernement fédéral d’interdire tous les vols internationaux non essentiels.

«On devrait avoir une semaine de relâche. Ça va être bon que tout le monde se repose une semaine», a déclaré le premier ministre Legault, mardi, lors de son habituel point de presse sur la situation de la COVID-19.

«C’est même bon pour la contagion que tout le monde [du réseau de l’éducation] reste à la maison une semaine», poursuit-il.

Mais attention : les petites familles et les enseignants ne doivent pas aller passer cette semaine les orteils dans le sable et autour de la piscine, insiste M. Legault.

Il demande donc dès maintenant à son homologue fédéral, Justin Trudeau, d’interdire les vols internationaux non essentiels.

Un droit de voyager enchâssé dans la constitution canadienne, avait pourtant affirmé le premier ministre Trudeau, deux heures plus tôt, pour justifier qu’il ne faisait que «fortement déconseiller» les voyages d’agrément au lieu de les interdire de façon concrète.

M. Legault se demande alors pourquoi Ottawa l’avait fait au printemps. À problème exceptionnel, solution exceptionnelle, répète le premier ministre québécois. 

Le fédéral peut concocter une liste de destinations interdites, ce qui permettrait d’éviter un imbroglio diplomatique avec les États-Unis, croit-il.

«Mais quelqu’un qui prend un forfait dans un tout-inclus à Punta Cana [en République dominicaine], est-ce un besoin essentiel? La réponse est non. Dans la situation où on est, on ne peut pas accepter ce genre de voyage.

«L’an passé, pour la semaine relâche, ça avait pris trop de temps à Justin Trudeau pour fermer les frontières et ça avait eu un très mauvais impact sur la contagion. J’espère qu’on ne va pas répéter les mêmes erreurs», a contrattaqué M. Legault.

À la défense de son député

Le premier ministre a dû défendre un élu de son parti, Youri Chassin, parti au Pérou pendant la période des Fêtes. Le député de Saint-Jérôme, aussi adjoint parlementaire du ministre de l’Économie et de l’Innovation, s’est rendu sur place pour aider son conjoint à faire progresser ses démarches d’immigration au Canada.

«Youri n’est pas allé au Pérou pour avoir du plaisir et jouer dans le sable!» a illustré le chef de la Coalition avenir Québec, ajoutant que M. Chassin avait reçu l’autorisation du chef de cabinet du premier ministre, Martin Koskinen. M. Legault y voit une raison essentielle, au même titre que la mort imminente d’un proche.

Le député libéral de Mont-Royal et ancien chef par intérim du Parti libéral du Québec, Pierre Arcand, a été sanctionné par sa cheffe, Dominique Anglade, pour avoir pris des vacances à la Barbade pendant les Fêtes. Il a perdu toutes ses fonctions autres que celle de députée.

La SQ dans les aéroports?

M. Legault espère que le fédéral se montre plus sévère à l’endroit des voyageurs qui entrent au Canada. Test avant le vol de retour, test à l’arrivée, un autre une semaine après et, surtout, surveillance beaucoup plus serrée de l’isolement obligatoire.

«Des appels robotisés, ce n’est pas suffisant», souligne le premier ministre du Québec, quant au suivi de la quarantaine.

Le gouvernement québécois en est même à élaborer son propre plan pour renforcer et mieux appliquer les restrictions aux gens qui arrivent ou reviennent au Québec par avion.

Sans souhaiter mobiliser encore plus de ressources humaines, où on est déjà à court, on réfléchit au ministère de la Sécurité publique du Québec à un plan qui impliquerait la Sûreté du Québec dans les aéroports.

«Si on est obligé de le faire, on va trouver une façon de le faire. Parce qu’en ce moment, ce n’est pas uniquement la contagion normale qui nous préoccupe, mais aussi les nouveaux variants qui arrivent d’autres pays», a expliqué le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, assis aux côtés du premier ministre Legault, du directeur national de la santé publique, Dr Horacio Arruda, et de la sous-ministre adjointe à la Santé, Dre Lucie Opatrny.

«Geneviève Guibault [ministre de la Sécurité publique et vice-première ministre] prépare un plan pour faire le travail à la place du gouvernement fédéral, tout en respectant les champs de compétences», ajoute M. Legault.

Le Dr Arruda a révélé que le variant britannique de la COVID-19 a été détecté chez cinq personnes jusqu’ici au Québec.

Les avis écrits rendus publics

Après les demandes répétées de journalistes et des partis de l’opposition, M. Legault a annoncé que les avis écrits rédigés par la Santé publique à l’intention du gouvernement du Québec durant la pandémie seront rendus publics.

«Parce qu’on n’a rien à cacher. [...] On reçoit des avis de la Santé publique, mais ce n’est jamais noir ou blanc. [...] Il n’y a pas de guide d’instructions. La Santé publique fait son possible et on fait, au gouvernement, notre possible», résume le premier ministre.

Pas d’exception pour les itinérants

Pour le couvre-feu, pas question de créer une exception officielle pour les itinérants.

Comme le demande pourtant la mairesse de Montréal, Valérie Plante, ainsi que déjà plus de 11 000 signataires d’une pétition en ligne depuis une semaine et parrainée par la députée péquiste Véronique Hivon.

«Les policiers font un très bon travail et ne font pas exprès pour donner des contraventions aux itinérants, fait valoir M. Legault. Si on instaure un règlement pour ne pas recevoir de contravention, n’importe qui va pouvoir dire qu’il est itinérant. J’ai confiance dans le jugement de nos policiers depuis le début du couvre-feu et on va les laisser continuer à travailler.»

Au cégep et à l’université une fois par semaine

Autre élément nouveau, le premier ministre espère que les étudiants des cégeps et des universités puissent fréquenter les classes «au moins une fois par semaine», mais pas avant la fin de la période du couvre-feu, qui doit se terminer le 8 février.

La session commence cette semaine ou la semaine prochaine, selon le niveau.