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La lente avancée des fermières
La lente avancée des fermières
La Fédération des agricultrices planche sur un projet de possible coopérative de placement de garde pour les familles agricoles, afin de répondre à leurs besoins spécifiques à cette profession.
La Fédération des agricultrices planche sur un projet de possible coopérative de placement de garde pour les familles agricoles, afin de répondre à leurs besoins spécifiques à cette profession.

Une coopérative pour garder les enfants d’agricultrices?

Jasmine Rondeau
Jasmine Rondeau
Initiative de journalisme local - La Tribune
Et si les familles agricoles avaient leur propre service de placement de garde? La Fédération des agricultrices du Québec planche actuellement sur un projet qui pourrait répondre au souhait du tiers de ces familles de recevoir les services d’une éducatrice directement à la maison, le tout selon leurs horaires bien atypiques.

Une demande de financement à cet effet vient d’être déposée au ministère de la Famille. Cette sollicitation d’un montant de 40 000 $, déposée en vertu du Programme de soutien financier en matière de conciliation famille-travail destiné aux milieux de travail, servirait à l’embauche d’une ressource pour étudier la faisabilité du projet et déterminer la forme qu’il prendrait, explique la directrice générale de la Fédération, France De Montigny.

« C’est encore très embryonnaire, dit-elle. Ce qu’on veut faire, c’est de réaliser une étude de marché. Si on voit qu’il y a un potentiel intéressant, on réalisera un plan d’affaires pour l’implantation de cette structure-là. Comment je vois ça, c’est qu’une employée pourrait travailler l’avant-midi chez une famille, puis l’après-midi chez une autre famille. Si le bassin n’est pas suffisamment grand au niveau agricole pour assurer la viabilité économique, il pourrait s’élargir à d’autres corps de métiers avec des horaires variables ou en rotation d’horaire comme les policiers ou les infirmiers, etc. »

Le principe pourrait ainsi être semblable à une CUMO (coopérative d’utilisation de main-d’œuvre), une entité autrefois plus répandue et plus financée, qui permettait aux agriculteurs de bénéficier des services d’un employé sans devoir l’engager à temps plein.

« Parfois, la femme aime mieux engager quelqu’un pour garder les enfants pendant qu’elle tire les vaches, plutôt que de rester à la maison et d’engager quelqu’un pour tirer les vaches. Ce sont des entrepreneures, après tout », explique pour sa part la présidente de la Fédération, Jeannine Messier.

C’est d’ailleurs un récent sondage réalisé par le syndicat auprès de 300 familles agricoles qui a démontré que 33 % d’entre elles souhaitaient pouvoir faire garder leurs enfants directement à la maison. On évoquerait également un certain essoufflement des grands-parents, qui sont souvent appelés à garder les enfants à temps plein.

« On veut aussi s’assurer d’une certaine qualité de formation des éducatrices, ajoute Mme De Montigny. En ce moment, il existe des services de placement de nounous, mais ce n’est pas ça qu’on veut du tout. Ce qu’on veut, c’est que ça ne soit pas une structure privée et que les familles aient accès au remboursement du gouvernement pour les frais de garde. »

Si la Fédération démontre que son projet est viable dans la prochaine année, elle estime pouvoir compter sur le Secrétariat à la condition féminine pour financer une partie de la phase d’implantation et de création.

France De Montigny est directrice générale de la Fédération des agricultrices du Québec.