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Forte proportion de harcèlement psychologique à l'UdeS
Forte proportion de harcèlement psychologique à l'UdeS
Selon le vice-recteur aux ressources humaines de l’Université de Sherbrooke, Jean Goulet, « deux ou trois enquêtes externes » sont menées chaque année à l’UdeS, qui peuvent aussi toucher de possibles cas de violence à caractère sexuel.
Selon le vice-recteur aux ressources humaines de l’Université de Sherbrooke, Jean Goulet, « deux ou trois enquêtes externes » sont menées chaque année à l’UdeS, qui peuvent aussi toucher de possibles cas de violence à caractère sexuel.

Un processus lourd à porter

SHERBROOKE — Selon le vice-recteur aux ressources humaines de l’Université de Sherbrooke, Jean Goulet, « deux ou trois enquêtes externes » sont menées chaque année à l’UdeS, qui peuvent aussi toucher de possibles cas de violence à caractère sexuel. 

À ses yeux, il n’y a pas davantage de harcèlement psychologique sur les campus qu’ailleurs. 

Comment réagit-on au fait que 70 % des demandes d’interventions sont classées dans cette catégorie? 

« En fait, on est bien content de ça. On n’est pas content qu’il y ait du harcèlement, mais on est content que les gens utilisent le système pour venir chercher de l’aide. Souvent, le fait de venir en parler, de faire le signalement, pour eux ça aide. On le sait qu’il y en a du harcèlement, il y en a dans tous les milieux (...). S’ils ne venaient pas nous voir, on aurait manqué notre coup. »

L’ex-employée et la professeure à qui nous avons parlé déplorent que le fardeau de la preuve repose sur les épaules des victimes. 

L’UdeS n’a rien inventé, commente à ce sujet Isabelle Duclos, conseillère en matière de respect des personnes.

« On ne peut pas passer outre aux critères que la Loi sur les normes du travail impose en matière de harcèlement psychologique. » 

« Si on essayait de faire ça, on penserait aider les victimes... mais, à la fin, les mesures qu’on aurait prises ne tiendraient pas en cour. C’est très important de s’assurer que quand on prend des mesures pour contrer le harcèlement, par la suite on ne sera pas débouté en cour parce qu’on a fait des erreurs juridiques. On aide les victimes à bien étayer leurs allégations, on les aide à ce qu’elles soient claires et précises. C’est vrai que c’est lourd, bien honnêtement... », commente M. Goulet. 

Professeure de sciences politiques à l’UQAM et spécialiste du mobbing, Ève Séguin a un conseil pour ces victimes : notez absolument tout. 

« Elles doivent monter un dossier comme si elles avaient l’intention d’aller au tribunal. Elles n’iront peut-être pas, mais il faut se mettre dans cette perspective. Ça demande un temps fou, mais elles doivent le faire. On ne croira jamais une victime sur la base du témoignage. » Le système judiciaire fonctionne ainsi, souligne-t-elle. Pour les victimes, ce poids s’ajoute au reste. « Oui, elles ont le fardeau de la preuve. »