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Garder le cap durant un an
Covid-19
Garder le cap durant un an
C’est le 11 mars 2020 que l’Organisation mondiale de la santé déclare que la COVID-19 est une pandémie mondiale.  C’est d’ailleurs le même jour qu’un premier cas de COVID-19 a été confirmé en Estrie. Un an plus tard, La Tribune a rencontré plusieurs acteurs qui étaient sur la ligne de départ pour affronter les conséquences de la pandémie quand le contagieux virus venu de Chine est venu ébranler la vie de l’ensemble des Québécois.
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Tous sur la ligne de départ et encore là un an plus tard

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Tous sur la ligne de départ et encore là un an plus tard

Marie-Christine Bouchard
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Personne dans le réseau de la santé n’était vraiment préparé en mars 2020 à affronter une pandémie d’un nouveau virus aussi contagieux et aux conséquences tellement imprévisibles.

« Le Dr Poirier [Alain, le directeur de la Santé publique de l’Estrie] nous avait avisés en décembre 2019 qu’il y avait un nouveau virus qui circulait en Chine, mais jamais on n’aurait cru vivre ça », a expliqué Stéphane Tremblay, le président-directeur général du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, dans un long entretien accordé à La Tribune en décembre.

« L’année 2020 a été très exigeante, surprenante, imprévisible », ajoutait-il.

« Nous étions plongés dans l’inconnu. Personne n’était en position de dire qu’il avait connu quelque chose d’une telle ampleur avant, même si nous avions déjà connu des éclosions d’influenza et de gastro dans nos établissements », mentionne Sylvie Moreault, directrice des programmes soutien à l’autonomie des personnes âgées au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

« Ce nouveau type de coronavirus s’est répandu comme une trainée de poudre sur la planète », indique le Dr Alex Carignan, microbiologiste et infectiologue au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Heureusement, il y avait sur la ligne de départ de nombreux joueurs prêts à se lancer dans la course. Pas une course de 100 mètres. Pas un marathon. « C’est un ultra trail », image la Dre Marie-Maud Couture, chef du département d’urgence au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Des personnes infectées par la COVID-19 sont arrivées très vite en Estrie, qui est devenue l’une des régions les plus touchées du Québec dès la mi-mars, quand le virus faisait encore une entrée timide sur la Belle Province.

Le Dr Alex Carignan est microbiologiste et infectiologue au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

« Le 11 mars, j’étais à l’urgence et j’ai ressenti le besoin d’aller au centre de coordination pour voir ce qui se passait et pour pouvoir participer aux décisions. Toute mon équipe était déjà en mode mobilisation », soutient la Dre Marie-Maud Couture.

Il y a un an, le 11 mars 2020, les salles d’urgence du Québec étaient donc pleines à craquer, exactement comme elles le sont toujours durant nos hivers québécois. 

« Il fallait trouver les moyens pour protéger nos patients tout en nous protégeant nous-mêmes, le tout dans un climat d’incertitude », se rappelle-t-elle.

Et c’est ce qui fut fait. Vite, très vite. En effet, plusieurs directives ont été mises en place en Estrie avant même qu’elles ne soient rédigées par le ministère de la Santé et des Services sociaux.

« Pour y arriver, on a travaillé en équipe plus que jamais », résume la Dre Couture.

Le 11 mars dernier, il y avait bien plus de questions que de réponses sur ce nouveau type de coronavirus. Comment se transmettait-il? À quel traitement pouvait-il bien réagir? Comment savoir qui allait développer ou non des complications? 

«Période difficile»

Le Dr Alex Carignan fait partie de ceux qui ont été frappés de plein fouet par cette vague déferlante avec l’ensemble de son équipe et de ses confrères de travail en infectiologie au CIUSSS de l’Estrie-CHU. Parce que s’il y avait des spécialistes pour répondre à ces questions primordiales, c’était assurément dans cette équipe qu’ils se trouvaient.

« Au début, il y avait tellement de questions et on avait très peu de réponses. D’un point de vue humain, c’était très difficile. On sentait l’inquiétude de nos collègues, des équipes de soins, des patients... Les gens se tournaient beaucoup vers nous en infectiologie pour avoir des réponses, mais on n’en avait pas tellement », se rappelle le Dr Carignan, microbiologiste, infectiologue et épidémiologiste au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Le médecin se souvient d’un soir où il a quitté l’hôpital tellement épuisé qu’il s’est mis à pleurer aussitôt à l’abri dans son véhicule. « Humainement, ç’a été une période difficile », rapporte-t-il.

