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Forte proportion de harcèlement psychologique à l'UdeS
Forte proportion de harcèlement psychologique à l'UdeS
Isabelle Duclos, conseillère en matière de respect des personnes, et le vice-recteur aux ressources humaines de l’Université de Sherbrooke, Jean Goulet.
Isabelle Duclos, conseillère en matière de respect des personnes, et le vice-recteur aux ressources humaines de l’Université de Sherbrooke, Jean Goulet.

L’UdeS se penchera sur sa santé organisationnelle

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
SHERBROOKE — Un grand sondage sur la santé organisationnelle sera lancé cet automne par l’Université de Sherbrooke. L’institution planche aussi sur la révision de sa politique sur le harcèlement et la discrimination.

Plus de 30 000 personnes, employés et les étudiants, seront invitées à répondre à ce coup de sonde, sur lequel l’institution dit travailler depuis longtemps. L’exercice a toutefois été ralenti en raison de la COVID-19.

« Ça devait démarrer le 9 mars dernier, mais on est entré dans la pandémie à ce moment-là », précise Jean Goulet, vice-recteur aux ressources humaines et aux relations internationales de l’UdeS. On a constitué un questionnaire très élaboré avec des spécialistes et ça va couvrir le harcèlement. C’est un peu comme une enquête épidémiologique. » Le chantier s’intéressera à six aspects, dont la santé psychologique et physique. 

De la formation à venir

L’UdeS travaille depuis quelques mois à réviser sa politique en lien avec le harcèlement et la discrimination.

Il est difficile de donner un échéancier pour le dépôt de la politique, précise la conseillère en matière de respect des personnes, Isabelle Duclos, puisqu’un processus de consultation des instances doit être suivi. Un plan de diffusion de la politique et de la formation sont prévus à la suite de son adoption.

« On savait déjà qu’on devait mettre en place de la formation à la suite de l’adoption de la nouvelle politique », note Mme Duclos.

« On a fait beaucoup de choses sur les violences à caractère sexuel (VACS) au cours des dernières années compte tenu des obligations de la nouvelle loi, ce qui fait que les formations en harcèlement psychologique ont peut-être été moins données. Mais les gestionnaires pouvaient aussi faire appel aux services des ressources humaines et ils le peuvent encore. Avec la révision de la politique, il y aura tout un plan de diffusion et de formation qui va venir avec ça », indique Mme Duclos. 

« Même en l’absence de formation, les gestionnaires ont, dans l’immense majorité, le réflexe de contacter les ressources humaines parce qu’il y a un conseiller en gestion des ressources humaines attitré à chaque unité. Je serais très surpris qu’ils ne sachent pas qui contacter... », ajoute Jean Goulet. 

Le bureau de la conseillère demeure toujours disponible pour des besoins de formation. La majorité des demandes déposées au bureau de la conseillère sont d’ailleurs des demandes d’information, précisent les deux intervenants. 

Travailler en amont

Le Syndicat des professeures et des professeurs de l’UdeS (SPPUS) insiste sur l’importance de la prévention.

« C’est quelque chose que le SPPUS a souligné à quelques reprises. L’employeur a l’obligation légale de faire cesser le harcèlement quand il est porté à son attention, mais aussi de le prévenir. Il y a beaucoup de situations qui ont été portées à l’attention du SPPUS où il y a un conflit qui a dégénéré et qui aurait pu être évité s’il y avait eu plus de travail en amont par les gestionnaires. On est pris avec les résultats de ces conflits-là (...) De par notre rôle, le syndicat se retrouve dans un rôle de réaction, alors que c’est l’obligation de l’employeur de jouer un rôle proactif de prévention. Et selon nous, il y aurait du chemin à faire », note Finn Makela, professeur à la faculté de droit et conseiller en relations de travail du SPPUS.

Il note tout de même au passage qu’il est peut-être moins évident pour l’employeur de faire de la prévention en raison du fait que les professeurs ont beaucoup d’indépendance et d’autonomie dans leur travail.

Finn Makela observe que beaucoup de ressources ont été déployées pour la prévention des violences à caractère sexuel, ce qui est une bonne chose. Des politiques de prévention ont été déployées à la suite de l’adoption d’une loi visant à prévenir et combattre les VACS.

« On n’a pas de formation obligatoire applicable à tout le monde sur le climat de travail pour prévenir le harcèlement. Si c’est la direction que veut prendre l’université, je ne peux que m’en réjouir. », observe-t-il.