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La prison à vie pour Pascal Gagnon
Justice et faits divers
La prison à vie pour Pascal Gagnon
Pascal Gagnon a été reconnu coupable du meurtre au premier degré d'Érick Lavoie, mardi. La Tribune vous dresse le portrait des événements et de la décision vers laquelle ceux-ci ont culminé : une première de la sorte à Sherbrooke depuis le début du millénaire. 
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Pascal Gagnon condamné pour le pire crime au pays

Justice

Pascal Gagnon condamné pour le pire crime au pays

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Pascal Gagnon a été reconnu coupable du meurtre au premier degré de son ancien partenaire d’affaires en décembre 2017.

Il a été condamné à une peine de prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans.

Le juge Gaétan Dumas de la Cour supérieure a rendu sa décision, mardi, au palais de justice de Sherbrooke en condamnant Gagnon à la plus grave accusation du Code criminel.

Vêtu d’une veste de jean et d’une chemise bleutée, Gagnon a accueilli le verdict sans broncher. Derrière son masque, il n’a laissé paraitre aucune émotion.

« Non monsieur le juge », a répondu Gagnon lorsque le tribunal lui a demandé s’il avait quelque chose à dire avant que la peine la plus importante au pays lui soit imposée.

Le meurtrier a laissé une dévastation dans son sillage

Justice et faits divers

Le meurtrier a laissé une dévastation dans son sillage

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Ce sont des enfants qui seront privés à tout jamais de leur père, une conjointe qui ne verra plus son confident et une famille dévastée de la perte d’Érick Lavoie, que Pascal Gagnon a laissé dans son sillage de meurtrier en abattant sa victime de façon préméditée en décembre 2017.

« La nuit du 4 décembre, le meurtrier m’a enlevé mon amoureux, mon meilleur ami, le père de mes enfants, les projets d’avenir que moi et Éric avions. Il a aussi enlevé un père, un fils, un beau-fils, un beau-frère, un oncle, un ami. Un être cher qui nous manque énormément tous les jours », a exprimé la conjointe de la victime, Mélanie Lizotte, dans une lettre déposée au tribunal après l’imposition de la peine à Pascal Gagnon.

Ces évènements ont eu des conséquences sur ses enfants.

« Érick était un papa présent pour nos enfants. C’était lui qui s’occupait des activités parascolaires de nos enfants. Il était aussi présent lors des sorties scolaires et des spectacles des enfants. Il n’en manquait jamais un. » 

C’est par la voix de la procureure aux poursuites criminelles Me Geneviève Crépeau que la conjointe de la victime a été entendue au tribunal, mardi.

« Érick était un homme qui prenait soin des gens qu’il aimait », explique la conjointe de la victime qui le décrivait comme un homme qui aimait rire, bon et qui aimait la vie.

La conjointe est maintenant devenue méfiante envers les gens et poursuit un suivi à la suite de ces évènements traumatisants.

« Aucun mot ne pourra décrire ce que nous avons vécu et ce que nous vivons chaque jour. Aucun mot ne semble assez fort », indique Mélanie Lizotte dans sa lettre.

Serrures et système d’alarme ont été ajoutés aux portes et aux fenêtres pour se sentir en sécurité dans sa résidence.

« Je suis préoccupée par les conséquences psychologiques que ce geste aura sur mes enfants. Perdre son papa alors qu’il a été assassiné est terrible. Mais que ce meurtre ait été commis dans notre demeure où mes enfants ont vu leur papa allongé sur le plancher inerte, ces images resteront gravées dans leur mémoire pour le restant de leurs jours, explique Mélanie Lizotte dans sa lettre.

Elle a exprimé avoir peur de la remise en liberté de Gagnon même si la possibilité de libération conditionnelle ne sera pas possible avant décembre 2042 soit 25 ans après son incarcération à la suite du meurtre.

Meurtre prémédité d'Érick Lavoie : la chronologie des événements

Justice

Meurtre prémédité d'Érick Lavoie : la chronologie des événements

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Pascal Gagnon vient d'écoper d'une peine de prison à vie pour le pire crime du pays, soit l'assassinat prémédité de son ancien partenaire d'affaires Érick Lavoie. Lumière sur cette tragique soirée du 4 décembre 2017 à Sherbrooke.

— À 17 h 26 : Pascal Gagnon fait un achat au dépanneur Couche-Tard du 4475 boulevard Bourque à Sherbrooke.