Heureusement dans les équipes, il y avait les éternels optimistes, ceux qui refusent de baisser les bras, ceux qui restent au front même quand les cernes s’accumulent sous leurs yeux et que le lot de patients à voir peut sembler presque infini, même quand le sommeil est difficile à trouver parce qu’il est impossible de laisser le boulot derrière soi, même l’espace de quelques heures de repos.

Stéphane Tremblay, le président-directeur général du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, est photographié aux côté du Dr Alain Poirier, directeur de la Santé publique de l’Estrie, quelques semaines avant le début de la pandémie.

Parmi ceux-là, il y a assurément Marie-Maud Couture, la chef du département d’urgence.

« Dans la dernière année, j’ai vraiment appris à lâcher prise à propos des choses sur lesquelles je n’avais pas de contrôle. Parce que je dois avouer que j’ai eu le vertige à quelques reprises quand j’essayais de planifier des choses plus loin dans le temps », rappelle-t-elle.

Et même si tout allait trop vite à l’hôpital, il y a de l’autre côté sa famille qui l’a aidée à garder l’équilibre.

« Mes adolescentes ont compris que les sacrifices qu’elles font, comme se couper de leurs amis, le confinement, ne plus faire de sport parascolaire, tout ça ce sont des gestes de solidarité collective. De voir leur belle compréhension face à la situation, ça m’a touchée, ça me touche, ça m’encourage », dit-elle avec émotion.

Coups durs

Mais bien sûr, il y a eu des coups durs dans la dernière année. Des patients perdus, des éclosions qui ne se terminaient plus, avec parfois l’impression que tout a été déjà fait… mais qu’il faut faire encore mieux, encore plus, même si on ne sait plus comment.

« COVID ou pas, ce serait peut-être arrivé, ou pas, mais le décès d’une de mes collègues de l’urgence à Granby m’a secouée. Ça nous montre que personne n’est à l’abri d’un problème de santé mentale et qu’il faut prendre soin de nous, pandémie ou pas », soutient la Dre Couture.

Sylvie Moreault a aussi connu des moments de découragement. « Nous pouvons lever une éclosion dans un CHSLD après trois tournées de tests de dépistages négatifs. Il est arrivé que personne ne sortait négatif après deux tournées, mais qu’il soit ressorti des personnes positives à la troisième tournée, quand on pensait qu’on allait pouvoir lever l’éclosion. Là on se disait : « Ah non, on recommence à zéro » et honnêtement, ç’a été des moments difficiles à gérer pour moi, mais pour toutes les équipes », rapporte Sylvie Moreault.

Depuis deux semaines, il n’y a plus aucune éclosion dans les CHSLD de l’Estrie. Il reste quelques résidences privées pour aînés en situation difficile, et le CIUSSS leur vient en aide en leur prêtant toutes les ressources humaines nécessaires pour venir à bout des éclosions qui secouent leurs milieux.

« L’avenir est positif. Il est plus positif qu’il ne l’était il y a quelques mois », mentionne Sylvie Moreault.

Marie-Maud Couture a retrouvé ses urgences pleines de patients malades qui ont besoin de soins. La charge de travail est là, toujours là. « Nous, aux urgences, nous sommes fatigués et débordés de façon chronique », dit-elle en riant.

« Moi dès le départ, j’ai choisi de regarder la pandémie en me demandant ce qui pourrait ressortir de positif de cet événement-là, et il y en a du positif », assure-t-elle.

« J’ai envie de dire qu’on a passé à travers »

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« J’ai envie de dire qu’on a passé à travers »

Marie-Christine Bouchard
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C’est avec émotions que Sylvie Moreault parle de la deuxième vague de la pandémie qui a coûté la vie à près de 125 Estriens dans les CHSLD et à une centaine d’autres dans les résidences privées pour aînés de la région.

Sylvie Moreault est la directrice des programmes soutien à l’autonomie des personnes âgées au CIUSSS de l’Estrie-CHUS. Elle avoue avoir « géré des éclosions dans son sommeil » tant elle était accaparée par son travail. « J’ouvrais les yeux à 1 h du matin et j’aurais pu me lever pour aller parler à un directeur comme si de rien n’était tellement on était plongé dans nos dossiers », explique-t-elle.

« Dans la première vague, il y avait eu assez peu de décès en Estrie et aucune éclosion dans nos CHSLD. Nous avions une certaine fierté à la fin de la première vague, nous nous disions que nous avions probablement mis en place les bonnes mesures rapidement, mais qu’il y avait aussi sûrement une part de chance dans le fait de ne pas avoir eu d’éclosions dans nos CHSLD. Pendant tout l’été, on a continué de se préparer pour une deuxième vague. Quand elle a commencé, nous étions bien plus prêts que nous l’aurions été dans la première vague », explique celle qui est directrice des programmes de soutien à l’autonomie des personnes âgées depuis la création du CIUSSS en 2015 mais qui œuvrait déjà dans ce domaine depuis 2002. 

Malgré tout, la COVID a été sans pardon dans certaines installations. 

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« À un moment, la transmission était tellement importante dans la communauté que la COVID s’est mise à rentrer par toutes les portes. Il fallait regarder de tous les côtés, tout le temps », image-t-elle.

La première éclosion en CHSLD est survenue à la fin de l’été à l’extrémité du territoire, dans le petit CHSLD de Lambton dans la MRC du Granit. Cette installation, on le savait au CIUSSS de l’Estrie-CHUS, est considérée comme désuète. 

L’éclosion a duré presque deux mois. Au total, 22 des 29 de l’endroit ont été infectés par la COVID-19. Six résidents sont décédés des complications liées à la COVID-19. De plus, 22 membres du personnel ont été contaminés par la COVID-19.

Dans cette petite communauté tissée serrée, ç’a été très difficile. Ce n’était pas une vague, c’était un tsunami. « C’est un CHSLD avec une ambiance familiale, ce qui est différent dans nos grosses installations. Les employés connaissent non seulement leurs résidents, mais ils connaissent aussi leurs enfants parce que sont leurs voisins, parce que ce sont des gens qu’ils croisent à l’épicerie », indique Mme Moreault.

« Certains employés se sentaient imputables, responsables, ils ont vécu ça extrêmement difficilement. Mais contrairement à ce qu’on aurait pu croire, ils n’ont pas déserté. Ceux qui ont dû aller en assurance-maladie avaient le désir de revenir le plus tôt possible pour aider leurs collègues. Aujourd’hui, ils ont passé à travers. Les épreuves pareilles, ça nous amène souvent ailleurs. Et dans le cas de cette équipe, ça les a soudés plus que jamais », raconte-t-elle.

La première éclosion en CHSLD est survenue à la fin de l’été à l’extrémité du territoire, dans le petit CHSLD de Lambton dans la MRC du Granit.

La directrice a vécu des moments de découragement. Des moments où elle aurait peut-être eu envie de s’arrêter un moment, juste pour respirer un peu. Mais elle a su se grounder autant de fois que nécessaire.

« Je recevais un texto chaque fois qu’il y avait un décès dans une de nos installations. Ça disait : un homme de tel âge décédé de la COVID-19 dans telle installation. Bien sûr, je ne connais pas personnellement nos 2200 résidents. Mais quand on en reçoit plusieurs avis de décès par jour, ça devient difficile parce que ce ne sont pas que des chiffres; ce sont des individus, des familles. Ça me rend très émotive d’en reparler aujourd’hui », dit-elle.

Sylvie Moreault n’a pas pris de vacances depuis le mois de septembre. Elle a souvent été de garde sept jours pour répondre aux urgences.

« J’aime bien l’image du capitaine qui ne peut pas quitter le bateau. Je ne me sentais pas le droit de prendre des congés et de laisser mon équipe se débrouiller », dit-elle.

C’est là que sont entrés en jeu les échappatoires que chacun de ces cadres surchargés devaient trouver pour réussir à rentrer au travail en souriant malgré la fatigue, malgré les moments de découragement, malgré la lassitude, malgré la lourdeur psychologique qui s’installait, malgré le travail à recommencer, encore et encore et encore.