— Vers 20 h 4 : Pascal Gagnon indique à sa conjointe par texto qu’il doit rencontrer un médecin à Granby le lendemain en lui souhaitant bonne nuit

— À 20 h 33 : Il fait un achat du dépanneur Renald Morin de la rue Principale à Saint-François-Xavier-de-Brompton

— À 21 h 43 : Il fait un appel à son cousin capté par une tour cellulaire à Saint-Alphonse-de-Granby

« Dans sa déclaration aux policiers, l’accusé déclare s’être effectivement rendu chez sa tante à Granby et qu’il avait prévu y passer la nuit, mais qu’il se serait buté à une porte close (...) sa tante témoigne qu’elle n’a jamais quitté son domicile le soir du meurtre et que l’accusé ne l,a pas visité et qu’il ne lui a pas téléphoné », analyse le juge Gaétan Dumas dans sa décision.

— L’accusé prend une sortie de l’autoroute pour se diriger vers le domicile d’Érick Lavoie à Rock Forest qui n’est aucunement sur le chemin de son domicile situé dans le secteur de Brompton.

— Pascal Gagnon se rend à la résidence d’Érick Lavoie sur la rue de Bordeaux à Rock Forest.

— Il charge l’arme qu’il a déjà en sa possession.

— Il cogne à la porte du domicile d’Érick Lavoie. 

— Il atteint Érick Lavoie de huit projectiles d’arme à feu.

« Selon ses propres paroles, si un des enfants avait ouvert la porte, il ne lui aurait pas tiré dessus. Il n’aurait pas tiré sur la conjointe de la victime non plus. Son intention était de tuer la victime et c’est ce qu’il a fait », conclut le juge Dumas.

— L’accusé confesse le crime à la centrale 9-1-1.

— Il est arrêté par le Service de police de Sherbrooke alors qu’il attend les policiers sur le balcon de sa résidence.

Premier accusé du millénaire à être condamné pour un meurtre au premier degré à Sherbrooke

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Premier accusé du millénaire à être condamné pour un meurtre au premier degré à Sherbrooke

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Techniquement, Pascal Gagnon est le premier accusé à être condamné pour un meurtre au premier degré à Sherbrooke depuis le début du millénaire.

Le meurtrier de Julie Boisvenu, Hugo Bernier, a été condamné pour le crime le plus grave du Code criminel en 2004 pour le meurtre commis en 2002 à Sherbrooke, mais le procès et la condamnation se sont déroulés au palais de justice de Montréal.

La jeune femme de 27 ans avait été enlevée, séquestrée, agressée sexuellement puis tuée par Hugo Bernier. Ce dernier avait été condamné à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 2027.

L’individu avait été condamné pour ce meurtre à Montréal après un changement de venue imposé par le tribunal.

Pascal Gagnon devient donc le premier accusé à être condamné au palais de justice de Sherbrooke à la lourde peine minimale de prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans.

Depuis le passage à l’an 2000, Jeffrey Loach, pour le meurtre de sa conjointe Faye Geraghty en 2006, et l’adolescent qui a tué Réjeanne Pelletier-Charette en 2010 ont été condamnés pour des meurtres au deuxième degré.

À la fin des années 90, Marcel Blanchette et Jean-Paul Bainbridge ont écopé de la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans de prison pour le meurtre d’Isabelle Bolduc en 1996. Bainbridge a pu demander une libération après 20 ans, mais elle lui a été refusée à deux reprises.

La jeune femme avait été enlevée, séquestrée, abusée sexuellement et assassinée le 30 juin 1996. Elle avait été retrouvée dans un boisé de Fleurimont. 

Il faut remonter à 1991 pour répertorier une autre condamnation pour meurtre prémédité à Sherbrooke.

Jean-Paul Provost, qui avait tué son ex-conjointe Manon Leblanc sur la rue Woodward dans l’est de Sherbrooke, avait été reconnu coupable de meurtre au premier degré par un jury.

Provost avait tué son ex-conjointe après une nuit où il affirme avoir bu et s’être drogué. Quelques heures après avoir quitté Manon Leblanc, il s’est rendu chez elle. Il y est entré par effraction et lui a tiré deux coups de feu à bout portant.

Plus de quinze ans après le meurtre, Jean-Paul Provost avait exprimé publiquement ses regrets lors de l’audition de sa requête devant jury pour que sa période d'admissibilité à une libération conditionnelle passe de 25 ans à 15 ans dans le cadre de sa sentence de prison à perpétuité.