« Moi c’était la course à pied sur mon tapis roulant, le Sudoku, la lecture qui m’ont permis de me grounder, alors que d’autres directeurs ont utilisé la méditation pleine conscience ou d’autres moyens… Car on ne pouvait pas afficher un air défaitiste au bureau. Ça n’aurait pas été correct pour nos équipes, pour ceux qui font le travail sur le terrain. On devait être là pour les soutenir », rapporte-t-elle.

Aujourd’hui, il n’y a pas qu’elle qui soit fatiguée à la direction des programmes de soutien aux personnes âgées. « Toutes nos équipes sont fatiguées », dit-elle.

Mme Moreault devrait prendre une dizaine de jours de congé à la fin mars. « J’ai l’esprit plus tranquille maintenant. Nos milieux sont sécuritaires. »

Mais depuis deux semaines, il n’y a plus d’éclosions dans les CHSLD. Il reste encore quelques résidences privées pour aînés en difficulté, dont la Résidence Jeffrey à Asbestos, et le CIUSSS les soutient toutes pour les aider à vaincre les éclosions aussitôt que possible. La vaccination est presque terminée dans les RPA; elle l’est depuis plusieurs semaines dans les CHSLD.

« Ç’a été un chemin parsemé d’histoires humaines incroyables à tous les niveaux. C’est une expérience qu’on va amener avec nous pour le reste de notre vie », soutient celle qui a une formation d’infirmière.

« Mais aujourd’hui, j’ai envie de dire qu’on a passé à travers. »

Suit un moment de silence.

« Ce n’est pas encore tout digéré, c’est certain. Mais l’avenir est plus positif qu’il ne l’était il y a quelques mois, et ça fait du bien », conclut-elle.

Le CHSLD Villa-Bonheur de Granby a vu 90 % de ses résidents être atteints de la COVID-19 et une bonne partie de ses employés ont aussi contracté le virus.
Les résidents de La Brunante sont sortis grandis de la tempête

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Les résidents de La Brunante sont sortis grandis de la tempête

Marie-Christine Bouchard
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Une éclosion de COVID-19 a déclenché une tempête qui a soufflé très fort sur la coopérative d’habitation La Brunante en mars l’an passé. Il s'agissait de l’une des premières résidences pour aînés du Québec à faire face au virus. C’est pourtant plus forts, plus unis et plus coopératifs que jamais que les résidents se sont sortis de cette crise qui a malheureusement fauché la vie de trois de leurs amis.

« Ici, tout le monde trouve qu’on s’en sort plus grands », soutient avec assurance Gaston Michaud, le président de cette coopérative d’habitation réservée aux personnes de plus de 75 ans qui est située à Racine, en Estrie.

C’était le 23 mars 2020. Ça ne faisait pas encore deux semaines que la COVID-19 avait fait son entrée au Québec. Les résidences privées pour aînés touchées par ce nouveau virus venu de la Chine se comptaient encore sur les doigts d’une seule main.

Le contagieux coronavirus s’est soudainement invité sans autorisation à La Brunante de Racine. Il s’y est infiltré par le biais d’une résidente qui avait reçu des soins d’une employée du réseau de la santé et qui était elle-même infectée. Puis des gens qui lui sont venus en aide sont tombés malades. Et d’autres encore. À l’époque – pourtant pas si lointaine – c’était encore la course aux masques de procédure et il n’était pas encore question de garder deux mètres entre les personnes.

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« On a eu peur », admet d’entrée de jeu M. Michaud, toujours en pleine forme et agissant comme responsable de la coopérative à 86 ans.

 « Ç’a été violent chez nous, parce qu’on n’était pas préparés à ça. On se pensait à l’abri, car on avait suivi toutes les consignes du moment », rappelle Gaston Michaud. Par exemple, il y a un an jour pour jour, on demandait simplement aux personnes aînées de « rester chez elles ».

Ce virus atteint durement les personnes de plus de 65 ans, mais les conséquences peuvent néanmoins être extrêmement variables d’une personne à l’autre sans que la science comprenne encore aujourd’hui pourquoi.

Et c’est exactement ce qui est arrivé à La Brunante : trois personnes sont décédées des complications de la COVID-19, d’autres personnes ont eu des légers symptômes et quelques-unes ont reçu un test de dépistage positif sans jamais ressentir le moindre symptôme.

« Ici, parmi les personnes qui sont décédées, on en avait deux qui commençaient à être pas mal fatiguées, mais on en avait une qui était en forme. On avait aussi un résident qui avait tous les facteurs de risque comme de l’emphysème et de la haute pression, mais il a passé à travers et va très bien encore aujourd’hui », explique M. Michaud.

Quotidien bouleversé

Il a suffi d’un coup de fil de la Santé publique pour bouleverser pour de bon les habitudes de la vingtaine de résidents de La Brunante. Tout d’un coup, c’en était fini des repas dans la salle commune. Des activités ou des jasettes entre amis et entre voisins. Chacun chez soi, la porte fermée, corridor interdit d’accès.

« On s’est tous retrouvés confinés dans nos logements. On pensait que ça allait durer 14 jours. Mais ça n’en finissait plus. En tout, ç’a duré 45 jours », rappelle Gaston Michaud.

La vie a pu reprendre tranquillement à La Brunante après ces longues et inquiétantes 45 journées. Une vie plus solidaire que jamais, insiste le responsable de cette coopérative d’habitation où la moyenne d’âge est aujourd’hui de 80 ans.

« Dans la première vague, on a eu des bénévoles pour nous aider à distribuer les repas dans les chambres. Mais maintenant, on fait ça à l’interne. Ce sont les résidents plus jeunes et plus en forme qui font la distribution et le ramassage des plateaux-repas », illustre-t-il.

Et chacun y va de sa contribution, à sa façon, toujours le cœur sur la main.

Un autre exemple? Une résidente a entrepris de faire la tournée de toutes les surfaces fréquemment touchées dans l’immeuble avec une serviette et du désinfectant, comme les poignées de porte et les rampes, et ce, deux fois par jour, tous les jours, inlassablement.

« On la voit faire sa tournée avec un grand sourire. C’est sa contribution et elle en est fière », indique Gaston Michaud.

Un nouveau chapitre va bientôt pouvoir s’écrire à La Brunante. Car c’est mercredi que les résidents de l’endroit ont enfin reçu leur vaccin contre la COVID-19. Ils font partie des dernières résidences pour aînés de l’Estrie où s’est arrêtée l’équipe mobile de vaccination de la COVID-19 du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

« Nous sommes très contents », assure Gaston Michaud.

Ce sera peut-être le temps de ressortir les arcs-en-ciel en guise d’espoir à Racine comme ailleurs au Québec alors que la vaccination s’accélère chez tous ces aînés que la société québécoise cherche à protéger depuis maintenant toute une année de pandémie. 

Les dates marquantes de la pandémie en Estrie

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Les dates marquantes de la pandémie en Estrie

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11 mars 2020 : L’Organisation mondiale de la santé déclare que la COVID-19 est une pandémie mondiale. Il y a un premier cas confirmé de COVID-19 en Estrie le même jour.

13 mars : Québec annonce la fermeture des écoles, des services éducatifs de garde, des cégeps et des universités.

22 mars : Une première éclosion est déclarée dans une résidence privée pour aînés de l’Estrie, et il s’agit de l’une des premières au Québec. Il s’agit de la Résidence Soleil – Manoir Sherbrooke.

Une première éclosion est déclarée dans une résidence privée pour aînés de l’Estrie le 22 mars, à la Résidence Soleil – Manoir Sherbrooke. La direction de la Santé publique est prévenue en pleine nuit. Pour empêcher les résidents de sortir déjeuner, le Dr Alain Poirier demande la collaboration des policiers de Sherbrooke pour que chaque personne reste à l’intérieur de son logement.

23 mars : Le Québec « est mis sur pause » et les magasins et les entreprises non essentiels doivent fermer.

26 mars : Un premier Estrien décède des complications de la COVID-19.

11 mai : Les écoles rouvrent au Québec, sauf dans la grande région de Montréal.

11 mai : Les écoles rouvrent au Québec, sauf dans la grande région de Montréal.

20 mai : Le Québec poursuit son déconfinement et les rassemblements extérieurs d’un maximum de dix personnes de trois foyers différents sont désormais permis.

18 juillet : Le port du masque devient obligatoire dans les lieux publics intérieurs au Québec 

27 août : Une éclosion au CHSLD de l’Estrie de Lambton, une première éclosion en CHSLD en Estrie

28 août : Le quartier d’Ascot de Sherbrooke est placé sous haute surveillance à cause d’un agrégat; il marque le début de la deuxième vague en Estrie. Cet agrégat se terminera le 20 octobre et 118 personnes auront été infectées.

8 septembre : L’Estrie placée en préalerte, palier jaune. Dans ce palier d’alerte, des mesures de base sont alors renforcées et davantage d’actions sont déployées pour promouvoir et encourager leur respect. Par exemple, davantage d’inspections peuvent être réalisées et un plus grand contrôle de l’achalandage peut être fait dans certains lieux de manière à faciliter la distanciation physique. 

Le Dr Alain Poirier, directeur de la Santé publique de l’Estrie, lors d’un des tout premiers points de presse liés à la COVID-19.  

1er octobre : L’Estrie passe au palier d’alerte orange. À ce moment, diverses mesures plus sévères entrent en vigueur. Par exemple, les rassemblements privés sont restreints à un maximum de six personnes ou deux familles. Les bars, brasseries et tavernes peuvent accueillir au maximum six personnes par table, et la tenue d’un registre de la clientèle est obligatoire.

21 octobre : Un agrégat est constaté à Nantes et Lac-Mégantic. Il se terminera durant la période des Fêtes et 173 personnes seront infectées, excluant les personnes qui résident en milieu d’hébergement.

10 novembre : Un agrégat est aussi constaté à Val-des-Sources et Danville. Il se terminera aussi dans la période des Fêtes et 246 personnes auront été infectées, excluant celles qui vivaient en milieu d’hébergement.

12 novembre : L’Estrie passe au palier d’alerte maximale, la zone rouge.

12 novembre : L’Estrie passe au palier d’alerte maximale, la zone rouge.

7 décembre : Un agrégat est déclaré dans l’arrondissement Fleurimont de Sherbrooke. Il se terminera le 14 janvier avec 677 Sherbrookois infectés.

23 décembre : Les premiers vaccins sont administrés à des travailleurs de la santé au Centre de foire de Sherbrooke.

2021

9 janvier : Un couvre-feu entre en vigueur au Québec entre 20h et 5h.

23 janvier : Tous les résidents des 30 CHSLD de l’Estrie ont reçu une première doses d’un vaccin – c’est le premier pas vers la fin des éclosions de la COVID-19 dans les CHSLD où il y a eu à ce jour 130 décès.

8 mars : L’Estrie revient en zone orange : les restaurants, les cinémas, les gyms et les musées peuvent rouvrir sous certaines conditions; le couvre-feu passe à 21h30.

Une année de pandémie en Estrie : courbes et statistiques

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Une année de pandémie en Estrie : courbes et statistiques

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La pandémie en chiffres en Estrie*
  • 11 743 Estriens atteints
  • 310 Estriens décédés
  •     o    125 vivaient en CHSLD
  •     o    3 étaient hospitalisés dans une unité qui a connu une éclosion
  •     o    99 habitaient en résidence privée pour aînés
  •     o    55 vivaient à domicile
  •     o    17 vivaient dans une ressource intermédiaire
  •     o    11 vivaient dans d’autres milieux
Voici la courbe de la COVID-19 en Estrie.
  • Les décès en Estrie représentent 2,9% de tous les décès liés à la COVID-19 survenus au Québec
  • 11 239 Estriens rétablis de la COVID-19
La courbe de la COVID-19 dans les RLS de Sherbrooke et de Memphrémagog.
  • 194 cas actifs en Estrie
  • 698 Estriens ont été hospitalisés depuis le début de la pandémie
La courbe de la COVID-19 dans les RLS de Coaticook et des Sources.
  • 21 149 personnes vaccinées
  • 8739 aînés vivent dans les résidences privées pour aînés  de l’Estrie
La courbe de la COVID-19 dans les RLS du Haut-Saint-François et du Val-Saint-François.
  • 2200 aînés vivent dans les CHSLD de l’Estrie
La courbe de la COVID-19 dans les RLS de la Pommeraie et de la Haute-Yamaska.

* En date du 10 mars 2021